P4P : le P2P plus rapide que le P2P

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Guillaume Champeau , sujet ouvert le 18/03/2008 à 15:11
Le Peer-to-Peer plus rapide que le P2P, c'est possible. Grâce à un protocole développé par l'Université de Yale, Verizon et l'éditeur de solution P2P Pando ont prouvé la semaine dernière qu'il était possible d'accélérer sensiblement les transferts en pair à pair tout en faisant réaliser des économies substantielles de bande passante aux fournisseurs d'accès à Internet. Explications.

Après quelques deux années de grande accalmie, le Peer-to-Peer est-il en passe de connaître une grande évolution technologique qui lui permettra d'être à la fois plus rapide et mieux accepté par les fournisseurs d'accès à Internet, à défaut de l'être par les industries culturelles ? Grâce à une carte du réseau réalisée en collaboration avec les opérateurs télécoms, et une modification des protocoles P2P traditionnels, il serait possible selon l'Université de Yale de réduire jusqu'à 50 % la facture de bande passante des FAI, et d'augmenter en moyenne de 60 % la vitesse des transferts.
Le principe d'un réseau de P2P traditionnel est très simple à comprendre. Chaque utilisateur du réseau installe chez lui un logiciel appelé "client", qui se connecte au réseau et communique la liste des fichiers qu'il possède et qu'il met en partage. Les autres utilisateurs, lorsqu'ils souhaitent télécharger un fichier, recherchent donc le fichier et leur logiciel client se charge de contacter un à un chacun des utilisateurs qui déclarent partager le fichier voulu. Premiers arrivés, premiers servis. Vous pouvez ainsi télécharger un bout de film depuis Honk Hong, un autre depuis Paris, New York ou Mexico... multipliant ainsi le nombre de communications longue distance qui coûtent le plus cher aux fournisseurs d'accès à Internet, et qui sont généralement les moins rapides pour le téléchargement.

L'architecture d'un réseau P2P traditionnel
Partant de ce constant, l'Université de Yale a donc développé un protocole baptisé P4P qui reprend une idée simple sur le papier, et qui traîne déjà depuis de longues années comme un serpent de mer chez les développeurs de logiciels de P2P. Plutôt que de se connecter au hasard auprès de tel ou tel client, sans savoir où il est physiquement situé et à quel réseau d'opérateur il est connecté, le protocole P4P se base sur une carte du réseau obtenue avec l'aide des opérateurs eux-mêmes. Le client P2P basé sur P4P vérifie avant chaque connexion où se situe l'utilisateur, et se connecte en priorité aux clients qui sont le plus proche géographiquement de lui, et qui dans l'idéal partagent le même réseau. Un utilisateur de Free sur Paris se connecterait donc en priorité aux utilisateurs parisiens connectés au réseau de Free, tandis qu'un utilisateur sur Bordeaux abonné de Neuf Cegetel se connecterait plutôt aux girondins qui sont clients de Neuf.
On comprend bien que par ce système la vitesse de transfert serait sensiblement améliorée par la réduction de la longueur des tuyaux et l'évitement des goulots d'étranglement. Mais l'avantage premier est économique, pour les opérateurs. Lorsqu'un abonné de Free communique avec un autre abonné de Free, la bande passante entre les deux ne coûte presque rien au FAI, alors qu'il doit au contraire en principe payer pour profiter du réseau d'un opérateur concurrent ou étranger. Des accords de "peering" entre opérateurs permettent de limiter la facture, mais ils ne sont ni systématiques ni totalement gratuits pour l'opérateur qui connaît le plus de "déficit de bande passante" par rapport à l'autre. Avec le P4P, une part substantielle du traffic se ferait au sein du réseau interne.

L'architecture d'un réseau de type P4P
L'Université de Yale a présenté la semaine dernière à New York lors de la conférence de l'Association de l'Industrie du Calcul Distribué (DCIA), qui regroupe et défend les intérêts des sociétés spécialisées dans les architectures P2P, les résultats d'une étude de terrain sur la réalisation technique du protocole. Le chercheur Haiyong Xie s'est associé à l'opérateur télécom américain Verizon et à l'éditeur du logiciel Pando, pour réaliser une étude "grandeur nature" du P4P. L'opérateur a fournit une carte de son réseau de fibre optique pour permettre à Pando de repérer les utilisateurs de son réseau et de les situer géographiquement, en voyant également les "routes" les plus rapides à emprunter entre deux utilisateurs.
"Les résultats de l'étude ont été phénoménaux", s'est enthousiasmé Douglas Pasko, le responsable technologique de Verizon, qui siège au groupe de travail P4P de la DCIA. "Les bénéfices pour les clients et pour le réseau ont été vus aussitôt que le test a commencé. Ce nouveau système, qui route les fichiers vers le chemin le plus rapide et le moins onéreux, offre à nos clients en fibre optique des téléchargements P2P jusqu'à six fois plus rapides que les réseaux sans la surcouche". En moyenne, affirme-t-il, les téléchargements étaient 60 % plus rapides.
Reste que plusieurs obstacles se posent à l'adoption générale du procédé. Tout d'abord, il faudrait que l'ensemble des fournisseurs d'accès se mettent d'accord sur l'adoption d'un standard de "mapping" du réseau, et soient d'accord pour soutenir le P4P en donnant aux applications P2P compatibles l'accès aux cartes de leur réseau. Ensuite, il n'est pas du tout certain que le protocole et son application soient ouverts à tous les réseaux et à toutes les applications P2P, et en particulier aux réseaux P2P open-source les plus populaires comme eMule ou BitTorrent. Verizon et les membres de la DCIA voient surtout dans cette technologie une opportunité pour créer des réseaux P2P propriétaires qui offrent des taux de téléchargement plus élevés pour leurs abonnés.
Derrière le P4P, c'est donc aussi la question de la neutralité du réseau qui est posée, avec le risque de voir les fournisseurs d'accès à Internet privilégier les réseaux compatibles P4P et brider au contraire ceux qui ne respecteraient pas le protocole.
Tous ces problèmes pourraient tuer dans l'oeuf une solution séduisante sur le papier.

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14 réponses
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1381 messages publiés
c'est l'illustration de la différence d'approche des technicien et des technocrates..
quand le premier est confronté a un problème externe, il cherche une solution pour vivre avec; le deuxième essaye de le supprimer..

Mais il y a d'autres obstacles:
l'utilisateur de p2p commence sûrement a être un poil paranoïaque; et préfère probablement télécharger sur un client à l'autre bout du monde que risquer de tomber sur un client situé au 36...
Et en général, il cherche aussi ce qui n'est pas disponible dans son pays.
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161 messages publiés
Avec les AS, c'est facile de connaitre les plages d'IP d'un ISP. D'accord on n'a pas toute une carte d'internet, mais c'est le plus important, non ?
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752 messages publiés
+1 pour la question de la neutralité du réseau.
tout ceci semble venir des états-unis où un lobbying important se fait sur cette remise en cause de la neutralité du rzo.

mais n'y a-t-il rien d'autre?
n'est-il pas beaucoup plus facile de tracer des échanges qui se font principalement le réseau d'un seul et meme fournisseur d'accès?

quelque part les 2 se rejoignent, non?
- fin de la neutralité du réseau = priorétisation des flux qui intéressent les fai = + de pognon et de pouvoir = censure passive, indirecte (je ne coupe pas l'accès à xyz mais c'est tellement dur d'y accéder qu'en bon mouton le client va où je le dirige). directement ou indirectement, on a aussi un risque de balkanisation du net.
- traçage des échanges et suivi des flux = flicage... = vérif du bon fonctionnment de la priorétisation (?) = vérif du contrôle que l'on a sur les infos circulant sur le net ? jusqu'où va cette logique?

derrière ce blabla technique il y a des implications politiques, économiques et stratégiques. militaires aussi probablement (ça revient un peu au politique en fait).

vos avis éclairés sont les bienvenus.
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3018 messages publiés
P2P, aka Peer-To-Peer, se traduit Pair-à-Pair.
J'imagine que P4P, sans doute aka Peer-For-Peer, se traduit par quelque chose comme Pair-Pour-Pair.
Qu'en pensez-vous ?
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P2P, aka Peer-To-Peer, se traduit Pair-à-Pair.
J'imagine que P4P, sans doute aka Peer-For-Peer, se traduit par quelque chose comme Pair-Pour-Pair.
Qu'en pensez-vous ?


Je pense que c'est P2²P
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P2P, aka Peer-To-Peer, se traduit Pair-à-Pair.
J'imagine que P4P, sans doute aka Peer-For-Peer, se traduit par quelque chose comme Pair-Pour-Pair.
Qu'en pensez-vous ?


Je pense que c'est P2²P

Et pourquoi mettre ce deux au carré ?
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879 messages publiés
P2P, aka Peer-To-Peer, se traduit Pair-à-Pair.
J'imagine que P4P, sans doute aka Peer-For-Peer, se traduit par quelque chose comme Pair-Pour-Pair.
Qu'en pensez-vous ?


Je pense que c'est P2²P

P2P 2.0 ?


Ce qui me gêne avec ce système c'est que les grands pays sont favorisés me semble-t-il.

Si le client cherche en priorité chez les pairs proches, ça ne devrait pas être le cas. S'il cherche uniquement chez les pairs proches, ça favorise les grands pays ou FAI (ou autre selon le fonctionnement exact de la recherche).
[message édité par Seri le 19/03/2008 à 00:25 ]
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71 messages publiés
J'y vois une belle opportunité pour fermer et contrôler le réseau. Et pourquoi pas y intégrer une fonctionnalité qui empêche de télécharger un fichier qui se trouve à plus de X km de son lieu de résidence ? Ainsi, impossible de télécharger un fichier qui se trouve hors de son pays. Le champ d'action en devient terriblement réduit.
Inscrit le 13/08/2002
23928 messages publiés
J'y vois une belle opportunité pour fermer et contrôler le réseau. Et pourquoi pas y intégrer une fonctionnalité qui empêche de télécharger un fichier qui se trouve à plus de X km de son lieu de résidence ? Ainsi, impossible de télécharger un fichier qui se trouve hors de son pays. Le champ d'action en devient terriblement réduit.


Ah tiens c'est pas bête ça, j'avais pas pensé à ce danger là, qui est très vrai. Même si techniquement c'est déjà possible sans le mapping.
Inscrit le 02/05/2007
243 messages publiés
Bonne idée, mais elle vient un peu tard. L'heure actuelle est plutôt au cryptage et à l'anonymat.

Si les FAI veulent faire des économies, il faut qu'ils choisissent leur camps. Soit celui des majors, en espérant qu'elle parviennent à éliminer définitivement le P2P, soit celui des utilisateur, en prenant leur défense et en prônant la légalisation totale de ces échanges pour ainsi pouvoir mettre en place le p4p. Ainsi l'internaute n'aura plus de raison de se cacher et ne refusera pas de dévoiler où il se trouve et ce qu'il recherche.
Qui sait, ça pourrait même être un formidable outils pour analyser précisément ce qui est télécharger et répartir équitablement une taxe dans le cadre d'une licence globale.
[message édité par wistiti68 le 18/03/2008 à 19:57 ]
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2586 messages publiés
Ce qui me gêne avec ce système c'est que les grands pays sont favorisés me semble-t-il.
Inscrit le 26/02/2006
12 messages publiés
Bonsoir,
Juste sur la forme : l'expression correcte est "goulet d'étranglement" et non pas "goulot d'étranglement", qui est un abus de langage ;-)
Cdlt
Inscrit le 15/12/2009
1 messages publiés
ben pour le p4p sa sera plus facile d'appliquer HADOPI et localisé les terroristes du web hahahahaha(les pirates)
Inscrit le 09/12/2009
130 messages publiés
Le reseau KAD n'utilise t'il pas déjà la notion de "distance" ? et sans les inconvénients d'utilisation de serveurs

il me semble que ce système augmente les risques d'être tracé par la police plus facilement,
rassemblant les clients géographiquement proches partageant un fichier particulier,
un client "police" peut ainsi voir un nombre concentré de downloader "locaux".

Dans le reseau p2p actuel, on est + noyé dans la masse, donc moins "remarquable"
le réseau KAD est aussi plus discret.

un petit truc au passage, n'utilisez pas de nom d'utilisateur perso, laissez le nom d'utilisateur ED2K par défaut.
un utilisateur "kéké13" se fait plus remarquer si on le trouve sur plusieurs fichiers que " http://emule-project.net " (par defaut)
[message édité par Boutdegras le 16/12/2009 à 09:31 ]
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