La présidence se payait des sondages pour qu'ils soient parus dans la
Sujet ouvert par bourgpat - Dernière réponse le 22 juillet 2009 à 20h17
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Ici pour l'instant et la aussi.

Ainsi, si Nicolas Sarkozy utilise des avions de ligne classiques pour ses déplacements personnels, un avion officiel est tout de même obligé de le suivre "pour pouvoir le transporter à tout moment en cas de crise".

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Dans le domaine de la communication et des médias, une des dix-neuf pages du rapport est employée à décortiquer le bien étrange fonctionnement des sondages à l'Elysée. On y apprend que l'Elysée a signé le 1er juin 2007 une "convention" avec un cabinet chargé de réaliser des études d'opinion, "pour un coût avoisinant 1,5 million d'euros". Les conditions sont... intéressantes : pas d'appel d'offre, ce qui est illégal pour un marché public de cette dimension, et seulement une page de contrat pour lier les deux parties. La Cour souligne le caractère "exorbitant" de cette convention, puisqu'elle prévoit que le cabinet décide seul des études à commander, à l'institut de son choix et quand il le souhaite, sans demander l'avis de l'Elysée ! En 2008, "près de 130" études auraient ainsi été commandées.

A la demande de la Cour des comptes, le contrat a été modifié en mars 2009. Mais rien que pour l'an dernier, l'institution comptabilise plusieurs dizaines de cas de sondages commandés et payés par l'Elysée, alors qu'ils ont été également publiés dans la presse. On peut donc s'interroger : pourquoi l'Elysée participe-t-il au financement d'études qui ne lui apprendront rien de plus que ce que disent les journaux ?

Bien que la plupart des sondeurs travaillent de façon "confidentielle" pour la présidence, un seul est cité par la Cour, sans doute en raison de l'importance de ses relations avec l'Elysée : Opinion Way, qui a facturé en un an 392 228 euros à la présidence, pour son "politoscope" bimensuel. Or, cette enquête est régulièrement publiée par LCI et Le Figaro et il s'avère que "la comparaison des résultats publiés dans la presse et de ceux remis à la Présidence" ne fait "pas apparaître de différence"...

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Les choses ont changé : selon l'Elysée, cité par le rapport, le sondeur livre depuis mars des études "exclusives et confidentielles", différentes de celles publiées par le Figaro et LCI. Ces deux médias représentent d'ailleurs une autre source d'étonnement : si l'on comprend bien, ils ont régulièrement utilisé des sondages payés en partie par l'Elysée, sans le mentionner...

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Un point n'est pas éclairci par le rapport : quel cabinet joue ainsi les intermédiaires entre l'équipe présidentielle et les sondeurs ? Il n'est pas nommé, mais selon la Cour, il empoche 10 000 euros par mois au titre de son conseil auprès de la Présidence. Selon nos informations, deux entreprises semblent bien placées pour incarner ce fameux cabinet. Elles sont toutes deux dirigées par des proches de Nicolas Sarkozy, versés dans la pratique des sondages : GiacomettiPeron, montée par Pierre Giacometti fin 2007 lorsqu'il a quitté son poste de directeur général d'Ipsos, et Publi Fact, détenue en majorité par Patrick Buisson, directeur général de la chaîne Histoire (groupe TF1), et donc subordonné de Laurent Solly, ex-directeur adjoint de campagne du candidat Sarkozy.
5 réponses
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Ça ne m'étonne pas, comme l'a dit Coluche: Si les hommes politiques étaient honnêtes ca se saurais.
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Suite par le monde.

Ces accusations sont contestées par OpinionWay, qui assure sur son site que les résultats vendus au cabinet contenaient également des questions supplémentaires et "des tris détaillés par catégorie de population des résultats de nos enquêtes publiées, comme le font depuis longtemps la plupart des instituts d'études". Ce qui justifierait une facturation spécifique : "Cette autre prestation ne correspond donc aucunement aux questions financées par LCI et Le Figaro", assure ainsi le communiqué.

"L'Elysée a peut-être simplement remis le format allégé de nos études au conseiller de la Cour des comptes. Ou bien les CD qui contiennent plus de 60 pages de détail que nous avons remis à Publifact [le cabinet en contrat avec l'Elysée] ont peut être été perdus" avance Bruno Jeanbart, le directeur des études politiques de l'institut, pour expliquer les constatations de la Cour. Publifact appartient à Philippe Buisson, directeur de la chaîne Histoire (groupe TF1) et conseiller de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.

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Au sein du Figaro, le malaise est également palpable. La société des rédacteurs du journal a demandé à sa direction, vendredi 17 juillet, "de mettre immédiatement un terme à ce type de 'coproduction' qui nuit gravement à la crédibilité des titres du groupe". Dans un communiqué, elle fait part de sa "consternation" après le rapport, dans lequel "il apparaît que de nombreux sondages OpinionWay publiés, notamment, par Le Figaro, sont commandités par la présidence et que certains sont expurgés avant d'être diffusés au grand public".


Sur ASI ici et la aussi ou ici encore .
[message édité par bourgpat le 17/07/2009 à 21:09 ]
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5515 messages publiés
Et on continue sur la gestion sans appel d'offre qui fait des miracle à l'Élysée.

Un anonyme qui se présente comme travaillant pour un sondeur, estime, sur son blog hébergé sur le site Rue89, que ces factures sont trop élevées : "Livrons-nous ici à un exercice d'estimations en prenant pour exemple un baromètre hebdomadaire en ligne (comme le Politoscope d'OpinionWay). Il faut savoir que l'interrogation par Internet a divisé le coût du recueil d'information par 3 ou 4."

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"Chaque semaine, les petits traitements confidentiels comme ceux de l'Elysée coûtent donc, disons, une journée de travail de chargé d'études, une demi-journée de son chef (celui qui est payé le double) et une journée de traitement. Et allez, une fois par mois, le directeur du département politique vient en personne apporter son regard aiguisé, à 3000 euros la journée. Le coursier est offert, le café aussi. Ça fait 2400 euros la semaine, plus 3000 par mois, soit 156 000 euros par an. Admettons que les vendeurs d'OpinionWay soient plus convaincants que le commun des sondeurs. Mais à 392 000 euros ils sont beaucoup, beaucoup, beaucoup plus convaincants. Ça doit être ça qui énerve."


Heureusement, c'est eux qui gouvernent et nous qui paieront au final la note.
Inscrit le 08/01/2003
2803 messages publiés
Oué mais on l'a voulu, c'est aussi à nous d'assumer....

C'est pas comme si les gens n'avaient pas pu le voir venir avec ses gros sabots. L'UMP agit comme ça depuis sa création, Sarkozy l'a juste fait passer à un niveau supérieur mais ça se voyait bien avant son élection.

les français ont voulu ça...ben si ils n'en veulent plus il n'y a plus que 3 ans à attendre, mais comme apparemment ils vont en redemander...que veux-tu faire...

Il faudra deux mandats, comme pour les américains, pour s'apercevoir de ses erreurs, mais il sera largement trop tard à mon avis.
Inscrit le 24/02/2006
5515 messages publiés
Marianne revient sur publifact qui assurait l'interface entre opionway et l'elysée.


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De quelles prestations s’agit-il ? L’institut Opinion Way a réalisé en 2008 une trentaine de sondages par Internet autour de questions d’actualité, celles-ci étant débattu avec les commanditaires, le Figaro et LCI. A ce noyau d’études se greffent des questions complémentaires, en principe confidentielles commandées, elles, on le sait maintenant, par Publifact, le cabinet de Patrick Buisson missionné par l’Elysée, ainsi que des demandes de « tris croisés » (ventilations des questions avec les caractères des répondants : âge, région, professions, etc, ou bien tris croisés de questions du genre « ceux qui votent pour tel candidats sont aussi des moins de trente ans habitant l’ouest de la France).
Nous sommes aujourd’hui en mesure de décomposer le montant des facturations de l’ensemble de ces prestations :
- Opinion Way a facturé Publifact de 190 000 euros soit moins de la moitié des 392 000 euros recensés par la Cour des Comptes ;
- Opinion Way a facturé 50 000 euros le Figaro et LCI pour le Politoscope.

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Mais ces chiffres délivrent un autre message : les profits considérables du cabinet Buisson puisque Publifact semble facturer le double de la prestation de l’institut de sondage. Certes, Publifact apporte l’immense contribution intellectuelle de son patron Patrick Buisson. Mais on arrive quand même à 6000 euros l’analyse du Politoscope quasi-hebdomadaire, augmentée de ses enrichissements (tris croisés et questions complémentaires). Sans compter que les 1,1 millions d’euros facturés par ailleurs par Publifact à l’Elysée, une fois déduites, bien sûr, les prestations facturées par d'autres instituts qu'Opinion Way, auxquels la Cour des Comptes fait référence sans les nommer. Voilà un beau métier. A moins qu’il ne s’agisse simplement de récompenser le patron de Publifact pour ses services rendus et à venir.

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Dès vendredi 17 juillet à 1h30, le site Marianne2 mettait en ligne un article affirmant que Patrick Buisson avait toutes les chances d'être le commanditaire des sondages réalisé pour le compte de l'Elysée. Seul le site Arrêt sur Images avait, avant Mariane2, évoqué le nom de Patrick Buisson avec celui de Pierre Giacometti. Ce n'est que dans la journée de vendredi puis samedi que l'ensemble des médias a repris et développé cette information.
Pourtant dans la plupart des médias, l'affaire Buisson est devenu le scoop de Mediapart et de Libération, qui n'avait pourtant pas du tout relevé le problème dans son édition de vendredi. Ce n'est pas la première fois : nos concurrents semblent avoir pris le parti d'ignorer notre travail. Nous savons bien que ces question de préséances n'ont que peu d'importance pour les lecteurs. Ceux de Marianne2 savent à quoi s'en tenir. Ils savent aussi que, si nous avons souvent la dent dure contre les médias, nous ne ratons que rarement une occasion de citer nos confrères et concurrents. Non seulement parce que sur Internet les liens renforcent l'audience du site qui les publie. Mais aussi parce que citer un confrère qui trouve une info fait partie des bons usages du métier. Dommage qu'ils soient si peu respectés quand il s'agit de Marianne (et en l'occurrence d'Arrêt sur Images).

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