Arrivera-t-il seulement à remonter un jour ? Le marché du disque – à ne pas confondre avec le marché de la musique – continue sa lente descente aux enfers. Le Syndicat National de l’Edition Phonographique (SNEP), qui représente les majors du disque en France, confirme la baisse continue du marché déjà remarquée par l’Observatoire de la Musique et l’institut Gfk. En effet, le lobby indique cette semaine que le marché de gros a reculé de 12,2 % au premier semestre 2008 par rapport à la même période l’an dernier, avec 279 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Dans le détail, le marché physique accuse une baisse de 17,7 % à 243 millions d’euros, contre une hausse de 56,9 % du marché numérique à 36 millions d’euros (téléchargements internet, sonneries, streaming et musique sur abonnement).

Jusque là, il n’y pas de quoi rire.

Là où ça devient comique, c’est lorsque le président du SNEP Christophe Lameignère constate dans un même souffle que le marché du disque s’est relativement stabilisé en Espagne (- 2 % seulement) mais qu’il connaît une forte récession aux Etats-Unis (- 25 %), et qu’il appelle une fois encore au vote de la loi Création et Internet, anciennement loi Hadopi.

Depuis plusieurs mois, le SNEP ne cesse de répéter à qui veut l’entendre que le modèle de répression de type riposte graduée fonctionne aux Etats-Unis, ce qui serait la preuve qu’il faut l’adapter en France. La preuve que non.

Mais en plus, l’Espagne dont le marché se stabilise est considéré par l’industrie elle-même comme le champion d’Europe du P2P, avec une justice qui a choisi de ne pas condamner les sites de liens P2P, de considérer le téléchargement comme un droit à la copie privée, et de protéger l’identité de ses abonnés à Internet y compris lorsqu’ils sont suspectés de piratage.

Mais malgré cela, le SNEP considère toujours que la riposte graduée est la meilleure des solutions, au mépris des droits de la défense et de la vie privée des internautes. Logique.

Le marché de la musique en rééquilibrage

L’IDATE a publié en juillet dernier une étude qui démontre à nouveau que le marché de la musique dans son ensemble n’est pas en crise, mais en mutation. A l’intérieur d’un ensemble qui pèse aujourd’hui 67 milliards de dollars au niveau mondial, l’institut distingue la musique enregistrée chère aux maisons de disques (33,5 milliards), le spectacle vivant (25,6 milliards) et l’édition musicale (8 milliards). Elle estime que le premier volet devrait continuer à baisser dans les prochaines années, alors que le marché du concert va progresser. Dans sa globalité, le marché musical devrait progresser de 4 % d’ici à 2011.

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