On connaît le rapport conflictuel qu’entretiennent les studios Walt Disney avec le droit d’auteur. La firme a largement usé et abusé des œuvres tombées dans le domaine public pour imaginer ses films (d’après les frères Grimm, Victor Hugo, Kipling, Perraut…), mais fait tout pour que les siennes restent intouchables. C’est ainsi que sous la pression de Disney, pour protéger Mickey, la durée du droit d’auteur aux Etats-Unis a été prolongée à 95 ans.

Jusqu’à présent, Disney se gardait bien d’utiliser le droit d’auteur contre son propre public, et tentait plutôt d’être toujours un pionnier dans l’utilisation des nouvelles technologies et des nouveaux médias. C’est ainsi que le studio a été le premier à réaliser un long métrage en dessins animés, à ajouter une bande sonore musicale à son film, à collaborer avec les chaînes de télévision plutôt qu’à lutter contre elles, ou à épouser la VHS à une époque où le tout Hollywood voyait la cassette vidéo comme l’objet diabolique qui permettait aux consommateurs de copier leurs films gratuitement. Plus récemment, Disney a été dans les tous premiers à proposer ses séries TV produites par sa filiale ABC en streaming gratuit sur Internet.

Mais Disney veut désormais que l’on sanctionne ceux qui dans son public utilisent les nouvelles technologies d’une manière qu’il ne contrôle pas. Le patron de Disney Robert Iger, en visite à Londres, a déclaré récemment que les fournisseurs d’accès à Internet devraient couper l’accès de ceux qui téléchargent des contenus piratés. Les FAI britanniques ont pour le moment accepté d’envoyer des messages d’avertissement, mais s’opposent au fait d’aller jusqu’à la suspension (contrairement à ce que prétendent en France le gouvernement et les lobbys du droit d’auteur, qui demandent à ce que l’on prenne exemple sur la Grande-Bretagne).

« Nous demandons simplement que les gens qui téléchargent des fichiers illégaux reçoivent d’abord un avertissement puis voient leur service à Internet coupé« , a ainsi demande Bob Iger.

Lequel Bob Iger devrait peut-être commencer par rendre l’ensemble de ses films disponibles sur tous les services de VOD, et pas uniquement une portion sur le seul iTunes.

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