La secrétaire d'Etat à l'Economie Numérique Nathalie Kosciusko-Morizet a confessé son inquiétude sur les effets que peuvent avoir les téléphones mobiles sur la santé. Elle réfléchit à l'organisation d'un mini-Grenelle pour en discuter avec les opérateurs et les élus locaux.

La Secrétaire d’Etat à la Prospective et à l’Economie Numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a trouvé de quoi faire un pont entre son nouveau poste et son ancien rôle de gardienne de l’écologie au gouvernement. Dans un entretien au Parisien, NKM annonce qu’elle « réfléchit à l’organisation d’un mini-Grenelle de la téléphonie mobile« , pour répondre aux inquiétudes qui entourent l’utilisation des téléphones portables et l’installation des antennes-relais. L’an dernier, son prédécesseur Eric Besson avait convoqué sans conviction les opérateurs, pour déboucher sur une timide révision du code de bonne conduite des installations d’antennes-relais.

Nathalie Kosciusko-Morizet ne veut pas attendre les résultats définitifs de l’étude Interphone, sans cesse repoussés, pour agir. Lancée en 1999 dans 13 pays, l’étude a été menée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et coordonnée par son Centre International de Recherche contre le Cancer, pour vérifier les liens de causalité éventuels entre l’utilisation d’un téléphone mobile et le développement des tumeurs cancéreuses. Bien qu’aucun résultat officiel n’a encore été publié, les conclusions partielles ont été ébruitées. Selon l’étude, les risques de développer une tumeur maligne sont « accrus de manière significative » chez les personnes qui utilisent un mobile depuis au moins dix ans.

« Mon analyse de l’étude Interphone, dont on connaît déjà les principaux résultats, me conduit à avoir des doutes sur un impact de l’usage de l’appareil lui-même« , avoue ainsi NKM. « En revanche, il n’y a pas d’éléments nouveaux sur les antennes-relais« , tempère-t-elle à destination des opérateurs mobiles, qui ont pourtant été condamnés pour défaut de précaution l’an dernier. Elle rappelle qu’elle a « réussi, comme secrétaire d’Etat à l’Ecologie, à insérer dans le projet de loi Grenelle 2 des restrictions pour l’usage des portables par les enfants, comme la possibilité pour le ministère de la Santé d’interdire la commercialisation des appareils conçus et fabriqués pour les enfants« .

Le Grenelle de la téléphonie mobile devrait réunir les opérateurs et les élus locaux. « Pour savoir comment et pourquoi d’autres pays gèrent mieux que nous le dossier des dangers des émissions électro-magnétiques« .

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