Suspecté à tort d'avoir partagé 4500 fichiers pédophiles avec son adresse IP

Guillaume Champeau - publié le Lundi 06 Avril 2009 à 17h37 - posté dans Peer-to-Peer

L'administrateur d'un serveur eDonkey dédié exclusivement à l'échange de contenus libres de droits ou diffusés sous licence libre a été interrogé par la gendarmerie, et ses ordinateurs ont été saisis. L'adresse IP de son serveur est apparue à tort sur un relevé d'adresses IP censé démontrer qu'il avait partagé 4500 contenus pédophiles. Une ombre sur les méthodes des chasseurs de pirates, qui utilisent les mêmes outils, sans prendre les mêmes précautions.

L'affaire démontre l'extrême fragilité des preuves employées par les chasseurs de pirates, et la gravité que les procédures peuvent prendre lorsqu'elles concernent des faits bien plus graves que le partage de fichiers protégés par le droit d'auteur. L'administrateur du serveur eDonkey Peerates.net, qu'il réserve exclusivement au partage de fichiers libres de droits ou sous licence libre (par un mécanisme de liste blanche), nous informe qu'il a fait l'objet le 13 mars dernier d'une perquisition et que plusieurs serveurs et ordinateurs ont été saisis... pour rien. Ou plutôt sur la base d'une fausse accusation qui risque de jeter encore le discrédit sur l'Hadopi.

L'adresse IP de son serveur s'est en effet retrouvée dans les logs d'un logiciel de surveillance des outils P2P (autre que LogP2P), et Peerates a été suspecté d'avoir partagé 4500 fichiers pédopornographiques. Le gendarme qui procède à l'enquête préliminaire a semble-t-il agit de son propre chef, sans commission rogatoire, sur la base d'un soit-disant "flagrant délit". Mais après étude du serveur et des disques durs des ordinateurs saisis, il a pu vérifier qu'aucun fichier pédophile n'était stocké sur le serveur Peerates.net et qu'il s'agissait selon toutes vraisemblances d'une erreur.

Contacté par Numerama, l'administrateur de Peerates pense qu'il ne peut s'agir que d'une erreur dans le relevé des adresses IP, ou d'une dénonciation calomnieuse. "Ils ne reprochent pas l'indexation des fichiers par le serveur eDonkey, qui est a priori impossible, mais bien la diffusion des contenus, c'est-à-dire leur partage", nous explique ainsi Jean-Roger S. "Le serveur était réglé pour n'indexer que les fichiers qu'il "reconnaît". Il n'indexe théoriquement que 10 ou 15.000 fichiers, dont 80 % sont hébergés par nos uploaders, donc certifiés OK. Les 20 autres pourcents sont partagés par des utilisateurs, et peut-être qu'on peut y trouver des contenus litigieux, car le filtre est faillible, mais il faut le faire sciemment et c'est très voyant".

L'hypothèse d'un piratage du serveur semble également exclue, puisque l'enquête n'a pas permis de trouver la trace physique des fichiers soit-disant transférés par les serveurs de Peerates.

"En général, les gendarmes utilisent un logiciel spécifique pour la recherche de contenus pédophiles. certains contenus illicites préalablement identifiés sont référencés dans une base de données et les gendarmes effectuent des recherches sur ces fichiers. Pour la suite, que ce soit à l'aide d'un client p2p modifié ou bien avec un système de capture et d'analyse réseau, le dispositif est censé consigner les adresses IP des clients p2p qui diffusent les contenus illicites", explique par ailleurs l'administrateur sur son site. "Normalement, seules les transactions TCP/IP aboutissant à un réel échange de fichier doivent être prises en compte, ce qui est la seule façon d'impliquer assurément une adresse IP en tant que source de fichier illicite".

Et "bien sûr, il conviendra ensuite de s'assurer qu'aucun mécanisme de dissimulation n'est implémenté derrière l'adresse détectée, ce que font les gendarmes en saisissant le matériel mis en cause afin d'y trouver des preuves concrètes du délit présumé". Précaution supplémentaire que ne prendra pas l'Hadopi dans son processus d'avertissements et de sanctions.

Pour le moment, l'enquête se poursuit. Mais Peerates se pose des questions. Comment et pourquoi leur adresse IP s'est retrouvée associée à tort à l'échange de 4500 contenus pédophiles ? "Qui veut nuire aux peerates et plus généralement à la diffusion de contenus libres et licites sur le réseau eDonkey ?", se demande l'administrateur du serveur. "Pour obtenir ce résultat, c'est-à-dire l'apparition assurée d'une IP précise dans un rapport de détection des gendarmes, ces personnes devaient sans aucune doute avoir connaissance d'un certain nombre d'informations. Par exemple, qui peut savoir quels fichiers sont surveillés ou non ? Qui peut connaître la limite a partir de laquelle une IP est considérée comme un 'client sérieux' ? Qui peut connaître suffisamment le protocole et le réseau eDonkey, ainsi que le mode opératoire de la détection, pour mettre en place un tel processus ?".

(Notez qu'en attendant la fin de l'enquête, un nouveau serveur eDonkey Peerates est accessible sur l'adresse IP 88.191.50.111:1111)

Publié par Guillaume Champeau, le 6 Avril 2009 à 17h37
 
 
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Commentaires à propos de «Suspecté à tort d'avoir partagé 4500 fichiers pédophiles avec son adresse IP»
 

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On se demande bien qui...
Attention, cela commence comme ça et on finit derrière du barbelé.
La délation arrive, sournoise, comme en 41 !!!
Avec ARNAQUEDOPI on va rigoler ;) lorsque on donne tout les pouvoirs a l'obscurantisme des ces fameux titulaires du droit d'être stupide il faut s'attendre au pire.
Ah oui, je l'ai vu ce matin sur le site des peerates, voilà donc la première victime de l'HADOPI avant même que la loi soit passé :biggrinthumb:
Ce qui prouve une fois de plus la faiblesse concernant les adresses IP (IP spoofing entre autres)et le reste concernant cette loi :jap:
Il faut toujours chercher à qui profite le crime...
---nous informe qu'il a fait l'objet le 13 mars dernier d'une perquisition et que plusieurs serveurs et ordinateurs ont été saisis... pour rien.---
Il faut savoir que depuis la nuit des temps, la police interroge des innocents, perquisitionne chez des innocents, parfois même les garde à vue et même, horreur suprême, les défère devant des juges qui eux, déterminent s'ils sont innocents ou coupables.

Si les perquisitions n'avaient plus lieu que chez les coupables, ce serait grave pour la démocratie, car cela signifierait que c'est la police qui détermine qui est coupable.
bravo Enter, tu viens de trouver le problème de l'Hadopi ! :D
go en cassation voyons je suis sur que les copains d'Albanel vont lui donner raison^^
La CPD pourrait devenir un paradis fiscal législatif elle servirait en fait a blanchir des actions qui pourraient être reconnues comme totalement illégales par la justice?
bravo Enter, tu viens de trouver le problème de l'Hadopi !

Pas mieux.Kad ^^

enter...
T'en as pas assez de parler pour ressasser toujours les mêmes lieux communs que même certains membres de l'UMP n'osent plus utiliser.
Tu t’appellerais pas Frédéric Lefebvre , par hasard?
---nous informe qu'il a fait l'objet le 13 mars dernier d'une perquisition et que plusieurs serveurs et ordinateurs ont été saisis... pour rien.---
Il faut savoir que depuis la nuit des temps, la police interroge des innocents, perquisitionne chez des innocents, parfois même les garde à vue et même, horreur suprême, les défère devant des juges qui eux, déterminent s'ils sont innocents ou coupables.Si les perquisitions n'avaient plus lieu que chez les coupables, ce serait grave pour la démocratie, car cela signifierait que c'est la police qui détermine qui est coupable.

aux dernières nouvelles, ils font quand même des enquêtes avant d'aller chercher des gens.
Si les perquisitions n'avaient plus lieu que chez les coupables, ce serait grave pour la démocratie, car cela signifierait que c'est la police qui détermine qui est coupable.

6h00 du mat, ding ding c'est la police on viens juste faire une perquis au cas ou vous cacheriez quelque chose... on cherche dans vos ordis,on vous met en garde a vue histoire de voir si vous n'avez rien a vous reprocher.

NOTA : Ceci est une pure fiction nous sommes en dans une democratie!!
dolomit, le 01/01/1970 - 01:00
---nous informe qu'il a fait l'objet le 13 mars dernier d'une perquisition et que plusieurs serveurs et ordinateurs ont été saisis... pour rien.---
Il faut savoir que depuis la nuit des temps, la police interroge des innocents, perquisitionne chez des innocents, parfois même les garde à vue et même, horreur suprême, les défère devant des juges qui eux, déterminent s'ils sont innocents ou coupables.Si les perquisitions n'avaient plus lieu que chez les coupables, ce serait grave pour la démocratie, car cela signifierait que c'est la police qui détermine qui est coupable.

aux dernières nouvelles, ils font quand même des enquêtes avant d'aller chercher des gens.

Entièrement d'accord avec dolomit...

Il faut savoir que depuis la nuit des temps, la police interroge des innocents, perquisitionne chez des innocents,
qui sont des présumés coupables , car il y a eu plainte et enquête dans les formes avant la perquisition.

A la justice de démontrer qu'ils sont coupables...c'est la présomption d'innocence qui malheureusement ne s'applique plus du tout avec L'HADOPI...remarque en passant^^

Tu baisses enter...
C'est plus çà, je suis déçue... :D

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Clorokine, le 01/01/1970 - 01:00
Si les perquisitions n'avaient plus lieu que chez les coupables, ce serait grave pour la démocratie, car cela signifierait que c'est la police qui détermine qui est coupable.

6h00 du mat, ding ding c'est la police on viens juste faire une perquis au cas ou vous cacheriez quelque chose... on cherche dans vos ordis,on vous met en garde a vue histoire de voir si vous n'avez rien a vous reprocher.

NOTA : Ceci est une pure fiction nous sommes en dans une democratie!!

Clorokine...relis le dernier raport d'AI.....enfin lis le plutôt.
ICI

Un cas bien connu, celui du journaliste de Libération,

Vittorio de Filippis...

Un jour çà sera chez toi...es-tu certain (e) de ne rien avoir à te reprocher ? :france:
"aux dernières nouvelles, ils font quand même des enquêtes avant d'aller chercher des gens."

oui mais au moins meme si ils se trompent ils ont le merite d aller verifier les informations,eux.
"Si les perquisitions n'avaient plus lieu que chez les coupables, ce serait grave pour la démocratie, car cela signifierait que c'est la police qui détermine qui est coupable."

Avec l'HADOPI, ce paradigme est résolu: les gendarmes perquisitionnent DONC tu es coupable !!!
dolomit, le 01/01/1970 - 01:00
---nous informe qu'il a fait l'objet le 13 mars dernier d'une perquisition et que plusieurs serveurs et ordinateurs ont été saisis... pour rien.---
Il faut savoir que depuis la nuit des temps, la police interroge des innocents, perquisitionne chez des innocents, parfois même les garde à vue et même, horreur suprême, les défère devant des juges qui eux, déterminent s'ils sont innocents ou coupables.Si les perquisitions n'avaient plus lieu que chez les coupables, ce serait grave pour la démocratie, car cela signifierait que c'est la police qui détermine qui est coupable.

aux dernières nouvelles, ils font quand même des enquêtes avant d'aller chercher des gens.

le probleme n'est pas tant qu'ils vérifient : c'est leur job.
et la plupart du temps, il ne se déplacent pas pour rien.

ce n'est pas un problème d'être contrôlé quant on est innocent. même si cela peut etre désagréable, c'est le prix a payer pour attraper les vrais diffuseurs de ce type de contenu, et je ne peux pas être contre. le problème, c'est plutôt pourquoi après avoir vérifié (pour ne rien trouver et cela prend pas 3 semaines) ils ne restituent toujours pas les accès aux dédies ainsi que le dédié lui même ... ?

et aussi, au bout de 3 semaines, ce n'est plus du tout autour de la diffusion de contenu, que les soupçons tournent.
en fait, depuis qu'on sait qu'il n'y a rien sur le disque, on se demande ce que l'on nous reproche concrètement et pourquoi le serveur est toujours en garde a vue ...

++
@enter : Combien de fois as tu fait des 48h de garde à vue juste parce que tu as été dénoncé ? Jamais...!?
Le problème est là, c'est que les récoltes de printemps d'adresses IP vont culpabiliser des innocents à la chaine, pas quelques 0.5% ou 0.6% , mais plus de 30 %

Tu ne vois toujours pas le problème ?
---aux dernières nouvelles, ils font quand même des enquêtes avant d'aller chercher des gens. ---
Et c'est quoi pour toi une enquête ? Des flics qui restent dans leur fauteuil et qui te téléphone pour savoir si tu es coupable ou pas ?
La perquisition, c'est une partie de l'enquête.
On croirait lire les médias : dès que la police s'intéresse à quelqu'un, c'est qu'il est coupable. Confer le cas du mec à Montpellier dénoncé pour avoir envoyé des lettres de menaces aux politiques. Dès son arrestation, les médias et les bien-pensant se sont jetés sur lui, avec photo et nom diffusés partout, pour dire que le corbeau avait été démasqué. Moralité : non. Après interrogatoire, il a été relaché.
Qui est coupable ? La police qui fait son boulot ou la presse qui se jette sur le moindre scoop ?

Alors, s'il vous plaît, n'agissez pas de même.
Lisez exactement ce que je dis : si les perquisitions n'avaient plus lieu que chez les coupables, ce serait grave car ce serait la police qui déciderait de la culpabilité. Je me doute que c'est extrêmement désagréable de se retrouver avec les flics chez soi quand on est innocent, mais ce n'est pas un scandale non plus.

--Le gendarme qui procède à l'enquête préliminaire a semble-t-il agit de son propre chef, sans commission rogatoire, sur la base d'un soit-disant "flagrant délit"---
C'est ça le point important de cet article. Est-ce que le gendarme a agi de sa propre initiative ou pas ? Est-ce que ce gendarme a agi ou non dans un cadre légal ou est-ce qu'il a outrepassé ses fonctions ? Et s'il s'agit d'un flagrant délit, sur la base de quels éléments ? Pour l'instant, n'ayant qu'un seul son de cloche, on ne peut pas juger si ces éléments sont suffisants ou pas pour déclencher une procédure de flagrant délit. Je pense que l'avocat de Peerates en saura plus.

Mais de grâce, arrêtez de tout confondre. Ce n'est pas parce que la police enquête sur vous, perquisitionne chez vous, ... que vous êtes coupables et que nous vivons dans une dictature.
enter > tu feins d'ignorer que c'est exactement ce qu'on reproche à l'Hadopi, de présumer les personnes coupables ?
---le problème, c'est plutôt pourquoi après avoir vérifié (pour ne rien trouver et cela prend pas 3 semaines) ils ne restituent toujours pas les accès aux dédies ainsi que le dédié lui même ... ?---
Ca c'est une vraie question. Il aurait été préférable que l'article porte sur ce sujet.

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