wormlore

Inscrit depuis le le 02/04/2010 à 10:43
1117 messages publiés
Envoyer un message privé
Derniers messages de wormlore :
La seule innovation dont la neutralite du Net est l'ennemie, c'est celle des nouveaux moyens d'arnaquer ses clients. Pas forcement mecontent de ca. Pour ce qui est de l'innovation technique, la neutralite est un moteur, pas un frein.
Stephane Richard n'aime apparemment pas qu'on lui demande de faire son metier: investir notre argent dans les reseaux. Il semble preferer prendre notre argent pour lui-meme et non pour ameliorer sur quoi son entreprise fait son business.

Ca, et aussi payer des communiquants pour nous faire avaler qu'une offre Internet bridee et couplee a quelques "services geres" est plus riche qu'un reel acces a Internet. (Les publicites "Internet par Orange" sont l'une des pires facons de presenter les choses a un public globalement ignorant en la matiere.)
Le plus drole, c'est quand meme: "Les droits au respect de la vie privee sont inscrits dans la Constitution."
C'est vrai, mais les legislateurs semblent n'en avoir cure en ce moment...
Et qui donc va demander un passage devant le Conseil Constitutionnel?
Un point amusant, quand on y reflechit, est que ces mesures s'appliquent - entre autres - a ceux qui nuisent a l'application des engagements internationaux de la France.
Notre gouvernement (president, premier ministre, ministres, deputes et senateurs) s'applique a faire passer en force une loi qui va a l'encontre d'un certain nombre de ces memes engagements.
Partant de la, ils devraient etre les premiers a etre mis sous surveillance.
XD
Je me suis fait une reflexion similaire: si c'est ce genre d'arguments qu'il faut pour convaincre, c'est triste. On tente d'expliquer les problemes poses par une surveillance de masse (attention, ils sont aussi capables de renommer ca en "protection de masse", ils l'ont deja fait avec la video-surveillance), l'intrusion arbitraire, l'inefficacite reelle, l'auto-censure qui en resulte a terme, etc. Et tout ce qu'il faut pour indigner les gens (au moins 5 minutes, l'indifference de masse allant souvent de pair avec la memoire de poisson rouge), c'est parler de leurs parties intimes.

Finalement, quel est l'interet de la democratie quand les citoyens ne se soucient que de ce qu'ils ont dans le pantalon? (ou plutot ce qu'ils n'arrivent pas a garder dans leur pantalon)

Apres, c'est un "micro-trotoir", donc par nature non representatif. J'ose croire que certains ont des reflexions plus poussees sur le sujet. Ca suffit a justifier la democratie.
Je trouve aussi l'article un peu leger sur le sujet, mais il est justifie.

Le probleme n'est pas Guillaume qui pose une question ("La question absurde pourrait bien surgir dans les prochaines heures," au conditionnel) malgre le manque de substance, plus digne d'une breve que d'un reel article.

Le probleme est que le procureur de Dusseldorf en a fait une annonce qui pourrait effectivement alimenter des discussions dans un contexte ou les politiciens considerent deja Internet au mieux comme louche et au pire comme la pire invention depuis la bombe atomique.
Voyez ce qu'on nous sort comme loi avec l'attentat de Charlie Hebdo comme excuse... Imaginez ce qu'ils vont nous trouver avec une declaration comme ca.

Il fut un temps ou une enquete etait raisonnablement discrete jusqu'a sa conclusion, malgre quelques fuites. Les commentaires etaient possibles, mais globalement reserves. Maintenant, c'est a croire que chaque responsable doit faire une annonce dramatique majeure a chaque etape de l'enquete. Et impliquer Internet es un sport national.

Ici, "le copilote kamikaze a fait des recherches sur Google." Surprise, presque tous les internautes le font. (Une poignee evite Google, mais il reste tres largement majoritaire... et meme cette poignee fait des recherches sur Internet.) Internet est un tres large outil de partage d'information, sur pratiquement tous les sujets y compris les plus douteux. Internet ameliore grandement ce partage, pour le meilleur comme pour le pire. Nier le meilleur en voulant censurer le pire, ou pretexter du pire pour censurer le meilleur est une attitude dangereuse... meme si nier le pire serait naif.

Le procureur a donc fait une annonce debile qui, en des temps plus raisonnables, aurait juste ete insignifiante. En des temps aussi absurdes que notre present, c'est une annonce dangereuse. Je me pose ainsi des questions sur le procureur. A-t-il conscience du manque d'interet reel de cette annonce? A-t-il conscience (voire a-t-il pour but) que quelques politiciens peuvent en faire une recuperation nuisible? Y a-t-il encore dans notre societe le moindre souci de discretion ou est-ce maintenant la norme d'etaler les details les plus insignifiants d'une affaire pour dramatiser le tout?

La seule chose qui m'etonne presque, c'est que le procureur n'a pas pris la peine de trouver une musique d'ambiance dramatique pour son annonce...
"Nous avons decouvert que le copilote de l'A320 avait, quelques jours auparavant... (musique de suspens, plan qui se rapproche du visage ou mec qui remet ses lunettes de soleil facon "Les experts") consulte Google! (quelques notes dramatiques)"
Jolie adaptation de la citation "la dictature, c'est ferme ta gueule; la democratie, c'est cause toujours."

Nous ne sommes pas en dictature, mais vu l'interet que nos dirigeants accordent aux idees qui ne sont pas les memes que les leurs, nous nous y dirigeons lentement. Ce qui caracterise une democratie n'est pas le droit de vote, mais la capacite de faire coexister des opinions differentes. D'en debattre et de decider a plusieurs de la meilleure voie.

Ici, ils n'interdisent pas explicitement les idees contraires, mais ils les ignorent a chaque fois qu'il s'agit de prendre une decision. L'idee de debattre, de confronter les idees et de decider d'une orientation sociale selon l'interet public ou l'opinion du peuple, a depuis un moment ete supprime du systeme. Seuls comptent la prochaine election et la demonstration de force (politique). Seule compte la discipline de parti.

Pour moi, la "democratie" est declaree decedee il y a quelques annees, le jour ou Cope a lance cet appel au sujet d'Hadopi aux deputes de l'UMP avec ce passage: "ce n'est plus la teneur du texte qui est en jeu." Quand "la teneur du texte" n'est officiellement plus en jeu dans un vote au Parlement, meme pas pour une parodie de debat, nous ne sommes tout aussi officiellement plus en democratie. C'etait deja une vaste farce bien avant, mais ce jour-la est pour moi celui de la fin de la "democratie".

Nous ne sommes donc pas (encore?) en dictature, mais nous avons beaucoup a faire pour pouvoir sincerement pretendre etre une democratie. Et nous n'allons, pour le moment, meme pas dans la bonne direction au vu de leur attitude et des projets de loi en cours.
Mais il est alors tombé dans un labyrinthe incroyable pour savoir à qui appartenaient les droits. (...) Au final, la Warner s'est quand même finalement dit qu'il devait y avoir un intérêt à revendiquer des droits sur le jeu et un de ses avocats a envoyé un courrier pour interdire à Night Dive de faire cette suite à No One Live Forever...

Deux des problemes majeurs du "droit d'auteur" actuel.
- Il est parfois difficile de retrouver l'ayant-droit actuel d'une oeuvre.
- L'ayant-droit a un pouvoir totalement arbitraire de decision sur la reutilisation des oeuvres. Il y a bien quelques exceptions a ce pouvoir de decision, mais elles sont elles-memes souvent difficiles a faire reconnaitre.

A par ça, le droit d'auteur favorise la créativité, c'est bien connu...

Rien d'autre a ajouter...
Ce que fait la Digital Citizen Alliance dans le rapport cité par M Champeau pour évaluer le taux de piratage des divers cyberlockers est exactement aussi idiot.

Ce n'est pas "idiot", c'est un simple sophisme: "le tireur d'elite texan".
Tu tires, puis tu traces tes cibles.
... Ou, dans le cas present, tu etablis des chiffres dont tu sais pertinemment qu'ils sont biaises, mais qui etablissent des "preuves" de ce que tu veux prouver.

Le probleme ne vient pas d'eux. Ils font ce pour quoi ils sont payes: demander des lois, jugements et autres actions en leur faveur, puis faire pression pour les obtenir.

Le probleme vient de ceux qui cedent, qu'ils soient des politiciens ou des entites privees. Et les motifs de ces derniers varient... incompetence (ne pas voir les sophismes pour ce qu'ils sont), corruption (ignorer les sophismes malgre la capacite de les reperer), peur des proces (ca, c'est surtout pour les compagnies privees), communaute d'interets (volonte d'avancer leurs propres idees de censure) et j'en passe.

Le probleme est que le citoyen ordinaire n'a pas l'influence et les relations necessaires pour mettre en avant l'interet public et la recherche d'equilibre qui devrait etre inherents a leur fonction.
Le probleme est que ca ne resoud pas le probleme de fond.
Les cas mediatiques se voient traites en urgence et recoivent une exception sur mesure... mais ca n'empeche ni les cas moins mediatiques de rester bloques, ni d'autres aberrations de surgir un peu plus tard. (Voyez le "Copyright Madness": chaque semaine, quelques nouveaux cas.)

Et apres, leurs lobbies viennent nous repeter que le droit d'auteur est tres bien tel qu'il est actuellement, voire qu'il faut le radicaliser un peu plus.
Deja, et c'est le plus important, c'est une breve, pas un article de fond.
Ensuite, s'il faut rappeler tous les termes utilises a chaque article, j'imagine la tete des articles au bout d'un moment.
Et suis les liens. C'est un site Web, pas un journal papier.
Enfin, comme l'indiquent certains, la definition est clairement posee dans l'image. Si tu ne charges pas tous les elements presents, tu n'aides pas ton cas.
J'adore celui-la. Et j'imagine la tete des gars qui ont "2442" en code de CB.
Avec "la" notion de securite, non.
Avec "leur" notion de securite, oui.
Le "lobby citoyen" n'est pas un contre-sens. Dans un systeme ou les politiciens se preoccupent en priorite de l'interet public et ne prennent les avis de lobbies prives qu'a leur juste valeur (c-a-d avec beaucoup de recul), tu aurais raison.
Mais dans notre monde, l'existence de lobbies destines a rappeler l'interet public n'est pas un luxe. Je trouve ca regrettable, mais force est de constater que si personne ne fait de "lobbying" pour l'interet public, celui-ci tend a etre simplement ignore dans les debats.

Je crois que le premier paragraphe de "Jim---" souligne ce probleme: notre conception de la democratie a derive de son concept d'origine, ou les "representants" des citoyens tentent d'etablir un ensemble de lois equilibrees en faveur de l'interet general, vers un concept plus "loi de la jungle", ou le vote des lois se resume a une lutte d'influence. Et dans cette "jungle", les citoyens ne sont plus qu'un groupe d'interet comme un autre, qui doit donc etablir ses propres "lobbies" pour faire reconnaitre la necessite de prendre en compte "l'interet public".

Tel que je l'interprete, il ne critique pas tant l'existence de ces "lobbies citoyens" que leur necessite face a notre resignation devant cette "certaine conception de la democratie".
Parce que les USA mentiraient a leurs allies? Pas possible. Ce n'est pas comme si c'etait un pays capable d'emmener le monde entier faire la guerre, disons en Irak, pour chercher des armes de destruction massive que personne n'aurait jamais trouve...
FUD. Ayez peur des terroristes. Et si vous n'avez pas assez peur des terroristes, ayez peur de ce que votre gouvernement pourrait faire. Le pire etant qu'ils n'essaient meme plus de l'insinuer. Il dit ca directment...
Certes "vous pouvez dire que c'est mieux ciblé", reconnaît-il. Mais "en termes d'intrusion dans la vie privée — d'intrusion collatérale dans la vie privée —, vous finirez probablement par être dans une situation pire qu'avant en terme d'éthique".

Traduction: "Rien ne nous arretera pour obtenir ce qu'on veut."

Apres, faire pire pour la vie privee que l'ecoute globale, massive et permanente, j'ai du mal a imaginer. Dans le genre dystopique, "1984" placait deja la barre tres haut. S'il essaie de nous annoncer pire pour le monde reel, je crois que le terme de "democratie" a vecu. Deja qu'on peut douter qu'il s'appliquait jusqu'ici...
Le parallele n'est pas vraiment pertinent. Une boite vit aussi longtemps qu'elle est rentable. Elle n'a aucune "duree d'expiration". De plus, dans ce premier cas, la famille se retrouve avec 10M$ qui sont le seul heritage. Elle n'herite pas de la boite.
Dans le second cas, la famille se retrouve a gerer un droit d'une valeur tres aleatoire. Dans ton exemple, le livre devient un best-seller... mais les oeuvres ratees sont bien plus nombreuses que les best-sellers. Et si l'auteur revend simplement les droits sur son ouvrage, ne conservant que le droit moral (inalienable), alors le resultat est strictement identique a l'exemple precedent. Pas comparable, juste identique: la famille herite du montant correspondant a la cession des droits... et d'un droit moral non monnayable.

Donc, a mes yeux, c'est un argument un peu faible pour defendre un droit d'auteur indexe sur la mort de l'auteur. Ca serait bien plus pertinent pour defendre un droit d'auteur a duree fixe, comme il l'etait il y a longtemps. Cela permettrait a un editeur de racheter des droits qui ne risqueraient pas d'expirer a la mort de l'auteur, ni figer la creation autour d'une oeuvre pour plusieurs generations. Ca rendrait l'exploitation d'une oeuvre et les retours sur investissement suffisamment previsibles pour etre monnayables, donc ce serait suffisant pour encourager la creation et son financement.
Comme dans bien d'autres affaires, le droit d'auteur est evoque ici par une "victime" (qui, dans ce cas, n'est cependant pas une "victime innocente") et est completement a cote de la plaque. Le droit d'auteur ne protege pas une liste de clients, ou une simple enumeration en general. Ca a deja ete explicite par des tribunaux de plusieurs juridictions.

Il y aurait d'autres angles d'approche valides en droit, mais celui-ci est juste une tentative de plus de faire faire au copyright ce pour quoi il n'a pas du tout ete concu.
Les deux positions se defendent.

D'un cote, le droit europeen n'a pas a s'imposer au reste du monde, sinon il faudra s'attendre a une reponse equivalente des autres pays. Et j'imagine la Chine s'amener avec ses propres revendications.

De l'autre, le droit europeen a vocation a s'appliquer a l'Europe, quelque soit le moyen choisi pour acceder a un site. (Que l'on soit d'accord ou non avec le droit en question est un autre debat.)

Partant de la, c'est une question d'equilibre, de proportionalite du droit. Ce n'est pas forcement une question simple a resoudre.
Pas forcement tres ambitieux pour un debut, mais il y a quelques bons points. Cependant, il faudra se montrer plus agressif pour revenir sur les effets d'annees de lobbying du "Copyright Monopoly".
En gros, la justice a estime que Google ne pouvait pas servir a etablir un "casier judiciaire" plus complet que celui auquel l'employeur aurait du avoir acces. C'est assez coherent d'un certain point de vue. Le droit a l'information et le droit a l'oubli sont a equilibrer, et la justice a tranche en utilisant un bareme deja existant.
Le casier n°3, de memoire est fonction de la gravite de la peine et chaque entree est assortie d'une date d'expiration. Cela semble un critere relativement precis, mais cela signifierait aussi qu'une demande envers Google (ou tout autre moteur) devra etre accompagnee d'un extrait de casier judiciaire pour confirmer que la condamnation est "prescrite".
Cela ajoute un element de formalisme (au moins dans ce cas precis de demande), mais rend les choses relativement claires.

Maintenant, qu'en est-il du site du journal lui-meme?
Numerama sur les réseaux sociaux