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HADOPI : vos députés interpellés répondent ?
Sujet ouvert par
j-e-r-o-m-e
- Dernière réponse le 18 avril 2009 à 00h49
Gisèle BIEMOURET
Députée PS du Gers Mail le 9 mars 2009 Réponse le 10 mars 2009 Monsieur, C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance de votre mail concernant votre opposition au projet de loi « Création et Internet ». Je vous en remercie. Ce texte révèle le constat d’échec de la loi DADVSI adaptée 2006, déjà censée régler la question, du droit d’auteur à l’heure d’internet. Basée sur une philosophie répressive, elle prévoyait des amendes et des peines de prison relativement lourdes pour les producteurs de logiciels de piratage, et pour les internautes qui téléchargent. Ces sanctions et le processus judicaire furent rapidement inadaptés dans le cas du piratage ordinaire qui est commis sur une très grande échelle. Face à la révolution que constitue internet pour la diffusion de la culture, le gouvernement entend « faire cesser l’hémorragie des ½uvres culturelles sur internet » en créant le cadre juridique indispensable au développement de l’offre légale de musiques, de films, d’½uvres et de programmes audiovisuels voire d’½uvres littéraires sur les nouveaux réseaux de communication. Le projet de loi introduit un dispositif de « riposte graduée » qui consiste à alerter les internautes contrevenant à trois reprises, avant de suspendre leur abonnement à internet pour une durée d’un mois à un an. Or, ce projet de loi, qui est censé lutter contre le piratage, accentue le fossé entre les artistes et leur public internaute. Il recueille de nombreuses critiques : une privatisation des droits et des libertés, des conséquences graves pour les collectivités territoriales et les entreprises, un cumul des sanctions, des internautes démunis devant les accusations de l’HADOPI, un dispositif pouvant très facilement être contourné et manipulé et surtout un projet de loi en contradiction avec les dispositions prise par l’Union européenne. Pour le Groupe S.R.C (Socialiste, Radical, Citoyen) dont je suis membre, nous voulons parvenir à un parfait équilibre entre la protection du droit d’auteur et le droit des internautes. Malheureusement, ce dernier est loin d’être respecté dans ce texte. En effet, nous pensons que trois limites majeures apparaissent. Ce projet est d’une part un projet qui divise nos concitoyens en opposant les créateurs et leur public. D’autre part, il semble être déjà dépassé. Comme le fut la précédente loi sur le droit d’auteur, c’est un pari perdu d’avance car les usages des internautes ont déjà évolué. Enfin, ce projet est inutile pour la création, dans la mesure où il ne garantit aucune rémunération supplémentaire pour les artistes en faisant l’impasse sur la réflexion autour de nouveaux dispositifs dans ce sens. C’est pourquoi, nos principaux axes d’amendements seront de proposer de nouveaux mécanismes de rémunération des ayants droits, de supprimer la sanction de la suspension de la connexion internet et enfin de garantir les procédures pour les abonnés et améliorer globalement ce dispositif. Nous examinons ce texte depuis ce lundi 09 Mars et vous pouvez compter sur notre totale mobilisation. Restant à votre disposition, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur, mes sincères salutations. [message édité par j-e-r-o-m-e le 17/03/2009 à 13:20
]
Monique IBORRA
Députée PS de Haute Garonne Mail le 9 mars 2009 Réponse le 17 mars 2009 Bonjour Vous avez tenu à me faire part de vos craintes s’agissant du projet de Loi sur la création et l’Internet, appelé aussi projet de Loi « Hadopi » du nom de la Haute Autorité qui serait créée si ce texte était adopté. J’ai pris connaissance de vos arguments avec attention, et je puis vous assurer que vos inquiétudes rejoignent le miennes. Ce projet de Loi est attendu, beaucoup s’accordant a reconnaître que la législation doit s’adapter aux évolutions des pratiques de consommation liées à l’Internet. Dans le même temps, les artistes demandent à ce que leurs droits d’auteurs soient respectés, et ceci est tout à fait normal. Cependant, le projet qui nous est présenté par le gouvernement soulève de mon point de vue plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Le projet de Loi « Hadopi » propose la mise en place d'une autorité administrative indépendante qui devra donner une « réponse graduée » au téléchargement numérique illégal. Or, cette Haute Autorité et les prérogatives qui lui sont associées soulèvent de nombreux problèmes : 1. cette Haute Autorité, qui aura un caractère administratif, serait conduite à prendre des mesures coercitives qui sont normalement du ressort de l’Autorité judiciaire ; 2. les moyens techniques dont elle disposera semblent déjà en décalage avec certaines pratiques de consommation sur Internet, et notamment le streaming, qui permet d’accéder à des films ou de la musique sans téléchargement 3. les sanctions envisagées sont susceptibles de s’appliquer à des utilisateurs qui ne sont pas ceux qui fraudent, ces derniers ayant la capacité technique de « pirater » les adresses IP de tiers pour avancer « masqués » sur le net 4. la coupure de la ligne pourra pénaliser toute une famille sous prétexte qu’une personne s’est adonné à des pratiques illicites, et cette coupure de ligne interdirait non seulement aux membres de cette famille d’accéder à Internet mais aussi, avec le dégroupage, à la télévision ou au téléphone, sanctions qui sont sans mesure avec les actes visés Au lieu de promouvoir une adaptation du Droit d'auteur aux avancées technologiques, ce texte traduit à mon sens une méconnaissance profonde des enjeux du numérique. En l’état, il ne me semble donc pas en mesure de répondre aux attentes légitimes des professionnels de la culture. Par contre, il se propose d’insérer dans notre droit toute une série de mesures coercitives que je juge dangereuses pour les libertés publiques. Aussi, sauf à ce que l’économie globale du texte soit profondément modifiée, je ne peux que me prononcer contre l’adoption de ce projet de loi. Monique IBORRA Députée de la Haute-Garonne 1ère Vice-Présidente du Conseil régional Midi-Pyrénées ![]() Michel Herbillon
Député UMP du Val-de-Marne Mail envoyer 6 mars 2009 Aucune réponse PS: mon sénateur avait mit plus de deux semaines pou me répondre [message édité par sebk le 17/03/2009 à 15:41
]
prudence
(Attente Validation) le 17/03/2009 à 17:25
un député sur les 6 ma répondu
cher Monsieur, la discussion du texte vient de commencer vous le savez sans doute, les députés du groupe socialiste s'opposent totalement à ce texte cordialement Alain NERI député du Puy-de-Dôme et lang il es quoi ????? ![]() peu etre hors sujet
mais bon faudrait leur demander d'assister aux supplices de l'assemblée et surtout de faire leur travail de mandat naitonal... Si peu de personnes ont alerté leurs députés... je n'ose y croire...
C'est dommage,on aurait pu recencer rapidement qui répondait ou pas, et quels étaient leurs arguments. ps : peut-être faut-il déplacer ce fil dans le forum "actualités" - "Hadopi" ?
Bonjour, peux-tu préciser son Nom, prénom, Député de quelle circonscription, date de ton mail ? Merci et bonne journée. Moi c'est Balkani alors forcément je ne m'attends pas à une réponse. Partant du principe selon lequel " "La pauvreté n'existe pas en france" tout est possible...
prudence
(Attente Validation) le 30/03/2009 à 14:30
Deux député sur les 6 mon répondu :s
Madame, Vous avez souhaité attirer mon attention sur le projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet, actuellement en débat à l’Assemblée nationale. Je vous en remercie. Pour lutter contre le téléchargement illégal des ½uvres, le Gouvernement a choisi une démarche répressive et disproportionnée à laquelle les élus du groupe socialiste, auquel j'appartiens, ne peuvent souscrire. Le projet de loi prévoit l’envoi de deux avertissements appelés « recommandations » aboutissant à une coupure de l’accès à internet pour une durée pouvant aller jusqu’à un an. Internet est devenu un réel besoin dans la vie courante. La coupure de l’accès privera les abonnés de services tels que la correspondance par mail, la déclaration d’impôts par exemple ou la recherche d’emplois en ligne. De plus, les abonnés sanctionnés devront continuer à payer leur abonnement. Enfin, les internautes seront non seulement privés de connexion mais également toujours passibles d’une peine de prison, puisque le volet pénal de la lutte contre le piratage est maintenu. Il s’agit donc d’une triple-peine. La loi contourne l’autorité judiciaire puisqu’elle prévoit une haute autorité administrative (HADOPI) afin d’infliger les sanctions, le juge n’intervenant qu’en cas de recours. La surveillance des connexions internet ainsi que la constitution de fichiers d’internautes sanctionnés par l’Hadopi, posent de vraies questions en terme de libertés individuelles et collectives. Ce projet est d’ores et déjà caduc. D’une part, car il est en contradiction avec les positions prises par l’Union Européenne en la matière, qui prévoient notamment que les « autorités de régulation nationale veillent à ce qu'aucune restriction à la liberté d'expression et d'information d'un citoyen ne soit prise sans décision préalable de l'autorité judiciaire ». Mais le texte est aussi en retard sur le plan technologique et semble ignorer les nouvelles pratiques des internautes (visionnage en streaming, ou encore possibilité de contourner les mesures de surveillance). Il fait fi des avancées technologiques, en ciblant uniquement le propriétaire de l’abonnement internet. Or, il est aujourd’hui facile de pirater un réseau wifi. L’internaute accusé sera celui qui n’aura pas suffisamment surveillé sa ligne internet, et non celui qui est l’auteur du piratage. A peine voté, le texte apparaît donc inapplicable, injuste et déjà dépassé. Les Députés socialistes souhaitent que le débat sur le projet de loi « création et internet » traite des vrais enjeux. Le présent texte de loi comporte un volet répressif très important mais ne prévoit aucune disposition de nature à mettre en place une juste rémunération des ayants droits (auteurs, artistes..). Ces derniers ne toucheront aucun revenu supplémentaire à l’issue du vote. Le droit d’auteur ne peut se réduire à un affrontement entre les créateurs et leur public, comme le fait le Gouvernement qui accentue le fossé entre les artistes et les internautes. Par ailleurs, très peu de choses sont proposées pour l’amélioration de l’offre légale. Le groupe socialiste propose notamment une « contribution créative », c'est-à-dire le droit de télécharger à des fins non lucratives des ½uvres musicales moyennant une redevance de quelques euros par mois. Celle-ci permettrait de dégager des sommes aujourd’hui non perçues et donc perdues. Le produit de cette contribution devrait être utilisé autant pour la rémunération des auteurs et détenteurs de droits voisins que pour le financement de la création. Les Députés du groupe socialiste considèrent que l’urgence repose sur la création de nouveaux mécanismes économiques de rémunération, adaptés à l’ère numérique, et non l’adoption d’un ultime projet de loi incriminant les internautes. Soyez assuré de notre détermination lors de la reprise des débats, aujourd'hui, 30 mars. Je vous prie de croire, Madame, en l'expression de mes sentiments les meilleurs. Jean-Paul BACQUET Député du Puy-De-Dôme ![]() juste pour information, beaucoup de députés qui auraient une boite mail chez OVH en plus de celle officielle à l'AN seraient en dépassement de quota...
bon signe au sujet de la réaction massive des internautes ? ![]() un député UMP de mon département m'a répondu par une lettre-type alors que je lui conseillais une réflexion personnelle
[message édité par Zedd le 31/03/2009 à 09:53
]
harakiri26
(Attente Validation) le 31/03/2009 à 10:17
.
[message édité par harakiri26 le 05/07/2009 à 16:27
]
J'ai contacté mon député sur son email et j'ai juste eu droit à une réponse de sa secrétaire qui me dit qu'elle va lui communiquer le contenu de mon message... Voilà...
[message édité par Felix_Solarstone le 15/04/2009 à 15:39
]
Ha bah il est cool ce topic !
Alors moi j'ai contacté par email mon député, Mr christian Jacob, député-maire UMP de Provins (77). Après mon mail, sa secrétaire m'a proposé un rdv, j'ai dit oui. Lors de notre entrevu, qui a duré 1h, on a pas parlé de la loi HADOPI de suite, j'ai commencé par la question : "J'ai toujours entendu dire que les députés représentaient leurs citoyens. Mais, il n'y avait que 16 députés pour la loi Hadopi, comment se fait donc la représentativité du citoyen ? à quel moment et comment peut il donner son avis ?" Il m'a gentillement expliqué que le député n'était PAS là pour représenter ses électeurs dans l'hémicycle, qu'il est tout à fait normal de n'avoir que 16 députés dans l'hémicycle pour la loi HADOPI : seuls les députés, spécialistes du texte, donc ceux présents dans les commissions, sont dans l'hémicycle. Selon lui, le seul moment où le citoyen peut donner son avis, c'est lors de ces commissions justement. J'ai donc expliqué que je n'ai entendu parler de cette loi que récemment. Il m'a gentillement répondu quelque chose du genre "ha ben oui, mais il fallait se tenir au courant avant, maintenant c'est trop tard". Sympa hein ? J'insiste, et il me dit "on ne peut pas aller voir chaque électeur et lui parler de toutes les lois qui se font, quand une loi passe en commission, les infos en parlent, il faut vous tenir au courant. Je demande donc : "et maintenant, je peux faire quoi ? Rien ?" et sa réponse "Si bien sur, je vais remonter votre avis au rapporteur de la loi". Face à ça, le ton monte, je dis "Mais attendez, la loi vient d'être refusée hier à l'Assemblée, elle sera représentée, et j'ai l'impression que quoi que les citoyens pensent ou disent, la loi sera votée par la majorité. Le train est sur les rails, et le citoyens ne peut pas l'arréter alors ?" Et là : "Oui, c'est exact, c'est comme ça" et de m'expliquer que lui même sera présent dans l'hémicycle lors du prochain passage de la loi. Je lui demande donc : - "Mais, vous n'êtes pas spécialiste de la loi, vous n'étiez pas là, comment allez vous faire ? Combien de personnes vous ont contacté pour cette loi ?" - "Une centaine de mail, et vous dans mon bureau" - "Donc vous allez représenter leur avis ? - "Vous savez, parfois il faut savoir aller contre l'avis de ses électeurs. Il y avait une association ici, qui coutait trop de sous. J'ai décidé de l'arréter, j'ai reçu des centaines de pétitions. Aujourd'hui, la nouvelle crèche est construire, les gens me remercient" - "Donc vous allez allez contre l'avis des citoyens ?" - "Non, je ne suis pas spécialiste du sujet, je fais donc confiance au rapporteur de la loi, surtout si le gouvernement est du même avis." J'ai fini par dire - "Bon, j'étais venu vous parler de la loi Hadopi, mais si le système est verrouillé de cette façon, c'est donc inutile ?" - "Oui" et je suis donc reparti avec mes idées, en prenant soin de lui laisser l'imprimé de 5 pages du sondage Ifop : "Prenez ça, c'est cadeau, ça vous instruira si vous ne connaissez pas la loi." Ma dernière question a été : - "Même si vous ne connaissez pas la loi, il y a une question pour laquelle vous devez avoir une réponse personnelle : pensez vous qu'une musique téléchargée, c'est une musique non vendue ? Càd, pensez vous que si une personne ne peut pas télécharger une musique, celle ci ira l'acheter ?" Il a essayé de dévier sans répondre, j'ai insisté en reposant la question, et là il me dit : - "Je pense que oui, dans une certaine mesure, ces personnes iront acheter ces musiques". Mes questions, surtout la dernière, l'a mis mal à l'aise, et il a conclut par un : "Bon, je suis désolé, j'ai un rdv qui m'attend". Depuis, je lui ai envoyé un mail lui demandant pourquoi le règlement de l'Assemblée prévoyait des sanctions financières pour les députés trop absents lors des scrutins publics, puisqu'il m'a expliqué qu'il était normal que seuls les députés en commissions soient dans l'hémicycle. Je vais tenter de demander un autre rdv cette semaine en même temps que je demanderais mon carton vert pour la séance du 29 avril. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. |
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