Soldes d'hiver : Grâce à son observatoire des prix, Numerama détecte les bonnes affaires !

Libre Accès : " Ni SACEM, Ni Jamendo ! "

Guillaume Champeau - publié le Mardi 10 Février 2009 à 12h43 - posté dans Musique Numérique

Le collectif Libre Accès, qui organise jeudi ses Assises Liberté, Création et Internet, a souhaité réagir à l'initiative de Jamendo de proposer aux commerces des licences payantes pour l'exploitation de son catalogue de musique libre. Numerama publie en exclusivité une tribune dans laquelle le collectif demande à rejeter à la fois les méthodes de la Sacem et celles de Jamendo, et à trouver une troisième voie :

À l'heure où certaines menaces planent sur la neutralité d'internet, des modèles économiques de rémunération de la création commencent à s'affronter. Récemment, l'entreprise luxembourgeoise Jamendo a lancé un pavé dans la mare en annonçant son projet de sonoriser des lieux commerciaux avec de la musique provenant de sa plateforme. Ce projet entre directement en conflit avec la SACEM, qui jusqu'ici, en France était la seule interlocutrice de ces lieux.

Nous assistons à une nouvelle forme de libéralisation de la culture, où une plateforme de musique en vient à commercialiser des oeuvres en libre diffusion, en se posant comme concurrente d'une société de gestion de droits d'auteurs.

Cette attaque d'une société commerciale démontre certainement le grand désarroi d'auteurs qui ne font plus confiance à une société de gestion censée les représenter.

Il est dommageable que la politique de certaines Sociétés de Gestion en Europe ne semble pas plus morale que le business d'une startup internet.

Nous nous posons une question : qu'apportera cette vision des choses à la culture libre, si on entend celle-ci comme une " autre culture " ?

En effet, reproduire à l'infini les " mêmes modèles ", est-ce là le projet ? N'est-ce pas le moment au contraire d'être créatifs, et d'innover ?

Cela fait plus de 150 ans que la SACEM fait son travail de collecte des droits de ses sociétaires, comment va-t-elle considérer cette entreprise qui la concurrence à partir de cette année ? Assiste-t-on à une fragilisation du statut des compositeurs qui n'arrivent plus à se fédérer autour de la libre diffusion des oeuvres sur Internet ?

Si l'on s'en tient au strict "business plan" développé par Jamendo :

  1. Jamendo propose aux bars, etc. un " forfait " moins onéreux que celui de la SACEM.
  2. Jamendo prélève 50% des revenus générés pour en reverser l'autre moitié aux artistes qui ont souscrit à ce programme (qui est optionnel).
  3. Le nombre de titres proposés dépendra du nombre d'artistes qui y souscriront, sur la base d'un catalogue 10 fois moins important que celui de la SACEM.
  4. Notons cependant un problème : sur Jamendo, un certain nombres d'artistes qui utilisent les " licences ouvertes " sont en fait préalablement sociétaires de la SACEM, ce qui rend nulle et non avenue leur utilisation des " licences ouvertes ", et ne manquera pas de poser problème un jour ou l'autre.
  5. et sur Jamendo, un bouton " acquérir une licence commerciale " est présent sur les pages des albums, y compris les albums de musiciens préalablement sociétaires de la Sacem (ou la Suisa, ou la Siae...) ; cela signifie-t-il que Jamendo va percevoir de l'argent pour l'utilisation de ces musiques ? (et donc, Jamendo reverserait à la SACEM pour la diffusion commerciale des sociétaires d'icelle ?)

Et du côté de la SACEM :

  1. La SACEM propose un catalogue bien plus vaste que celui de Jamendo
  2. La SACEM prélève pour ses frais de fonctionnement entre 15 et 17% sur les droits reversés, ce qui est " moins cher " que Jamendo
  3. La SACEM a une position de " monopole de fait ", qui lui assure un réseau considérable (environ 750 M d'
    € de droits collectés dans une année).
  4. La SACEM est reconnue par les pouvoirs publics et inscrite au Code de la propriété Intellectuelle.
  5. La répartition des droits par le SACEM à ses sociétaires se fait de manière très inégalitaire, avec des modes de calcul favorisant exagérément quelques centaines d'artistes les plus diffusés dans les mass-media classiques.
  6. La SACEM ne reconnaît pas actuellement les auteurs utilisant les licences ouvertes.
  7. La SACEM soutient des lois liberticides, comme la loi DADVSI ou la future loi " Création et internet ".

C'est le pot de terre contre le pot de fer...

D'une part, nous avons du mal à comprendre qu'il faille utiliser les mêmes modèles économiques pour développer la musique et la culture libre, qui reposent sur des principes philosophiques, économiques totalement différents, pour ne pas dire diamétralement opposés au système classique incarné par les maisons de disques (la créativité n'est pas inféodée au marché dans la culture libre) ; d'autre part, nous ne considérons pas la SACEM comme " l'ennemi à abattre ", ne serait-ce que parce qu'elle joue depuis longtemps un rôle important et souvent très positif dans la vie de nombreux artistes, et qu'elle est efficace là où les licences ouvertes ne le sont pas encore (la rémunération des diffusions radio et télé notamment).

Cet affrontement, qui plus est, nous le jugeons prématuré. Nous sommes persuadés qu'il n'aura d'autre conséquence que de stigmatiser un peu plus les licences ouvertes, alors que notre dessein est au contraire de faire en sorte que tout le monde en reconnaisse l'intérêt, la dignité, la pertinence. Scier la branche sur laquelle nous sommes assis, est-ce bien raisonnable ?

Le véritable danger pour la diversité culturelle, il est évident que c'est le puissant lobby des majors, qui écrase la créativité sous la botte du marché, et pousse les pouvoirs publics à voter des lois contraires aux droits de l'homme et du citoyen, dans le mépris total des ayant droits comme du public !

Comment la SACEM peut-elle encore prétendre défendre (tous) les auteurs, alors que la quasi totalité de ses revenus lui proviennent de l'industrie du disque et de ses artistes ? Bien qu'ils s'en défendent, il est évident que les représentants de la SACEM ne peuvent lutter à armes égales contre ceux qui la font vivre, et qui siègent à son Conseil d'Administration.

Pour preuve de ce que nous avançons sur ce point, le soutien sans faille de la SACEM à la loi " Creation et Internet " (et à la précédente loi DADVSI), que nous considérons comme une grave erreur de sa part, ou pire : une contradiction avec ses missions historiques. Cette loi en effet, n'aura d'autre conséquence que d'asseoir plus encore le monopole des Maisons de Disques, que la SACEM est censée combattre, puisque les intérêts des Majors/Éditeurs/Diffuseurs/Distributeurs sont de tout temps entrés en conflit avec les intérêts des ayants droits (historiquement c'est même ce qui a motivé la création de la SACEM).

C'est pourquoi nous dénonçons le modèle de répartition actuel de la SACEM. Nous le trouvons totalement injuste et surtout inadapté aux nouvelles pratiques dont nous nous réclamons, induites par l'avènement d'internet et des licences ouvertes. D'autre part, comment défendre celui que Jamendo développe en ce moment, qui se contente d'imiter le premier, à la mode " esclavage 2.0 ", sans proposer de véritable représentation aux artistes ?

Toutefois, nous espérons qu'il sera possible d'entamer un (vrai) dialogue avec la SACEM, dont l'objectif serait de parvenir à avancer sur la reconnaissance des licences ouvertes (et surtout de ceux qui les utilisent aujourd'hui et les utiliseront demain). Cela suppose bien entendu que cette vieille dame accepte enfin d'évoluer, et qu'elle s'affranchisse de l'emprise des maisons de disques.

Personne n'a à gagner d'un affaiblissement de la représentation des auteurs en France !

Nous lui proposons humblement notre expertise, et verrons si nous serons entendus ! Si ce n'est pas le cas, nous aviserons, sans pour autant déroger à l'éthique que nous défendons...

L'exemple des Pays-Bas et du Danemark en matière d'utilisation des licences Creative Commons par des sociétés d'auteurs nous semble être une bonne base de travail. À la SACEM de tenir réellement compte d'évolutions qui semblent désormais inéluctables. À nous de l'aider à mieux les appréhender. L'important est que les artistes européens aient vraiment le choix en ce qui concerne leur mode de gestion des droits d'auteur. Nous n'aurons de cesse de défendre ce point de vue !

Aux antipodes de la démarche de Jamendo, nous faisons le choix de la diplomatie, plutôt que celui du conflit ouvert.

Il est vital de garantir la pérennisation de sociétés défendant les auteurs, tous les auteurs.

L'avenir proche dira si nous avons fait le bon choix... Les Assises " Liberté, Création et Internet " du 12 février seront une première occasion pour en débattre.

Pour Libre Accès : Eric Aouanès (président de l'association Musique Libre ! et co-fondateur de la plateforme Dogmazic) , Jérémie Nestel (MACAQ, Radio du Ministère de la Crise du Logement), bituur esztreym (co-fondateur de Musique Libre ! et de dogmazic.net), Didier Guillon-Cottard (Festival Artischaud)

Publié par Guillaume Champeau, le 10 Février 2009 à 12h43
 
 
81
Commentaires à propos de «Libre Accès : " Ni SACEM, Ni Jamendo ! "»
 

1
2
3
4
5
'Laurent, le 01/01/1970 - 01:00
1/ Jamendo dit représenter dix fois moins de répertoire que la Sacem.
Du fait des accords de réciporcité entre sociétés d'auteurs, la Sacem représente en France plus de 15 millions d'oeuvres.
Pensez vous réellement que Jamendo en représente 1,5 million....?
Quelle importance :Hein: ?

'Laurent, le 01/01/1970 - 01:00
2/ Vous affirmez :
"La répartition des droits par le SACEM à ses sociétaires se fait de manière très inégalitaire, avec des modes de calcul favorisant exagérément quelques centaines d'artistes les plus diffusés dans les mass-media classiques."
Je vous mets au défi de prouver ce que vous avancez qui est absolument faux.
Vous confondez la stupidité de la diffusion et la répartition.
Ce n'est pas la Sacem qui favorise le matraquage de débilités dans les radios ou les télévisions, mais les diffuseurs qui ouvrent (ou vendent) leur temps d'antenne à des "produits" formatés sans intérêt.
ça fait plaisir de lire ça :jap:

'Laurent, le 01/01/1970 - 01:00
Vous estimez que la Sacem est injuste dans sa répartition car elle ne limite pas les gains des "gros" pour les reverser aux "petits", mais dans ce cas là elle ne serait plus une société d'auteurs, mais une mutuelle et ce n'est en aucun cas son rôle.
Qu'avez-vous contre les mutuelles ? Alors quoi, la SACEM est donc un système qui rétribue mécaniquement en fonction de la diffusion, une machine à fric quoi. Ne peut-elle pas faire plus ? Ne peut-elle pas aller au-delà de cette simple (simpliste ?) répartition et favoriser (encourager) la création naissante en répartissant sur des bases mutualistes, justement ?

'Laurent, le 01/01/1970 - 01:00
La répartition de la Sacem reproduit fidèlement les absurdités de la diffusion, voilà ce que j'admets très volontiers, faîtes autrement et vous rentreriez dans l'arbitraire, accessoirement tous les contrats internationaux exploseraient.
Les mutuelles sont donc arbitraires ? Un esprit d'entraide n'a donc rien à voir avec l'esprit de la SACEM ? Ok !

'Laurent, le 01/01/1970 - 01:00
Enfin, puisqu'à chaque fois vous vantez l'ouverture d'esprit de la BUMA (l'équivalent néerlandais de la Sacem), sachez bien que cette société répartit beaucoup via les sondages et que les petits auteurs, tels par exemple les accordéonistes dans des bals, ne voient jamais un sou, les droits sont rajoutés à la masse, c'est à dire aux multinationales qui contrôlent les conseils d'administration de ces sociétés que vous admirez tant.
Et bien dites nous combien peut toucher en moyenne un accordéoniste de bals grâce à la SACEM ?!

Maintenant quelque chose qui ne traite pas d'argent :
- Pensez-vous que le système de relevé d'IP d'Hadopi est fiable ?
- Si oui, sur quoi vous basez-vous ?
- Si non, pensez-vous alors que mettre aveuglement en danger des personnes innocentes soit un choix acceptable ?
- Pensez-vous qu'une loi qui accuse sans donner la possibilité de prouver son innocence soit conforme à l'idée à l'idée que l'on peut se faire de la justice dans un pays comme la France ?
- Pensez-vous que laissez des chasseurs de têtes écouter les échanges entre les internautes respecte la vie privée ?
- Si oui, pensez-vous que l'on devrait aller plus loin pour réprimer toute intention subversive, comme écouter les conversations téléphoniques, ouvrir le courrier dans les postes, mettre des micros dans les foyers, autre ?
- Quelles sont les limites ?
- D'un manière générale, avez-vous des réserves, non pas sur l'efficacité d'Hadopi, mais sur ces principes de fonctionnement ?

A vous lire...
Et bien dites nous combien peut toucher en moyenne un accordéoniste de bals grâce à la SACEM ?!

Je pense qu'il y a confusion, à part si l'accordéoniste joue ses propres compos. Les droits d'interprète sont gérés par l'ADAMI, pas par la SACEM. Et ces droits ne sont pas incompatibles avec les licences ouvertes.
A Bourgpat
Les pondérations existent, sur les génériques d'émissions radiophoniques par exemple, mais surtout sur ce qui touche aux sondages :
La prise en compte des ventes de disques pour calculer la part de ce qui revient des sommes non répartissables au programme identifié (sonorisation des bars, petits commerces etc...) est plafonnée, les droits acquis par les sociétaires au titre du RAES (régime d'allocation d'entraide) également.
Mais vous n'avez aucun droit de dire à un auteur ou à son éditeurs ; Vous avez vendu 500.000 CD mais on ne vous en paiera que 200.000.
Vous n'aurez pas une chance devant n'importe quelle juridiction.
La discrimination positive dont vous parlez, elle existe au niveau du budget culturel, en amont de la répartition, mais elle ne peut en aucun cas l'être en aval, vous rentrez dans le subjectif complet et au nom du goût de qui et des critères de qui devrait être mis en place votre système ?
Amitiés.

LP
A TotoRhino

Mais si, 1% au lieu de 10% entre Sacem et Jamendo c'est significatif car si vous ne proposez que 100 fois moins de répertoire que la Sacem et que vous n'êtes que 20 ou 30% moins "cher", votre offre est en final beaucoup plus chère.

Le répertoire des accordéonistes réparti essentiellement au titre des bals représente environ 8 millions d'euros, ce n'est pas si mal et surtout les rares "gros toucheurs" ne dépassant 100.000 euros de droits /an, ces 8 millions sont répartis à de très nombreux auteurs.

Sur Hadopi, nous aurons (hélas) assez l'occasion d'en parler, permettez moi de rester dans le sujet de la répartition.

Bien à vous.

LP
Au niveau des vente de cd, c'est autre chose par contre plafonner les droits pour les diffusions radio serait déjà une bonne chose. Car on sait bien que les ventes dépendent de l'exposition radiophonique d'un titre.

Un coureur qui se dope aura plus de chance au final de finir classé souvent. Tant que les majors auront la possibilité d'organiser le matraquage radiophonique et seront payé en retour de droits pour ce matraquage, la diversité existera dans les plages horaires dépourvues d'auditeurs.
A Eric Anouès,

Je n'ai aucun espoir de vous convaincre, mais n'interprétez pas mes arguments dans le sens qui vous arrange.
Je ne dis pas que la répartition favorise un petit nombre d'auteurs surmédiatisés mais qu'elle reflète une diffusion qui agit de la sorte, c'est très différent.
Favoriser les gros ce serait :
1/ Répartir massivement par sondage (cf vos "amis" de la Buma ou de la société anglaise PRS) ce qui a pour effet de réduite les coûts de gestion, mais surtout de favoriser tous les gros répertoires et de faire diminuer drastiquement, voir disparaître les petits.
La Sacem répartit à 83% au programme identifié quand les sociétés anglosaxonnes arrivent péniblement à 50%.
Reconnaissez le tout de même, cette précision très poussée est le meilleur moyen de répartir au plus large.
2/ Donner par passage à chaque chanson un peu plus, ce n'est évidemment pas le cas.

J'affirme en effet que le simple fait d'être membre de la Sacem ne doit pas entraîner un minimum garanti.
A titre personnel, étant compositeur de musique contemporaine, j'aurais tout à gagner à une mutualisation des droits.
mais j'en sais qu'en quelques mois ce serait la fin du droit d'auteur (après tout peut-être votre but caché).
Je me bats pour toujours plus de participation des auteurs à la marche de la Sacem, je milite actuellement pour l'établissement du vote électronique que j'estime indispensable de mettre en place dans un futur proche, mais je ne vais pas, désolé messieurs, travailler à son effondrement par des mesures démagogiques et illégales au niveau du droit français et international.

Enfin, arrêtez le couplet sur "nos salaires".
Je l'ai déjà écrit et réécrit, les administrateurs auteurs-compositeurs-éditeurs et réalisateur vidéo de la Sacem ne sont pas salariés, ils reçoivent une indemnité qui ne donne lieu à aucune prestation sociale.
Elle est de 2450 euros pour un administrateur, de 4900 pour le président du CA.
Au regard des 35 conseils et 20 réunions techniques chaque année, augmentées pour le président d'une dizaine de réunions à l'étranger et d'une douzaine de réunions de sociétaires en région, sans parler des montagnes de dossiers à ingurgiter, cela ne me semble pas du tout scandaleux, même si je suis conscient que cela peut paraître beaucoup pour certains internautes aux revenus modestes.
A titre personnel, cela me pèse maintenant beaucoup trop, mon mandat s'achèvera en juin, je ne suis pas rééligible au CA pour une période d'une année et ce sera tant mieux, figurez vous que les concerts que je suis obligé de refuser pour cause de présidence sont beaucoup mieux payés.

Enfin défendez la gestion individuelle, c'est très respectable, mais un auteur isolé en face de TF1 ou d'Orange ne pèse rien et cela, vous ne le changerez pas.
Pardon de ne pas venir à votre débat d'aujourd'hui, mon trip "Bayard" seul contre tous est légèrement émoussé.

Cordialement.
LP
A Ricodahalvarez
Evidemment je faisais allusion aux accordéonistes dans leur aspect de compositeurs et non pas d'interprètes.
Encore une fois ce répertoire reçoit 8 millions d'euros répartis à de très nombreux compositeurs.
Cordialement.
LP
A TotoRhino,

Je viens d'obtenir le détail de la répartition du répertoire du bal:
12591 sociétaires ont touché des droits lors de la dernière répartition de janvier 2009, parmi lesquels 9191 compositeurs, 1349 auteurs et 2051 éditeurs.
A noter que parmi eux 6346 (soit plus de la moitié) sont Sacem.
Et bien figurez vous que ces chiffres sont à l'honneur du service de la répartition.
Amitiés.
LP
Non monsieur, vous n'êtes pas Bayard et vous êtes toujours écouté, que ceci soit dit.
"Enfin défendez la gestion individuelle, c'est très respectable, mais un auteur isolé en face de TF1 ou d'Orange ne pèse rien et cela, vous ne le changerez pas."

??? Et la ... justice ? la loi ?
c'est moins fort que TF1 ? (j'avais un doute, mais je persiste à penser que TF1 ne peut pas faire se qu'elle veux avec MES droits, de musicien)
Je vais relire l'article premier du code la propriété intellectuelle... j'ai un doute.
comprenez ce que l'on vous dit ! Il ne s'agit pas de prétendre que sans gestion collective le droit d'auteur ne s'applique pas, mais simplement de constater qu'en face de certains exploitants l'effectivité du droit est de facto remise en cause.
"en face de certains exploitants l'effectivité du droit est de facto remise en cause" ha mince... Dura lex sed lex c'est que pour les pauvres individus, c'est l'idée ?

"constater" ? vous avez des exemples ?
Cher tdBt,aucune loi ne pourra empêcher de TF1 de vous boycoter si, en tant que "créateur isolé", vous n'acceptez pas ses conditions.
Il y aura toujours quelqu'un prêt à travailler pour moins, un autre pour encore moins, un troisième pour moins que rien.
Tf1 sans Sacem pourrait effectivement vous imposer ses tarifs ou bien effectivement vous resterez libre de ne pas être diffusé.

Il y a un autre excellent exemple : le jeu vidéo.
Les producteurs de jeux vidéos exigent que leurs musiques ne soient pas déposées à la Sacem et donc que les compositeurs ne soient pas "Sacem".
Résultat c'est du Buy Out, une somme une fois pour toute quel que soit le succès du jeux, même si la musique y est pour beaucoup et les sommes perçues par les compositeurs sont très faibles au regard des gains très importants de ces maisons de production.
Il n'y a aucun système parfait, mais la gestion collective pour défendre les intérêts des auteurs me semble encore la moins mauvaise solution.
Et je vous rappelle enfin que vous pouvez parfaitement ne confier à la Sacem qu'une partie de vos droits, le spectacle vivant mais pas Internet, les média audiovisuels mais pas les CD, par exemple.
Cordialement.
LP
pardon, méprise de ma part, j'ai cru comprendre que concernant la rétribution de l'auteur, le droit ne me permettais pas de réclamer à TF1, quiproquo donc. Oui TF1 peux me boycotter et ne pas me faire gagner d'argent. Je souhaite d'ailleurs qu'elle continue.

"Et je vous rappelle enfin que vous pouvez parfaitement ne confier à la Sacem qu'une partie de vos droits, le spectacle vivant mais pas Internet, les média audiovisuels mais pas les CD, par exemple."
Vous voulez dire que je peux publier mes compositions en Creative Commons sur internet et les protéger à la sacem pour les medias audiovisuels ? Parceque c'est le fond de la question. Je crois savoir que la sacem exige des auteurs l'apport de leur droit de diffusion et reproduction sur la totalité de leur oeuvres, ou alors les choses ont bien changées.
Monsieur Petitgirard

Quant à la justesse de la répartition à la sacem, il me semble que vous omettez de préciser que, si les diffusions identifiées font l'objet d'une redistribution nominative, il y a également une large part de droits perçus "non attribuables individuellement" (toutes les redevances forfaitaires, par exemple, les taxes pour copie privée ce que vous percevez au titre des "auteurs inconnus"), qui sont eux partagés? entre le "top 50" (ou top 10, ou 37, je sais plus ?) des sociétaires? comme principe égalitaire, on a vu mieux.
Dites moi si je me trompe, j'en serais ravie !

Question : qu'entendez vous par "A noter que parmi eux 6346 (soit plus de la moitié) sont Sacem." ?Redistriburiez vous des droits à des artistes non sociétaires ??? Ou alors, ces non-sociétaires sont membres de sociétés collectives avec lesquelles vous avez des accords, c'est ça ? euh? pourquoi le préciser alors ?

Sinon, en ce qui me concerne, ma plus grande réticence envers la sacem tient au fait que la gestion "de toute l'?uvre passée, présente et future" de l'artiste me prive de ma liberté d'offrir certains de mes morceaux quand je veux.


Quand au poids d'un artiste isolé face à TF1 ou Orange, il est à peu près le même que le poids d'un artiste isolé face à la Sacem?

@moukafe:
Oui, les 50% de retenue de droit de jamendo puent l'arnaque. Néanmoins, les comparer avec les retenues de la sacem, ça tient hélas pas la route : la sacem ne fait que gérer les droits de ses sociétaires, tandis que jamendo s'est d'abord donné une fonction de représentation et de promotion de son catalogue. Ces 50% correspondent donc aux frais de gestion des droits à la rétribution d'un service commercial. C'est hélas imparable.
Attention : je ne défends pas Jamendo, loin de là !!! Je suis farouchement opposée à cette société qui exploite à des fins privées un outil créé dans une philosophie de partage (les CC), reproduit et nourrit un modèle commercial contre lequel les CC ont été créées à la base, et tend à vampiriser toute tentative d'approche différente.
Le souci, c'est pas que jamendo prenne 2 ou 50% sur les ventes de son catalogue, c'est juste qu'elle vende un catalogue artistique sur un marché où ses impératifs de rentabilité l'amènent déjà à reproduire la mécanique de mise en avant de produits formatés. et commeils sont à la fois diffuseurs, promoteurs et gérants des droits, y'a plus très loin avant qu'ils nous fabriquent le johnny et la zazie du libre.
Vous ne pouvez pas dire à la Sacem je vous donne ma 1ère symphonie mais pas la seconde.
Vous pouvez dire je vous donne l'intégralité de mon catalogue pour tel domaine et pas pour un autre....
Enfin on verra bien, tout peut évoluer !
arg la gestion des caractères sur ce site !
Lire : "aux frais de gestion des droits -plus- à la rétribution d'un service" et trois petits points ou "oe" à la place de la plupart des points d'interrogation dans les phrases non interrogatives. Je sais, c'est fastidieux, mais je vois pas comment éditer mon précédent post pour corriger.
'Laurent, le 01/01/1970 - 01:00
A TotoRhino,

Je viens d'obtenir le détail de la répartition du répertoire du bal:
12591 sociétaires ont touché des droits lors de la dernière répartition de janvier 2009, parmi lesquels 9191 compositeurs, 1349 auteurs et 2051 éditeurs.
A noter que parmi eux 6346 (soit plus de la moitié) sont Sacem.
Et bien figurez vous que ces chiffres sont à l'honneur du service de la répartition.
Amitiés.
LP
C'est plutôt bien tout ça :jap:
Mais un jour, il faudra parler des choses qui fâchent, comme Hadopi par exemple...
Chère pola.k

La Sacem répartit à 83% au programme identifié (ce pourcentage la place, dans ce domaine, en tête des sociétés d?auteurs dans le monde).
Ceci induit que les17% restant doivent l?être par des techniques de sondages ou d?analogie.
C?est ainsi que les droits pour les musiques de sonorisation des commerces (bars, magasins etc..) sont gérées via le « Catalogue des musiques de sonorisation » :
Toute ?uvre dont on aura vendu 500 CD ou téléchargement dans l'année y rentre pour 10 ans, ce CMS en permanence contient 800.000 ?uvres qui se renouvellent.
Pour chaque ?uvre on considère en fin d'année les droits générés en radio ou en spectacle vivant.
On choisit la somme la plus élevée des deux et on la transforme en points (exemple 200 euros = 200 points).
On fait le total des points des 100.000 ?uvres du catalogue qui auront généré des droits, on divise la somme à répartir par le nombre de points et on obtient la valeur du point.
Il n'y a plus ensuite qu'à calculer la part de chaque ?uvre.
Ce n'est certes pas parfait, laisse sur le côté les ?uvres non exploitées en disque, mais reflète tout de même assez bien le répertoire utilisé dans les lieux publics.
On est loin du simple Top 50 dont vous parlez.

En ce qui concerne la Copie Privée Sonore, la Sacem retient comme assiette de répartition :
18% qui viennent abonder les droits des programmes diffusés dans les principales radios.
82% répartis proportionnellement aux ventes de CD et aux téléchargements constatés sur le dernier trimestre.
Chaque ?uvre reproduite (CD) ou téléchargée va recevoir une part de copie privée correspondante au nombre de fois où elle a été reproduite ou téléchargée.
Une grille de réduction s?applique à partir de 100.000 reproductions pour diminuer l?écart entre les ?uvres les moins et les plus exploitées.

Que cela fasse plaisir ou non, toutes les études démontrent que la copie reflète exactement la débilité de la diffusion, les daubes les plus achetées sont aussi les plus copiées?.. Au moins la limite de 100.000 diminue l?impact des stratégies de certaines Majors.

Concernant les auteurs du répertoire du bal, si j?ai indiqué que 6346 (soit plus de la moitié) sont Sacem, c?est que l?autre moitié sont en effet des auteurs étrangers (essentiellement anglosaxons) dont les ?uvres ont été interprétées dans ce cadre.
En effet ces non-sociétaires sont membres de sociétés collectives avec lesquelles la Sacem a des accords.
J?ai donné cette précision pour que l?on ne s?imagine pas non plus que tout l?argent récolté va aux auteurs français, mais la plus grande part leur revient cependant très nettement car ils ont souvent un catalogue spécifique très large.

Je comprends que vous souhaitiez offrir un morceau « quand vous le voulez », mais faire apport de ses droits à la Sacem permet aussi d?éviter de les brader « quand on ne le veut pas »?

Enfin vous parlez d?un artiste isolé face à la Sacem, mais il a au moins la possibilité de s?investir dans la vie de la société, de se présenter à ses élections et de contester sa gestion, ce que vous ne pouvez pas faire avec TF1.

Les règles de répartition de la Sacem par exemple, si souvent contestées ici, sont téléchargeables sur le portail sacem.fr par n?importe lequel des 130.000 sociétaires s?étant donné la peine de s?identifier sur le site.
Encore faut-il en faire la démarche.
Sur les plus de 60.000 membres qui reçoivent des droits, seuls 12.000 se sont inscrits et ainsi s?informer au plus près, télécharger leurs feuillets, vérifier leur catalogue etc?.
Souvent ceux qui critiquent ferait bien de commencer par aller prendre les informations là où elles les attendent.

Merci en tout cas pour vos questions pertinentes et bon travail, car si nous parlons ici beaucoup de droits et d?argent, notre métier commence par la sueur et la remise en question permanente.

Bien amicalement.

LP

1
2
3
4
5
Télécharger
SC Video Decompiler
Editeur audio/video - Décomposeur de vidéo
 
MyStrands
Recommandation musicale - Un logiciel basé sur les habitudes des auditeurs
 
Counter Strike
Tir subjectif (FPS) - La référence du jeu en réseau pour Half-life
 
MozBackup
Sauvegarde - Créer des sauvegardes de profils.
 
DVD Shrink
Graver ou numériser - Sauvegardez vos DVD sur disque dur
 
Février 2009
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
26 27 28 29 30 31 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 1
2 3 4 5 6 7 8
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC