Si vous pensez que le peer to peer n'est fait que de logiciels permettant de s'échanger des gigaoctets de données, sans doute passez vous à côté d'une pensée naissante : la P2Philo (prononcez "piretoufilo"). Inaugurée en nos lignes et principalement sur notre forum, la P2Philo vise à établir les règles d'un échange humanisé, à comprendre les origines, les objectifs, ou les dangers du peer to peer. Et le plus grand danger du peer to peer est justement de ne pas y apposer une philosophie. Nous voyons encore trop souvent, peut-être même parmi vous, des utilisateurs télécharger sans penser (sans pensée). Or comme toute chose, le peer to peer peut disparaître et il est essentiel aujourd'hui de réflechir à ses règles morales...

Sans doute êtes vous surpris de trouver à la une d’un portail d’informations sur le peer to peer un long billet d’humeur sur l’utilisation de ces technologies. Mais n’est-ce pas justement notre rôle que de faire naître ou diffuser les débats ? Sans aucun doute : si.

La pensée philosophique autour du peer to peer n’a toutefois pas besoin d’un langage barbare ou inaccessible pour être véhiculée. Nous rééditons ainsi pour le prouver l’excellent roman « Au Nom Du Bot » (de Boogieplayer), qui dans un rythme scénaristique soutenu et servi par une très bonne plume, parvient à dégager des idées essentielles de la P2Philo. Dédié à eDonkeyBot, ces pages mettent en scène pb33 (son créateur), eDonkey et la plupart des acteurs de notre forum, où une suite est d’ailleurs actuellement en pleine écriture (sur ce post). Nous ne pouvons que vous encourager à lire le premier chapitre, qui suffira à vous convaincre d’en lire la suite.

Echange ? Non, clonage !

Mais revenons à nos pensées. Pourquoi ce besoin de réflechir sur l’existence du peer to peer ? Tout simplement parce qu’au delà des problèmes évidents de légalité qu’il pose, c’est tout un nouveau concept qu’il permet de découvrir. On parle souvent d’échange de fichiers en parlant du peer to peer. Mais est-ce une vision exacte ? Le fichier que vous échangez avec celui qui le prend sur votre disque dur reste chez vous, et inversement celui que vous téléchargez n’entraîne pas le déssaisissement chez la personne qui le possède. Dès lors, peut-on parler d’échange, qui suppose un désaissaisissement réciproque au profit de l’autre ? Non. Nous devrions parler de duplication, de clonage des fichiers.

C’est pourquoi les fichiers clonés se multiplient. La société Variant a par exemple évalué à deux millions le nombre de copies de « Starwars : l’Attaque des clones » dupliquées avant même la sortie du film sur les écrans.

Mais combien abusent du système ? S’il ne paraît pas ou peu dommageable de télécharger des œuvres ou des logiciels que l’on n’aurait de toute façon pas acheter, qu’en est-il de celles qui ne reçoivent pas la rémunération qui leur est due ? Le piratage (puisqu’il faut bien employer le mot qui fâche) porte sa mort en lui-même.
Au delà, ce sont les dénommés leechers qui posent problème à la communauté. Pour eux, peer to peer ne veut pas dire « partage » mais « téléchargement ». Sans doute n’ont-ils pas cerner l’importance du mot « partage », et c’est bien le but de la P2Philo que de s’imposer en ce sens.

Dès lors des questions se posent : Faut-il imaginer un système de rémunération des artistes ? Faut-il imposer le partage de fichiers comme sur certains hubs de Direct Connect, ou laisser celà à la libre conscience de chacun ? Doit-on fuire les soit-disant spywares et prendre ainsi le risque de la mort d’un peer to peer gratuit et de qualité ?

Autant de sujets que nous sommes ravis de débattre avec les nouveaux et les anciens intervenants du forum, et que nous continueront régulièrement de rapporter à travers dossiers et articles.

Et surtout n’oubliez jamais : « Le peer to peer est la science du partage, pas du téléchargement ».

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