Lettres de James Joyce à Nora.
Sujet ouvert par Don Quiche - Dernière réponse le 04 janvier 2005 à 21h31
Inscrit le 25/01/2004
1651 messages publiés
Après avoir volontairement supprimé le texte suite à quelques réactions offusquées je le réintègre finalement. Vous trouverez mes justifications pour cela dans ce topic. Je comprendrais que vous le jugiez inintérressant mais me conforterez dans mon bon droit si vous le trouviez choquant*. Mais peut-être en éprouverez-vous comme d'autres* attraction et répulsion mélée auquel cas j'en serais heureux.

Précisons donc qu'il est à déconseiller aux âmes prudes car si ce n'est qu'un texte, son pouvoir pornographique semble plus important que maintes photos ou vidéos. En dépit de sa nature il est cependant sans rapport avec les élucubrations d'un Sade*. Enfin, ce sont les lettres d'un amoureux à sa belle, et c'est ce qui rend ce texte si ambïgu.

*Voir mes posts plus loin.

Je tiens ces textes et l'introduction qui suit du site Ulysse qui, malheureusement, ne les présente plus.

Les lettres suivantes datent de l'année 1909 et furent écrites lors du second voyage de Joyce à Dublin. Adressées à sa compagne Nora Barnacle restée à Trieste, leur érotisme mélé de scatologie a longtemps empêché leur publication. Nora a non seulement participé à cet échange pornographique mais semble avoir souvent précédé son mari dans l'audace des propos, essentiellement dans le but d'entretenir chez lui des pratiques solitaires et de l'éloigner ainsi des prostitués. Hélas, les lettres de Nora ont disparu (définitivement ?) de la circulation. Pour plus d'information sur cette correspondance érotique de l'année 1909 et son influence sur l'oeuvre de Joyce, je vous renvoie au superbe ouvrage de Brenda Maddox, Nora, chez Albin Michel. Quant aux lettres ci-dessous, elles proviennent du n°83 de la revue Tel Quel, consacré à James Joyce.

2 décembre 1909
44 Fontenoy Street, Dublin.


Ma chérie. Je devrais commencer par te demander pardon, peut-être, pour la lettre extraordinaire que je t'ai écrite hier soir. Tandis que je l'écrivais, ta lettre était devant moi et mes yeux étaient fixés, comme ils le sont maintenant encore, sur un certain mot. Il y a quelque chose d'obscène et de lubrique dans l'aspect même des lettres. Sa sonorité aussi est pareille à l'acte lui-même, bref, brutal, irrésistible et satanique.

Chérie, ne t'offense pas de ce que je t'ai écrit. Tu me remercies du beau nom que je t'ai donné. Oui, ma chérie, c'est un beau nom: "Ma belle fleur sauvage des haies ! Ma fleur bleu-nuit innondée de pluie !" Tu vois que je suis encore un peu poète. Je te donne aussi un très joli livre en cadeau: et c'est le cadeau d'un poète à la femme qu'il aime. MAIS, tout à côté et à l'intérieur de cet amour spirituel que j'ai pour toi, existe aussi un désir sauvage, bestial, de chaque pouce de ton corps, de chacune de ses parties secrètes et honteuses, de chacune de ses odeurs et de ses actions. Mon amour pour toi me permet de prier l'esprit de la beauté et de la tendresse éternelles reflété dans tes yeux ou de te jeter sous moi sur ce ventre que tu as si doux et de te baiser par derrière, comme un porc besognant une truie, me faisant gloire de la sueur empuantie qui monte de ton cul, de la honte étalée que proclament ta robe troussée et tes culottes blanches de petite fille, et de la confusion que disent assez tes joues brûlantes et tes cheveux en bataille

Il me permet d'éclater en sanglots de pitié et d'amour pour une parole à peine, de trembler d'amour pour toi en entendant tel accord ou telle cadence musicale, ou bien d'être couché avec toi tête-bêche, sentant tes doigts me caresser et me chatouiller les couilles ou fichés en moi par derrière, et tes lèvres chaudes suçant ma bite, tandis que ma tête est coincée entre tes grosses cuisses, mes mains serrant les coussins ronds de ton cul et ma langue léchant avidement dans ton con rouge et dru. Je t'ai appris à presque te pâmer en écoutant ma voix chanter ou murmurer à ton âme la passion, la peine et le mystère de la vie, et en même temps je t'ai appris à me faire des signes orduriers des lèvres et de la langue, à me provoquer par des attouchements et des bruits obscènes, et même à accomplir en ma présence l'acte corporel le plus honteux et le plus dégoûtant. Tu te souviens du jour où tu as relevé tes vêtements et m'a laissé me coucher au-dessous de toi pour te regarder en pleine action ? Tu eus honte alors de croiser seulement mon regard.

Tu es à moi, ma chérie, à moi ! Je t'aime. Tout ce que je viens d'écrire, c'est quelques instants seulement de folie bestiale. La dernière goutte de semence vient à peine de gicler dans ton con, que cette folie a pris fin, et mon amour sincère pour toi, l'amour de mes poèmes, l'amour de mes yeux pour tes yeux étranges et tentateurs, vient souffler sur mon âme comme un vent d'épices. Ma bite est encore chaude, raide, tremblante de la dernière poussée brutale qu'elle t'a donnée, que l'on entend une hymne légère monter des sombres cloîtres de mon coeur, chantant mon adoration tendre et pitoyable.

Nora ma chérie fidèle, ma petite canaille d'écolière aux yeux doux, sois ma putain, ma maîtresse, autant qu'il te plaira (ma petite maîtresse branleuse ! ma petite putain à baiser !) tu es toujours ma splendide fleur sauvage des haies, ma fleur bleu-nuit innondée de pluie.

Jim.


8 décembre 1909
44 Fontenoy Street, Dublin.

Ma douce petite pute Nora


J'ai fait comme tu me disais, ma sale petite fille, et je me suis branlé deux fois en lisant ta lettre. Je suis ravi de voir que tu aimes être foutue par le cul. Oui, maintenant je peux me rappeler cette nuit où je t'ai foutue si longtemps par derrière. Chérie, ça a été la baise la plus dégueulasse que je t'ai jamais faite. Ma pine est restée plantée dans toi pendant des heures, te foutant et te refoutant par en dessous ta croupe redressée. Je sentais tes grosses fesses grasses en sueur sous mon ventre et je voyais ta face enfiévrée et tes yeux fous. A chaque coup de queue que je te donnais ta langue impudique jaillissait d'entre tes lèvres et si je t'en donnais un coup plus fort plus profond que d'habitude des pets bien gras bien sales sortaient en crachotant de ton derrière. Tu avais un cul plein de pets cette nuit-là, chérie, et je te les sortais en te foutant, des bons gros copains bien gras, des longs venteux, des petits craquants gai rapide et tout un tas de petits minuscules polissons de pets qui se terminaient en une coulée jaillissant de ton trou. C'est merveilleux de foutre une femme qui a des pets quand chaque coup de queue les fait sortir un par un. Je crois que je reconnaîtrais n'importe où un pet de Nora. Je crois que je pourrais repérer le sien dans une salle pleine de femmes péteuses. C'est un bruit plutôt fillette pas le pet mouillé lâche que j'imagine chez les femmes grasses. Il est soudain et sec et sale comme celui qu'une petite fille effrontée décocherait la même nuit pour rire dans un dortoir. J'espère que Nora me décochera sans fin ses pets dans la face pour que je puisse aussi connaître leur parfum.

Tu dis que quand je reviendrai tu me suceras et tu veux que je te lèche le con, petite salope dépravée. J'espère qu'une fois tu me surprendras quand je dors et que je suis habillé, que tu t'approcheras furtive avec l'ardeur d'une putain dans tes yeux ensommeillés, et tu me déboutonneras doucement bouton après bouton la braguette de mon pantalon et doucement tu y prendras le gros mickey de ton amant, et que tu l'avaleras de ta bouche humide et que tu le suceras encore et encore jusqu'à ce qu'il devienne plus gros et plus raide et qu'il te décharge dans la bouche. Moi aussi une fois je te surprendrai endormie, je te remonterai les jupes et j'ouvrirai doucement ta culotte brûlante, puis je m'étendrai doucement à côté de toi et je commencerai à lécher paresseusement tout autour de ta fourrure. Tu commenceras à te remuer et à t'agiter alors je lécherai les lèvres du con de ma chérie. Tu commenceras à gémir et grogner et soupirer et péter de joie dans ton sommeil. Alors je lécherai plus vite et plus vite comme un chien vorace jusqu'à ce que ton con soit une masse de bave et que ton corps se torde sauvagement.

Bonne nuit, ma petite Nora péteuse, mon dégoûtant petit oiseau fouteur. Il y a un mot charmant, chérie, que tu as souligné pour que je me branle mieux. Ecris-moi plus sur ça et toi, avec douceur, plus sale, PLUS SALE.

Jim.


9 décembre 1909
44 Fontenoy Street, Dublin.

Mon doux vilain petit oiseau fouteur,


Voici un autre billet pour acheter de jolies culottes ou des bas ou des jarretières. Achète des culottes de putain, mon amour, et ne manque pas d'en asperger les jambes avec quelque parfum délicat et aussi de les décolorer juste un petit peu derrière.

Tu sembles anxieuse de savoir comment j'ai accueilli ta lettre que tu dis pire que la mienne. Comment ça pire que la mienne, mon amour ? Oui, elle est pire en un endroit ou deux. Je pense à l'endroit où tu dis ce que tu feras avec ta langue (je ne pense pas au fait que tu suceras) et à ce mot charmant que tu écrit si gros et que tu soulignes, petite salope. C'est excitant d'entendre ce mot (et un ou deux autres que tu n'as pas écrits) sur les lèvres d'une fille. Mais je souhaite que tu parles de toi et non de moi. Ecris-moi une longue longue lettre, pleine de ça et d'autres choses, sur toi, ma chérie. Tu sais maintenant comment me faire bander. Dis-moi les plus petites choses sur toi pour autant qu'elles sont obscènes et secrètes et dégoûtantes. N'écris rien d'autre. Que chaque phrase soit pleine de sons et de mots sales. Ils sont tous également charmants à entendre et à voir sur le papier mais les plus sales sont les plus beaux.

Les deux parties de ton corps qui font des choses sales sont pour moi les plus charmantes. Je préfère ton cul, chérie, à tes nichons parce qu'il fait une chose tellement sale. J'aime ton con non tant parce que c'est la partie que je baise que parce qu'il fait une autre chose sale. Je pourrais rester couché en me paluchant toute la journée rien qu'à regarder le mot divin que tu as écrit et la chose que tu as dit que tu me ferais avec ta langue. Je voudrais pouvoir entendre tes lèvres bredouiller ces mots orduriers divinement excitants, voir ta bouche faire des sons et des bruits sales, sentir ton corps se tordre sous moi, entendre et sentir les gras sales pets fillette qui jaillissent pop pop de ton joli nu popotin fillette et foutre foutre foutre foutre à jamais le con de mon vilain brûlant petit oiseau fouteur.

Je suis heureux maintenant, parce que ma petite putain me dit qu'elle veut que je ramone son cul et qu'elle veut que je foute sa bouche et qu'elle veut me déboutonner et me sortir mon mickey et le sucer comme un téton. Plus et plus sale que ce qu'elle veut me faire, ma petite fouteuse nue, ma vilaine branleuse qui se tortille, ma douce petite péteuse.

Bonne nuit, ma petite connie je vais me coucher et me branler jusqu'à ce que je décharge. Ecris plus et plus sale, chérie. Chatouille-toi ton petit machin pendant que tu écris pour que tu dises pire et pire encore. Ecris les mots sales en gros et souligne-les et baise-les et tiens-les un moment contre ton doux con brûlant, chérie, et remonte aussi ta robe un moment et tiens-les sous ton cher petit popotin péteur. Fais plus si tu veux et envoie-moi alors la lettre, mon oiseau fouteur chéri au cul brun.

Jim.



Et si vous avez été choqué par ce texte, vous pouvez toujours expier vos pêchés par la lecture de
ces ouvrages.
57 réponses
Pas choquant mais vulgaire et totalement déplacé sur ce forum...

Modérateurs, à vous
Inscrit le 14/09/2002
552 messages publiés
Je suis de même avis que winniez, c'est vulgaire et personnellement je ne voit pas l'intéret de nous plonger dans des lettres privées entre deux êtres qui s'aiment.
Ce qui m'ennuie le plus (en plus du faite de ne pas voir l'intêret sur ce forum de texte érotique si hummmmmmmm détaillé) je pense c'est que c'est tirer d'une correspondance privée et non d'un livre librement et volontairement publier.
à‡a tombe bien, j'ai perdu mes lunettes
Pour plus d'information sur cette correspondance érotique de l'année 1909 et son influence sur l'oeuvre de Joyce, je vous renvoie au superbe ouvrage de Brenda Maddox, Nora, chez Albin Michel. Quant aux lettres ci-dessous, elles proviennent du n°83 de la revue Tel Quel, consacré à James Joyce.


Nombre d'ecrivains publient leurs correspondaces de leur vivant ou non, c'est essentiel a la comprehension de leur oeuvre, de leur etre.

Je vous conseille dans le genre epistolaire mais plus delicat pour les ames chastes et prudes : les lettres de Kafka a Milena Jesenskà

http://perso.wanadoo...alire/kafka.htm

Parmi les plus belles lettres d'amour....

Il existe aussi une biographie de cette femme extraordinaire de modernité (a cet epoque) morte en deportation
[message édité par queer le 07/03/2004 à 14:09 ]
Inscrit le 26/01/2003
2355 messages publiés
Mouais mouais mouais... :frown:
Il est clair que la teneur des textes n'a pas sa place sur le forum et encore moins dans la section culture.
Mais faut il pour autant modérer? Ou faut il faire appel au bon sens de celui qui a proposé cette lecture.
Don Quiche en ton âme et conscience, explique toi sur le besoin de poster ces correspondances...
Je trouve juste regrettable que des textes de 1909 puisse déranger encore à l'heure d'aujourd'hui mais je ne vois pas leur intérêt, livrés brut de décoffrage.

edit: Don Quiche tu as tout éffacé
Mais ça n'empèche pas de lancer le débat sur un sujet tres interessant quand même?
Qu'est ce qui choque dans cette correspondance?
Inscrit le 05/06/2003
3256 messages publiés
ce qui choque c'est l'aveu d'instincts bestials que l'on reconnaît tous un peu (ou beaucoup) en soit.

On peu trouver ça cru, vulgaire, sale mais pas forcément choquant....
Inscrit le 13/08/2002
5849 messages publiés
Crade certe, mais bien écrits
Ah ils savaient s'y faire à l'époque...
Inscrit le 05/06/2003
3256 messages publiés
en même temps karel si on veut débattre pour ceux qui n'ont pas lu le texte ça va être coton maintenant :biggrin:
Don Quiche

N'a pas sa place dans la section culture ?
vulgaire ?

Houellebecq ?
Baudelaire ?
Gautier ?

L'origine du monde ?


http://www.ava.qc.ca...es/Courbet.html

photo de l'origine du monde dans le lien
[message édité par coco2 le 07/03/2004 à 14:47 ]
Inscrit le 14/09/2002
552 messages publiés
edit: Don Quiche tu as tout éffacé
Mais ça n'empèche pas de lancer le débat sur un sujet tres interessant quand même?
Qu'est ce qui choque dans cette correspondance?

Personnellement le contenu ne me choque pas car je n'y est pas resentis de la pornographie pur et dur ( si il y avait des trucs durs mais ... :biggrin: )mais des lettres d'amour érotique.
Non ce que je reproche peut être c'est le lieu de diffusion sans développer l'intérêt comme par exemple queer le dit cela peut permettre de mieux cerné l'auteur et encore tout dépend de ces oeuvres précédentes (j'avoue que je ne connais pas l'auteur donc ne peut me prononcer sur le fait que ca permet de mieux le cerné). Mais là le seul commentaire c'était je crois "moi ca me fait rire"

PS : il faudrait peut être remettre un bout d'une des lettres pour permettre à tout le monde de comprendre avec un avertissement biensûr

EDIT / coco s'il te plait enlève la photo car ca oui je trouve ca obscène mais si oeuvre d'art ici
[message édité par sabe le 07/03/2004 à 14:35 ]
Non je ne l'enleverai pas car c'est toi qui trouve ca obscene
Moi je ne le trouve pas...

Lis l'explication... http://www.ava.qc.ca...es/Courbet.html

Toulouse-Lautrec a eu les memes problemes, il a eu une reponse fabuleuse dans le film Moulin Rouge de John Huston... L'original.
[message édité par coco2 le 07/03/2004 à 14:42 ]
moi je vais poster des ejacs faciales, perso je trouve pas ça vulgaire...

non mais ca devient vraiment n'importe quoi
Inscrit le 14/09/2002
552 messages publiés
Coco je t'ai dit "s'il te plait" ce n'était pas un ordre zen
moi je vais poster des ejacs faciales, perso je trouve pas ça vulgaire...

non mais ca devient vraiment n'importe quoi

Rien a voir Winniez....
http://www.ratiatum....=0&#entry309575

Sabe ,

Je trouve ca dingue qu'un siecle apres, on en revienne a ca
le baiser de Rodin indecent, Flaubert en proces pour Madame Bovary, Courbet "censuré"....

Mais bon.....
[message édité par coco2 le 07/03/2004 à 14:56 ]
Inscrit le 13/08/2002
1701 messages publiés
C'est parfaitement obscene dans la gratuité de l'acte sans demonstration.

Coco2 arretez de googliser.
Inscrit le 26/01/2003
2355 messages publiés
@Winniez: tes propositions sont hors sujet petit ourson
Par contre pour en revenir au sujet c'est vrai que les textes ont disparus. Donc pour en discuter il faut encore les avoir lus.
Ce qui m'a choqué ce n'est pas autant les lettres en elles même, c'est de voir que des textees de 1909 pouvaient trouver un écho puritain notamment le mien en ce début de 21eme siècle. C'est surtout ça qui m'a rendu mal à l'aise.
Pour autant, l'image de Coco2 illustre bien le malaise qui sommeille en nous par rapport au sexe à la nudité ou autres sujets tabous.
Toutefois comment faire l'imapsse sur des oeuvres érotiques comme Sade?
N'a-t-il pas été "modéré" enfermé à cause des disgressances de ces écrits d'époque?
Ne faisons nous pas nous même quelque part la même chose?
Le tort de ce topic est surement de ne pas avoir donné de ligne directrice au départ, afin de cadrer le sujet.
Quoi qu'il en soit si le but était de faire réagir et pousser vers ce type de reflexion que Coco2 semble partager également, je ne peux que tirer mon chapeau à Don Quiche pour cette brillante démonstration et lui signifier tout mon respect.
Inscrit le 25/01/2004
1651 messages publiés
Pourquoi j'avais-je mis ? Pas pour un quelconque raison philologique prétendant éclairer l'oeuvre de l'auteur : j'en connais trop peu de lui (tiens, ajout à ma liste de courses à faire à la Fnac) pour savoir si cela présente un simple intérêt. Plutôt parce que j'avais entendu cette correspondance pour la première fois au cours d'une lecture par Gainsbourg (à la radio à 11h du matin) et elle m'avait marqué. Il y a dans ce texte une acceptation pleine (car avouée à un être aimé) d'un partie de soi que l'on peut appeler bestiale (comme l'a fait bigfinger) ou pulsionnelle (ce qui est peut-être équivalent), ce qui est assez rare. Nier cette part revient pour moi à se nier soi-même, ce que je crois à l'origine de nombre de frustrations. En ce sens, voir écrit de tels propos est, je trouve, libérateur (à l'âge où j'ai découvert ces textes, ce le fut peut-être en tout cas), je suis d'ailleurs conforté par la réaction qu'ont eu des personnes à qui j'avais présenté ce texte et qui avouait y trouver attraction et répulsion mélée.

Quant au fait que ce soit issu d'une correspondance privé, et bien James Joyce est mort depuis assez longtemps et ces textes n'atteignant pas sa mémoire (mais d'autres auront peut-être un jugement différent), vous me pardonnerez de faire peu de cas de l'argument. Avouera t-on après ma mort que je chiais et baisai, et même avec plaisir ?

Si j'étais certain que ce forum n'était fréquenté que par des majeurs je l'aurais laissé sans aucune hésitation, car nous sommes quand même au XXIè siècle, bordel ! Maintenant, je vais demander à un modo de me donner son adresse mail, lui enverrai et le laisserai juge sachant que pour ma part j'aimerais que le texte reste ici.

Je m'étonne que "L'origine du monde" puisse soulever autant de débats à notre époque. L'explication qu'en a fourni coco2 justifie bien la présence de ce tableau dans un musée et a fortiori dans ce topic n'étant pas sans lien avec les textes que j'avais donné. Le qualifier de sexiste et prétendre que la femme y est ici représentée comme une femme-objet relève de l'hypocrisie : je vous renvoie aux "Monologues du vagin", écrit par une femme irritée par toute cette hypocrisie et ces silences autour du sexe féminin. Quant à retirer le lien donné par coco2 est une plaisanterie : ce tableau est tout de même en bonne place au Louvre. :colere:
[message édité par Don Quiche le 07/03/2004 à 15:37 ]
Inscrit le 13/08/2002
1701 messages publiés
Le seul problême c'est que certain d'entre vous agissent à la manière de publicitaire, à la recherche de l'efficace au détriment du sens. Nous sommes à l'an 2000, le sexe n'a plus rien de tabou dans sa représentation....on en a même un étalage excessif vis à vis de la réalité. Alors quel intêret de vouloir partager des textes érotiques juste pour montrer "la partie bestial" qui est en nous ? Cette partie est stimulé chaque jours par la publicité, par les médias au point même de créer une distortion entre la stimulation d'un désir et l'accomplissement de celui-ci, d'ou frustration. Je trouve que c'est faire du pseudo-sulfureux/sensationniel avec des textes qui ne choquerait même pas un adolescent adepte du surf internet

Sinon coco2, tu lis les liens que tu donnes ?

Non je ne l'enleverai pas car c'est toi qui trouve ca obscene
Moi je ne le trouve pas...


Ton lien :

Le tableau agit dans un espace public et à cet égard, il implique la notion d'obscénité. Le mot obscène vient d'obscenus, qui veut dire de mauvais augure, en latin. Ob-scène : en dehors de la scène.


Inscrit le 25/01/2004
1651 messages publiés
Contrairement à Sade, nous parlons non seulment ici d'une correspondance entre amoureux dont le seul "tort" est d'être sexuelle et vulgaire, et non pas de la volonté de détruire l'innocence, de violer des vierges, de baiser des cadavres éventrés et plus généralement de trouver son plaisir dans la torture, la mort et la destruction d'autrui.

Si ça ne justifie pas que l'on interdise Sade, je ne soutiens pas la comparaison avec Joyce qui reste "moralement sain" (oui, c'est relatif, mais occidentalement vrai je crois) quand bien même on ne patagerait pas ses pratiques.
[message édité par Don Quiche le 07/03/2004 à 15:57 ]

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