Le Shanghai Daily rapporte que les autorités chinoises ont banni 10 sites de vidéo en ligne, et adressé une mise en garde à 17 autres sites, pour irrespect des règles de contrôle en vigueur depuis le 31 janvier 2008. Ca n’est pas nouveau, puisque c’est déjà la troisième fois que la Chine condamne ainsi des sites de partage de vidéo en ligne, officiellement parce qu’ils proposent des contenus pornographiques ou violents. Mais aussi parce qu’ils présentent « une menace pour la sécurité nationale », en diffusant par exemple des vidéos de dissidents ou d’indépendantistes tibétains. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que le Peer-to-Peer est pour la première fois visé.

Parmi les sites bannis ou avertis par la Chine figure en effet VeryCD.com, qui édite depuis 2003 l’un des services de partage de fichiers les plus populaires du pays. En plus de son site de liens qui propose un index très important de films, séries TV, albums ou logiciels piratés, VeryCD produit sa propre version dérivée d’eMule (EasyMule), téléchargée plus de 30 millions de fois. Il gère également une index de fichiers MP3 qui a pour ambition de devenir la discothèque la plus fournie au monde, avec des règles de standardisation très strictes imposées aux utilisateurs sur les métadonnées pour faciliter le classement et la recherche.

Cependant, ce n’est pas pour violation des droits d’auteur que VeryCD a été mis en demeure par les autorités chinoises, mais, a priori, parce qu’il propose avec son client eMule un moyen incontrôlé de diffuser toutes sortes de fichiers vidéo contraires aux règles de censure chinoises.

De là à dire que la censure est un allier de circonstance de la lutte contre le piratage, et vice-versa, il n’y a qu’un pas que d’autres ont franchi depuis longtemps.

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