Le ministère de l'Economie a saisi l'Autorité de la concurrence d'une demande d'avis sur l'état du marché des télécoms. Bercy redoute que les mouvements de concentration et le jeu des exclusivités de contenus se fassent au détriment des consommateurs. Et de la neutralité des réseaux ?

« Enfin », serait-on tenté d’écrire. Bercy se décide finalement à s’interroger sur la concurrence peu agressive que se livrent les opérateurs télécoms. Le ministère de l’Economie a saisi l’Autorité de la concurrence pour lui demander d’émettre un avis sur le « fonctionnement » du marché des télécoms et sa situation concurrentielle « au regard des profondes mutations constatées dans ce secteur« , a indiqué jeudi l’instance. Mais c’est surtout l’ADSL et la convergence qui semblent en ligne de mire, plus que l’absence de concurrence sur le marché mobile.

Selon La Tribune, qui a rendu publique cette saisine, la ministre Christine Lagarde s’interrogerait sur « l’impact » qu’ont pu avoir les différents rachats successifs qui ont animé le marché des télécoms ces dernières années, avec par exemple le rachat d’Alice par Free. Mais c’est Vivendi qui serait particulièrement visé, après le rachat de Neuf Cegetel par sa filiale SFR.

Bercy s’inquièterait en effet des acquisitions qui ont « profondément modifié le secteur, en permettant l’apparition d’opérateurs intégrés sur l’ensemble de la chaîne de valeur, allant de l’acquisition de contenus à leur distribution au consommateur final« . Le conglomérat français possède en effet non seulement l’opérateur SFR, mais aussi Universal Music ou Vivendi Games. France Telecom, qui s’est lancé dans l’acquisition de catalogues de contenus exclusifs avec Orange Cinéma Séries ou Orange Foot, est également visé. Des quatre plus gros opérateurs français, Free est le seul qui pour le moment ne produit pas de contenu et n’a signé aucun accord d’exclusivité avec des éditeurs.

Dans une formulation qui laisse espérer des mesures favorables au respect de la neutralité des réseaux, le ministère de l’Economie demande à l’Autorité de la concurrence de réfléchir aux « phénomènes d’intégration verticale et un probable effet de levier des contenus sur les réseaux« . L’Autorité de la concurrence avait déjà été saisie récemment du problème des exclusivités de contenus d’Orange.

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