wormlore

Inscrit depuis le le 02/04/2010 à 10:43
1063 messages publiés
Envoyer un message privé
Derniers messages de wormlore :
C'est bien. Maintenant que la Chine approuve les politiques de censure, les excuses du terrorisme et autres fleaux de la societe ont une caution morale. Nous avons enfin un exemple qu'une democratie exemplaire et respectueuse des droits de l'homme peut fonctionner avec une censure arbitraire et constante.
Oh wait...
Peut-etre parce que ca aurait pu ne pas marcher. Au mieux, ils auraient pu recuperer le nom de domaine, mais les archives auraient pu etre perdues... ou revendues bien plus cher. Au pire, Twitter perdait en justice et leur chantage a l'API serait passe officiellement pour ce qu'il est.
La, ils ont sauve les meubles, meme s'ils y sacrifient une fonctionnalite assez majeure. "Une image vaut plus que 1000 mots" (ou 140 caracteres).
"La roue n'est pas arrive tout de suite", mais elle arrivee ronde tout de suite. "La fonction fait la forme." Dans notre exemple, partant du principe que vous voulez un ecran (generalement rectangulaire) dans la poche (donc pas de coins trop anguleux), ca ne vous laisse pas 36 possibilites. Et comme d'autres l'ont rappele, des exemples de "rectangles aux coins arrondis", on en trouve partout.
Le brevet sur le rectangle aux coins arrondis etait donc une anerie depuis le debut.

Pour le reste, quand c'est de la copie brute, c'est a la limite defendable. Mais poursuivre tout ce qui peut ressembler a un iPhone de loin, la nuit et dans le brouillard, c'est juste un abus caracterise. Et la, on a un "designer" qui concoit des trucs tellement epures et generiques qu'il est impossible de ne pas faire quelque chose dont la forme globale est la meme. Pour autant, tout autre "telephone rectangulaire aux coins arrondis" n'est pas une copie. Meme quand on ajoute un bouton unique sous l'ecran. J'ai vu les telephones "plagiant" les siens, et le design n'a rien a voir. (Samsung n'a pas un bouton rond, l'objectif de l'appareil photo n'est pas au meme endroit, la forme de profil est differente, etc.) Qu'est-ce qu'il reste? Un rectangle avec des bouts arrondis. Une forme globalement identique parce que, encore une fois, "la fonction fait la forme".
Bah oui, ca avait ete signale.
Mais quand on est un godillot, on vote pour sans tenir compte de la teneur du texte. Apres tout, il ne s'agit pas de voter une loi, mais juste de prouver la superiorite de son camp au parlement.

Ce n'est désormais plus la teneur de ce texte qui est en cause. Ce qui importe c'est le problème politique créé par son rejet surprise et par le comportement absurde de l'opposition.

- http://www.nextinpac...cope-hadopi.htm
- http://www.nextinpac...-hadopi-loi.htm
Ca date un peu, mais quand on voit que les comportements ne changent pas (on a juste inverse les deux partis majoritaires), une piqure de rappel sur la realite de la politique s'impose.
(nb: j'en ris encore. "Ce n'est desormais plus...", comme si elle l'avait jamais ete.)
(nb bis: pour rire encore un peu, rappelons que Cope avait explique quelques semaines avant que "la notion de deputes-godillots est derriere nous". Une vraie mine d'or ce mec. Pour les humoristes du moins.)
Le paradoxe existe a un autre niveau. Il s'ancre dans la definition meme de "securite informatique" telle que definie dans cette loi.
- Normalement, la securite informatique est de s'assurer que l'ordinateur ne permette pas a des tiers de l'utiliser a des fins non prevues par l'administrateur de la machine.
- Pour la loi HADOPI, il s'agit de s'assurer que l'administrateur et autres utilisateurs de la machine ne puisse pas l'utiliser a des fins non prevues par des tiers.
C'est renverser completement la notion de securite.

De plus, la definition de la HADOPI revient a supposer deux aberrations: rompre le "lien de confiance" entre l'admin et sa machine; et supposer que l'on peut interdire a un admin certaines fonctions alors qu'il a l'acces le plus direct possible a l'ordinateur.

Ainsi, HADOPI ne cherche pas la "securite informatique parfaite", mais une forme totalement corrompue de "securite": il s'agit de securiser la machine contre son utilisateur. Ca ne rendrait pas les anti-virus et autres outils obsoletes, mais s'y opposerait frontalement.

edit: J'allais oublier que la loi va encore au-dela. Elle exige que la connexion Internet elle-meme soit "securisee" selon cette definition aberrante. Deja que securiser une machine seule est a la limite impossible, decider que toute la connexion doit l'etre dans les memes termes est juste hallucinant. Mais bon, ce n'est pas comme si ceux qui ont vote cette loi y avait compris quoi que ce soit. (Souvenez-vous, Cope leur a meme explique que "la teneur du texte n'est pas en jeu.")

Pour le reste, je suis d'accord: l'obligation de resultats et le manque de l'element intentionnel devraient rendre cette loi inconstitutionnelle. J'aurais ete etonne que quiconque ait pu voter cette loi dans un pays civilise... si j'avais eu la moindre confiance dans la classe politique en general. (Ca n'exclue pas certaines exceptions mais, dans l'ensemble, nous avons une belle brochette de godillots et de pseudo-opposants. Impossible de faire tourner un systeme honnetement dans ces conditions.)
D'ailleurs, petit rappel que cette affaire prouve une fois de plus: les procureurs n'ont quasiment aucun element pour un proces excepte ceux que vous leur fournissez vous-memes.
Quelques releves d'adresses IP d'une compagnie privee procedant a ces releves hors de tout controle de securite et de qualite, c'est insuffisant pour une condamnation reelle.

Le probleme, c'est que la plupart des gens pensent qu'on les condamne pour "piratage". Ils tentent alors de s'expliquer en designant quelqu'un comme etant le "pirate", sauf que ca ne fait que confirmer qu'ils savaient que quelqu'un utilisait leur ligne: ils admettent ainsi leur "negligence", meme apres avoir agi pour y mettre fin et y avoir echoue.
Ajoutez a cela que la "negligence caracterisee" est un delit completement abusif, avec une exigence de resultats impossibles la ou meme une exigence de moyens est hors de portee de l'internaute moyen. (Apres tout, meme une autorite administrative designee pour les definir n'y est pas parvenue.) Une "loi subtile" (comme l'a annonce l'un des membres de la HADOPI) permettant de condamner a peu pres n'importe qui, et en particulier ceux qui n'y comprennent rien.
C'est effectivement un reproche que j'ai enonce il y a quelques mois deja: le droit d'auteur et le copyright sont utilises pour tant de choses qu'ils en perdent leur signification.
Si les juges et les compagnies privees n'y mettent pas un frein, la censure sera bientot la norme et la diffusion une exception bien rare. N'importe qui ayant un minimum de pouvoir et d'argent pourra demander la suppression d'une video genante sur des bases legales pourtant inexistantes ou simplement decalees.
Certaines decisions de justice commencent a montrer un peu de bon sens, mais les derives entre societes privees ont plutot tendance a se multiplier. Et la pratique la plus courante est maintenant d'eviter la case "Justice" et de s'arranger directement entre compagnies, augmentant les risques d'abus. (Voir le rappel de l'article sur le pouvoir demesure dont dispose Universal sur les videos YouTube.)
Comme je l'ai note dans les commentaires de l'article sur TF, ca pourrait bien passer aupres des lobbies du divertissement. Le probleme, c'est que ca ne s'arretera pas a "ok, on approuve". Ce sera suivi par une liste de demandes, de maniere a soit tuer le service, soit a l'ecarter de ce qui fait son succes.
Vouloir l'approbation de l'industrie du divertissement, c'est accepter de repondre a leurs exigences qui sont, de maniere flagrante, a l'oppose des exigences du public. Et ni les lobbies ni le public ne sont prets a s'accorder sur un compromis.
Mais peut-être que si, au lieu d'envoyer une lettre menaçante à son fils qui n'était sans doute pas le porte-monnaie vide, Denis Olivennes lui avait demandé ce qu'il trouvait d'attractif dans les offres illégales, l'histoire aurait-elle pu s'écrire autrement.

Pas le bon etat d'esprit. Il n'aurait pas pu y penser. Pas tout seul en tout cas.
Remontons donc d'un cran:
Je revenais des États-Unis, où j'avais rencontré des câblo-opérateurs qui avaient mis en place un système de riposte graduée.

Peut-etre que si, malgre son manque d'imagination et de comprehension du public, il avait pu constater ailleurs une politique d'incitation a developper une offre legale repondant aux attentes du public... Seulement la aurait-on pu passer sur ce scenario miraculeux ou Olivennes decouvre la loi de l'offre et de la demande.

Au lieu de ca, il a vu un systeme mafieux (menaces et harcelement), vu que ca fonctionne (du moins, c'est ce qu'on lui avait dit... je suppose que les chiffres qu'il a constate etaient aussi bidonnes que ceux qu'il nous a ensuite servi) et s'est dit que ca pouvait marcher ici aussi. (Tu m'etonnes: si la (vraie) Mafia s'est installee partout, il y a probablement une raison.)
Il est impossible de renoncer a son droit moral. Le droit actuel stipule que ce droit est personnel, incessible et sans limite de temps.
Tout au plus peux-tu renoncer a tes droits patrimoniaux et/ou ne pas du tout te faire connaitre en tant qu'auteur d'une oeuvre. (Ca implique evidemment que n'importe qui d'autre peut usurper ce titre.)

nb: il existe des licences tres ouvertes comme la CC0 qui annonce que tu ne comptes pas exercer tes droits d'auteur. C'est ce que je connais de plus proche de verser une oeuvre dans le domaine public tout en se revendiquant tout de meme en etre l'auteur.
Le sophisme du "deshonneur par association", ca ne fonctionne pas comme ca.
Si le FN avait soutenu ce texte, la communication aurait ete tout autre. Par exemple, certains auraient soutenu que le FN attend de ce texte qu'il soit un soutien a sa xenophobie inherente. Ou que le FN a cherche a prendre la vague d'un texte "populaire" (la preuve, il est vote par les deux grands partis, si c'est pas un signe de popularite ca). Ou encore que le FN a copie leurs idees, pas l'inverse.

Bref, quand tu es un grand parti, tu ne peux "evidemment" pas etre associe avec le FN. C'est forcement le FN qui s'associe a ton initiative "de bon sens".
Pour le moment, ils procedent comme tout parti d'opposition, a la difference par rapport au PS ou a l'UMP qu'ils n'ont jamais eu la majorite pour prouver leur attitude. Les indices que nous avons de leurs quelques elus devraient toutefois etre suffisant pour montrer qu'ils sont une force politicienne du meme genre que les deux autres... mais potentiellement en pire. Ainsi, leurs discours tres demagogiques sont rarement suivis d'actes.
Je ne place donc aucun espoir de changement en eux, sinon un durcissement des politiques deja en place. Ceux qui ont un espoir de ce genre me semblent un peu naifs, et ceux qui votent pour eux en esperant le durcissement me semblent tout aussi naifs, dans un autre genre. (Le naif du type "de toutes facons, ce n'est pas a moi qu'ils vont s'en prendre".)
Tu as oublie deux points importants:
- Les approximations au doigt mouille: "un baladeur multimedia et un smartphone, c'est exactement le meme usage."
- Les decisions annulees sans consequences sur la pratique: "Ok, on a abuse, mais on garde les sous. Mieux encore, on continue a les recolter en attendant la prochaine decision. Mieux encore, la prochaine decision sera tout aussi abusive, mais elle permettra de continuer a recolter pendant deux ans de plus avant qu'elle soit annulee a son tour. Rince & repeat."
Cette commission manque de legitimite et ca ne va pas en s'arrangeant depuis le depart des industriels.
- Des decisions annulees les unes apres les autres... non sans un certain delai durant lequel ces decisions sont appliquees et dont les montants preleves sont conserves.
- Des decisions annulees les unes apres les autres... trop souvent pour ne pas pointer un systeme prevu en complet mepris de la Loi. (Une annulation, ca passe, tout le monde peut se tromper. Deux, ca commence a faire louche. Cinq ou Six, a ce stade, c'est volontaire.)
- Une representation completement desequilibree, meme quand tout le monde est present. (12 voix pour un camp, plus au moins un representant des "consommateurs" qui approuve systematiquement leurs decisions. Majorite absolue permanente et definie dans les status.)

Et grace a ce merveilleux systeme, nous avons un niveau de prelevement loin devant n'importe quel autre pays, avec des redevances pouvant atteindre plusieurs fois le prix d'un support pour les plus moins cher d'entre eux.

Pas etonnant qu'ils souhaitent que rien ne change. Ca se comprend tres bien.
Ce qui est moins acceptable est la complicite active du gouvernement.
Resultat previsible, mais pitoyable quand meme.
J'aimerais exprimer mon indignation, mais a ce stade les mots ne rendront pas justice a mon sentiment, a moins de devenir grossier.
Je trouve ca ennuyeux sur plusieurs points.

- Deja que la loi precise quelle technologie employee. Ca me semble trop specifique, mais bon passe encore. J'aurais prefere une liste des criteres a remplir pour une methode qui serait ensuite definie par decret ou par les FAI eux-memes. Un truc du genre: n'entraine aucun surblocage, respecte la vie privee des utilisateurs... (ok, rien qu'avec ces deux criteres, on elimine toutes les solutions connues. Le DNS est encore le moins "surbloquant" qui soit pas trop intrusif.)

- Que l'article ne passe pas a cause de questions de couts: ca signifie que l'interet et la legitimite de la loi ne sont pas dans la balance. (Mais bon, nous savons que "ce n'est pas la teneur du texte qui est en jeu" depuis HADOPI.)

- Que l'article ne passe pas a cause de questions de couts: ca signifie que le maintien de la loi n'est acceptable que si ca ne coute pas trop cher. (Bizarre, je n'ai jamais entendu d'argument du type: "Desole madame, mais nous avons rendu le meurtre legal: ca coutait trop cher de retrouver les meurtriers." J'imagine qu'il y a encore un sens des priorites au gouvernement.)

- Un controle par... la CNIL? Qu'est-ce qu'elle vient faire dans cette histoire?
Et a la place d'un juge, histoire de bien nous faire comprendre que la justice n'a aucun role dans leur lutte contre ce fleau qu'est Internet.
"Nous sommes en guerre."
En l'occurence, nous perdons cette guerre, non pas parce que nous avons plus de pertes ou que nos terres sont conquises, mais parce que c'est une guerre d'ideologie et que nous sacrifions nos valeurs.
Precher la non-violence a coups de poing, c'est une defaite meme si vous mettez votre adversaire KO. De meme, precher la liberte d'expression par la censure, c'est reconnaitre que l'adversaire a raison.
Ce n'est pas une guerre de survie, donc tous les coups ne sont pas permis.
"On voit bien là qu'il s'agit d'un simple positionnement politique, sans réalité juridique."
Traduction: "On avait besoin d'un effet d'annonce pour montrer qu'on existe et qu'on agit, contrairement a ces gus de la majorite."
Il est ici pratique pour eux d'etre dans l'opposition. Ils savent que leur proposition redigee en amateur ne passera jamais, mais ils viendront chouiner que c'est a cause du PS qui prend le parti des terroristes.
Transformer un principe important tant pour le public que pour l'innovation... en monnaie pour un pitoyable marchandage (limite chantage) contre quelques grands groupes... qui beneficierait effectivement de ce principe, mais moins que... voyons... a peu pres n'importe qui d'autre.
Je suis emerveille par le sens politique de nos gouvernants.

S'ils veulent regler les problemes d'evasion fiscale, c'est sur le terrain de la fiscalite nationale et internationale qu'il faut agir. Sans compter que l'evasion fiscale n'est pas propre au numerique: tous les groupes internationaux la pratiquent, quel que soit leur domaine d'activite.

Edit: il faudrait commencer a compter, juste pour rire, le nombre de personnes qui se disent "favorables a la neutralite du Net, mais..." juste avant de defendre le contraire de ce meme principe.
Ca pourrait meme etre etendu a d'autres concepts.
"Je suis pour la fin du cumul des mandats, mais..."
"Je suis pour la defense de la vie privee, mais..."
"Je suis pour la regulation de la finance, mais..."
Et pourquoi pas etablir un sous-domaine, genre .gouv.fr => .ado.fr?
Ca peut se faire a l'echelle nationale, sans passer par l'ICANN.
Ca allonge un peu l'URL, mais le coeur de cible ne tape pas les URLs a la main de toutes facons.
Numerama sur les réseaux sociaux