Fonctionnement de la justice.
Sujet ouvert par gtg - Dernière réponse le 28 août 2009 à 02h35
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Une mère de famille se venge suite à l'attaque de son fils par un pédophile.
Celui-ci avait été relâché par la justice.


http://www.lejdd.fr/...agresse-128733/
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Visiblement le suspect avait été relâché au vu de son état psychiatrique. Encore heureux qu'une décision qui n'était pas uniquement basée sur l'émotion ait pu être prise. Justice n'est pas vengeance.
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Donc un malade mental accessoirement fou dangereux est relâché à cause de son état psychiatrique alors que celui-ci devrait justement justifier son internement dans un asile ? La justice a mal fait son travail, c'est indiscutable ! Image IPB

J'ai quand même l'impression que les "causes psychiatriques" sont un échappatoire un peu trop facile de nos jours. Tout le monde a une part de responsabilité dans ses actes... D'autant plus que ce dingue violeur d'enfants a parfaitement eu la présence d'esprit (et le culot) de porter plainte contre la mère de l'enfant, dont on peut comprendre la colère de voir que le bourreau de son enfant est remis en liberté. Preuve qu'il n'est pas aussi fou qu'on le croit, et qu'il n'a peut-être pas volé les coups qu'il a reçus... Image IPB
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L'état psychiatrique n'est pas une justification à tout acte. D'ailleurs, si il était si "fou", il n'aurait pas eu la présence d'esprit de porter plainte, c'est un comportement rationnel, ce que les "fous" sont incapables de faire.

Bref, lorsque la justice ne fait pas son boulot ... En plus qu'il est récidiviste.

Edit: Lol, je n'avais pas lu le commentaire de Counter. Nous sommes sur la même longueur d'onde.

It
[message édité par It08 le 27/08/2009 à 14:20 ]
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Je m'étonne quand même fortement qu'un juge ait été assez cinglé pour relâcher un pédophile multi-récidiviste dans la nature. Il y a quand même des services psychiatriques pénitentiaires, et c'est l'endroit où l'on envoie normalement ce genre de personne ! Le juge serait-il un fou dangereux lui aussi ? Image IPB
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Disons que les mecs qui sont spécialistes ayant fait bac+10 ont parfois du mal à poser un diagnostic rapidement en ayant les patients devant eux, donc je suis assez impressionné de votre capacité à diagnostiquer en lisant une dépêche que le mec n'était pas si fou que ça après tout, vu qu'il a porté plainte. Mettons que dans la plupart des maladies mentales, il y a des hauts et des bas, les mecs peuvent paraître à peu près ou tout à fait normal un jour, puis quelques temps plus tard, partir en vrille, surtout s'ils ne sont pas suivis.

Là où je suis agréablement surpris, c'est que le juge a pu prendre une décision impopulaire, il lui reste encore quelque indépendance. Il aurait pu décider d'une mise en détention provisoire médicalement contre-indiquée et personne n'aurait moufté comme les réactions ici semblent l'indiquer. Après, pourquoi le gus n'a pas fini dans un hôpital ? Je n'en sais pas grand chose vu que l'article ne l'indique pas, mais il se trouve que les malades qui sont rapidement internés sont souvent ceux qui posent un danger immédiat aux autres, et encore, il faut qu'il y ait des places. Ce n'est pas comme si on ne supprimait pas des lits d'hôpitaux et qu'on ne créait pas des nouvelles places de prisons, alors qu'il y a, selon les études, au bas mot dans les 30% des détenus qui devraient plutôt être dans les hôpitaux. Donc en attendant d'en savoir plus, j'aurais tendance à penser que c'est l'explication la plus plausible, plutôt d'un juge supposé cinglé.

Citation

J'ai quand même l'impression que les "causes psychiatriques" sont un échappatoire un peu trop facile de nos jours.

Perso, j'ai quand-même l'impression que les "causes psychiatriques" sont de plus en plus négligées et qu'elles sont considérées comme un échappatoire trop facile par des gens qui sont aussi compétent en psychiatrie que je ne le suis en mécanique des fluides. J'ai quand-même l'impression que les rapports sociaux se durcissent et que la société qui tend à s'identifier aux victimes veut une punition, peu importe si elle est simpliste, injuste ou inappropriée. Fut un temps il y avait des punitions corporelles sur la place publique pour répondre à cette demande, il faut croire qu'on a un peu progressé depuis.
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bronto, le 27/08/2009 - 15:55

Disons que les mecs qui sont spécialistes ayant fait bac+10 ont parfois du mal à poser un diagnostic rapidement en ayant les patients devant eux, donc je suis assez impressionné de votre capacité à diagnostiquer en lisant une dépêche que le mec n'était pas si fou que ça après tout, vu qu'il a porté plainte. Mettons que dans la plupart des maladies mentales, il y a des hauts et des bas, les mecs peuvent paraître à peu près ou tout à fait normal un jour, puis quelques temps plus tard, partir en vrille, surtout s'ils ne sont pas suivis.

Donc le violeur, s'il a des instants de lucidité, a dû se rendre compte de l'ignominie de ses actes ! Ou alors il s'en contrefout. Quoiqu'il en soit, il aurait pu montrer un peu d'humilité, d'honneur et de considération pour la personne humaine en évitant de faire l'affront à ses victimes de déposer une plainte. Voire, toujours dans ces brefs instants, se rendre de lui-même dans un hôpital psychiatrique, sachant pertinemment le danger qu'il représente pour les autres.

bronto, le 27/08/2009 - 15:55

Là où je suis agréablement surpris, c'est que le juge a pu prendre une décision impopulaire, il lui reste encore quelque indépendance. Il aurait pu décider d'une mise en détention provisoire médicalement contre-indiquée et personne n'aurait moufté comme les réactions ici semblent l'indiquer. Après, pourquoi le gus n'a pas fini dans un hôpital ? Je n'en sais pas grand chose vu que l'article ne l'indique pas, mais il se trouve que les malades qui sont rapidement internés sont souvent ceux qui posent un danger immédiat aux autres, et encore, il faut qu'il y ait des places. Ce n'est pas comme si on ne supprimait pas des lits d'hôpitaux et qu'on ne créait pas des nouvelles places de prisons, alors qu'il y a, selon les études, au bas mot dans les 30% des détenus qui devraient plutôt être dans les hôpitaux. Donc en attendant d'en savoir plus, j'aurais tendance à penser que c'est l'explication la plus plausible, plutôt d'un juge supposé cinglé.

Relâcher un dangereux pédophile dans la nature n'a rien d'une surprise agréable pour moi ! Image IPB C'est même une décision complètement irresponsable ! Un pédophile reste un prédateur et un danger pour les autres tant qu'il est dehors. En hôpital psychiatrique, il n'y a au moins aucun enfant à violer. Le remettre dehors, c'est lâcher un loup dans la bergerie. En hôpital il y a du monde ? Eh bien dehors il y a des enfants.

bronto, le 27/08/2009 - 15:55

Perso, j'ai quand-même l'impression que les "causes psychiatriques" sont de plus en plus négligées et qu'elles sont considérées comme un échappatoire trop facile par des gens qui sont aussi compétent en psychiatrie que je ne le suis en mécanique des fluides. J'ai quand-même l'impression que les rapports sociaux se durcissent et que la société qui tend à s'identifier aux victimes veut une punition, peu importe si elle est simpliste, injuste ou inappropriée. Fut un temps il y avait des punitions corporelles sur la place publique pour répondre à cette demande, il faut croire qu'on a un peu progressé depuis.

Non, notre époque tend vers la déresponsabilisation des actes et on ne peut le nier : il est fou, c'est la faute de la société, c'est la faute aux parents, il habite dans une cité, il est perturbé, il est jeune... Stop ! Et pensons un peu aux victimes, qui elles seules en subissent les dégâts !
[message édité par CounterFragger le 27/08/2009 à 17:09 ]
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CounterFragger, le 27/08/2009 - 17:07

Donc le violeur, s'il a des instants de lucidité, a dû se rendre compte de l'ignominie de ses actes ! Ou alors il s'en contrefout. Quoiqu'il en soit, il aurait pu montrer un peu d'humilité, d'honneur et de considération pour la personne humaine en évitant de faire l'affront à ses victimes de déposer une plainte. Voire, toujours dans ces brefs instants, se rendre de lui-même dans un hôpital psychiatrique, sachant pertinemment le danger qu'il représente pour les autres.[/Quote]
Je colle ma remarque précédente qui s'applique toujours : "Disons que les mecs qui sont des spécialistes ayant fait bac+10 ont parfois du mal à poser un diagnostic rapidement en ayant les patients devant eux, donc je suis assez impressionné par votre capacité à diagnostiquer en lisant une dépêche que le mec n'était pas si fou que ça après tout, vu qu'il a porté plainte." Putain mais je ne sais même pas comment il faut nourrir les perroquets dans le zoo du coin et heureusement qu'on me demande pas mon avis. De là à me permettre de porter un diagnostic tranché sur un tel cas sans aucune formation et sans rien avoir entre les mains, il y a quand-même de la marge. Quant au dépôt de plainte, ce qu'il a fait ne lui enlève pas le droit de se plaindre quand il se fait rosser, du moins dans un État qui se veut un État de droit dont les racines vont jusqu'à Rome. Mais c'est un aspect mineur de cette affaire, vois plus bas s'il te plait.

Citation

Relâcher un dangereux pédophile dans la nature n'a rien d'une surprise agréable pour moi ! Image IPB C'est même une décision complètement irresponsable ! Un pédophile reste un prédateur et un danger pour les autres tant qu'il est dehors. En hôpital psychiatrique, il n'y a au moins aucun enfant à violer. Le remettre dehors, c'est lâcher un loup dans la bergerie. En hôpital il y a du monde ? Eh bien dehors il y a des enfants.

"Prédateur", c'est un terme pour le moins dévié de son sens qu'on utilise à tort et à travers dans ce contexte. "Pédophile" est amplement suffisant est descriptif. Note que nous discutons de savoir pourquoi il n'a pas été placé en hôpital sans en savoir les raisons, ce qui est assez surprenant en soi. Note aussi qu'il n'a certainement pas été refusé à l'hôpital pour protéger les autres patients, il y a des unités spécialisées pour ça. La question cruciale est de savoir s'il y en a assez, et cette question tu as soit l'air ne pas la voir, soit l'air de la négliger. Dans ce contexte, on pourra discuter autant qu'on veut mais je crains que ça ne nous avancera pas beaucoup.

Non, notre époque tend vers la déresponsabilisation des actes et on ne peut le nier : il est fou, c'est la faute de la société, c'est la faute aux parents, il habite dans une cité, il est perturbé, il est jeune... Stop ! Et pensons un peu aux victimes, qui elles seules en subissent les dégâts !

Tu peux me préciser où tu as vu que j'ai écris que c'était la faute de la société s'il était fou s'il te plait ? Si tu ne lis pas la réponse qui t'est faite et que tu te contentes d'asséner tes certitudes bien ancrées, ce n'est pas vraiment utile de discuter.
Pour en venir à la faute de la société, s'il y en a une, c'est de ne pas avoir pu mettre ce type à l'écart, dans une institution adaptée à sa pathologie. On peut difficilement attendre d'une mère dont un enfant a été violé de réagir avec sang-froid, par contre c'est le devoir de la société de faire ce qui est possible en l'état des connaissances pour éviter que cela se reproduise, tout en respectant les droits inaliénables de chacun. Laisser un juge dans un situation où soit il met un malade en prison, soit il le laisse en liberté avec le risque de récidive (qui a peut-être été évalué par un médecin, on n'en sait rien), le sentiment d'injustice et la volonté de se faire justice soi-même de la part des victimes (ce qui est strictement proscrit dans un État de droit, note pour plus tard), ça, oui, c'est une faute. Et autant la mère que le pédophile sont en droit de s'en plaindre.

Maintenant, c'est sûr que c'est plus simple de tout mettre sur le dos du type et de dire que l'affaire est réglée (ça s'appelle communément "justice" d'élimination et ça existe dans certains pays avec des résultats que l'on connaît). Le hic, c'est qu'en faisant ainsi (mis à part le fait que le jugement serait inexact et injuste), tous les éléments seront en place pour que ça recommence, encore et encore. L'autre choix, c'est qu'on se dise que les solutions simplistes, dans la plupart des cas, ne sont pas les meilleures et qu'on admette notre responsabilité dans l'affaire. Pour dire les choses autrement, couiner de révolte en lisant un article pareil, c'est limité. Essayer de s'intéresser un peu plus à ce qui peut se faire pour corriger au mieux le problème, en s'informant, en refusant les jugements à l'emporte pièce, en votant, et si le sujet te touche vraiment beaucoup, en t'investissant dans une association, c'est mieux. Tu parlais de responsabilité ? Chiche !
Inscrit le 15/11/2004
7321 messages publiés
L'article parle d'agression sexuelle, s'étant déroulée sur une plage lilloise, on n'en connait pas la nature exacte.
Certains comportements de la part d'honnêtes citoyens pourraient parfois être assimilés à des agressions sexuelles (une main aux fesses, ou réclamer une fellation à son épouse, si, si).
Agression ne signifie pas viol.
La justice a décidé de relâcher le jeune homme, qui est revenu ou a été placé dans un foyer, où la mère du jeune garçon est venu le frapper.
Personne n'a le droit de se faire justice.
D'autre part, ce jeune homme, même souffrant de troubles psychiatriques a très bien pu être conseillé pour porter plainte, les procédures judiciaires ne sont pas réservées qu'aux adultes autonomes, matures et responsables.
Inscrit le 17/01/2006
3108 messages publiés
Ben merde, pour une fois chui plutôt d'accord avec eureka. Je rajouterais quelques notions de bases que les excités de la prison oublient.


- Non seulement agression n'est pas viol comme l'a signalé eureka, mais c'est même deux notions incompatibles en droit. Il s'agit en effet de deux notions juridiques différentes. Le type a été accusé d'agression, c'est à dire le moins grave. Le viol implique toute forme de pénétration (buccale, anale, que ce soit avec une batte de baseball ou avec le petit doigt). Ca n'a pas été le cas ici. Il s'agit donc d'une affaire d'attouchements ou quelque chose du genre. Ce n'est pas négligeable, notamment parce qu'un attouchement ça ne laisse pas de marque, et que donc, ça pourrait parfaitement être de la fabulation. Présomption d'innocence, tout ça tout ça.

- Ce n'est pas la justice qui décide d'un placement en psychiatrie, mais le préfet sur avis médical.

- A l'heure actuelle, la justice l'a mis en examen, il n'est donc pas considéré comme fou. Il ne peut pas être interné. Il est jugé responsable de ses actes pour le moment et sera probablement condamné.

- S'il a été relâché, c'est parce qu'il n'a pas encore été jugé (le temps d'enquêter un minimum, de fixer une date d'audience, tout ça tout ça). La détention provisoire ne s'applique pas à toute personne arrêtée et heureusement. Faut qu'on reparle d'Outreau ? Marrant la tendance du neuneu de base à se scandaliser que des innocents aient fait de la prison, ET à réclamer en même temps la détention provisoire systématique pour tout le monde.

- A ce sujet, rappelons que tant qu'une personne n'a pas été jugée coupable et condamnée à de la prison ferme, la liberté est la règle, la prison est l'exception. C'est particulièrement vrai en matière de délits (ce qu'est une agression sexuelle), où les conditions de mise en détention provisoire sont plus strictes.

- Personne n'a le droit de se faire justice soi-même et j'espère bien que cette mère de famille sera jugée et condamnée. D'une part parce que le gars n'est ptèt même pas coupable, d'autre part parce que quand bien même il le serait, ça n'autorise pas les gens en face à faire ce qu'ils veulent. La loi s'applique à tout le monde ou à personne.

- La tendance de la société est bel et bien à la négation des troubles psychiatriques dans les affaires judiciaires. Entre 1989 et 2004, le nombre de personnes reconnues comme irresponsables de leur délit/crime du fait de leur état mental a été divisé par trois (d'environ 600 cas à 200 cas). Environ 30% des détenus sont aujourd'hui atteints de troubles psychiatriques importants (ce qui ne veut pas dire qu'ils sont tous complètement fous à lier) : schizophrénies, paranoïa, etc. Un grand nombre d'entres eux auraient davantage leur place en hôpital psy qu'en prison, seulement comme l'HP ça coûte beaucoup plus cher, on a fermé des dizaines de milliers de lits en psychiatrie, et on les a remplacé par des dizaines de milliers de places en prison : moins cher, et pas soumis à une règle de numerus clausus (une prison de 200 places peut parfaitement accueillir 900 détenus, il n'en va pas de même pour l'HP).


Ces quelques rappels permettront, je l'espère, d'y voir plus clair dans le débat.

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