Fervant défenseur de la riposte graduée et du contrôle du net, le député et porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a reçu un prix spécial du jury à l'occasion de la remise des Big Brother Awards 2009.

Chaque année depuis près de dix ans, l’association Privacy International décerne ses prix Big Brother, sorte de Césars de la surveillance, dans le but de « dénoncer les dérapages et les abus qui menacent l’intégrité privée des citoyens ou limite ses libertés de parole et de circulation« . Cette année, les Big Brother Awards France ont décidé de décerner un prix spécial Orwell 2009 au député et porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre, « pour son incompétence et son insistance à vouloir contrôler internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses…« .

Il est en particulier reproché au meilleur ami des lobbys du cinéma de s’être prononcé pour la responsabilité pénale des mineurs dès 12 ans, pour la détection précoce de la délinquance à la maternelle, pour sa demande de contrôle du web 2.0 par le CSA alors qu’il ne sait pas ce qu’est le web 2.0, pour sa demande d’ouverture d’enquête parlementaire sur les sites de vidéo en streaming alors que les acteurs en présence (sauf Beemotion) ont selon toute vraisemblance respecté la loi et les normes internationales, et enfin d’avoir décrit Internet comme un lieu hanté par la mafia et les terroristes.

En décembre 2008, le député avait ému l’Assemblée en proposant le contrôle du web par le CSA. « L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? […] Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde« , avait-il déclaré.

Petite déception en revanche pour Christine Albanel, qui n’a pas reçu de prix. Son ministère de la Culture a été nominé pour « l’ensemble de son œuvre », mais n’a pas été primé. Il était nominé « pour s’entêter à vouloir sacrifier les droits et la vie privée des internautes aux bénéfices d’une poignée d’industriels, renouant avec une justice privée qui occulte l’autorité judiciaire et renverse la charge de la preuve« .

Les Big Brother Awards ont salué les efforts du ministère de la Culture pour recevoir un prix après la loi DADVSI et le projet de loi Création et Internet, mais c’est finalement Michèle Alliot-Marie qui a reçu le prix Orwell « pour son goût immodéré des fichiers de police (+ 70 % en 3 ans, dont Ardoise, Edvige, Cristina ou encore Gesterex), mais aussi pour sa « novlangue » avec sa promotion de la vidéosurveillance, ses invitations à la délation et son talent à fabriquer un « ennemi intérieur ».

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