Libre Accès : " Ni SACEM, Ni Jamendo ! "
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 10 Février 2009 à 12h43 -
posté dans Musique Numérique
![]() Le collectif Libre Accès, qui organise jeudi ses Assises Liberté, Création et Internet, a souhaité réagir à l'initiative de Jamendo de proposer aux commerces des licences payantes pour l'exploitation de son catalogue de musique libre. Numerama publie en exclusivité une tribune dans laquelle le collectif demande à rejeter à la fois les méthodes de la Sacem et celles de Jamendo, et à trouver une troisième voie :
Nous assistons à une nouvelle forme de libéralisation de la culture, où une plateforme de musique en vient à commercialiser des oeuvres en libre diffusion, en se posant comme concurrente d'une société de gestion de droits d'auteurs. Cette attaque d'une société commerciale démontre certainement le grand désarroi d'auteurs qui ne font plus confiance à une société de gestion censée les représenter. Il est dommageable que la politique de certaines Sociétés de Gestion en Europe ne semble pas plus morale que le business d'une startup internet. Nous nous posons une question : qu'apportera cette vision des choses à la culture libre, si on entend celle-ci comme une " autre culture " ? En effet, reproduire à l'infini les " mêmes modèles ", est-ce là le projet ? N'est-ce pas le moment au contraire d'être créatifs, et d'innover ? Cela fait plus de 150 ans que la SACEM fait son travail de collecte des droits de ses sociétaires, comment va-t-elle considérer cette entreprise qui la concurrence à partir de cette année ? Assiste-t-on à une fragilisation du statut des compositeurs qui n'arrivent plus à se fédérer autour de la libre diffusion des oeuvres sur Internet ? Si l'on s'en tient au strict "business plan" développé par Jamendo :
Et du côté de la SACEM :
C'est le pot de terre contre le pot de fer... D'une part, nous avons du mal à comprendre qu'il faille utiliser les mêmes modèles économiques pour développer la musique et la culture libre, qui reposent sur des principes philosophiques, économiques totalement différents, pour ne pas dire diamétralement opposés au système classique incarné par les maisons de disques (la créativité n'est pas inféodée au marché dans la culture libre) ; d'autre part, nous ne considérons pas la SACEM comme " l'ennemi à abattre ", ne serait-ce que parce qu'elle joue depuis longtemps un rôle important et souvent très positif dans la vie de nombreux artistes, et qu'elle est efficace là où les licences ouvertes ne le sont pas encore (la rémunération des diffusions radio et télé notamment). Cet affrontement, qui plus est, nous le jugeons prématuré. Nous sommes persuadés qu'il n'aura d'autre conséquence que de stigmatiser un peu plus les licences ouvertes, alors que notre dessein est au contraire de faire en sorte que tout le monde en reconnaisse l'intérêt, la dignité, la pertinence. Scier la branche sur laquelle nous sommes assis, est-ce bien raisonnable ? Le véritable danger pour la diversité culturelle, il est évident que c'est le puissant lobby des majors, qui écrase la créativité sous la botte du marché, et pousse les pouvoirs publics à voter des lois contraires aux droits de l'homme et du citoyen, dans le mépris total des ayant droits comme du public ! Comment la SACEM peut-elle encore prétendre défendre (tous) les auteurs, alors que la quasi totalité de ses revenus lui proviennent de l'industrie du disque et de ses artistes ? Bien qu'ils s'en défendent, il est évident que les représentants de la SACEM ne peuvent lutter à armes égales contre ceux qui la font vivre, et qui siègent à son Conseil d'Administration. Pour preuve de ce que nous avançons sur ce point, le soutien sans faille de la SACEM à la loi " Creation et Internet " (et à la précédente loi DADVSI), que nous considérons comme une grave erreur de sa part, ou pire : une contradiction avec ses missions historiques. Cette loi en effet, n'aura d'autre conséquence que d'asseoir plus encore le monopole des Maisons de Disques, que la SACEM est censée combattre, puisque les intérêts des Majors/Éditeurs/Diffuseurs/Distributeurs sont de tout temps entrés en conflit avec les intérêts des ayants droits (historiquement c'est même ce qui a motivé la création de la SACEM). C'est pourquoi nous dénonçons le modèle de répartition actuel de la SACEM. Nous le trouvons totalement injuste et surtout inadapté aux nouvelles pratiques dont nous nous réclamons, induites par l'avènement d'internet et des licences ouvertes. D'autre part, comment défendre celui que Jamendo développe en ce moment, qui se contente d'imiter le premier, à la mode " esclavage 2.0 ", sans proposer de véritable représentation aux artistes ? Toutefois, nous espérons qu'il sera possible d'entamer un (vrai) dialogue avec la SACEM, dont l'objectif serait de parvenir à avancer sur la reconnaissance des licences ouvertes (et surtout de ceux qui les utilisent aujourd'hui et les utiliseront demain). Cela suppose bien entendu que cette vieille dame accepte enfin d'évoluer, et qu'elle s'affranchisse de l'emprise des maisons de disques. Personne n'a à gagner d'un affaiblissement de la représentation des auteurs en France ! Nous lui proposons humblement notre expertise, et verrons si nous serons entendus ! Si ce n'est pas le cas, nous aviserons, sans pour autant déroger à l'éthique que nous défendons... L'exemple des Pays-Bas et du Danemark en matière d'utilisation des licences Creative Commons par des sociétés d'auteurs nous semble être une bonne base de travail. À la SACEM de tenir réellement compte d'évolutions qui semblent désormais inéluctables. À nous de l'aider à mieux les appréhender. L'important est que les artistes européens aient vraiment le choix en ce qui concerne leur mode de gestion des droits d'auteur. Nous n'aurons de cesse de défendre ce point de vue ! Aux antipodes de la démarche de Jamendo, nous faisons le choix de la diplomatie, plutôt que celui du conflit ouvert. Il est vital de garantir la pérennisation de sociétés défendant les auteurs, tous les auteurs. L'avenir proche dira si nous avons fait le bon choix... Les Assises " Liberté, Création et Internet " du 12 février seront une première occasion pour en débattre. Pour Libre Accès : Eric Aouanès (président de l'association Musique Libre ! et co-fondateur de la plateforme Dogmazic) , Jérémie Nestel (MACAQ, Radio du Ministère de la Crise du Logement), bituur esztreym (co-fondateur de Musique Libre ! et de dogmazic.net), Didier Guillon-Cottard (Festival Artischaud) à lire aussi
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Commentaires à propos de «Libre Accès : " Ni SACEM, Ni Jamendo ! "»
@ laurent petitgirard, 2
? je lis votre discussion avec christophe? vous dites "j'affirme ici haut et fort qu'il n'y a aucune stratégie de la Sacem, en terme de communication, pour faire croire que c'est là le seul moyen de protéger une oeuvre" et pourtant, sur le portail de la sacem, la rubrique "pourquoi devenir membre de la sacem ?" commence par : "Pourquoi protéger ma création musicale ? La protection de votre création musicale vous permet de percevoir des droits d'auteur mais aussi d'éviter que votre musique ou vos textes soient utilisés sans votre accord. Comment protéger ma création musicale ? En France, c'est en adhérant à la Sacem que les auteurs et les compositeurs protègent leurs ?uvres, dès lors qu'elles sont : * soit enregistrées sur disques, vidéos ou supports multimédias, * soit interprétées en concert, * soit diffusées par les radios ou télévisions." je saisis mal la nuance sémantique qui pourrait faire croire à un lecteur moyen que la sacem n'est pas seule habilité en france à protèger pas les oeuvres, et même, n'a pas pour objet de les protéger mais d'en gérer les droits, et que la déclaration sacem n'est qu'un moyen parmi d'autres de prouver l'antériorité de la création. certes, ce n'est sans doute pas de la stratégie, mais ce type de formulation que je trouve abusive est récurrent. j'ai même entendu catherine kerr-vignale l'an dernier sur france inter (téléphone sonne du 29 janvier 2008) rétorquer à un auditeur qui lui donnait ses raison de ne pas adhérer à la sacem : "ah oui mais si vous ne voulez pas que vos oeuvres soient protégées, c'est votre problème" j'accepterais plus volontiers de lire sans sursauter même un truc du genre "la sacem est un des moyens les plus efficaces pour protéger vos oeuvres". cette fois, c'est quasi-sûr, bon p'tit dej. pola Monsieur Petitgirard,
pardonnez mon absence momentanée de cette fort intéressante discussion, les assises auxquelles vous ne voulûtes pas participer ne m'ont pas permis d'y contribuer plus. (Vous n'y auriez pas incarné Bayard, la SACEM était bien représentée). Vous disiez dans un message précédent renoncer à chercher à me convaincre, hé bien vous vous trompez sur ce point ! Je n'attends, nous n'attendons de votre part que ce que vous n'avez cessé d'affirmer fort patiemment (et brillamment) dans les reponses que vous adressez au public d'internautes que notre tribune a interpelé : de la transparence. Votre honnêteté intellectuelle vous vaut le respect de tous vos interlocuteurs, vous le constatez sans doute, vous qui avez débuté ici en demandant que l'on ne vous insulte pas :-) Notre tribune, je vous le concède, était quelque peu "polémique", et peut-être même "caricaturale" ou imprécise sur certains aspects. Mais il est parfois salutaire de provoquer, quand le but n'est autre que de rechercher un vrai dialogue sur des questions brulantes, et si confuses pour une grande majorité d'entre nous ! Un petit rappel, notre association a toujours eu dans son objet : "Militer pour la gestion individuelle des droits d?auteur auprès des sociétés civiles, organisateurs de spectacle, labels Messsage tronqué... je réessaie...
Monsieur Petitgirard, pardonnez mon absence momentanée de cette fort intéressante discussion, les assises auxquelles vous ne voulûtes pas participer ne m'ont pas permis d'y contribuer plus. (Vous n'y auriez pas incarné Bayard, la SACEM était bien représentée). Vous disiez dans un message précédent renoncer à chercher à me convaincre, hé bien vous vous trompez sur ce point ! Je n'attends, nous n'attendons de votre part que ce que vous n'avez cessé d'affirmer fort patiemment (et brillamment) dans les reponses que vous adressez au public d'internautes que notre tribune a interpelé : de la transparence. Votre honnêteté intellectuelle vous vaut le respect de tous vos interlocuteurs, vous le constatez sans doute, vous qui avez débuté ici en demandant que l'on ne vous insulte pas :-) Notre tribune, je vous le concède, était quelque peu "polémique", et peut-être même "caricaturale" ou imprécise sur certains aspects. Mais il est parfois salutaire de provoquer, quand le but n'est autre que de rechercher un vrai dialogue sur des questions brulantes, et si confuses pour une grande majorité d'entre nous ! Un petit rappel, notre association a toujours eu dans son objet : "Militer pour la gestion individuelle des droits d?auteur auprès des sociétés civiles, organisateurs de spectacle, labels Chère pola.k
Bravo, touché, vous avez tout à fait raison pour le Portail, j'avoue ne pas avoir été vérifier cela. Je vais faire modifier cette formulation pour qu'elle ne puisse pas prêter à confusion, la Sacem n'est pas le seul moyen de protéger une oeuvre, elle est par contre la mieux placé pour détecter les antériorités. (Sur ce point, dès ma première élection comme président du CA, j'avais lancé une numérisation de notre dictionnaire musical, qui comprend près d'un million d'oeuvres, transcrites sous une forme chiffrée qui permet de déceler très vite les similitudes thématiques). Je pense comme vous qu'il ne faut pas attendre l'arrivée d'un conflit qui viendrait en plus d'utilisateurs de bonne foi, n'ayant pas pris conscience du problème. Même si stratégiquement cette ambiguïté a arrangé tout le monde, la question de fond sur la compatibilité CC-Sacem pour des auteurs ayant réservé leurs droits Internet et utilisant pour cela les licences libres reste non résolue. je vais demander à nos services de détailler la position de la Sacem et nous l'examinerons en conseil d'administration. Amitiés. LP A Ricodahalvarez,
Je ne doute pas un instant de votre désir de faire avancer la discussion et les textes de loi dans une direction utile et profitable à tous. Je n'ai pas souhaité participer à ce débat pour une autre raison : Je ne veux pas monopoliser la parole des élus du CA Sacem, il est indispensable que d'autres sociétaires s'investissent, d'autant que beaucoup ont le talent et la connaissance des dossiers nécessaires pour le faire. Je ne suis en plus pas du tout un spécialiste de la variété ou des musiques actuelles, alors que ce sont les domaines qui principalement sont au coeur du sujet. Quittant mes fonctions en juin prochain, j'ai donc estimé judicieux de faire venir un éditeur qui sera encore en fonction dans le prochain exercice, en l'occurence Bruno Lion, excellent administrateur et de plus Président du FCM (Fondpour la Création Musicale). Enfin je salue ce débat qui se place strictement au niveau des idées, des faits et des évolutions possibles, sans jamais tomber dans la caricature ou l'apostrophe. A très vite, donc. Cordialement. LP A pola.k
La bonne formule me semble devoir être : En France c'est LE PLUS SOUVENT en adhérant à la Sacem........ Ce qui aura l'avantage d'être vrai et non exclusif. Bon samedi. LP Bonjour à tous, bravo pour à LP (acronyme sont vous vous êtes vous mêmes affublé) pour la clarté et la patiente de chacune de vos réponses. Et merci aux anarchistes du libre d'avoir pris le temps de poser de justes et parfois récurrentes questions.
Cela éclaircit pas mal de fausses idées répandues un peu trop souvent. Ma question ouverte à laquelle je n'ai pas encore trouvé de réponse est celle ci. Ayant mis 3 précédentes oeuvres sous licence CC et désirant pour ma prochaine réalisation confier ma gestion de droits à la SACEM, comment vont être considérés d'un point de vue légal mes précédents "mp3" libres de diffusions privées ? Si je venais à reprendre une de ces chansons (ie: réarrangement et réenregistrement) et que je la déclare à la SACEM comment sera va-t-il intercéder avec sa précédente diffusion ? merci d'avance si jamais vous avez l'une et l'autre partie connaissance de quelques éléments de réponse. tbls edit: le mot "anarchiste" était un clin d'oeil à l'appellation qu'on vous prête parfois. Que cela ne soit pas mal interprêté.
Cher tbis,
Je vais poser la question à qui de droit lundi pour être certain de ne pas répondre à côté. Je vous tiens au courant. pardon de ne pas affirmer tout de suite ce qui me semble être la réponse, mes responsabilités me contraignent à la prudence. Bien à vous. LP Je souhaitais apporter un point de vue personnel, et apporter quelques précisions à cet article, auquel j?ai contribué.
Tout d?abord et contrairement à ce qui a été dit beaucoup de membres de Libre Accès collaborent avec Jamendo, comme le groupe Lonah. Libre Accès n?a rien contre JAMENDO, l?objet social de l?association précisant notamment de favoriser la réussite des entreprises faisant le choix de soutenir des artistes autorisant la libre diffusion de leurs ?uvres. A titre personnel, j?utilise même souvent le site de JAMENDO que j?apprécie. Lors d?un événement récent à Paris organisé par JAMENDO, Sylvain Zimmer m?avait encouragé à exprimer publiquement mes doutes sur ce projet de concurrencer la SACEM ? Je dois dire que la présentation m?avait profondément choqué : (Je restitue ce que j?en ai compris) il était dit que JAMENDO garantissait en quelques sortes de la musique librement téléchargeable, et c?était ce service qu?elle souhaitait se faire rémunérer. L?exemple avait été donné, de démarcher des grands groupes comme les gérants des hypermarchés (ACCORD, LECLERC ...) En gros JAMENDO vendait de la musique comme on vend des patates non estampillés SACEM. Cette présentation m?avait profondément choqué, j?ai eu le sentiment que l?on pouvait exploiter « la production » des artistes comme du lait. De là quelques précisions : 1. La SACEM est une société d?auteurs, de compositeurs et éditeurs de musique, géré par un Conseil d?Administration élu en assemblée générale. Les administrateurs de la SACEM sont élus pour défendre les droits des auteurs, ils ne touchent pas d?argent sur les bénéfices gérés par la SACEM. Pour être membre de la SACEM, il faut adhérer en tant qu?auteur au statut. Le Conseil d?Administration est régulièrement renouvelé. Chaque adhérent s?il le souhaite peut participer à l?assemblée générale et suivre la gestion des comptes et questionner les administrateurs sur les décisions prises. Malgré toutes les imperfections de la SACEM, on doit lui reconnaître : un fonctionnement démocratique, la volonté au moins pour les six auteurs et six compositeurs élus de défendre les intérêts des auteurs. Il y a bien des points sur lesquels je ne suis pas en accord avec M. PETITGIRARD, mais je lui reconnais d?être un amateur d?Art et d?avoir un profond respect pour les auteurs et les artistes. La SACEM n?a pas pour objet de défendre les intérêts de ses administrateurs ni de ses investisseurs. 2. JAMENDO, c?est une entreprise innovante avec des actionnaires qui ont des parts dans la société. (je pense les statuts de l?entreprise ne sont pas sur le site de JAMENDO). Les auteurs et artistes interprètes ne sont pas représentés, ils n?ont aucun droit de vote, ni de regard. JAMENDO fonctionne grâces au soutien financier d?un de ses administrateurs MANGROVE qui a investi dans cette société. JAMENDO doit être rentable, c?est du pur bizness. CQFD / Il y a donc un détail conséquent pour les auteurs en terme éthique : La SACEM ne peut être acheté par aucune Entreprise. JAMENDO peut comme toute société être un jour acheté par GOOGLE ou MICROSOFT. 3. Les auteurs et artistes interprètes faisant le choix de la libre diffusion de leurs ?uvres ne peuvent adhérer à la SACEM qui ne donne pas la possibilité aux auteurs de choisir les ?uvres qu?ils souhaitent mettrent en LAL ou en CC etc. Il y a donc une grande partie des auteurs qui ne peuvent bénéficier des avantages qu?offre la SACEM. N?étant pas adhérent, ils ne peuvent voter au sein de la SACEM pour un administrateur qui les représenterait, et de fait changer le fonctionnement de la SACEM en assemblée générale. 4. Y a-t-il un intérêt dans l?avenir pour la rémunération des auteurs à un affaiblissement de la SACEM ? S?il elle était concurrencé par des entreprises privés qui garantirait à différents niveaux leurs revenus ? En quelques sortes une « libéralisation » « du marché de la musique », ou chaque auteur pourrait utiliser des licences à option pour contracter avec autant d?entreprises privés qui se présenteraient à lui ? Personnellement je ne le pense pas, cela serait à mon avis une grande fragilisation de la rémunération des auteurs autorisant ou non la copie de leurs ?uvres, mais le débat reste ouvert. 5. Qui représente et défend les auteurs autorisant la libre diffusion de leurs ?uvres : Personne. Il n?existe pas d? équivalent de la SACEM dans la « culture libre » et la SACEM ne les reconnais pas. Par ailleurs les lois que soutient et encourage la SACEM vis à vis d?Internet est en totale contradiction avec les idées de auteurs autorisant la libre diffusion de leurs ?uvres. Il y a bien un autre modèle économique a inventé : - Ira t?il vers une libéralisation totale du marché de la culture avec un affaiblissement de la protection des auteurs ? je ne le souhaite pas. - La SACEM va t?elle évoluée et reconnaître les auteurs autorisant la libre diffusion de leurs ?uvres ? Cela changerait à terme certainement certains membres du Conseil d?Administration. Je pense que cela serait souhaitable. - Y-aura t?il un équivalent de la SACEM, pour les auteurs autorisant la libre diffusion de leurs ?uvres ? Cette troisième piste semble à explorer, pour défendre les intérêts des auteurs dans un monde ou la libéralisation et la marchandisation de la culture risque de prendre des proportions inimaginables. Espérons malgré tout qu?un dialogue puisse se créer entre les auteurs de la SACEM et ceux autorisant la libre diffusion de leurs ?uvres. Ce texte (ainsi que ces fautes multiples de grammaire et d?orthographe) n?engage que moi. Jérémie Nestel A Jérémie,
Votre analyse détaillée est très cohérente et merci de rappeler qu'on ne peut pas comparer une société civile d'auteurs et d'éditeurs à une société commerciale, aussi innovante soit-elle. Un changement de l'actionnaire principal peut, du jour au lendemain, changer radicalement la politique d'une société commerciale. En ce qui concerne la démocratie à la Sacem, il est bon de signaler que les administrateurs sont élus pour 3 années, suivies d'une année de "sommeil" obligatoire pendant laquelle ils ne sont pas rééligibles. Ceci permet une méilleure rotation des membres du Conseil. Le système est identique à la SACD, mais pas dans les sociétés gérant les droits voisins des artistes interprètes, Adami, Spedidam, ce qui fait que certains artites sont membres de ces CA sans interruption depuis plus de 20 ans... Le dialogue sur le sujet des licences libres est indispensable, ne serait-ce que pour que la situation sorte du flou. Mais comprenez que si la Sacem semble être souvent une vieille dame bien lente à faire évoluer, c'est qu'elle est en point de mire et qu'elle ne peut pas prendre les mêmes risques qu'un particulier. La moindre jusirprudence peut avoir des conséquences très importantes. En fait la Sacem est condamnée à la prudence, ce qui ne veut pas dire l'immobilisme, je vous l'accorde. Enfin, Cher Jérémie, j'espère être bien plus qu'un amateur d'art, à savoir avant tout un compositeur de musique. Très amicalement. Laurent Petitgirard A M. Petitgirard
Je n'ai pas précisé que vous étiez compositeur car dans mon esprit ça allait de soi. Mes excuses, je voulais juste préciser que l'Art était pour vous comme moi quelque chose d'essentiel. Jérémie @LP et autres pour ouverture de la discussion
Merci Jérémie pour avoir très bien résumé la situation d'ensemble. Ce qui m'intéresse au regard de cette synthèse, c'est de trouver des solutions pratiques. 1. Aujourd'hui, on doit plus encore diversifier ses sources de revenus (notamment sur Internet où les modes changent très vite). Pour reprendre le fait que Deezer n'est pas une industrie avec d'énorme frais de fonctionnement en machine outils ..., le barème pourrait sûrement être augmenté, et bien entendu cela n'est pas la solution, mais il ne faut pas renier des revenus parce que ceux ci seraient trop faible 2. les licences libres (avec une clause non commerciale) permettent de poser le problème de la diffusion sur les réseaux numériques, et de prévenir de mauvais usages qui nuiraient aux auteurs/compositeurs. Pourquoi ceux qui mettent leur musique sur myspace ne sont pas rémunérés ? et partant du monde numérique, nous pourrions étendre ces usages dans le monde physique (sans l?opposer). 3. des questions et une idée (une fausse bonne idée ?) : a. les droits de diffusions ont-ils augmentés ces dernières années ? b. le nombre de sociétaire est t?il en constante évolution ? c. pourquoi ne pas faire des barèmes de répartition dégressifs avec la diffusion : ce qui permettrait de mettre dans le fond de soutien plus d'argent ? Un titre qui est déjà passé 15000 fois a déjà rapporté beaucoup à son auteur et son compositeur, non ? Il ne s'agit pas de "niveler par le bas" ou redistribuer à tout le monde la même part de gâteau, mais garantir la diversité de notre culture, en équilibrant la balance, au regard des point a et b précédents. Cher Sam,
1/ Une société récente comme Deezer a des frais importants pour se développer et doit s'adresser à de très nombreux producteurs et Majors. N'oubliez pas que, suite à la décision de 2005 de la Commission Européenne qui a été saluée par beaucoup d'internautes qui en ignoraient les conséquences,comme une défaite des sociétés d'auteurs, les Majors de l'Edition ont retiré leurs droits de beaucoup de sociétés d'auteurs. la Sacem est toujours apte à signer des contrats pour son propre répertoire, mais par exemple elle ne représente plus EMI international pour Internet. Universal international est certes maintenant représenté par la Sacem, mais est traité via des accords séparés. Warner a établi un autre système de contrat dans lequel toutes les sociétés peuvent intervenir. Bref c'est la jungle, le bordel intégral créé par ces incapables fonctionnaires de la CE qui ont créé un boulevard pour les Majors et surtout rendu le Net quasiment ingérable. Des sociétés comme Deezer sont rançonnées par les Majors producteurs de disques avec qui elles doivent traiter en premier, se retrouvent obligées de signer des dizaines de contrats, d'avoir des services juridiques très lourds et très coûteux et pour finir de payer des sommes très importantes aux FAI. Monter beaucoup le taux sera simplement impossible et de toute façon, percevoir 400.000 euros au lieu de 250.000 ne changerait pas grand chose au regard d'un milliard de streams.... 2/ Pourquoi ne pas être payé lorsque vous déposez votre musique sur MySpace ? Et bien parcequ'avec les dizaines de milliers de vidéo déposées par jour, voir par heure, en donnant simplement 10 euros à chaque vidéo, le budget entier de MySpace n'y suffirait pas. Cher Sam, la gratuité a ses limites. Les internautes veulent trop souvent être à la fois des consommateurs qui s'affranchissent de payer et des auteurs protégés dans leur petit domaine de création. Si MySpace coûtait 10 euros/mois, tout le monde serait payé, mais via la pub, cela ne marche pas. On est pas dans le cadre des grandes radios ou télévisions dans lesquelles la publicité représente un énorme budget. 3/ a)Oui les droits de diffusion ont augmenté dans la mesure où ils sont calculés sur un pourcentage du chiffre d'affaire des diffuseurs. La progression depuis 20 ans est très nette, évidemment stoppée, voir en baisse sur France Télévisions dont les recettes publicitaires, suite à l'annonce présidentielle de janvier 2008, ont fortement chuté. A noter que la compensation de 150 millions d'euros, attribuée au titre de 2008 à France Télévision, l'a été sous forme de dotation à capital et donc non soumise au doit d'auteur. C'est un scandale, nous nous battons pour les récupérer (6,3 millions dont 3,3 pour la Sacem), le ministère de la culture est d'accord, mais il reste la chère commission européenne.... c) c'est une vraie question. D'après la loi, le droit d'auteur est proportionnel. Le barême dégressif est déjà utilisé pour les génériques ultra répétitifs et pour corriger des effets de masse sur la copie privée. Après il faudrait réfléchir : Si un titre est passé régulièrement sur des très longues périodes, c'est qu'il est devenu un standard et je ne vois pas à quel titre et sous quel argument juridique on pourrait appliquer une dégressivité. Par contre, si un titre passe énormément, sur une courte période, parceque son producteur a fait de l'achat d'antenne, alors se pose en effet un vrai problème, le droit d'auteur étant alors grâce à un accord commercial. J'ai demandé au service juridique de l'examiner, mais je ne suis pas du tout certain du résultat. Si vous me demandez ce que j'en pense à titre personnel et bien oui, je serais favorable à une dégressivité qui revaloriserait du coup les autres musiques diffusées sur la même antenne. Mais ce n'est plus le Pdt du CA qui vous parle à cet instant et je ne suis pas du tout certain de pouvoir faire valoir ces arguments au regard des risques juridiques qu'ils risquent de poser. Cordialement. LP Bonjour à tous,
Je crois que nous pouvons être chacun consterné de cela. Désolé de se renvoi, pour info, ennuyeux. "Bonjour eisse, http://www.jamen-bip!-....com Depuis longtemps vous écoutez sur jamen-bip!-... la musique que vous aimez et nous vous remercions de votre fidélité ! http://www.jamen-bip!-....com/radios Vous pouvez désormais devenir l'Ambassadeur de jamen-bip!-... en aidant les artistes à se faire diffuser dans votre bar ou resto ou commerce préféré grâce à nos radios pro;, sans interruption et sans blabla. jamen-bip-... est la solution la plus simple et la plus économique pour diffuser de la musique sans payer la SACEM. Une belle promo et aussi une nouvelle source de revenus pour les artistes de jamen-bip-... ! Les commerçants économisent ainsi plus de 50% sur leur facture SACEM et les artistes sont heureux d'être diffusés et rémunérés. http://pro.jamen-bip-....com Pour plus d'infos, c'est par ici ! Vous serez bien entendu récompensé ! Chaque Ambassadeur recevra un pack jamen-bip!-...; dès que nous recevrons la confirmation du commerçant. Ce pack comprend des T-Shirts, clé USB et autocollants jamen-bip!-.... Il suffira à votre ami commerçant de nous indiquer ce code de parrainage personnel pour que nous sachions qu'il vient de votre part : eisse." Eisse Alias Didier Guillon-cottard ; co-auteur de la tribune en question. ça fait un moment que je préviens que JAMENDO c'est un attrappe couillons.......mais comme le Libre de leur côté font dans l'excès inverse : 1 partout la balle au centre et vive l'AIMSA qui va passer les 300 diffuseurs tous métiers confondus sur toute la France!
Tiens...ça faisait un moment qu'on avait pas vu Laurent Petigirard faire son Lobbying à la frédéric Lefebvre ici.....c'est bon signe...ils commencent à baliser à la Sacem et à comprendre qu'ils se font déborder de tous les côtés et cette fois légalement
Sinon je rappelle que la solution pour que la répartition soit juste et l'égalité des chances de diffusion réelle existe puisque je l'ai.... (à mettre en place via le gouvernement et avec la Sacem ou sa remplaçante) et je l'ai proposée sommairement à Laurent Petigiriard (avant que je comprenne que la sacem n'est décidément pas un interlocuteur valable)......qui ne veut,bien sur, pas en entendre parler car diviser un gateau même monumental en 100 au lieu de 2 ça ne l'intéresse pas ..... Par conséquent on va marcher dans le gâteau Et c'est pas quand on aura les 2 pieds dedans qu'on pourra se demander combien de part il faut faire ..... En fait le seul interlocuteur possible maintenant c'est Sarkozy en personne ...........mais comme il n'est pas viable non plus et que pour lui, négocier c'est forcément faire semblant d'écouter avant "d'enfiler" son interlocuteur ça attendra 2012 Sarkozy a quand même une excuse.......écouter Didier barbelivien ça abime bien les oreilles quand même et ça facilite pas l'écoute : http://www.emedialibre.com/?p=242 (Barbelivien qui doit être au passage un bon "client" sacem....) Bonjour,
J'arrive un peu apres la bataille. Ayant droit et membre du groupe Petit Homme, j'aurais aimé quand même que la SACEM réponde à nos nombreuses demandes (dont 3 mails envoyé a Mr Petigirard). Notre inscription à l'époque avait été clair : être SACEM tout en continuant à distribuer notre musique sur internet comme nous le faisions. La moindre des choses de la part de la SACEM aurait été de regarder comment nos morceaux entaient protégés(car ils étaient CC bien avant SACEM). Mais bon quand on voit que des juristes SACEM ont mis 10 mois à nous faire un contrat... je me demande bien comment nous, musiciens, pouvions tout comprendre (surtout qu'on nous a rien expliqué sur ce point ) Dit qu'on a signé en connaissance de cause serait surestimé les connaissances juridiques des artistes mais aussi de la SACEM qui nous à fait signé 3 contrats différents. Voila . Donc Mr Petigirard, vous devez avoir mon adresse mail alors n'hésitez pas à répondre a mes questions (vous avez répondu la premiere fois pour me dire qu'un de vos collaborateurs allait me contacter ... j'attend toujours... ) Merci Frederic
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:-) jolie histoire.
Hélas, petit homme, c'est pas encore colette, et je crains qu'en cas de conflit, ils n'aient pas le même poids...
D'ailleurs, c'est plutôt leurs auditeurs online qui, de bonne foi, sont susceptibles de "mal utiliser" leurs titres.
Comme vous le dites, ils devraient préciser la mention sacem, mais également savoir qu'ils ne peuvent pas choisir ultérieurement de licence CC, quelle qu'elle soit, pour la diffusion sur internet.
Peut-on envisager, dans les cas de réserve de droit, une information/alerte à ce sujet à la sacem, ou pensez-vous que ça n'est pas du ressort de votre organisme ?
J'imagine que c'est peu important pour vous, mais depuis la possibilité de réserve de droits, la rumeur de la "compatibilité sacem/cc" est vivace sur Jamendo, cautionnée par les administrateurs du site, malgré les alertes que nous avons pu faire à ce sujet.
Il ne peut s'agir effectivement que de cas marginaux, mais si un conflit survenait, c'est l'utilisateur qui en ferait les frais...
Bonne soirée à vous. Ou bon p'tit dej, je sais pas.
pola