C'est une petite vidéo, mais qui pourrait être lourde de conséquence pour l'avenir de l'Hadopi. Porte-parole du Parti Socialiste, le député européen Benoît Hamon est monté au créneau vendredi soir dans une vidéo diffusée au nom de l'opposition, qui fait du combat contre l'Hadopi un thème de campagne pour les élections européennes du mois de mai prochain. L'UMP assumera-t-elle jusqu'au scrutin ce qui apparaît chaque jour plus indéfendable que la veille ?



Porte-parole du Parti Socialiste, le député européen Benoît Hamon s’est félicité vendredi soir du rejet par l’Assemblée Nationale du projet de loi Création et Internet, à travers une vidéo officielle du PS. « Ce texte a été rejeté par une majorité de députés socialistes, il est donc caduc, il est mort« , y proclame l’eurodéputé, qui reste toutefois vigilant face aux intentions du gouvernement de passer en force.

Le volonté de Nicolas Sarkozy de présenter à nouveau le texte est selon lui un « véritable déni de démocratie, c’est une façon de s’assoir sur la représentation nationale qui est pourtant souveraine« . « Il est indispensable que nous nous mobilisions pour rejeter ce déni de démocratie« , prévient Benoît Hamon, qui veut « exiger que la loi Hadopi ne soit pas mise en œuvre« .

« Il n’y a qu’en France que l’on a une vision répressive du téléchargement, là où ailleurs les pays réfléchissent à la mise en œuvre d’une contribution qui pourrait être la contribution créative défendue par le Parti Socialiste français, (…) qui permettrait de rémunérer les artistes et en même temps de tenir compte de ce qu’est la révolution technologique d’internet et du fait qu’aujourd’hui c’est un fait culturel et technologique« . « On partage des films, des musiques, et c’est ainsi« , constate-t-il.

Le porte-parole du Parti Socialiste cherche à politiser la réponse au téléchargement, en vue des élections européennes. Il assure ainsi que la position qu’il exprime au nom du Parti Socialiste « montre bien que la droite et la gauche c’est pas pareil« , qu’il y a « les forces de résistance au changement, la droite, et ceux qui essayent de penser un nouveau modèle économique, notamment dans les industries culturelles, ce que fait le Parti Socialiste« .

Comme le démontre actuellement le combat virulent qui oppose le Parlement Européen et le Conseil autour de l’amendement Bono, la France ne détient pas toutes les clés pour imposer sa réponse répressive contre le téléchargement. « Combattons d’abord pour que le projet de loi Hadopi ne soit pas re-proposé au vote du Parlement (français), mais même s’il l’était, sachez que nous avons une corde de rappel au niveau européen pour que la contribution créative s’impose, soit adoptée au niveau européen« .

Pendant la campagne pour l’élection du Premier secrétaire du Parti Socialiste, Benoît Hamon (classé dans l’aile gauche du PS) avait été le plus loin dans ses propositions relatives au téléchargement, en avançant explicitement son soutien à la licence globale. Martine Aubry, qui fut finalement élue, n’avait rien proposé d’explicite dans sa motion, se contentant de formulations très vagues. La victoire politique incontestable obtenue par les députés socialistes contre l’Hadopi et cette position exprimée par le porte-parole Benoît Hamon, au nom du PS, montre que la voie tracée par l’eurodéputée est aujourd’hui clairement assumée par le Parti.

S’il poursuit dans cette voie, le PS obligera l’UMP à raidir ses positions malgré l’approche des Européennes, ou au contraire à reporter sine die l’adoption du texte pour éteindre le feu avant le scrutin.

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