Réunis lors d'une conférence de presse, les fabricants de lecteurs Blu-Ray et les producteurs de films ont tenu à rassurer les journalistes sur l'engouement populaire pour le format haute-définition. Ou à se rassurer eux-mêmes ?

Le précepte marketing est connu dans le langage commercial anglosaxon : « Fake it till you make it« . Il faut affirmer être ce que l’on veut devenir, et on le deviendra. Un dérivé de la méthode Coué que les industriels entendent bien appliquer au Blu-Ray.

Les professionnels de l’industrie électronique grand public ont besoin de se rassurer en ces temps de crise, et misent déséspéremment sur le disque haute-définition pour renouer avec la croissance. Nous le disions la semaine dernière, l’ensemble du marché des biens électroniques est en baisse, et les professionnels placent tous leurs espoirs sur les lecteurs Blu-Ray, qui sont parmi les très rares produits à afficher des prévisions à la hausse. C’est donc dans un climat de positive-attitude que les membres de l’association Blu-Ray Partners France ont organisé une conférence de presse pour se convaincre eux-mêmes, en public, qu’ils tenaient un produit capables de tirer tout le marché vers le haut.

Sony, Philips, Pioneer, Samsung et Panasonic du côté des constructeurs, et Gaumont, Pathé, Walt Disney, Warner et Mastery International Pictures du côté des éditeurs et producteurs de films, ont voulu démentir les impressions d’échec latant du Blu-Ray. Ils ont ainsi expliqué que les ventes de lecteurs Blu-Ray ont triplé l’an dernier aux Etats-Unis, à un rythme bien plus élevé que les lecteurs DVD à leur époque. Il s’est ainsi vendu 10 millions de lecteurs BD jusqu’à présent aux USA, alors qu’il s’était vendu uniquement 5,4 millions de lecteurs DVD trois ans après le lancement de la technologie. Les membres de Blu-Ray Partners France s’attendent à un phénomène similaire en Europe, avec un peu de décalage.

Mais passé la première impression, il faut s’interroger. Est-ce le succès réel du Blu-Ray, ou le succès de la Playstation 3 ? Fin 2008, plus de 7,5 millions de Playstation 3 avaient été vendus aux Etats-Unis. En France, sur 2008, il ne s’est vendu que 130.000 lecteurs Blu-Ray de salon, contre 1,5 millions de PS3. Le succès de la console de Sony, qui compte pour 75 % des lecteurs haute-définition écoulés outre-Atlantique, ne sera pas nécessairement synonyme d’engouement populaire pour les films Blu-Ray eux-mêmes.

Sur ce point, les industriels se veulent encore rassurants. Sur les films, 10 % des ventes de vidéos en France seraient déjà au format Blu-Ray, et jusqu’à 20 % sur les films récents. Le catalogue compte actuellement 800 films, et les studios estiment que 1.500 titres devraient être édités d’ici la fin de l’année. Iron Man, qui détient jusqu’à présent le record des ventes de Blu-Ray en France, s’est écoulé à 55.000 exemplaires. La disparition du HD DVD, dont les dernières traces en plastique sont parties avec les soldes, commence à faire son effet.

Mais pour que le Blu-Ray s’impose réellement dans les foyers, il faudra encore y croire très fort. Jusqu’à ce que ça devienne, peut-être, un jour, une réalité.

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