Le débat sur la neutralité du net prend de plus en plus d’ampleur, et pas dans un sens favorable au statu quo. L’Ofcom, le régulateur britannique des télécommunications, a mis les plats dans le pied. Le directeur de l’Office of Communications, Ed Richards, appelle de ses voeux un « accord commercial ou volontaire » pour chasser le P2P et le piratage des tuyaux des opérateurs, et menace de prendre des mesures réglementaires si le problème n’était pas résolu entre gens civilisés.

A l’occasion d’un discours prononcé le 3 juillet, Ed Richards a mis en garde ceux qui investissent dans les télécoms à propos du « débat qui entoure le téléchargement illégal en ligne ». « Jusqu’à présent, a-t-il reconnu, l’Ofcom n’a pas fait beaucoup de bruit public autour du problème du piratage. Mais ça ne devrait pas être interprété par erreur comme un manque d’intérêt ou d’inquiétude« .

« Un opérateur qui investit dans les réseaux de prochaine génération ne voudra pas qu’il soit pas obstrué par du contenu peer-to-peer illégal si ça veut dire que personne ne payera (de contenus commerciaux, ndlr) pour assurer un retour sur investissement« , prévient M. Richards. « Et les fournisseurs de contenus, bien évidemment, ne veulent pas que le traffic illégal sape leurs investissements dans les droits de propriété intellectuelle« .

« Nous souhaitons vraiment beaucoup qu’un accord commercial ou volontaire puisse être trouvé pour résoudre ces questions difficiles« , a finalement lâché le patron de l’Ofcom, qui propose que son administration aide à trouver une solution.

Ses propos n’inverviennent pas à n’importe quel moment. Ils coïncident avec le débat européen sur le paquet télécom, qui doit s’attaquer à la question de la régulation de la neutralité du net, et avec le débat interne à la Grande-Bretagne, qui vit actuellemetn sa propre « commission Olivennes » sur la riposte graduée.

L’Ofcom a une position difficile à tenir, puisque l’organisme rassemble depuis 2002 les fonctions de régulateur des télécoms (celles de l’ARCEP en France) et de régulateur des médias audiovisuels (le CSA). Il doit donc concilier les intérêts des opérateurs et ceux des chaînes de télévision qui produisent les contenus qui sont souvent piratés sur les réseaux P2P.

C’est en tout cas la première fois qu’un régulateur européen se prononce ouvertement en faveur du bridage du P2P sur les réseaux, ce qui ne sera qu’une porte ouverte à plus de filtrage et de régulation. Espérons que l’exemple ne soit pas suivi de l’autre côté de la Manche.

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