Quelques semaines après avoir déjà dénoncé dans Le Point un projet de loi Création et Internet qu’il voit comme le « pitoyable résultat d’une connivence passagère » entre les industriels et les politiques de tous bords, Jacques Attali récidive. Dans une interview à iPol, l’économiste et conseiller politique conseille aux artistes de s’opposer à la loi et de prendre eux-mêmes en main leur destin avant que les majors se retournent et négocient avec les FAI une licence globale dessinée pour leurs seuls profits.


« C’est stupide, c’est inapplicable, c’est liberticide, et c’est une alliance tout à fait absurde de quelques entreprises, quelques artistes et quelques politiques« , attaque Jacques Attali. « L’information est par nature gratuite, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne doit pas être rémunérée. Elle sera rémunérée par la licence globale« , assure-t-il, enjoignant les artistes à prendre eux mêmes en main le chantier de la licence globale, sans tarder.

Jacques Attali estime en effet que « c’est très important que ce soit fait maintenant et que les artistes le prennent en main maintenant parce que s’ils ne le font pas, progressivement les majors vont se rendre compte que le système de la loi Hadopi ne fonctionne pas« . Or « ensuite les majors vont changer complètement de pied comme ils l’ont fait à chaque fois qu’ils ont eu besoin de le faire, et ils vont mettre au point la licence globale en se partageant le gateau avec les fournisseurs d’accès, monter une structure dans laquelle l’ensemble de l’argent réparti ira d’abord des fournisseurs d’accès aux majors, et les majors distribueront des miettes aux artistes« .

« C’est très important que les artistes comprennent qu’ils faut que eux prennent en main le système, comme ils l’ont fait dans le temps avec la Sacem, qu’ils fassent leur propre société (de gestion collective)« , demande Attali, qui préconise par ailleurs la plus grande transparence dans le fonctionnement de cette société.

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