Copie privée : les majors veulent augmenter et péréniser la taxe
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 13 Janvier 2009 à 10h21 -
posté dans Société 2.0
![]() Avec un CD toujours en déclin et un marché du numérique qui tarde à prendre son envol en France, les majors du disques souhaitent sécuriser leurs revenus en augmentant le montant de la taxe pour copie privée.
La Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), qui représente les majors de l'industrie musicale, attend avec impatience les prochaines réunions de la commission, à partir du mois de février prochain, pour adopter de nouveaux barèmes. Augmentés, ils permettraient au minimum de compenser la baisse continue des revenus du disque et d'assurer un revenu constant aux maisons de disques. Electron Libre rapporte ainsi qu'en 2008, la société de gestion présidée par Pascal Nègre enregistre une baisse de 4,8 % de ses recettes pour un total de 58,34 millions d'euros, due essentiellement à une baisse de diffusion des clips sur les antennes de télévision et à une régularisation des perceptions en faveur des labels indépendants représentés par la SPPF. Mais pour 2009, les majors attendent une baisse de près de 15 % de la rémunération pour copie privée. Plutôt que d'alléger la taxe pour limiter le marché gris, les producteurs veulent donc à nouveau l'augmenter, comme ils l'ont fait sans relâche depuis 2001. La licence globale sans licence Avec le nouveau barème qu'ils proposent, "sur un disque dur externe cette redevance passerait en moyenne de 5,04 euros à 23,49 euros ou encore le même en version multimedia (ceux des décodeurs audiovisuels notamment) passerait de 10 euros à 105 euros !", rapporte notre confrère. "Enfin, pour un lecteur MP3 de type iPod capable de stocker des vidéos, elle serait de 29,56 euros contre 8 actuellement". Pour justifier ces augmentations de tafifs, la SCPP assure qu'il y a plus d'oeuvres qu'auparavant stockées sur les mêmes supports, grâce à une augmentation supposée du taux de compression des fichiers, et note que les pratiques ont évolué. Désormais les consommateurs copient, effacent, puis copient à nouveau les mêmes fichiers, selon leurs besoins du moment. Or pour la SCPP, il faut passer à la caisse à chaque acte de copie. Pour l'industrie du disque, c'est aussi un aveu d'échec. Celui que l'industrie musicale ne peut plus vivre aujourd'hui sans la subvention publique qu'est la rémunération pour copie privée, dont les fondements sont des plus contestables. En pratique le droit à la copie privée qu'elle est censée compenser a été rogné par les tribunaux, qui refusent (à juste titre dans l'état actuel du droit) de considérer que le téléchargement est une source licite de copie privée. Or aucune taxe pour copie privée ne peut être légitime si elle n'est pas accompagnée en contrepartie par la légalisation des pratiques de copie privée qui sont aujourd'hui condamnées. Il faudra que les producteurs de disques aillent au bout de cette logique, comme l'amorce Warner Music Group aux Etats-Unis. Nier cette évolution du droit, c'est vouloir le paiement de la licence globale qu'ils refusent d'accorder. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Copie privée : les majors veulent augmenter et péréniser la taxe»
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agathon666
le 13/01/2009 à 10:32
Complètement à la masse !
Le rêve : être payé à rien foutre !
Leur donner du fric sans contrepartie, c'est beau ce pays ou on travaille moins en gagnant autant, voire plus selon les derniers chiffres de ces sociétés. C'est beau de rêver !
Quand les boîtes coulent, elles ferment et les employés vont chercher du boulot ailleurs ! Et oui préparez-vous majors, votre temps est bientôt révolu ! Gniark gniark ! Jamendo powaaaa ! à l'ouest rien de nouveau.
les acteurs ne changent pas leurs outils sont identiques seul la tombe qu'ils creusent gagne en profondeur. vive les glands ! Il y a quelque chose que je ne comprends pas :
"Pour justifier ces augmentations de tarifs, la SCPP assure qu'il y a plus d'oeuvres qu'auparavant stockées sur les mêmes supports, grâce à une augmentation supposée du taux de compression des fichiers.". Il me semblait que c'était le contraire. Plus j'augmente le taux de compression (de 128 à 192 par exemple) et plus mon fichier est gros, donc, moins j'en mets sur mon disque. Non ? De toute façon, nierle.de et consorts... 'Haklia', le 01/01/1970 - 01:00 Si mon salaire baisse, on peut mettre en place une taxe pour que je ne subisse pas de perte ?@eduquons : passer de 128kbits à 192kbits n'augmente pas le taux de compression mais le débit, ce qui augmente la qualité mais, au contraire, réduit le taux de compression.
En tout cas si ces gens peuvent m'indiquer quel algorithme ils utilisent pour augmenter le taux de compression sans perte de qualité supplémentaire par rapport au MP3, je suis preneur Dans le cas contraire, la taxeredevance devrait plutôt baisser : pour moi la tendance aujourd'hui est plutôt à l'augmentation de la qualité plus qu'à celle de la compression. eduquons > quand tu passes de 128 à 192 tu baisses le taux de compression, puisqu'il faut plus de données (192 kilo-bits) pour un même temps d'écoute (une seconde). La commission copie privée estime par je ne sais quel méthode que le taux de compression a augmenté, et qu'on est plutôt passé de 192 à 128, si on schématise...
La vie est belle pour eux : leur marché s'effondre.
Ceci en grande partie parce que les priorités des consommateurs ont évolué : auparavant acquérir un support était normal, aujourd'hui il est plus dans l'air du temps, pour les jeunes, d'écouter les radios musicales, d'aquérir des jeux videos et des forfaits de téléphonie mobile ; partant, forcément, plus d'argent pour les supports audio. Il suffit de regarder les chiffres d'audience, de vente de jeux video et de forfaits de téléphonie et mettre en rapport la masse des revenus. Cette dernière n'a que peu augmenté alors que les premiers ont explosé. Forcément, il y a eu un transfert des priorités. Les majors le savent très bien (elles payent suffisamment cher des études pour le savoir) mais mettent depuis 10 ans une chappe de plomb sur ces résultats et surfent allègrement sur la vague de la contrefaçon afin de se faire subventionner. En effet, il est toujours bien plus économique (et donc bien mieux vu des actionnaires) de profiter des subsides publics que de chercher des nouveaux marchés. Profiter des zones franches, ajuster les bénéfices, en jouant sur les refacturations, de chaque établissement afin de minimiser l'imposition globale au niveau d'un groupe multinational et quémander les parlementaires afin d'obtenir des subventions font partie de la vie quotidienne de ces grands groupes. db d'ailleurs l'AppleStore va devenir un problème pour leur raisonnement. car avec la fin des DRM c'est aussi le passage d'un taux de compression de 128 à 256
donc des fichiers nettement plus gros pour toute la musique légale..... Les pauvres vaches à lait qui n'osent pas acheter au gris :') ça m'attendrit presque...
+1 pour Nierle. En France le DVD peut être à 25 € pièce (pour rembourser l'album piraté qui sera gravé dessus), ça ne me concerne plus. Un petit coup de pied dans la fourmilière ? @pnmen Le 13 Janvier 2009 à 11h02
Le tout est de les pousser un peu pour que ils tombent plus vite dans le trou aller a 3 et 1 et 2 et non simplement 2! ZUT encore raté! Dis voir Kad, j'affectionne bien les néologismes et autres mots detournés. En général c'est même drôle.
Par contre, n'est pas Royale qui veut... et ça me ferait immensement plaisir que tu arrêtes de nous balancer "marché gris" à longueur d'article. Dans le contexte dans lequel tu l'utlises, cela ne veut strictement rien dire. Le marché gris c'est : 'wiki'], le 01/01/1970 - 01:00 marché gris (Finances) Ensemble des transactions - aussi bien entre intermédiaires financiers qu’entre les intermédiaires et leurs clients - portant sur des valeurs mobilières en cours d’émission et intervenant avant leur cotation officielle. Source : Journal officiel de la République française du 22 septembre 2000, Répertoire terminologique 2000 Pourquoi c'est plus drôle ? Parce que ton lectorat commence à usiter ce mot et que c'est dommageable. NB : Quelqu'un a essayé "d'officialiser" le terme dans une ébauche d'article, mais cela ne vas pas plus dire quelque chose. 'un, le 01/01/1970 - 01:00 Un marché gris est un marché parallèle au marché « officiel ». Il doit son nom au marché noir car bien qu'il lui ressemble, il n'échappe pas à la législation.Extraordinaire : un disque dur sert uniquement à conserver des fichiers musicaux.
Merci les majors, aujourd'hui je suis moins con. Nioubi > Tu me vois ravi d'être instruit par ta science, mais le marché gris désigne tout marché d'importation parallèle qui n'est pas illicite, mais qui contourne le circuit traditionnel (et le plus souvent national) de distribution. Il n'est pas illicite à condition de suivre les règles en matière notamment de TVA, et ici de règlement de la taxe pour copie privée.
Non non c'est pas ma science, je repète juste ce que j'ai trouvé sur le sujet. J't'ai mis les sources d'ailleurs. J'suis qu'un singe, rien de plus.
Mais puisque tu le dis...
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