Une étude menée par le centre de recherche "Jupiter Research" basé en Angleterre prouve que les utilisateurs de P2P européens sont aussi des consommateurs avertis. L'agence conseille aux majors de ne pas se mettre à dos leur future clientèle.

Les utilisateurs de réseaux P2P sont des mélomanes avides de musique, friands de gadgets technologiques et achètent des CD Audio comme tout le monde, selon cette nouvelle étude parue hier. Quand on parle d’utilisateurs de P2P, il faut bannir cette image de l’épinal de l’adolescent avachi derrière son PC et naviguant à droite et à gauche pour amasser avidement des fichiers MP3. Les « Peeristes » ou « P2Pistes » sont aussi des clients habitués à acheter de la musique chez les disquaires, ils aiment beaucoup visiter les sites Internet de leurs artistes préférés et son amateurs de webradios.

Mark Mulligan, analyste à Jupiter Research, est ainsi convaincu que la communauté P2P actuelle est certainement la base de ce qui sera la future clientèle des réseaux légaux.

Des différences notables entre américains et européens

Les mesures de répression menées par la RIAA contrastent avec celles de l’Europe qui en sont encore au stade de la prévention et de l’éducation. Chris Colman, directeur de Canada Sandvine, une start-up travaillant avec les fournisseurs d’accés Internet pour gérer les besoins grandissant de bande passante générés par les plateformes d’échange de fichiers, nous apprend que les habitudes des utilisateurs américains diffèrent également de celles de nous autres européens. Les logiciels préférés de l’autre côté de l’Atlantique sont Kazaa et l’ensemble de son réseau FastTrack, les européens quand à eux sont plutôt sur WinMX et eDonkey, réseaux sur lesquels vidéos et films abondent.

Deux utilisations différentes, mais une constante demeure : les partages de fichiers sont de plus en plus nombreux et les ventes de connections haut débit explosent. Chris Colman ajoute que les utilisateurs habitués partagent toujours plus de données et que les nouveaux venus se mettent très rapidement à l’échange de fichiers.

L’enquête menée par Jupiter Research sur 5000 utilisateurs de pays différents (le Royaume-Uni, la Suède, l’Italie, l’Espagne, la France et l’Allemagne) confirme cette opinion. Selon Mark Mulligan, 15 % des utilisateurs européens téléchargent au moins un film par mois, l’Espagne étant en tête avec 38 % alors que la moyenne américaine est à 12 %. Il prévient aussi Hollywood et les majors qu’il serait une erreur de s’engager dans des mesures de répression contre ceux qui seront certainement un jour leurs meilleurs clients, et que l’occasion leur est donnée d’exploiter une nouvelle forme de commerce.

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