Dans une vidéo publiée en son nom par le groupe socialiste, la députée Corrine Erhel défend l'intérêt des trois grands opérateurs mobiles qui redoutent l'arrivée de Free et de ses prix cassés sur le marché après l'attribution de la quatrième licence 3G. Sa commune de Lannion héberge l'un des grands centres de recherche de France Telecom.

Dur dur d’être socialiste. La députée Corrine Erhel, qui était plongée dans un certain anonymat parmi les 577 élus de l’Assemblée Nationale, a trouvé de quoi se faire un nom auprès des internautes. Sa vidéo montée et mise en ligne par le groupe Socialiste, Radical, Citoyen et divers gauche (SRC) promet déjà de faire un buzz qu’elle regrettera probablement très vite. Alors que l’on s’attend à ce que les socialistes défendent tout ce qui va dans le sens d’une amélioration du pouvoir d’achat, et donc l’entrée de Free sur le marché des télécommunications mobiles, Mme Erhel se fait porte-parole des opérateurs en place en privilégiant des intérêts privés… et locaux.

Dans cette vidéo montée au nom de tous les députés socialistes, la députée de la 5ème circonscription des Côtes-d’Armor dénonce le projet du gouvernement d’ouvrir une quatrième licence 3G à un nouvel opérateur, qui promet de casser les prix. Reprenant à son compte le discours des opérateurs en place, elle questionne l’équité du prix proposé par le gouvernement, redoute l’impact d’une extension de la concurrence sur l’emploi, et doute de la capacité d’un nouvel entrant à couvrir tout le territoire pour répondre aux mêmes obligations de couverture que ses concurrents.

« On peut se poser la question de savoir comment a été fixé le prix de 210 millions d’euros et s’il n’a pas été fixé en fonction de la capacité financière d’un opérateur spécifique candidat« , commence ainsi Mme Erhel, en référence aux 206 millions d’euros proposés par Free avant l’annonce du gouvernement.

« Faire entrer un quatrième opérateur, à quelles conditions, et avec quelles garanties ?« , demande-t-elle. « Honnêtement, la concurrence elle existe déjà avec trois opérateurs. Ca n’est pas parfait, mais en tout état de cause on ne peut que que s’inquiéter du manque d’équité et là dessus, on a vraiment de gros points d’interrogations« .

La député socialiste se demande si « ce quatrième opérateur, par une politique de prix à la baisse très forte, ne risque-t-il pas de destabiliser l’économie des autres opérateurs« . « Quand on va dans une politique de low-cost, immanquement on compresse les coûts, et on risque d’avoir des compressions sur les frais de personnel, de gestion, de services après-vente des autres« , craint-elle.

A regarder de plus près, on comprend mieux pourquoi Mme Erhel défend cette position. Dans la cinquième circonscription des Côtes-d’Armor dont elle est élue se trouve en effet la ville de Lannion, où a été fondé en 1960 le Centre national d’étude des télécommunications, devenu… Orange Labs. Elle abrite également une Technopole particulièrement active dans le domaine des télécommunications, avec des entreprises comme Alcatel ou Sagem. Lannion accueille également l’ENSSAT, l’école nationale supérieure des sciences appliquées et des technologies, toujours très à la pointe sur les télécommunications.

Mais si on comprend pourquoi Corinne Erhel peut vouloir défendre sa circonscription et notamment les intérêts d’Orange, bien qu’elle soit député représentante de l’ensemble de la Nation et non pas seulement de sa circonscription, on ne comprend pas comment le groupe socialiste peut en faire sa porte-parole sur ce dossier et adopter les mêmes positions.

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