Ca semble être une anecdote. C’est sans doute beaucoup plus profond. Pour s’adresser au peuple d’Iran, Barack Obama a choisi de diffuser son message vidéo sur YouTube, un média qu’il avait déjà beaucoup utilisé pendant sa campagne électorale. La vidéo de 3 minutes et 35 secondes, sous-titrée en farsi, propose aux iraniens « une nouvelle année, un nouveau commencement« , et peut être facilement diffusée par les internautes iraniens eux-mêmes.

Sauf en temps de guerre où l’armée lâche par avion des messages de propagande au dessus des villages, les diplomaties étrangères ont toujours été contraintes de s’adresser aux populations civiles étrangères par l’intermédiaire du pouvoir local ou par le filtre des médias plus ou moins contrôlé par les étrangers. Les messages ne sont pas toujours retransmis à la population, ou alors montés pour n’en proposer que des extraits. En utilisant Internet, Barack Obama s’assure que son message sera vu en intégralité, sans que le régime iranien ne puisse le filtrer.

« Internet offre au président un lien direct avec les citoyens d’un pays, non seulement il leur parle directement mais il sait aussi qu’ils diffuseront son message pour lui, c’est ce qui rend (internet) si puissant« , explique ainsi à l’AFP Andrew Rasiej, cofondateur du blog TechPresident.com, qui examine la vie politique et les technologies. « Il utilise la plateforme ouverte d’internet pour s’assurer que son message est entendu en totalité et n’est pas raccourci, sorti de son contexte ou manipulé d’une manière qui le détournerait de son objectif« .

C’est donc une nouvelle ère de la diplomatie qui s’ouvre, plus proche des populations civiles, plus directe, mais aussi davantage exposée aux risques de propagande.

Il faut en effet rappeler que Barack Obama n’invente rien. L’un des premiers groupes « politiques » à avoir utilisé Internet pour s’adresser ainsi directement à la population sans le filtre des médias fut… Al Quaeda, depuis plusieurs années.

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