La semaine dernière, la presse s’est largement faite l’écho de la sortie sur les sites de liens BitTorrent d’une copie de travail du film X-Men Origins : Wolverine, un mois avant sa sortie au cinéma. Elle a depuis été téléchargée plus d’un million de fois, et devient un véritable phénomène parmi les internautes. Le bouche à oreille fonctionne à merveille. Mais les journalistes doivent faire comme si de rien n’était, ou risquer leur poste.

Le journaliste Roger Friedman a ainsi été licencié cette semaine de Fox News alors qu’il venait de rédiger pour le site internet de la chaîne une critique de la copie pirate du film. Il a rencontré sa direction lundi, qui l’a informé de son licenciement. Pour la forme, c’est toutefois un départ à l’amiable qui a été négocié.

Friedman a dû reconnaître qu’il avait utilisé pour sa critique une version piratée du film attendu au cinéma le 1er mai prochain. Un comportement inacceptable pour Fox News, une filiale du groupe News Corp (20th Century Fox, MySpace, DirectTV, BskyB,…).

La critique du film était extrêmement positive, puisque Friedman assurait ses lecteurs que le film « dépasse les attentes à toutes les scènes« . Mais il expliquait aussi à quel point il était facile de télécharger un film ou une série TV, et plaisantait sur le fait qu’il pourrait se mettre à télécharger des films récents qu’il n’avait pas encore vu dans les salles de cinéma. Un faux pas pour l’éditorialiste, qui a sans doute franchi-là la ligne jaune.

La critique a depuis été retirée du site internet de Fox News, à la demande de News Corp.

Ca n’est pas la première fois que des journalistes s’autorisent à télécharger une version pirate d’un film ou d’un disque pour écrire leurs critiques. On se souvient par exemple que Metallica avait dû annuler une interview avec un journaliste à la demande d’Universal Music, lorsque le label s’est aperçu que le journaliste avait publié une critique basée sur une version pirate de leur dernier album. Il avait même menacé des bloggeurs qui avaient fait de même, ce qui a obligé le groupe à présenter ses excuses. Les jeux vidéo sont aussi « victimes » du même phénomène. L’an dernier, Atari s’était attaqué aux sites qui publiaient des critiques de son jeu Alone in The Dark basées sur la version piratée, publiée avant la sortie officielle. Mais uniquement aux critiques négatives.

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