Au nom du Bot
Sujet ouvert par boogieplayer - Dernière réponse le 09 avril 2002 à 23h49
Inscrit le 13/08/2002
6803 messages publiés
Prologue

L’après midi n’en finissait pas, la lourde chaleur s’obstinait à lutter contre le léger vent qui se levait. Le soleil, lui, s’étirait lentement sur l’horizon dans son lit orangé. Les ombres grandissaient mollement sur le village alors que les chiens dormaient encore sous la fraîcheur des bancs de pierres. Calmes et ennuyés les maisons attendaient la nuit. C’est sans doute pour cela que personne ne vit arriver les quatre voitures noires au vitres teintées.
Dans l’une des maisons, une douce musique s’échappait lentement de la fenêtre grande ouverte. Assis sur son lit un jeune homme terminait sa canette de Pepsi en regardant l’écran de son ordinateur. Trapu et bien charpenté, les cheveux blond et cours, le tee-shirt collé par la sueur, il attendait que son programme termine de son installation. Il posa la canette sur le sol et se leva, prit le fruit sur la table et s’approcha de son ordinateur. Une fenêtre s’afficha : « will you restart your computer ? »
- Oui, dit il en pressant la touche entrée.
Windows 2000 pro entama sa procédure. Il croqua nerveusement dans le fruit, dans quelque instant il allait savoir. La petite diode s’éteignit une seconde et se ralluma, le ventilateur se remit en route.
- Bon, c’est le moment de vérité.
Les quatre voitures s’arrêtèrent au bout de la rue, deux hommes en descendirent de chaque. Lunettes noires, micro-manchette, oreillette, costume sombre, les huit hommes attendirent au pied des voitures.
L’ordinateur termina complètement de se rallumer. Le jeune homme, fébrile, prit la souris dans la main droite et, d’un geste malhabile, double-cliqua sur l’icône. Et le programme s’exécuta, la fenêtre bleue s’ouvrit. Le jeune homme eut instantanément un mouvement de recul. Il lâcha le fruit.
- Oh... Mon Dieu...
Dans la rue, les hommes en noirs reçurent l’ordre, ils se mirent en marche. Ils n’étaient qu’à cinquante mètres.
Le téléphone sonna, le jeune sursauta malgré lui. Il décrocha.
- Allô ?
- Napster ? fit une voix d’homme.
- Oui.
- Ils savent... Sauvez vous.
- Quoi !?
- Sauvez vous ! ils arrivent.
- Comment ont-ils pu ?
- Aucune importance. Partez, partez tout de suite.
L’homme raccrocha. Napster, la gorge sèche, regarda un instant le combiné et le raccrocha. D’instinct il alla jusqu’à la fenêtre. Il tressaillit, huit hommes en noir s’approchaient à pas rapide de chez lui. Il se précipita sur son ordinateur, il regarda encore une fois le programme qui tournait.
- Mon dieu, qu’ai-je fait ?
Très vite il coupa le programme, puis paramètres, panneau de configuration, suppression de programme.
Les hommes poussèrent la barrière du jardin. Cinq mètres. Ils se séparèrent.
Windows redonna la main à Napster. La porte d’entrée céda bruyamment sous les coup de bélier, et les hommes entrèrent. Sans s’affoler plus il pointa le fichier d’exécution, cliqua droit, et envoya vers un destinataire. Les hommes prirent l’escalier.
- Plus vite, ragea Napster les dents serrées. Putain, plus vite.
Les hommes arrivèrent sur le palier.
Il cliqua sur envoyer lorsque les hommes surgirent dans sa chambre.
- Attrape le ! cria un homme.
Napster plongea sur le côté mais les hommes plus entraînés et plus vif que lui le plaquèrent au sol. Un genou écrasant sa nuque, le canon du colt 45 sur la tempe il ne bougea plus. L’un des hommes s’approcha de l’ordinateur.
- Pas de problème le prog est toujours là... oh oh.
- Quoi ? Demanda un autre.
- Il l’a envoyé par mail.
- A qui ?
- Aux Autres.
- Et merde !... Prenez le PC on se tire.
- Et lui ?
L’homme regarda un bref instant Napster. Puis sans émotion aucune dit en secouant la tête.
- Tu sais ce qu’a dit Libl Stage.
La balle tirée à bout portant fendit en deux le crâne de Napster.
- Dépêchez vous de nettoyer, on part dans deux minutes. On applique la procédure habituelle
Deux minutes plus tard les huit hommes sortirent de la maison sans un bruit. Sous le chaud soleil de la fin d’été...

A suivre...
120 réponses
Inscrit le 13/08/2002
21067 messages publiés
- je tourne la page, inquiet, j'ai froid -
Inscrit le 13/08/2002
6803 messages publiés
Chapitre 1



Assis à califourchon sur sa chaise Pb33 regardait d’un œil distrait les mails qu’il venait de recevoir. Des 18 messages qu’il venait de recevoir, 13 n’étaient que publicité, 4 des résultats de loterie aux quelles il n’avait jamais participé et le dernier, envoyé par une vague amie, n’avait pas plus d’intérêt. Las, il écrasa sa cigarette et attrapa sa canette de bière. Il bu le reste d’un traite en grimaçant. Tiède.

La sonnette de la porte d’entrée sonna. Il ne bougea pas. La porte s’ouvrit et se referma. Une voix cria dans l’entrée.

- Pb33 !?

- Je suis en haut Waincorp. Monte !

Waincorp, avant de monter à l’étage, fit un crochet par le frigo et prit une bière. Il monta les escalier en buvant sa première gorgée.

Lorsqu’il arriva dans le bureau de Pb33, Waincorp constata une nouvelle fois avec quel génie son ami avait réussi à organiser un bazar indescriptible. Entre les PC, les scanners, listing et autres imprimantes il se fraya un chemin jusqu’au vieux canapé jaune usé par les nuits de peu de sommeil.

- Tiens ? t’as un nouveau PC ? demanda Waincorp en terminant sa bière.

- Ouais. Serveur réseau sous Linux.

- Ca marche ?

- Comme d’ab.

- Je vois, répondit Waincorp en souriant. Bon, je t’ai ramené tes DVD, je te les ai laissé en bas.

- Merci.

- De rien... Tu bosse sur quoi là ?

- Je monte un site de vente en ligne pour une start-up à la mors-moi-le-nœud. J’ai presque fini.

La sonnette résonna une nouvelle fois. Pb33 regarda machinalement sa montre, 15h 23. N’attendant personne il se leva et sortit de son bureau, descendit les escaliers, traversa le salon, puis ouvrit la porte d’entrée. Deux hommes l’attendaient sur le pas de la porte. Il se fixa un instant, regarda l’un des deux hommes et leur claqua la porte au nez. Une voix s’écria de l’autre côté.

- Pb33 ! attends !

- Tire toi ! répondit sèchement Pb33. J’avais dit plus jamais Melix.

Melix regarda l’autre homme en lui faisant signe d’attendre. Il sonna, s’approcha de la porte et cria une nouvelle fois.

- Pb33, il faut que je te parle ! c’est important... Merde !... Napster est mort.

Melix, baissant la tête en soufflant, attendit. Quelque seconde plus tard la porte s’ouvrit. Pb33 le regarda en serrant les dents.

- Entrez.

Ils entrèrent en silence.

Une minute plus tard ils s’assirent à la table du salon. Pb33 alluma une cigarette nerveusement, il observa l’homme qui accompagnait Melix et dit d’une voix sèche.

- Qu’est-ce qui c’est passé ?

- Il y a deux jours, commença Melix, Napster a reçu une « visite ». Et ça c’est très mal fini.

Il n’en fallu pas plus à Pb33 pour comprendre. Il se leva, tournant le dos aux hommes, il s’approcha de la fenêtre, masquant sa peine pour son vieil ami maintenant disparu. Dehors trois enfants jouaient avec un ballon à peine gonflé. Il ne vit même pas la cendre tomber sur le parquet.

- Qui c’est ? demanda Pb33 abruptement.

- C’est aussi la raison de ma présence ici. Je te présente le lieutenant-colonel Kad Redal, responsable des Opérations Spéciales...

- N’y compte pas Melix.

- Avant d’être abattu Napster à eut le temps de nous envoyer l’exécutable d’installation de son programme. Je l’ai avec moi.

- Non.

Melix posa le Cd-r sur la table. La fumée opaque et bleue de la cigarette dansait dans les rayons jaune qui filtrait des persiennes. Le silence s’épaissit encore un peu plus, laissant couler l’inquiétude sur les murs du salon.

- J’aimerai que tu y jette un œil.

- T’as qu’à le faire.

- Son programme est crypté. Mot de passe, login.

- Et alors ?

- Nous n’avons pas encore réussi.

- Vous y arriverez.

- Pas aussi vite que toi. Pas aussi vite que toi et tes amis. Car il faut faire très vite, les hommes de Libl Stage se sont emparé du PC de Napster. Et ils arriveront à le déplomber.

- En quoi ça me concerne ?

- Napster travaillait sur un projet top-secret, fit Kad Redal soudainement. En collaboration avec votre... ex-employeur, et l’armée.

- Quel projet ?

- C’est top-secret.

Pb33 dévisagea Kad Redal en tiquant. Quelque chose venait de sonner faux, un détail, une pièce à l’envers dans le puzzle. Pb33 regarda le Cd-r posé sur la table, ça ne collait pas, il connaissait bien Napster, jamais il n’aurais travaillé pour l’armée, c’était à l’opposé de ses convictions. Bosser pour l’Organisation était une chose, mais l’armée en était une toute différente, cela voulait dire N.S.A, Echelon, écoute, violation des droits, renseignements, fichage. Non tout cela n’était pas Napster, il y avait une autre raison. Et c’est pour cela qu’il se pencha pour prendre le Cd-r, malgré toutes les implications que cela aurait. Il repensa à son ami, connu dans l’Organisation, peut être lui devait-il au moins cela.

- Merci Pb33.

- Tirez vous.

- Tout est sur le Disc. Comme d’habitude... Je t’appelle demain.

- Au revoir monsieur Pb33, fit Kad Redal dans un salut militaire.

Les deux hommes quittèrent la maison au moment où Waincorp descendit du bureau.

- Ben, qu’est tu fous ?

Pb33 fixa le disque de vinyle aux couleurs d’arc en ciel, se massa la nuque et dit sans regarder son ami.

- Une connerie...



A suivre...
Inscrit le 13/08/2002
21067 messages publiés
- je remonte la couverture vers mes épaules tendues, mon coeur bat plus vite que tout à l'heure... Je place mon marque-page machinalement (un vieux ticket de bus trouvé au fond d'une poche), et je pense, regardant un plafond blanc à peine éclairé... il est tard, je lirai la suite demain
Inscrit le 13/08/2002
316 messages publiés
le roman dont vous êtes le héros :biggrin:
[27 Février 2002 : Edité par pb33]
Inscrit le 13/08/2002
6803 messages publiés
“Hold On, I'm Coming”, chantaient Sam And Dave. Pb33 baissa le son sur l’ampli prologic branché sur son PC, puis il introduisit le Cd-r dans le serveur Linux. Il monta le Cd, ouvrit une fenêtre de commande et passa en super utilisateur.
- Tu te tape tout à la main ? Demanda Waincorp. Ca a changé Linux tu sais.
- Vieille école.
Pb33, utilisant Linux, s’assura qu’il n’y avait rien de caché dans le Cd-r. Il se rendit compte rapidement que le Cd-r n’était utilisé qu’à 1%. Il contenait le fichier .exe de Napster et un fichier .txt. Pb33 ouvrit ce dernier fichier, il lui expliquait quand et comment se rendre à un rendez-vous avec Melix et comment était mort Napster, mais pas pourquoi. Il l’imprima puis ferma le fichier sur une larme. Restait l’exécutable.
Le fichier se nommait ALGDP2P.exe et de nouveau l’étrange sentiment de malaise lui attrapa les tripes, encore une fois cela n’était pas normal. Jamais Napster n’aurait nommé un fichier de cette manière, du moins pas un programme ordinaire, cela devait obligatoirement avoir une signification. Puis vint l’impression de déjà-vu, indéfinissable, inaccoutumée. Il chercha un moment ce que ce nom pouvait signifier, pour finalement renoncer.
- Bon alors quoi ? Fit Waincorp. On l’essaye ce programme ?
Winamp changea de skin en même temps que de chanteur, Straight cold player obligea Lenny Kravitz à quelques efforts. Pb33 hésita un instant puis acquiesça, il récupéra le Cd-r et le donna à Waincorp.
- Tiens mets le et commence l’installe, on verra bien. Moi je vais essayer de remettre la main sur mon disque d’utilitaires.
- Ca roule ma poule.
Waincorp ouvrit la trappe du lecteur de DVD et la referma avec le Cd-r. Il ouvrit l’explorateur, l’arborescence apparu. La musique se coupa une fraction de seconde.
- Oups ! Il est pourri ton mp3. T’as entendu ?
- Non pourquoi...
Pb33 se retourna, regardant autour de lui, oubliant complètement son ami. Le doigt sur les lèvres, les yeux grand ouvert, il parla comme pour lui même.
- Mon mp3 fonctionne parfaitement. Mais des accès répétés et important au disque dur peuvent le faire sauter.
- T’as peut être un processus qui marche en tâche de fond.
- Non... Je n’ai que ma... connexion Internet... Stop !!
Pb33 se précipita soudainement sur Waincorp et lui arracha la souris des mains. Puis il débrancha d’un geste la prise USB du modem sur le PC. Il alla aussitôt à la fenêtre et scruta les alentours.
- Mais qu’est-ce qui te prends !?
Waincorp regarda Pb33 en s’inquiétant. Etrangement il fit plus froid, plus sombre, du moins lui sembla-t-il. L’ambiance se liquéfia et s’étiola. Pb33 récupéra le Cd-r et le donna à son ami.
- Il faut le mettre à l’abri.
- De quoi ?
- De moi.
- ?
- Tu fréquente toujours la sœur de AneÔnymous ?
- Non, enfin, pas vraiment.
- Waincorp.
- Bon... Qu’est-ce que tu lui veux ?
- A elle, rien. Mais c’est à lui que je pense. Tu vas aller chez lui avec ce Cd-r. Je sais qu’il est calé au niveau protection des architectures. Vous allez essayez de me trouver le pass du prog. Mais pour le faire il faut d’abord faire un formatage bas niveau, installer windows 2000 pro et rien d’autre, ne pas te brancher au net. Ensuite tu fera une copie du disque, que tu cachera dans un endroit connu de toi seul. C’est moi qui te contacterais.
- T’es parano ou quoi ?
- Vaux mieux, crois moi... Passe moi les clefs de ta voiture.
- Hein !? t’es fou, c’est un model unique.
- Une 106 Kid, avec intérieur jean.
- Et alors ? Pour rien au monde.
- Je te file ma moto.
- O.K.
Waincorp fouilla ses poches, en sortit quelques pièces, un ticket de bus usagé, et les clefs, qu’il tendit à Pb33.
- On va aussi échanger nos fringues.
- Décidément.
- Pas de risque. Tu prends ma moto, mets le casque comme ça ils ne verront pas le visage. Tu cachera le Cd-r entre la selle et le réservoir, la sellerie à un défaut c’est nickel pour planquer des trucs. Tu sors, arrange toi pour qu’ils te suivent, disons 20 minutes. Ensuite laisse les te serrer, quand ils verront qu’ils se sont gouré je serai loin. Puis rentre chez toi, attends quelques jours et va chez AneÔnymous. Surtout pas de connection Internet. C’est clair ?
- Comme du Macintosh.
Waincorp le gratifia d’un clin d’œil. Pb33 lui rendit d’un sourire crispé. Ils s’échangèrent les affaires. Puis, presque gêné, Waincorp quitta le bureau.
- Merci, fit Pb33.
- Qu’est-ce que je ferais pas pour une moto.
Pb33 se retrouva seul, seul face à son ordinateur. L’éternelle guerre venait de renaître.
- C’est pas bien, le viol c’est mal, fit Pb33 l’œil rageur. J’aime pas quand on me pénètre sans autorisation.
Il enfila les affaires de Waincorp, prit sa mallette et sortit d’un pas décidé.

A suivre...
Inscrit le 13/08/2002
18 messages publiés
J'en suis tout retourné. Vivement la suite. c'est du niquel et le style tient en haleine. vive le Kafka du Bot:x
Inscrit le 13/08/2002
21067 messages publiés
L'oeil vif, l'esprit éclairé, les mains solidement accrochées aux pages cornées de la couverture, je regarde l'heure tardive et seule une raison envahissante m'oblige à quitter ce roman jusqu'à demain soir...
Inscrit le 13/08/2002
6803 messages publiés
La climatisation ronronnait doucement dans la salle blanche lorsque Gladiateur33 s’approcha de la porte. Il tapa son code d’accès sur le pavé numérique et glissa sa carte magnétique dans la fente. La porte se déloqua et s’ouvrit automatiquement sans bruit, il entra et la porte se referma aussitôt derrière lui. Gladiateur33, un colosse de 2 mètres, puissant et infaillible, entièrement dévoué à Libl Stage, s’approcha de la table sur la quelle était posé le PC de Napster. Deux hommes s’afféraient face à l’écran.
- Où en sommes nous ? Demanda Gladiateur33 d’une voix grave.
- On progresse monsieur. Nous avons eu un peu de mal, car il s’agit de Windows 2000 pro, disque dur NTFS, mot de passe administrateur. Nous sommes maintenant entrés. La prochaine étape sera de cracker le pass et le login de son installation, cela peut encore prendre un jour ou deux. Mais il y a un autre problème.
- Quel problème ?
- Le nom du programme. Je trouve cela étrange, ce n’est pas normal de nommer un programme de cette façon là. C’est contraire à toute logique.
Les mots de l’ingénieur tombèrent et se brisèrent sur le sol carrelé de la salle.
- Je ne comprends pas, fit Gladiateur33.
- Si nos service de renseignements sont exacts, ce n’est pas la dernière version de l’Organisation, ni celle de l’armée. C’est une version propre à Napster.
- Et alors ?
- J’ai peur que ce programme ne serve à rien. Car nous ne savons pas comment...
Gladiateur33 attrapa brutalement l’ingénieur par le cou d’une seul main et le souleva de son siège, il monta son visage face au sien. Il le décolla littéralement du sol. Lentement il ferma ses doigts sur le cou de l’ingénieur. L’autre détournant le regard, tenta d’oublier ce qu’il se passait. L’homme suffoquant, se débattait, mais Gladiateur33 était beaucoup, beaucoup plus fort. Il attendit encore une seconde et lâcha l’ingénieur. Il s’écroula lourdement sur le sol en gémissant. Gladiateur33 fixa l’autre ingénieur.
- Nous... nous trouverons monsieur.
Gladiateur33 ne répondit pas. L’affaire paraissait si simple... Il quitta la salle.

[...]

La boutique de livres anciens était presque vide, seul le vendeur accoudé au comptoir vit Pb33 entrer. Il se redressa. Pb33 s’approcha de lui.
- Avez vous la traduction du Procès de Kafka ?
- Assurément, dernière rangé au fond.
Pb33 le remercia, il s’amusa une fois de plus de l’idiotie des phrases codées. Il traversa la boutique et s’engagea dans la dernière rangée. Le Procès de Kafka, relié de cuir, débordait légèrement de la rangée. Il l’enfonça doucement. Une partie du mur se rétracta et pivota, s’ouvrant sur un long couloir. Il s’y engagea sans attendre.
Cela faisait plusieurs année qu’il n’avait franchi se mur et prit ce couloir, mais il s’y retrouva sans problème et sans peine. Comme s’il l’avait quitté quelque jour plus tôt. Et malgré la promesse qu’il s’était fait de ne jamais revenir. Il marcha quelque minute et s’arrêta à la porte blindée. Celle si s’ouvrit comme par enchantement. Melix l’attendait.
- Je savais que tu viendrais.
Pb33 répondit d’une moue écorchée. Il replongeait dans l’étrange atmosphère, au cœur du conflit sourd et invisible, dans le monde de « ceux qui règnent »... L’humanité sans visage.
- Allons dans mon bureau.
Pb33 suivit Melix dans le dédale du Q.G secret de l’Organisation. Centre névralgique et hi-tech, où la totalité des informations de l’Organisation circulaient et étaient stockées. Ils entrèrent dans l’immense et confortable bureau de Melix.
- Assieds toi. Tu veux boire quelque chose ?
- Non, répondit Pb33 en se laissant aller dans le canapé de cuir noir. Je veux simplement...
Il fut interrompu par la sonnerie de la porte. Melix autorisa à entrer. Kad Redal pénétra dans la pièce comme la lame d’un couteau.
- Je veux simplement, reprit Pb33, que tu arrête de me faire surveiller.
- C’est mon idée, coupa Kad Redal.
- Idée aussi conne et pleine de trous de sécurités que Windows 95.
- Où est le Cd-r ?
- Je sais pas.
Melix stoppa net la tension qui montait entre les deux hommes.
- Allons, allons messieurs. Je vous avais prévenu colonel Redal, qu’il tenterait et réussirait à vous échapper. Mais là n’est pas le problème. Nous avons plus important à traiter. Et ne vous inquiétez pas colonel, je connais bien Pb33 le disque est dans de bonne main.
Kad Redal fusilla Pb33 du regard, mais accepta, beau joueur, son échec.
- Tu n’as rien essayé contre moi Melix ?
- Non.
- Je te crois.
- Pourquoi ?
- Non, rien... Bon si me disais ce que je fais ici ?
Melix fit le tour de son bureau en tek massif, s’assit dans fauteuil directeur, prit et s’alluma son cigare Cortés 5 bagues.
- Je ne vais pas tourner autour du pot. Napster travaillait...
- C’est top-secret, fit Kad Redal. Il n’ a pas le niveau d’accréditation.
- Je m’en porte garant... Napster travaillait sur un programme particulier. Un logiciel d’échange de fichiers universel.
Pb33 se pencha en avant pour mieux écouter Melix. C’était donc cela. L’information était de taille, capitale, il ne voulu pas en perdre une miette. Mais une partie de cerveau s’interrogeait, si ni Melix et l’Organisation et ni Kad Redal et l’armée ne l’avaient fait, qui avait bien pu tenter de pénétrer son ordinateur via Internet...

A suivre...
Inscrit le 13/08/2002
21067 messages publiés
Un système de partage de fichiers universel... Melix... le colonel Redal... pb33 le capricieux... Que de pièces d'un puzzle à construire. Je le commencerai demain. Pour l'instant, il faut essayer de dormir.
Inscrit le 13/08/2002
6803 messages publiés
Chapitre 2

Dans la grande salle, sombre et solitaire, Pb33 regardait l’écran comme une lune se reflétant sur l’eau. La cigarette, entièrement consumée, laissait ses fumées bleues lécher les doigt de Pb33. Derrière lui une demi-douzaine d’informaticiens tentaient eux aussi de percer le programme de Napster. Mais depuis des heures, des jours, rien n’y faisait, ALGDP2P.exe s’obstinait à résister. Malgré l’immense science informatique de l’Organisation, Napster, comme un pied de nez, avait su leur concocter un barrage subtil.
Pb33, regardant la petite boite de dialogue « pass / login » semblait ailleurs, oubliant complètement tout ceux qui s’affairaient, parlant en lui même.
- Salut Napster, mon vieil ami... Qu’est-ce que tu nous inventé cette fois ?... pourquoi ce nom ? pourquoi un mot de passe à l’install. Ca ne te ressemble pas. Le chancre du partage, du freeware, protéger son programme. Pourquoi ?... pourquoi...
Pb33 s’alluma une autre cigarette et se leva de son siège. Las de réfléchir il laissa son esprit courir sur d’autre chemin. Au même instant Kad Redal entra dans la pièce. Les deux hommes ne s’échangèrent pas le moindre regard. Kad Redal s’orienta vers les ingénieurs.
- Des progrès ? Demanda-t-il.
- Non. Répondit l’un des ingénieurs. C’est vraiment incompréhensible, je n’ai jamais vu cela de ma vie. Jamais un aussi petit programme ne m’avait résisté. Nous avons vraiment tout essayé, je ne vois vraiment pas comment c’est protégé, je ne comprends même pas comment est crypté le mot de passe, je ne sais même pas où il est.
Pb33 s’arrêta net.
- Il doit pourtant être quelque part, fit Kad Redal.
- C’est sûr, continua l’ingénieur.
Pb33 se tourna vers son ordinateur. A quelque mètres de lui Kad Redal et l’homme continuaient de parler. Son visage devint soudainement plus blême. La cigarette tomba sur le sol dans une explosion d’étincelles orangées.
- Non... Fit Pb33 dans un souffle. Napster... Tu n’as pas fait ça. Tu n’as pas osé.
Lentement, le corps raide, il attrapa la souris de la man droite. Presque sans respirer, le cœur battant, il réduisit la fenêtre de dialogue et double cliqua sur le programme de Napster. L’exécution démarra une nouvelle fois, restaura la fenêtre de dialogue et... disparu. Pb33 sentit son corps transpercé d’un long frisson, l’exécution du programme commença.
- ... merde...
Les fichiers se décompressèrent dans le tempory files. La barre bleue de progression indiqua 10%, puis 20%
- C’est pas vrai.
50%
Kad Redal se retourna, à l’attitude Pb33 il comprit aussitôt.
74%
Il se précipita.
82%
- Qu’est-ce...
97%
« File couldn’t be found... c:/share/yhvh.dll... »
- Non !! s’écria Pb33
L’installation s’arrêta net sur la boite de dialogue d’erreur.
- Que ce passe-t-il ? demanda Kad Redal.
- On a un putain de problème, lâcha Pb33 en fixant Kad Redal.

[...]

Gladiateur33 referma la porte derrière lui et attendit. Dans la pièce baignée d’une épaisse obscurité, à peine troublée par l’éclat blafard de l’écran de l’ordinateur, trônait, terrible et immuable, Libl Stage dans son haut fauteuil de cuir noir.
- Approche.
Gladiateur33, obéissant, fit les quelques pas, qui le séparait du bureau. Libl Stage se tourna lentement vers son bras droit. Il le dévisagea et le fixa jusqu’à le faire céder, Gladiateur33 baissa les yeux face à l’insoutenable regard.
- Où en sommes nous ? demanda Libl Stage d’une voix noir, sans vie.
- Nous avançon. D’après nos renseignements l’Organisation n’a pas mieux progressé.
- Je vois... Et la fille ?
Gladiateur33 ne pu réprimer un mouvement de crainte et de nervosité. Le silence devint soudainement assourdissant . Insupportable. Gladiateur33 le brisa.
- Nous... je ne sais pas.
Lible Stage, croisant le doigts devant son visage, serra la mâchoire. Il n’en fallu pas plus pour Gladiateur33, il quitta la pièce.

[...]

- C’est simple Melix, fit Pb33 les deux mains sur le dossier du siége. Un, le programme n’avait pas de protection, il suffisait juste de l’exécuter une deuxième fois, simple blague de Napster, pour bien nous faire remarquer à quel point parfois on peut être con. Deux, le programme, j’ignore pourquoi, fait appel à une dll pour pouvoir fonctionner, c’est obligatoire. Trois, cette dll ne se trouve que dans le PC de Napster. Et, attention, roulement de tambour, où se trouve ce PC ?
- Chez Libl Stage, répondit Kad Redal.
- Bingo ! c’est encore un militaire qui gagne une tringle à rideau.
Melix se frotta un instant le visage, prit une grande inspiration, et dit en décrochant le téléphone.
- Il va falloir aller là bas.
Inscrit le 13/08/2002
21067 messages publiés
Je comprends mieux... s'agit-il d'un mythe moderne avec toutes ses composantes ? Le héros, la quête, les obstacles, tout semble y être. Mais que veut nous faire comprendre Boogie ? Je n'aime pas ce Kad Redal, il est louche... je verrai bien demain
Inscrit le 13/08/2002
6803 messages publiés
Le rétroprojecteur s’alluma en ronronnant, sur le mur blanc de la salle de briefing se dessina instantanément le plan en 3D filaire de la structure d’un bâtiment. La tension monta d’un cran lorsque Melix prit la parole devant le petit groupe assit à la grande table de réunion. Kad Redal et trois de ses meilleurs hommes, Jigho, Marvine et Kantak, experts en opération commando, fixes et attentifs. Deux sièges plus loin Pb33 perdu dans ses pensées.
- Voilà, tel que nous le savons, le bâtiment principal de Libl Stage. Il y a toutes les chances que le PC de Napster s’y trouve, placé sous la plus haute protection. Ce bâtiment est réputé inviolable, protégé par les plus puissants systèmes de surveillance et de sécurité existants, et c’est pourtant là qu’il va falloir entrer, échanger le PC de Napster et ressortir sans se faire prendre.
- Combien de temps disposons nous ? Demanda Kantak.
- Moins d’une heure.
- De combien de personne ?
- Vous trois, le colonel Redal et Pb33.
- Est-ce bien prudent d’emmener un civil pour une tel opération.
- C’est le meilleur informaticien. Il peut être utile.
Pb33 de releva pas, griffonnant sur sa feuille de papier. « ALGDP2P.exe, yhvh.dll ». Il cherchait. Essayant vainement de comprendre pourquoi Napster avait désigné ces fichiers de cette invraisemblable manière. Persuadé qu’une partie du mystère se trouvait dans ces quelques lettres. C’est ainsi qu’il ne vit même pas la réunion se terminer.
Et pourtant... Dans quelques heures il allait pénétrer dans l’endroit le plus protégé de toute la planète. Une mission suicide, complexe, risquée, extrêmement coûteuse pour l’Organisation, pour simplement installer un programme.
Pourquoi...

[...]

La rue était déserte lorsqu’elle gara sa voiture. Seuls les lampadaires coulant leur lumière opaque sur le bitume humide avaient eut le courage de ne pas abandonner la rue à la noirceur de la nuit. Elle éteignit les phares, laissa le moteur tourner et descendit. Ses pas résonnèrent sur le sol, elle claqua la portière et attendit.
Un oiseau se posa sur le capot et s’envola aussitôt.
L’homme qu’elle attendait venait d’entrer dans la rue. Il s’approcha d’elle la démarche inquiète.
- Tu es là depuis longtemps ? Demanda-t-il.
- Non.
- C’est pour ce soir.
Elle ferma un instant les yeux comme pour chasser le mauvais rêve qui l’enserra subitement. Le temps s’accélérait peu à peu.
- L’heure est venue Edonkey.
- Je sais, répondit Edonkey. Je sais... Et avec elle la tempête. Napster était notre seul espoir.
- Non, il y en a un autre...
Il s’arrêta brutalement, regardant par dessus l’épaule d’Edonkey. Elle se retourna et vit avec horreur la voiture foncer vers eux.
- Plonge !! Cria l’homme.
La voiture freina en dérapant devant eux. Deux hommes en sortirent et tirèrent instantanément, l’ami d’Edonkey s’écroula sous l’impact des balles. Elle le regarda, se vider de la vie, il eut l’ultime force de parler.
- Sau... sauve nous.
Elle sortit de sa veste son Colt 45 9m/m, ôta le cran de sûreté et s’adossa contre la roue de sa voiture. Elle savait que les deux hommes l’épiait et l’attendait. Elle n’attendit pas, elle s’allongea et se glissa sur le dos sous sa voiture. Elle toucha le pot d’échappement brûlant, mais se retint de hurler. Lentement elle se faufila jusque l’autre côté de sa voiture. Les deux hommes étaient là, à un mètre d’elle. Fixant sa concentration, elle prit appui sur le châssis du pied droit et poussa d’un coup sec. En une seconde elle sortit le buste de dessous la voiture, visa un homme et tira, visa l’autre et tira. Les deux homme s’effondrèrent sur le sol, une balle dans chaque visage.
Edonkey s’extirpa de sous la voiture. Tira son ami sur la banquette arrière, se remit et volant et partit en trombe. Il était désormais temps d’agir.

[...]

Pb33 prit place avec les autres à bord de l’hélicoptère avec les autres membres du commando la peur au ventre. Si Kad Redal et ses hommes étaient armés jusqu’aux dents et bardés de technologie, il n’emmenait, lui, qu’une disquette et un CD. Melix lui fit un petit signe de la tête. Pb33 répondit d’un doigt. La porte se referma, le moteur monta en puissance et l’engin s’envola dans le ciel sans étoiles. Melix le regarda jusqu’à le perdre de vue.
L’heure était venue...

A suivre...
Inscrit le 13/08/2002
21067 messages publiés
Splendide. Quel suspens, quel scénario génial ! Et cette référence à StarWars... magnifique. eDonkey, le Luke Skywalker de la guerre des partages. Quelle imagination... j'ai pas envie de fermer le livre ce soir mais il le faut sinon je ne serai pas en forme demain. Demain.... vivement demain.
Inscrit le 13/08/2002
6803 messages publiés
Libl Stage ferma le mail qu’il venait lire. Une fois de plus elle leur avait échappé, une fois de plus elle avait été plus forte. Et c’est bien cela qu’il avait toujours redouté, qu’elle fusse aussi forte que ce qu’il avait été prédit. Il se leva, comme résigné à un destin qu’il ne pouvait éviter. Ainsi devait-il être... Dans l’épaisseur ténébreuse de la pénombre de son bureau, il fit les quelques pas qui le séparait du coffre fort encastré. Il tapa les treize chiffres de la combinaison puis ouvrit l’épaisse porte blindée. Il prit délicatement le livre à la couverture de cuir brun puis, lentement, semblant flotter, l’emporta dans la petite pièce juxtaposant son bureau. Entièrement dépouillée, meublée d’un seul pupitre porte-livre positionné devant l’immense baie vitrée, la pièce donnait, au dernier étage du building, sur la ville à perte de vue. Il posa le livre sur le porte-livre et l’ouvrit à la première page. Et les lettres s’envolèrent des mots comme les étincelles du feu.
« Au premier temps du monde, régnait sans partages... »

[...]

Edonkey tressaillit au volant de sa voiture, le frisson lui caressa toute la peau. Elle savait. La radio distillait l’étrange et coulante musique de Frankie goes to hollywood, Welcome to the pleasure dome. Elle inspira profondément, prit son cd de mp3 et le glissa dans l’auto-radio. « We run like a river to the sea... Like a river to the sea » hurla Bono devant l’Arbre de Joshua.
Comment avait-il pu savoir...

[...]

Le portable ouvert sur ses genoux, Pb33 tentait de faire défiler sans s’énerver, à l’aide de la stupide souris tactile, le document dans la fenêtre de texte. Il relisait la « biographie » de Napster, du moins celle que l’Organisation avait bien voulu lui donner. Enserré dans l’atmosphère tendue de l’habitacle de l’hélicoptère, il cherchait toujours. Pourquoi Napster avait-il été jusqu’à sacrifier sa vie pour un programme d’échange, pourquoi l’Organisation déployait elle une telle débauche de moyen, pourquoi Libl Stage était dans le coup, pourquoi avoir donné ces noms fichiers. Que de questions, dont les réponses, croyait-il, se trouvaient quelque part dans le PC de Napster. Voilà pourquoi il avait accepté de suivre Kad Redal et ses hommes.
Puis la lumière passa du blanc au rouge, il releva la tête, Kad Redal acquiesça d’un mouvement de tête. Le moment de l’action était arrivé.
- Ben... j’suis plus très chaud là, déglutit Pb33.
Marvine le rassura en l’attrapant fermement par le bras. Il l’aida à enfiler sa combinaison et à l’équiper. Kad Redal s’approcha de lui.
- Ils savent que nous savons pour le programme, et ils doivent s’attendre à une tentative de notre part. C’est pourquoi le timing est très serré, donc, pas d’erreur, pas d’impro, tu fais ce que je te dis de faire, tu t’en tiens à ta part et tout ira bien.
- Si tu le dis.
Sans ménagement Marvine retourna Pb33 et plaqua son dos contre son torse. Il l’accrocha solidement à l’aide des mousquetons. Pb33 sentit le souffle chaud sur sa nuque.
- Tu ne sais pas faire de parachute, fit Marvine, on va donc sauter en duo tout les deux, l’artiste.
- Tu me rassure, j’ai cru que tu avais envie de me faire l’amour...
La porte latérale s’ouvrit soudainement, le vent froid et cinglant s’engouffra instantanément, faisant tanguer l’appareil. Kad Redal sauta le premier, suivit de Jigho et Kantak. Sans attendre Marvine leur emboîta le pas. Pb33 ferma les yeux en se sentant projeté en avant. Il prit la violente claque en pleine figure, le vent l’écrasant contre Marvine. Ballotté, chahuté, tombant comme une pierre à plus de 100km/h, il perdit tout sens de l’orientation. Puis tout à coup, il ressentit la violente secousse, il eut l’impression d’être stoppé net, le parachute noir s’ouvrit et le bruit cessa. Il ouvrit les yeux sur l’extraordinaire vue de la ville aux mille lumières, quatre cents mètres plus bas. Splendide. 4 secondes d’apesanteur et de plénitude.
Puis le virage sur la droite. Et le toit du building. Marvine négocia l’arrivé, ils se posèrent en silence et sans heurts.
- Top phase 1, fit Kad Redal en activant son ordinateur-bracelet.
- On est arrivé l’artiste, fit Marvine en détachant Pb33.

[...]

Edonkey gara sa voiture au pied du petit immeuble mal entretenu. Forcée de changer d’endroit très souvent elle ne vivait là que depuis quelque jours. Après s’être longuement assurée que personne ne la suivait, ou avait repéré sa nouvelle planque, elle entra dans l’immeuble, grimpa les deux étages et entra chez elle.
Un lit, un frigo, une table, un PC, une lampe était toute sa décoration. Elle alluma son PC et sortit un bouteille d’eau fraîche du frigo. Puis, s’entourant d’un maximum de protection elle entreprit de lire ses mails. Une de ses copines d’école, depuis perdue de vue, la questionnait une n-ième fois. Elle répondit un souriant.
- Je t’ai déjà dis que tes problème de Desktop venait de cette m**** de Windows ME. Installe W98 SE, t’auras moins de problème. @+
Rien d’autre.
Puis elle perdit son éphémère et triste sourire. La réalité la reprit dans ses bras. Elle s’agenouilla devant son lit et en tira de dessous la longue mallette usée par les ans. Elle la posa sur le lit, résignée à un destin qu’il lui fallait combattre. Ainsi ne devait-il ne pas être.
« Fais toujours ce qui est juste pour autrui. Et tu transformera le plomb en or, comme le paradis donne aux Justes l’apaisement. » Disait la phrase ciselé finement sur le bord du couvercle. Elle l’ouvrit.
Et retrouva l’auguste raison de continuer.
Au nom du Bot.
La lune se drapa de nuages, le vent était si froid.

A suivre...
Inscrit le 13/08/2002
21067 messages publiés
Le rythme s'affaiblit... comme le calme avant la tornade. Mais pourquoi pb33 prend t-il tant de risques ? Pour découvrir le mystère d'un ami disparu ? Et que deviendra t-il une fois le mystère percé ? Kad Redal semble très hautin avec lui... Il lui manque une femme, sans doute. Enfin... trève de blabla, c'est l'heure de refermer le livre, jusqu'à demain.
Inscrit le 13/08/2002
2635 messages publiés
Un texte pareil, ça mérite une place en ouverture du bot ! J'aimerais bien en savoir un peu plus sur ce mystérieux Melix...
Inscrit le 13/08/2002
6803 messages publiés
Melix, debout à l’arrière de la salle de commande, valida son ordre à l’aide de sa signature numérique. Dans moins d’une minute un groupe armé de l’Organisation allait attaquer un entrepôt secret et stratégique de Lible Stage, dans le seul et unique but de le leurrer. Ce qui aurait pour effet d’attirer tout son personnel de sécurité, et de donner un champ un peu plus libre à Kad Redal et ses hommes. Quatre minutes après, grâce à des complicités bien placés, ils couperaient l’électricité dans le secteur du building, obligeant les systèmes de sécurités à passer en mode restreint.
Il tira un bouffée sur son cigare, fixa un instant son regard sur la vingtaine d’homme qui allait gérer l’opération, puis regarda l’écran de contrôle principal. En chiffre capital le compte à rebours retourna le sablier. Le premier grain de sable toucha la paroi de verre.
>
L’opération venait de commencer. Melix se retira discrètement, il lui restait une chose à faire.

[...]

Kad Redal, silencieux, une main sur l’oreillette, désigna le chiffre 4 de l’autre. Pb33 excepté, ils s’approchèrent du bord du toit, dans l’angle mort sud. Ils avaient quatre minutes pour se préparer. Jigho, solidement attaché par une corde en nylon, fut descendu à la seul force des bras, la tête en bas, jusqu’au niveau du dernier étage. Si leurs infos étaient exacts la fenêtre donnait sur le local technique des ascenseurs. Il installa son matériel puis attendit. 2 minutes.
Pb33, transit, grelottait d’inquiétude.
1 minute.
Les hommes de Libl Stage quittèrent en trombe le building.
28 secondes.
Kad Redal fit signe à Pb33 de venir.
7 secondes.
Kantak et Marvine activèrent leur équipement commando.
4 Secondes.
- Alea jecta est, souffla Pb33.
- Check point Charlie, répondit Kad Redal.
- ?
- Point de non retour.
0 Seconde.
Les lumières du bâtiment et du quartier s’éteignirent subitement. Les plongeant violemment dans une obscurité inhabituel, étrangement naturelle, à peine brisée par le rire moqueur du vent froid. Le building se mit instantanément en mode anti-intrusion, toutes les portes, fenêtres et issues se verrouillèrent. Jigho, sans trembler, découpa rapidement le carreau de verre épais. Kad Redal se tourna vers Pb33.
- Kantak passera le premier, toi, juste après, nous te suivrons. Prépare toi.
Pb33 se pencha au-dessus de la balustrade, les sirènes aguicheuses du vide chantèrent et l’attirèrent. Marvine l’assura à son baudrier de rappel puis entreprit de lui expliquer que tout était simple et que le vertige n’était qu’une question d’état d’esprit.
Jigho entra dans le local, sans un bruit, se coulant dans le trou pratiqué comme le serpent dans l’arbre abandonné. Kantak attrapa la corde et, d’un bon se jeta dans le vide. Trois sauts de rappel plus bas et une souplesse, il retrouva Jigho. Pb33 sentit ses jambes se dérober, tout allait subitement trop vite. Il n’arrivait plus à se contrôler, l’accélération des événement l’embrumait. Kad Redal lui posa doucement la main sur l’épaule.
- Ca va aller.
>

[...]

Edonkey termina de se « préparer » en enfilant le collier supportant le médaillon aux trois anneaux enlacés. Elle coula un peu d’eau au creux de ses mains et s’aspergea le visage. La vague de fraîcheur aussi intense qu’éphémère ne la tira pas de ses peurs retrouvées. Elle posa sa main sur le miroir humide sans se regarder.
Son téléphone GSM vibra sur la tablette en bois. Elle regarda l’écran en appuyant sur la touche. Le SMS s’afficha : « Maintenant ». Elle l’effaça.
Tout à coup, le pressentiment lui tira le bras. Elle sortit de la salle de bain. Son ordinateur respirait tranquillement, la mise en veille avait éteint l’écran. D’un bout du doigt elle poussa la souris, le PC, obéissant, se réveilla lentement. La lumière crue lui raya l’œil, elle se pencha pour mieux voir...
- Tient ? C’est bizarre...Mais... Quelle conne !
La porte d’entrée vola en éclat par le souffle de l’explosion. Elle attrapa le rack du disque dur et l’enleva du PC. Deux hommes entrèrent. Elle se retourna le visage fermé, et tendit son bras gauche dans l’alignement de ses épaule en ouvrant la main. L’arme se déplia et s’installa automatiquement dans le creux de sa main, il s’arma aussitôt. Elle visa et tira. Deux coups. Les balles auto-propulsées, zébrèrent la nuit jusque dans le cœur de chaque homme avant d’exploser. D’un geste précis de la main droite, elle déploya son sabre en le faisant danser et frappa derrière elle sans regarder. La lame traversa la gorge de l’homme, qui s’écroula. Devant elle, derrière la baie vitrée trois autre hommes armaient leurs fusils mitrailleur. D’un coup de rein, sans élan, elle sauta en arrière et plongea derrière le lit. Les premières balles s’explosèrent dans le mur. Elle souleva le lit et s’en servit de barrage. Elle relâcha la pression de sa main gauche, l’arme se rétracta en se repliant. Dégainant une arme ressemblant à un fusil à pompe canon court et crosse coupée, elle attendit qu’ils vident leur chargeur.
Tout à coup elle se redressa. D’un mouvement sûr elle libéra l’énergie de l’arme. L’onde de choc, soufflant la baie vitrée, assomma ou presque les trois hommes. Elle rengaina l’arme sur sa cuisse droite.
Ils l’avaient retrouvé, par sa faute... Le PC était resté connecté au web. Elle s’injuria.
- Pauvre pomme ! Justement ce soir...
Un bruit. Elle se précipita sur le balcon. Cinq, six, puis sept voitures arrivaient à toute allure vers son immeuble. La première s’arrêta en heurtant le trottoir. Gladiateur33 descendit le premier, grand, fort, imposant, invincible. Cette fois-ci trop nombreux, Edonkey renonça au combat. Elle rentra dans l’appartement et prit la décision de fuir rapidement par les toits. Elle s’engouffra dans les escaliers. Et la poursuite commença...

[...]

Marvine termina de se détacher alors que Pb33 commençait à retrouver des couleurs. Dans le silence assourdissant de la petite pièce, Kad Redal s’approcha prudemment de la porte de sortie. Comme prévu, de l’intérieur, la porte n’allait pas être très difficile à ouvrir. Il s’y employa moins d’une minute. Il fit jouer délicatement le penne et ouvrit la porte. Un souffle léger et sourd les accueillit, puis le silence noir et obstiné. Personne. Pb33 frissonna de nouveau, pas parce qu’il avait peur mais parce qu’ils allaient entrer.
Dans l’antre du Libl Stage.
Au bord des abysses inconnues...
Ils s’armèrent, les corps tendus, et s’avancèrent.
Soldats du Juste en terre Païenne. Arrachant la réponse aux ténèbres.
Le souffle court ils entrèrent.

>

A suivre...
Splendide !

Demain me parait si loin.

Bravo à toi:biggrin:
Inscrit le 13/08/2002
21067 messages publiés
Quel rapport peut-il bien exister entre ce pb33 et cette étrange mais néanmoins forte et séduisante eDonkey ? Je saurai ça demain.
Ce sujet a été verrouillé par les modérateurs, il n'est plus possible d'y répondre

Tous les champs doivent être remplis.

Tous les champs doivent être remplis.

Tous les champs doivent être remplis.

Télécharger
eMule 0.46c [Max]
eMule (et mods eMule) - Version modifée d'eMule
 
Tirminal
Courrier email - Le transfert de fichiers facile par e-mail
 
Video Convert Master
Encoder ou convertir - Solution de conversion complète
 
Fresh RAM
Optimisation - Optimisation de mémoire
 
Zune Desktop
Personnalisation - Le thème Zune pour Windows XP!
 
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC