Amendement Bono : "la pression est forte sur le Parlement"
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 05 Mai 2009 à 13h40 -
posté dans Société 2.0
![]() C'est demain mercredi matin que les députés européens doivent voter le rapport Trautmann, intégré au Paquet Télécom, et décider du sort de l'amendement Bono. Les ultimes manoeuvres procédurales que nous révélions hier soir cherchent à enterrer toute possibilité de voir l'amendement revenir sous sa forme initiale. Mais dans les couloirs, la tension monte.
"La pression est forte sur le Parlement Européen", nous concède le cabinet de Guy Bono, qui reçoit depuis hier de nombreuses visites de députés inquiets de l'issue du vote programmé mercredi en fin de matinée. Hier soir, il a été révélé une ultime manoeuvre visant à empêcher la discussion sur l'amendement Bono, et favoriser l'adoption du compromis accepté par la rapporteure Catherine Trautmann et par la France. En effet alors que les députés devaient voter d'abord l'amendement Bono, puis éventuellement le compromis, les services du Parlement ont inversé lundi l'ordre du vote. Si le compromis est adopté, l'amendement Bono tombe automatiquement. Interrogé par Numerama, le cabinet de Guy Bono nous explique que voter d'abord le compromis de Trautmann est conforme à l'esprit des institutions européennes, le Parlement s'efforçant de trouver des compromis. Il est donc de tradition de voter en priorité les amendements les plus larges, donc les plus consensuels, pour éviter que les discussions s'éternisent. "Mais s'il y a bien eu un changement dans la présentation de l'ordre des votes c'est scandaleux", estime l'assistant parlementaire du député européen, qui n'a pas pu encore vérifier que les services du Parlement avaient bien procédé à l'inversion de l'ordre de vote après que la feuille de route de l'adoption du Paquet Télécom fut distribuée la semaine dernière aux groupes parlementaires. L'amendement Bono ayant été extrêmement médiatisé, comme probablement jamais aucun amendement du Parlement jusqu'à présent, à la demande des citoyens européens, Guy Bono estime qu'il s'agit "presque d'un référendum d'initiative populaire", et qu'il serait anormal de ne même pas avoir la possibilité d'en discuter en séance plénière, quelle que soit la tradition de compromis du Parlement. Mardi matin, alors qu'il pensait intervenir en commission lors d'un débat qui portait notamment sur son propre amendement, le député européen a eu la désagréable surprise d'apprendre qu'il n'aurait pas la possibilité de parler. Il a donc vu d'autres députés s'exprimer sur l'amendement qu'il a lui-même défendu pendant des mois, avec Daniel Cohn-Bendit. Une situation ubuesque, qui ressemble à une manoeuvre supplémentaire. En réaction, Guy Bono a prévu de demander mercredi matin un rappel au règlement pour demander au président de séance d'accepter qu'une discussion sur son amendement puisse avoir lieu avant le compromis Trautmann. Si cette demande est rejetée, il votera contre le compromis, avec probablement l'ensemble des socialistes français (qui représentent 31 des 208 socialistes européens). Une telle position devrait suffir à manifester un désaccord politique, sans mettre en danger le compromis qui, s'il est moins fort juridiquement que l'amendement Bono, reste opposable sur le long terme à l'Hadopi. Si la demande d'inversion du vote est acceptée, les socialistes voteront pour l'amendement Bono, qui a cependant peu de chance d'être accepté par une majorité du Parlement, mais qui obligera Catherine Trautmann à défendre publiquement les raisons qui l'incitent à préférer le compromis, pourtant moins contraignant pour l'Hadopi. Quel que soit le scénario, il est aujourd'hui très peu probable que l'amendement Bono initial soit adopté, et donc que soit affirmée l'obligation de recourir à un "ordre préalable" de "l'autorité judiciaire" avant toute suspension de l'accès à Internet. La France aura simplement l'obligation de respecter avec l'Hadopi les principes du procès équitable, ce qui ouvre la voie à un lourd contentieux avant que la riposte graduée ne soit éventuellement suspendue. à lire aussi
Prix indiqués avec livraison
45
Commentaires à propos de «Amendement Bono : "la pression est forte sur le Parlement"»
Une chose et son contraire: les bonnes vieilles méthodes européïstes et mondialistes.
Pour faire simple: l'amendement Bono est mort et enterré. Le compromis sera adopté et l'Hadopi validée sur le plan européen avant d'être généralisée dans d'autres états. Vous verrez... Monsieur Bono et son assistante tentent de noyer le poisson. Pourtant, ce monsieur a accepté le compromis. C'est insupportable et cela fait 50 ans que ça dure ! Pour info, une fois le compromis adopté, plus rien (même sur le long terme...je ne sais pas qui vous a raconté cela. L'assistante de monsieur Bono ou de Daniel Cohn-Bendit ? C'est à pleurer de rire) ne s'opposera à l'Hadopi. Le droit européen est un peu ma spécialité, j'ai suivi une formation universitaire de Droit international public. 'Kropotkine427', le 01/01/1970 - 01:00 Une chose et son contraire: les bonnes vieilles méthodes européïstes et mondialistes. Pour faire simple: l'amendement Bono est mort et enterré. Le compromis sera adopté et l'Hadopi validée sur le plan européen avant d'être généralisée dans d'autres états. Vous verrez... Monsieur Bono et son assistante tentent de noyer le poisson. Pourtant, ce monsieur a accepté le compromis. C'est insupportable et cela fait 50 ans que ça dure ! Pour info, une fois le compromis adopté, plus rien (même sur le long terme...je ne sais pas qui vous a raconté cela. L'assistante de monsieur Bono ou de Daniel Cohn-Bendit ? C'est à pleurer de rire) ne s'opposera à l'Hadopi. Le droit européen est un peu ma spécialité, j'ai suivi une formation universitaire de Droit international public. Je partage totalement cette analyse. Il y a une chose que je retiens de cet imbroglio politico financier avec Hadopi et les manoeuvres (purement politique celles-là) au niveau Européen :
+1 - moi non plus, je sais pour qui voter en juin.La droiture et la constance de la conduite des Verts. (je n'aurais pas cru penser ça un jour...) @jiang, il vaut mieux écrire en anglais aux député européens il me semble (j'ai envoyé un mail hier aux présidents de groupe).
@Rom1v: Ce texte est adressé aux eurodéputés français. Pour les présidents de groupe, c'est déjà fait, en langue de shakespeare, car le texte à transmettre était relativement simple. Je ne suis pas certain par contre de parvenir à exprimer en anglais et avec toute la précision voulue le texte du mail envoyé aux eurodéputés français. Donc, si tu te sents apte à le traduire convenablement, tu es le bienvenu...
Les lois européennes devant être acceptées par tous les pays, elles sont toujours basées sur des consensus et des compromis. D'autre part, le Parlement Européen n'a pas les mêmes prérogatives qu'un Parlement national car le pouvoir législatif est pour l'essentiel concentré entre les mains du Conseil et de la Commission (les organes historiques de l'UE, le Parlement étant de création plus récente dans cette forme).
Chaque texte au niveau européen est un exercice d'équilibriste à la virgule près. Rappelez-vous le Traité Constitutionnel : c'était plein d'absurdités comme la reconnaissance du droit au mariage et pas celle du droit au divorce car certains pays ultra-cathos ne voulaient pas que cela apparaisse dans le texte et ce même si leur législation autorise le divorce. Donc, rien d'étonnant à ce que l'amendement le plus consensuel soit voté avant celui plus restrictif. De toute façon, c'est probablement la seule solution pour s'en sortir. 'eored', le 01/01/1970 - 01:00 Les lois européennes, ça n'existent pas. Les directives européennes en revanche existent.Ah ? Es-tu certain de ce que tu as écris ? ? ? Alleluiah ! enter a donné sa sentence et L'Europe s'en est sorti.
Ouf ! Moi qui croyait qu'un amendement protégeant les européens via la justice passerait comme une lettre à la Poste. Heureusement que la Comission veille au grain et accepte de minimiser nos droits sinon on serait presque une démocratie et ce serait la porte ouverte à toutes les dérives (liberté, égalité, fraternité, toussa...) 'Natasha', le 01/01/1970 - 01:00 Ah ? Es-tu certain de ce que tu as écris ? ? ?Dans le droit dérivé de l'Union européenne , il n'existe pas de loi. Les principaux actes sont : les directives, les règlements (Ex REACH), les recommandations (+ les décisions-cadre) 'eored', le 01/01/1970 - 01:00 'Natasha', le 01/01/1970 - 01:00 Ah ? Es-tu certain de ce que tu as écris ? ? ?Dans le droit dérivé de l'Union européenne , il n'existe pas de loi. Les principaux actes sont : les directives, les règlements (Ex REACH), les recommandations (+ les décisions-cadre) Et les règlements ils s'appliquent à qui et comment ? on pourrait pas sous amender le compromis et rajouter genre "tribunal juridique impartial" ou "jugement préalable"?
on pourrait pas sous amender le compromis et rajouter genre "tribunal juridique impartial" ou "jugement préalable"?
"Tribunal juridique impartial", ça ne voudrait pas dire grand chose, et pas sûr que ce soit très utile. Par contre, graver dans le marbre de l'article, que la sanction doit avoir pour préalable un jugement par un tribunal qui respecte la CEDH, là, mille fois oui. Il suffirait de pas grand choseje trouve pour rendre le compromis tout à faait valable. Reste que la meilleure situation serait: 1) retablisement de l'ordre de passage: D'abord l'amendement Bono, puis l'amendement de compromis. 2) Vote et adoption de l'amendement Bono, puis vote et adoption de l'amendement de compromis. Ils ne sont en effet pas du tout incompatibles, et seule la magouille procédurale les oppose artificiellement. donc faut écrire a Bono et Cohn Bendit de sous amender le compromis dans le pire des cas je pense que Trautmann n'y vera rien
Tu le paieras, ça s'écrit avec un "S"
Et non, je suis de gauche mais je trouve inadmissible de voir un SIMPLE assistant parlemenataire dont papa fait parti de la bourgeoisie se prendre pour un représentant élu ! Il me semble qu'il appartient au député de s'exprimer !!! Se prend t'il pour un député.. peut être Depuis quand un assistant parlementaire a t'il la légitimité pour s'exprimer. La plus grande confusion semble régner au sein du bureau Bono et depuis quand le président de la république dicte les lois comme bon lui semble ? rentre chez toi zou...et si tu fait partie de l'UMP sache que via mon bulletin de vote tu le paiera. j'ai toujours voté a droite mais franchement à gerber la ! je voterais PS ou autres moi la j'ai pas voter pour un programme proche de la dictature... @Darksol: Je pense aussi qu'il faut écrire, particulièrement à Trautmann (elle détiens une clef du problème, étant rapporteur du texte de compromis.
Je pense qu'il faut éviter de la "flamer", et qu'il vaut mieux mlui suggérer, de anière respectueuse mais ferme, qu'il est possible de sortir facilement de cette histoire par le haut, pourvu qu'elle accepte, voire propose d'elle même, d'apporter une nécessaire clarification de son texte en y inscrivant de manière explicite la nécessité qu'un tribunal impartial qui que etc, rende son verdict en préalable[b] à toute mesure de restriction d'accès à internet. Puisque c'est l'interprétation qu'elle même donne de la signification de son texte, elle ne devrait manifester aucune réticence à ce qu'il soit précisé en ce sens. catherine.trautmann[at]europarl.europa.fr Ce serait bien aussi de savoir [b]qui sera demain le président de séance, afin de le mettre rapidement au courant du problème, et de ce que les itoyens européens attendent de lui. >>>Les lois européennes, ça n'existent pas. Les directives européennes en revanche existent.
Exact et pas exact à la fois. Le mot "lois européennes" aurait du être introduit par le Traité Constitutionnel. Mais au niveau européens, on a d'une part les directives : doivent être transposés en lois nationales les règlements : s'appliquent immédiatement d'autre part les décisions, recommandations et avis Le terme lois européennes est un abus de langage pour désigner les directives et les règlements. >>>Heureusement que la Comission veille au grain et accepte de minimiser nos droits Dans ce cas, ce n'est pas la Commission, c'est le Conseil de l'Union Européenne. Je sais, ce n'est pas facile, l'Europe ... Le seul truc qui me fait plaisir (si j'ose dire) c'est qu'enfin des internautes se rendent compte que l'Europe n'a pas un fonctionnement très démocratique. Il est normal qu'il y ait un Parlement Il est normal qu'il y ait un Conseil de l'Union Européenne, représentant les gouvernements (ceux-ci ont également une légitimité) Il est normal que ces deux instances puissent avoir des opinions différentes car ils n'ont pas le même calendrier électoral. Par contre, la Commission, une institution composée uniquement de fonctionnaires, je ne comprends pas bien la légitimité. Ce qui est facile à comprendre, c'est que quelque soit leur appartenance politique, les élus ne font simplement pas leur boulot et pire, se foutent ouvertement des électeurs... Normalement on devrait les sortir par la peau du cul de tous les parlements et au mieux leur demander de s'expliquer, mais comme nous vivons désormais dans des dictatures, je suppose qu'on sera abattus par les forces de "l'ordre" (dénomination ô combien faussée) avant d'avoir mis un pied sur la première marche, car à l'opposé de nous, eux n'hésiteront pas une seule seconde à user de violence.
|
A LA UNE
LES + COMMENTÉS
14 offres à partir de 615 €
Télécharger
torrent,
voissa anonymo,
windows live messenger,
redtube video downloader,
avast,
logiciel alcatel,
ssc service utility,
dvb dream,
Accès rapide :
Photo numérique |
Outils Réseau |
Codecs et plugins |
Nettoyeurs |
Optimisation |
Navigateur Web |
Capture et enregistrement |
|
Lipietz et d'autres noient le poisson. Ce qui est inacceptable dans le compromis, ce n'est pas le remplacement de la référence à la Charte par la référence à la CEDH. Ce qui est innaceptable, c'est qu'ait disparu l'éxigence d'un verdict, par un tribunal indépendant respectant la présomption d'inocence, en préalable à toute sanction relative à la restriction de l'accès à internet.
Si le compromis rétablissait cette exigence (au lieu de se satisfaire d'un tribunal qui statuerait ultérieurement à la sanction, et servirait à prouver une innocence et non pas établir une culpabilité), le compriomis serait à mes yeux tout à fait acceptable.