Nintendo a une dent contre le linker R4, une cartouche qui permet d’exécuter n’importe quelle copie de jeu mais aussi des jeux et des programmes amateurs (homebrew) sur la console Nintendo DS. Après avoir annoncé en juillet 2008 le dépôt d’une plainte conjointe avec 54 éditeurs de jeux à Tokyo, ou le dépôt d’une plainte à Paris en fin d’année dernière, le constructeur demande de l’aide au représentant américain au commerce, pour qu’il fasse pression sur les partenaires commerciaux des Etats-Unis.

La firme japonaise reproche à la Chine, à la Corée, au Brésil, au Mexique, à l’Espagne et au Paraguay de ne pas faire assez dans la lutte contre le piratage, et de faciliter notamment la fabrication ou l’achat-revente de modchips et autres cartouches R4.

La présence d’un pays européen dans la liste noire de Nintendo peut paraître surprenante, mais l’Espagne héberge certains des sites où l’on trouve le plus de fichiers .NDS (les ISO de jeux pour la Nintendo DS), la plupart distribués sur eMule. Les P2Pistes de la péninsule bénéficient en plus d’une jurisprudence favorable depuis les relaxes de Sharemula et Todotorrents.

Pour encourager les parents à interdire à leurs enfants de pirater, Nintendo utilise un stratagème désormais éprouvé (mais totalement inefficace), le spectre de la sécurité et des contenus peu recommandables auxquels leurs rejetons pourraient avoir librement accès une fois leur console piratée.

« Il est important que les parents notent que si les utilisateurs des dispositifs de contournement sont des enfants, ils pourraient être exposés à des contenus inappropriés téléchargés sur Internet et exécutés sur leurs systèmes Nintendo« , assure ainsi Jodi Daugherty, le directeur de la lutte anti-piratage de Nintendo aux Etats-Unis. Mais en disant cela, il reconnaît aussi que les puces qui permettent de contourner les protections techniques des consoles permettent aussi d’exécuter d’autres choses que des jeux Nintendo piratés.

Or n’est-ce pas légitime de pouvoir bricoler la console que l’on a acheté et que l’on possède pour en faire ce que l’on veut, y compris exécuter d’autres programmes que ceux prévus par le constructeur ? Le débat est compliqué, mais il est essentiel.

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