Six éditeurs de logiciels P2P (Bearshare, Limewire, Grokster, Morpheus, Blubster et eDonkey) se sont réunis hier pour partir en guerre contre la RIAA... et contre le piratage. Il en résulte une organisation commune, P2P United , et surtout un code de déontologie qui devrait enfin permettre d'éviter l'installation sauvage de spywares et de mettre tous les acteurs devant leurs responsabilités.

Sur leur site officiel, les grosses pointures du P2P – à l’exception notable de Sharman Networks (Kazaa) – expliquent leur démarche comme une réaction contre le comportement aberrant de la RIAA. Ils ne remettent en cause ni le Digital Millenium Copyright Act, ni l’existence d’utilisation illégale du P2P. Mais l’alliance estime qu’il existe d’autres voies que la chasse à outrance aux fraudeurs pour préserver les intérêts des ayants droits, et il invitent donc la RIAA à les rencontrer pour discuter ensemble de l’avenir de l’industrie musicale et trouver des solutions qui ne lèsent aucune des parties en cause. L’association a également comme objectif de faire pression sur le Congrès américain pour protéger les applications Peer-to-Peer.

En attendant, et pour prouver leur bonne foi, P2PUnited a établi un code de déontologie en 10 points, définissant les comportements que les membres adhérents s’engagent à respecter.

Code de déontologie des membres de P2P United :

Installation et configuration

  • Les membres s’engagent à ne pas installer de logiciel ou de mise à jour sur l’ordinateur d’un utilisateur sans son consentement préalable
  • Chaque logiciel sera fourni avec un programme de désinstallation (et tout autre logiciel installé avec celui-ci)
  • Les fichiers mis en partage seront clairement indiqués, ainsi qu’une mise en garde contre le partage du disque dur en entier (ou tout autre forme de support)

Conformité avec la loi

  • L’utilisateur sera averti qu’il est strictement interdit de télécharger et/ou de partager des fichiers illégaux ; ainsi que des poursuites civiles et/ou pénales qu’il risque en passant outre
  • Des liens vers des sources d’informations sur les droits d’auteurs seront fournis aux utilisateurs
  • Les membres se conformeront à la Children’s Online Privacy Protection Act (Loi sur la protection de l’enfant sur internet) et ils coopèreront avec les agences gouvernementales dans la lutte contre la pédophilie

Vie privée, sécurité et confidentialité des utilisateurs.

  • Les principes de droit à la vie privée seront clairement affichés sur les sites des membres
  • Les utilisateurs seront avertis du risque potentiel d’exposer aux enfants des fichiers dont le contenu est inapproprié
  • L’accès au logiciel pourra être restreint par l’utilisateur
  • Les informations personnelles concernant l’utilisateur ou les activités de celui-ci ne pourront être données sans son autorisation, à moins d’y être contraint par la loi

Ce code de déontologie reprend donc point par point les attentes de chacune des parties, et devrait permettre d’harmoniser quelque peu les choses entre tous les logiciels de P2P adhérants à cette charte. Saluons donc cette initiative qui, sans aucun doute, ne pourra qu’être bénéfique à l’image du P2P et espérons-le, incitera peut-être l’industrie du disque à ne plus considérer ses utilisateurs comme des voleurs en puissance, mais comme des clients dont les attentes ont changé.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés