La RIAA remporte un procès clé pour destruction de preuves

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 28 Août 2008 à 12h07 - posté dans Peer-to-Peer

C'est une occasion ratée pour les P2Pistes américains de marquer un bon point dans le combat judiciaire qui les oppose à la RIAA. Un internaute accusé par la RIAA d'avoir mis à disposition des chansons sur Kazaa, et qui avait gagné une première manche contre le lobby du disque en avril dernier, vient de perdre son procès pour avoir détruit des preuves qui étaient pourtant totalement inutiles contre sa défense.

L'homme, Jeffrey Howell, avait été poursuivi par la RIAA en 2006 pour avoir partagé des MP3 sur le logiciel de P2P Kazaa. Plutôt que de contester la matérialité des faits, Howell a reconnu qu'il avait entreposé des copies personnelles de ses propres CD sur son disque dur, et qu'il n'avait pas volontairement placé ces copies dans les dossiers mis en partage de Kazaa. Il assurait alors que ça n'était pas lui qui avait mis en partage les MP3, mais son ordinateur.
Plus tard, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) est venue à sa rescousse avec un argument plus solide. Selon la fondation qui défend les intérêts du public, le fait de "mettre à disposition" des œuvres n'est pas une infraction au regard du droit américain, et que cela reviendrait à "poursuivre quelqu'un pour tentative de distribution, quelque chose que le Copyright Act n'a jamais reconnu". Pour l'EFF, il ne faut pas simplement prouver qu'il y a eu mise en partage d'un MP3, il faut prouver qu'il y au véritablement un transfert du fichier, et donc une copie illégale.

A la surprise générale, le juge Neil Wake a accepté d'entendre l'argument de l'EFF en avril dans un jugement préliminaire, qui donnait le feu vert à un véritable procès entre Howell et la RIAA. Mais le procès n'aura pas vraiment lieu.

La RIAA a accusé le P2Piste d'avoir détruit des preuves à quatre reprises, volontairement, après avoir eu connaissance de la plainte contre lui. Les experts mandatés par l'organisation auraient ainsi découvert que Howell avait désinstallé Kazaa et reformaté son disque dur pour faire disparaître les MP3 mis en partage.

Le juge a convenu que cette destruction de preuves rendait impossible la démonstration de l'éventuelle culpabilité, et a condamné le P2Piste par défaut. Il risque désormais une peine complémentaire pour obstruction à la justice.

La RIAA, sans aucun doute, ne manquera pas de médiatiser sa victoire pour faire croire que le simple fait de mettre des MP3 en partage sur les réseaux P2Pistes est condamné par la justice, quand bien même le procès n'a finalement jamais résolu cette question.

Publié par Guillaume Champeau, le 28 Août 2008 à 12h07
 
 
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Commentaires à propos de «La RIAA remporte un procès clé pour destruction de preuves»
 
Inscrit le 23/02/2007
205 messages publiés
Bizarre c't'affaire. Si la machine ou le DD n'ont pas été saisis, ce ne sont pas des preuves (pas enregistrées au dossier), non ? Si on laisse à un présumé assassin la possession de son arme, faut pas s'étonner si elle disparaît.
Inscrit le 24/02/2006
5637 messages publiés
C'est bizarre, maintenant on est jugé coupable pour avoir des installé un logiciel P2P alors que kazaa ne devait de toute façon pas garder en mémoire l'ensemble des transactions.

Par contre ce qui est encore plus bizarre est que la riaa n'arrive pas à restaurer les données après seulement quatre formatages. Il a utilisé quelle méthode pour obtenir ce miracle. A part passer quatre fois sont disque dur sous un rouleau compresseur il reste difficile de ne pas pouvoir récupérer des données après un simple formatage.
Inscrit le 04/06/2003
26 messages publiés
Ce qui me parait encore plus absurde, c'est que cette décision revient à dire qu'à partir du moment où on est accusé, on n'a plus le droit de faire ce qu'on veut sur son propre ordinateur. Si le mec décide qu'il n'a plus besoin de Kazaa, si il trouve que des MP3 ne lui servent pas ou autre, eh bien il n'a pas le droit de faire le ménage sur sa machine personnelle.
Sachant qu'elle n'a pas été saisie et que donc elle lui appartient encore à 100% et qu'il peut donc en faire ce qu'il veut.
Je trouve çà hallucinant.
Et quand on voit en plus la durée de l'histoire (nous sommes en Aout 2008 et l'affaire de base date de 2006), on peut vraiment se poser des questions : 2 ans après la plainte de départ, un ordinateur qui n'a pas été saisi n'appartient toujours pas à son propriétaire ???
Inscrit le 25/01/2007
2899 messages publiés
c'est délirant ! le mec est condamné pour quoi ? ils ont aucunes preuves contre lui !!


c'est comme si on incarcérait qqun pour meurtre sur le simple prétexte qu'on a pas trouvé l'arme du crime chez lui

c'est délirant ! c'est quoi cette justice à 2 balles ?
Inscrit le 25/01/2007
2899 messages publiés
@laruche82

il me semble mm qu'une simple défaillance matérielle peut causer la culpabilité immédiate : dans l'affaire jammie thomas, je crois bien que ce qui l'a achevée fut le fait d'avoir changé de disque dur après que celui ci ait grillé !
Inscrit le 11/12/2005
27 messages publiés
Je croyait que le 5e amendement permettait à tout américain de se taire et il aurait du plaider que demander à son ordinateur de se taire n'est qu'une prolongation de ce droit.

http://www.nichevo.o...e-21705947.html
Inscrit le 11/04/2008
536 messages publiés
Bof, la justice américaine c'est aussi celle qui légalisée la torture, alors pour le p2p...
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