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Guillaume Champeau
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Collecter des informations sur Internet est « apprendre ». Poster de l'information sur le net est « partager ». Essayez exactement la même chose avec de la musique enregistrée et ça devient « voler ». (Jessica Litman, Sharing & Stealing)
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Ce lundi matin, l'ancien patron de Canal+, Pierre Lescure, remettre au gouvernement et à l'Elysée les conclusions de sa mission "sur l'acte 2 de l'exception culturelle", qui doit définir l'après-Hadopi sous l'ère François Hollande. Sans surprise, comme c'était déjà prévisible depuis de nombreux mois, Pierre Lescure va proposer la suppression de l'institution administrative Hadopi, pour abattre le symbole, mais pas la suppression de ses principales missions, qui seront réattribuées à d'autres administrations. Un tour de passe-passe médiatique qui tente de tromper ceux qui croyaient encore que le gouvernement socialiste allait véritablement changer de politique face au piratage.

En effet, selon le Journal du Dimanche, qui confirme les informations qui avaient déjà fuité la semaine dernière, la riposte graduée ne sera pas supprimée, mais simplement réaffectée au CSA, dans une version qui promet d'être pire encore.

La sanction jamais appliquée de la suspension de l'accès à internet devrait en effet être remplacée par un système d'amendes automatisées, dont le JDD ne dit rien du montant. Selon les souhaits régulièrement émis par les ayants droit, il pourrait être de 140 euros par infraction constatée. Sur le papier, la riposte graduée sera donc adoucie pour qui ne regarde que la peine maximale encourue. Dans les faits, si le Conseil constitutionnel autorise la mise en place d'un tel système de radars sur les autoroutes du P2P, la riposte gradée version CSA sera bien plus redoutable que l'actuelle, qui n'a abouti qu'à une toute petite poignée de condamnations en trois ans.

Jamais appliquée, la sanction de la suspension de l'accès à internet ne disparaîtra que pour être le symbole que fut la Bastille pendant la Révolution française. Mais il n'y aura cette fois aucune révolution.

Côté offre légale, la mission Lescure se contenterait du minimum syndical, avec une chronologie des médias revue et corrigée pour autoriser la VOD dès trois mois après la sortie en salle, voire plus vite encore pour les films les moins exposés. Lorsque l'on voit la nullité du bilan de l'Hadopi en matière d'effet sur l'offre légale, une telle mesure paraît devoir s'imposer d'elle-même.

Et bien sûr, un rapport sur l'industrie culturelle ne pouvant s'en passer, des mesures fiscales seront proposées, pour subventionner plus encore l'industrie à travers de nouvelles taxes, et une révision de la redevance copie privée (sans doute pour taxer le cloud).

Tous les détails dans la matinée de lundi, ou à la mi-journée.


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Nous l'avons souvent écrit, le vrai bilan de la riposte graduée ne doit pas se juger au nombre d'e-mails envoyés ou de dossiers renvoyés devant les tribunaux, mais à l'évolution réelle du marché du disque et du cinéma. Même à considérer que la riposte graduée ait un effet sur les échanges d'oeuvres, cet effet n'a d'intérêt que s'il est accompagné d'une croissance des ventes de musiques et de films, supérieure à celle de pays comparables où n'existe pas d'équivalent de la loi Hadopi. A défaut, si les internautes piratent moins mais que les créateurs ne gagnent pas davantage, c'est bien la culture qui devient perdante.

Or malgré les quelques 1,7 millions de messages d'avertissements envoyés depuis octobre 2010, les chiffres du marché légal ne plaident pas en faveur d'une utilité économique de la riposte graduée, loin s'en faut. Jugez plutôt :


En 2012, le marché de la musique enregistrée a encore chuté en France de 4,4 %, à 589,7 millions d'euros (source : SNEP, .pdf). Pourtant dans le même temps, au niveau mondial, le marché a renoué pour la première fois depuis 1999 avec la croissance. 21 pays ont vu les revenus de la musique enregistrée augmenter chez eux l'an dernier, dont 9 des 20 plus gros marchés mondiaux, parmi lesquels la Suède, la Norvège, l'Australie ou le Canada (source : IFPI).

Malgré la riposte graduée, le marché musical en France fait aussi mal voire pire que d'autres pays comparables qui n'ont pas d'équivalent de la loi Hadopi, comme l'Allemagne (- 4,6 %), l'Italie (- 1,8 %), les Pays-Bas (- 4,7 %), ou la Grande-Bretagne (- 5,6 %).

La croissance du numérique est certes plus forte en France (+ 12 %) que la moyenne mondiale (+ 8 %), mais il s'agit uniquement d'un effet de rattrapage. Le numérique ne représente en France que 25 % du marché musical en 2012, alors qu'il représente 35 % à l'échelle mondiale.

En Corée du Sud, qui a été le premier pays à mettre en oeuvre une riposte graduée en 2009, les revenus musicaux ont baissé de 5 % en 2012, après plusieurs années de croissance qui avaient commencé dès 2008, avant l'envoi des premiers avertissements. Un article passionnant de Music Industry Blog démontre bien que la croissance n'a pas été portée par la riposte graduée, mais par une offre légale boostée par une offre de streaming très attractive (seulement 3$), et par un phénomène de mode qui voyait les Coréens acheter des chansons pour personnaliser leur profil sur le réseau social Cyworld. Les revenus de la musique numérique ont chuté, en grande partie à cause de la chute de Cyworld, et fait inédit, la musique physique reprend de l'ampleur avec une croissance de 19 % portée par les efforts marketing considérables que font les maisons de disques pour proposer des produits physiques packagés, qui intègrent le disque et d'autres goodies que s'arrachent les jeunes coréens. Sachant que la Corée avait été dès 2006 le premier pays au monde à avoir davantage de musique vendue en numérique qu'en physique, le retour en grâce du support physique sera très intéressant à observer.

Au niveau cinéma, ZDNet pointait du doigt récemment la panne du marché de la vidéo en France. Au premier trimestre, les ventes de DVD et Blu-Ray ont baissé de 8,7 % en volume, et même la VOD a baissé, pour la première fois. D'une année à l'autre, le marché de la VOD a baissé en France de 16,9 % en nombre de locations, et de 10 % en valeur ! Aux Etats-Unis, comme en Grande-Bretagne, le marché progresse. Deux pays qui ne connaissent pas de riposte graduée (ou seulement très récemment pour les USA).

Les salles de cinéma non plus ne bénéficient pas d'un effet Hadopi. Sur les 12 derniers mois, le CNC enregistre une baisse de 11,1 % des entrées en salle. Là encore, l'effet paraît plus prononcé en France qu'ailleurs, malgré les avertissements de l'Hadopi censés inciter les spectateurs à renouer avec les cinémas plutôt que de télécharger des films sur eMule ou BitTorrent pour les regarder chez eux. L'Observatoire Européen de l'Audiovisuel montre en effet qu'en 2012, les entrées en salle dans l'Union Européenne ont baissé en moyenne de "seulement" 2,4 %, mais de 5,9 % en France. En Allemagne, qui n'a pas de riposte graduée, les entrées ont progressé de 4,2 %.


Il est effectivement grand temps de passer à autre chose. Mais si cet autre chose vise encore à lutter contre le piratage plutôt qu'à proposer une offre légale réellement attractive, ce sera encore un coup pour rien. Et beaucoup de temps de perdu.


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Sur le marché très disputé des services de GPS, Waze s'est progressivement imposé avec un concept novateur. Plutôt que de se reposer sur une base de données fournie par un service de cartographie et d'info-trafic traditionnel, Waze permet aux utilisateurs d'échanger des informations en temps réel sur l'état du trafic, les accidents qu'ils rencontrent, les radars mobiles installés par la police, etc. Ils peuvent même proposer des modifications du tracé des routes pour mettre à jour les cartes le plus rapidement possible.

Waze serait utilisé aujourd'hui par 45 millions de personne, et continue de croître à un rythme important. 90 millions d'avertissements ont été rédigés par la communauté l'an dernier, sur près de 10 milliards de kilomètres parcourus, et 500 millions d'éditions de la carte ont été réalisées par 65 000 cartographes amateurs.

Il n'est donc pas surprenant que le service attire les convoitises. Alors que des rumeurs avaient circulé sur un possible rachat de Waze par Apple (suite au fiasco d'iOS Maps), voire même par Microsoft, c'est finalement Facebook qui pourrait sortir le carnet de chèques. Selon le site israélien Calcalist (Waze étant basé en Israël), dont les informations sont jugées fiables par TheNextWeb, Facebook négocierait déjà depuis 6 mois le rachat de Waze, pour un montant proche du milliard de dollars.

Une telle acquisition serait naturelle pour Waze, qui a intégré Facebook sur son application en octobre 2012... donc peu ou proue au moment où les négociations supposées auraient débuté avec Mark Zuckerberg. Réciproquement, Facebook a mis en valeur l'application Waze parmi les quelques applications visibles sur l'illustration officielle de son interface Android Facebook Home.

Pour Facebook, Waze est une voie royale pour l'obtention de données de géolocalisation, et la vente de publicités locales en concurrence avec Google. Ce qui ne sera pas sans soulever quelques inquiétudes pour les utilisateurs de Waze, si Facebook devenait obligatoire.

Actuellement, la politique de vie privée de Waze indique que le service "collecte votre localisation et les informations sur votre trajet", et que "en configurant votre compte Waze pour l'intégrer aux réseaux sociaux, y compris en s'enregistrant sur Waze en utilisant votre compte de réseau social (tel que votre compte Facebook), vous acceptez de partager des informations (y compris des informations qui peuvent personnellement vous identifier) entre Waze et les réseaux sociaux". Elle ajoute que "l'utilisation par le réseau social des informations rendues disponibles par Waze sont gouvernées par la politique de vie de ce réseau social et contrôlées par ce réseau social, pas par Waze".


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La semaine dernière, nous rapportions que le gouvernement des Etats-Unis avait durement dénoncé la prétendue inaction de l'Ukraine en matière de lutte contre la contrefaçon, dans un rapport officiel qui distribue chaque année les bons et les mauvais points aux pays du monde entier. Alors qu'aucun pays n'y était entré depuis sept ans, l'Ukraine a été classé cette année dans la catégorie des "Priority Foreign Countries", qui est réservée aux "pays avec les actes les plus graves liés aux droits de propriété intellectuelle".

Il est notamment reproché au pays de ne rien faire contre le tracker BitTorrent ExtraTorrent.com, ou contre le service d'échange anonyme de fichiers EX.UA, qui serait le 12ème site le plus visité en Ukraine.

Concrètement, un tel classement donne aux USA la possibilité de suspendre l'Ukraine de son programme d'aides aux pays en développement, ce qui représente une menace très importante. Il n'est donc pas étonnant de voir que le pays d'Europe de l'Est cherche à temporiser, et à affirmer sa volonté de mettre en oeuvre la politique répressive attendue par les Etats-Unis.

"Nous espérons que le gouvernement des Etats-Unis étudiera minutieusement les mesures concrètes prises par l'Ukraine pour assurer la protection effective des droits de propriété intellectuelle, et prendra alors une décision bien pesée", a indiqué dans un communiqué le service de propriété intellectuelle urkainien (SIPS).

Alors que le rapport américaine reprochait à l'Ukraine de n'avoir "pas eu une seule condamnation liée au piratage sur Internet en Ukraine en 2012", le SIPS indique que des actions pénales ont été entreprises depuis janvier sur 316 affaires de violations de droits de propriété intellectuelle, sans préciser si des sites Internet étaient concernés. Plus de 30 millions de copies de produits audiovisuels ont été saisis. De plus, cinq usines fabriquant des produits contrefaits avec l'utilisation illégale de marques commerciales ont été fermées.


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Alors que le projet semblait avoir été repoussé l'an dernier, le nouveau président de l'Autorité italienne de régulation des communications (AgCom) a fait savoir qu'il était favorable à une proposition de l'industrie culturelle, qui demande que l'autorité administrative se dote du pouvoir d'ordonner le blocage de sites internet accusés de contrefaçon. Les opérateurs auraient alors l'obligation de se conformer à l'ordonnance de filtrage, sous peine de sanctions, sans que l'autorité judiciaire n'ait son mot à dire sur l'illégalité réelle du site concerné.

Le retour d'un tel projet a ému le web italien, et incité une dizaine d'organisations à se réunir pour envoyer une lettre commune au régulateur, afin qu'il renonce à ces prérogatives.

Une telle "réglementation de l'Autorité de régulation des communications permettrait à l'Autorité de fermer des sites web uniquement suspectés de violation de droits d'auteur, sans procès. Le risque est qu'une protection légitime des droits d'auteur se transforme en censure arbitraire", explique la missive signée notamment par l'association de consommateurs Altroconsumo.

"Nous estimons qu'il n'est pas opportun que l'Autorité puisse prétendre réguler directement des domaines que la Constitution confie au législatif et au judiciaire (...). Le droit d'auteur devrait être régulé de telle sorte qu'il soit assuré dans le monde numérique un juste équilibre entre les différents intérêts, ou alors ce qui était un outil pour encourager la créativité et de nouveaux contenus va devenir un système de surveillance et de censure envahissant, et un obstacle intolérable à l'accès à la culture et à l'information".

Par ailleurs, les organisations dénoncent les coûts d'une telle mesure, et estiment qu'il n'est pas justifié au regard de la récente étude financée par la Commission Européenne, selon laquelle le piratage n'aurait pas d'effet négatif sur la consommation de l'offre légale.

Le mois dernier, les autorités italiennes ont procédé au blocage de 27 sites de stockage en cloud, sans permettre aux sites concernés de se défendre avant de subir les effets du blocage.

La lettre a été signée par Altroconsumo, Assoprovider, Assonet, Aiip, Articolo21, Free Hardware Foundation Italia, IWA Italy - International Webmasters Association, Linux Club Italia, Stati Generali dell'Innovazione, Rete dell'innovazione, Associazione Piccole Imprese et Consulenti per l'Informatica.


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Aucune des deux consoles de nouvelle génération n'exigera du joueur qu'il soit connecté à Internet pour pouvoir lancer ses jeux vidéo. Alors que cette possibilité avait été évoquée pour la prochaine Xbox de Microsoft, avant d'être finalement enterrée dans une note interne, Sony assure de son côté qu'il n'a jamais envisagé d'imposer à ses clients de disposer d'une connexion permanente à internet pour utiliser la future PS4, qui sera dévoilée le mois prochain.

"Est-ce que nous l'avons envisagé ? Non, nous ne l'avons pas envisagé", a affirmé le président de Sony Worldwide Studios à Game Informer Magazine, dont l'interview est retranscrite par Gamespot. "La principale raison étant que beaucoup de pays n'ont pas de connexions à internet robustes. Ca fait sens pour les gens d'avoir une connexion à internet pour jouer à des jeux en ligne, mais pour les jeux hors ligne, il y a beaucoup de pays dont nous avons vu qu'ils n'ont vraiment pas un Internet robuste".

Comme sur la prochaine Xbox "Durango", les éditeurs pourraient néanmoins avoir la possibilité d'imposer une première connexion obligatoire lors de l'installation du jeu, pour rendre obligatoire le téléchargement d'un code d'activation à partir d'une clé fournie dans la boîte du jeu. Cette méthode, de plus en plus répandue, permet à l'éditeur de s'assurer que le joueur n'utilise pas une version piratée, et lui permet surtout de contrôler le marché du jeu vidéo d'occasion. Il n'est pas interdit de revendre un jeu vidéo, mais l'acheteur doit alors acquérir un code d'activation supplémentaire au moment où il installe le jeu.


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Ce n'est malheureusement pas une première. Mercredi, l'accès à internet a été totalement coupé en Syrie, comme il l'avait déjà été en novembre 2012 pour déstabiliser les opposants de Bachar El-Assad, privés de tout moyen moderne de communication. Auparavant, la Syrie avait également connu des coupures d'internet plus ou moins longues en juin 2011 ou en juillet 2012 (seulement quelques dizaines de minutes). Il n'est cependant pas possible, à l'heure actuelle, de savoir s'il s'agit d'un simple problème technique - peu probable, ou d'une initiative prise une nouvelle fois par le régime syrien pour contrôler la population.

Si l'on en juge par le graphique du Transparency Report de Google, qui montre le trafic provenant de Syrie, l' l'accès à internet de tout le pays a été coupé autour de 20h30 mardi soir, avant de le rétablir peu après 16h ce mercredi 8 mai.

La même tendance est confirmée par Renesys, qui indique que la quasi totalité des chemins reliant la Syrie au reste du monde ont été effacés de la table de routage globale. "Nous n'avons pas pu envoyer avec succès le moindre ping ou traceroute vers n'importe quel serveur en Syrie", explique la société. "Le gouvernement, les sites web, les universités, les serveurs de noms de domaine, les routeurs des infrastructures clé, les banques, les entreprises, les clients DSL, les téléphones mobiles : tout est silencieux."



Renesys y voit la manifestation d'une certaine fragilité d'internet, qui reste très dépendant des autorités dans certains pays où les infrastructures sont centralisées. "La nation entière a disparu d'Internet en l'espèce de 30 secondes, comme si un bouton avait été appuyé", fait remarquer la société spécialisée dans l'audit des réseaux. Mais elle ne s'en étonne pas, au contraire. "Au milieu du chaos et de la tragédie de la guerre civile, pourquoi est-ce que quiconque est surpris quand l'internet cesse de fonctionner ? N'est-ce pas en réalité plus choquant et remarquable que l'internet en Syrie fonctionne en fait assez bien les 360 autres jours de l'année ?"


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Et si de la lutte implacable contre le partage de fichiers naissait un sursaut démocratique ? Aux Etats-Unis, celle que l'on présente souvent comme la reine des démocraties modernes est notoirement pourrie par une forme de corruption institutionnalisée, qui permet aux élus de faire financer leurs campagnes électorales par des groupes de pression, qui peuvent verser leurs dollars sans limites. Or par définition, ceux qui ont de l'argent à perdre ou à gagner dans des réformes législatives sont aussi ceux qui peuvent se permettre d'en dépenser une partie dans des actions de lobbying visant à obtenir ou repousser ces réformes.

Parmi ces groupes de pression figure bien sûr l'industrie du cinéma, particulièrement puissante aux Etats-Unis, et plus largement toute l'industrie culturelle. Avant de devenir le vice-président des Etats-Unis aux côtés de Barack Obama, Joe Biden a passé toute sa carrière de sénateur à protéger les intérêts de la MPAA, de la RIAA et de la BSA, les trois grandes associations américaines du cinéma, de la musique et du logiciel. Au début de son premier mandat en 2009, Barack Obama a nommé d'anciens représentants de ces lobbys du droit d'auteur à des postes clés de son administration, notamment au Département de la Justice. Il a choisi l'avocat qui a obtenu la jurisprudence Grokster anti-P2P au poste très convoité de Solicitor General, d'où il exprime la position officielle du gouvernement fédéral devant la Cour Suprême.

Les manifestations des liens incestueux entre l'administration américaine et les puissances d'Hollywood sont légion, au point que les avocats de MegaUpload et de son fondateur Kim Dotcom, Robert Amsterdam et Ira Rothken, ont publié cette semaine un brûlot de 48 pages (.pdf) pour dénoncer la corruption du pouvoir dans l'affaire MegaUpload. Le document présenté par Kim Dotcom sous le titre "la vérité éclatera", avec en illustration un drapeau de la MPAA flottant au dessus de la Maison Blanche, explicite la théorie du complot évoquée dès mars 2012, et commence par cette déclaration sans détour :


La poursuite pénale contre MegaUpload et Kim Dotcom est prétendument la "plus grande affaire de droits d'auteur de l'histoire", impliquant des dizaines de millions d'utilisateurs dans le monde, et pourtant elle est basée sur des principes juridiques douteux et apparemment poussés par le désir de la Maison Blanche d'amadouer l'industrie cinématographique en échange de contributions de campagne et de son soutien politique.

(...) Le dossier du gouvernement des Etats-Unis contre MegaUpload est basé sur une théorie de violation pénale secondaire de copyright (une sorte de responsabilité pénale pour complicité par fourniture de moyens, ndlr). En d'autres termes, l'accusation cherche à tenir MegaUpload et ses dirigeants pénalement responsables des présumées contrefaçons réalisées par des tiers utilisateurs du service de stockage en cloud. Le problème avec cette théorie, cependant, est que la violation secondaire de copyright n'est pas, et n'a jamais été, un délit pénal aux Etats-Unis. Les tribunaux fédéraux n'ont aucun pouvoir pour pénaliser la violation secondaire de droits d'auteur ; seul le Congrès des USA dispose d'une telle autorité, et il ne l'a pas fait.

(...) Dès lors, l'affaire MegaUpload est la première fois que le gouvernement fait tomber un site web étranger - détruisant la société et saisissant l'ensemble des actifs de ses propriétaires (et les données de ses utilisateurs), sans même une audience devant un tribunal, basé sur un délit pénal qui n'existe pas.


Tout au long du document, les avocats développent l'idée que MegaUpload n'aurait été fermé que pour remercier l'industrie du cinéma qui finance les campagnes électorales, et qui voulait la tête du principal service de téléchargement direct. A titre d'illustrations, ils évoquent une déclaration du nouveau patron de la MPAA, Chris Dodd (qui se trouve être l'un des meilleurs amis de Joe Biden), lorsque de nombreux élus ont commencé à ne plus soutenir les lois anti-piratage SOPA et PIPA. "Ceux qui misent sur le soutien d'Hollywood doivent comprendre que les gens de cette industrie regardent très soigneusement qui va les soutenir lorsque leur travail sera en jeu. Ne venez pas me demander de faire un chèque pour vous quand vous craignez de perdre votre boulot, alors que vous ne me prêtez pas attention à moi lorsque mon boulot est en jeu", avait-t-il déclaré sur Fox News, évoquant très ouvertement une forme de chantage aux contributions financières.

Sans doute les administrateurs de The Pirate Bay, qui ont-même dénoncé les pressions des Etats-Unis sur la Suède et un simulacre de procès sous influence, auraient aussi beaucoup à dire. Tout comme les citoyens français qui ont vu l'indigence du débat parlementaire sur la loi Hadopi auraient beaucoup à dire sur la moralisation de la vie politique.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'une des personnalités les plus engagées actuellement contre la corruption aux Etats-Unis est le juriste Lawrence Lessig, qui s'est d'abord fait connaître par la création des licences Creative Commons et son combat pour un rééquilibrage des droits d'auteur au profit des droits du public. C'est en se confrontant au contrôle qu'exerçait Hollywood sur Washington que ce professeur de Harvard a décidé de s'attaquer frontalement à la corruption institutionnalisée, dont il a fait désormais son sujet de prédilection :




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En France, la copie privée est un droit. Qui n'est certes pas opposable en justice aux ayants droits qui tentent d'empêcher la copie par des DRM et autres méthodes anti-piratage, mais un droit contre lequel les industries culturelles ne peuvent pas non plus s'opposer autrement que par des mesures techniques de protection. Il est donc en principe légal en France, à condition d'accéder légalement aux musiques, de copier les chansons que l'on écoute sur les services de streaming, comme l'on faisait au siècle dernier en copiant sur cassette audio les chansons diffusées sur les radios FM.

Néanmoins, Google a réagi rapidement pour supprimer de Google Chrome l'extension Downloadify, révélée mardi par le site danois Tweakers, qui permettait de télécharger les chansons de Spotify sans DRM. L'extension profitait du fait que la version HTML5 de Spotify n'était pas chiffrée, contrairement aux versions téléchargeables du logiciel Spotify sur Mac ou PC.

L'auteur de Downloadify a lui-même réagi en publiant l'extension et son code source sur GitHub, où il est encore possible de la télécharger pour l'installer. Il suffit en effet d'ouvrir la fenêtre des extensions Chrome (menu Outils > Extensions), et d'y glisser-déposer le fichier Spotify-Chrome.crx pour l'installer. En principe, les chansons écoutées sont automatiquement ajoutées dans votre dossier "Téléchargements".

Cependant, nos essais n'ont pas été concluants. Soit nous ne savons pas faire fonctionner l'extension (ce qui est très possible, et dans ce cas n'hésitez pas à nous indiquer dans les commentaires la marche à suivre), soit Spotify a déjà contrecarré Downloadify pour protéger ses chansons contre la copie.


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Le meilleur moyen de connaître les préoccupations et les demandes des lobbys est de consulter le journal officiel de l'Assemblée Nationale, où sont publiées toutes les questions écrites posées par les députés aux différentes ministères. Si certaines de ces questions relèvent de l'initiative personnelle de l'élu, il s'agit dans la plupart des cas de questions dictées par des syndicats, des particuliers, des entreprises ou des groupes d'intérêts quelconques, et l'on devine souvent qui tient la plume du député.

C'est le cas pour cette question posée par le député UMP Patrick Hetzel, qui interrogeait mardi le ministère de la consommation sur le projet de loi Hamon, qui doit transposer une directive européenne de 2011 sur le droit des consommateurs. Elle révèle un nouveau sujet de préoccupation majeure des éditeurs de musique, qui ont décidément peur de la moindre de leur perte de contrôle.

En effet, le projet de loi prévoit d'étendre le droit de rétractation des consommateurs, qui peuvent renvoyer les produits commandés sur Internet sans avoir à se justifier, ni à payer de pénalités autres que les frais de retour. Actuellement, la loi prévoit un délai minimal de 7 jours à partir de la réception pour exercer le droit de rétractation, mais le texte prévoit de le prolonger à 14 jours. Cependant, certaines ventes sont exclues par la loi pour protéger les commerçants, comme les biens fabriqués sur mesure à la demande du client, les produits périssables, les journaux,... ou les CD, DVD, Blu-Ray et autres logiciels, qui ne doivent être repris par le vendeur que s'ils n'ont pas été ouverts. Une exclusion censée éviter que le consommateur se fasse rembourser un film qu'il a regardé, ou un CD qu'il a copié.

Mais dans sa question, dictée par des éditeurs de musique, le député se plaint que "les partitions musicales ont été omises de la liste des exceptions, ce qui constitue dans le contexte actuel un véritable risque en faveur de la photocopie et fragilise le secteur de l'édition musicale graphique dans son ensemble, dont les auteurs et compositeurs tirent également une partie essentielle de leurs revenus".

Comme s'il y avait en France une ruée de consommateurs mélomanes qui achètent des partitions papier sur Internet, pour ensuite les photocopier et les renvoyer au vendeur en demandant remboursement. Il en existe probablement, mais certainement pas assez pour demander à Benoît Hamon de "rajouter les partitions musicales à cette liste d'exceptions afin de contribuer à mieux protéger les éditeurs".

Le sujet paraît ridiculement anecdotique, mais il s'agit bien d'un cheval de bataille assumé de certains professionnels. "Avec une directive de ce genre, comment ne pas redouter le pire : le client dispose de quatorze jours pour se rétracter et de quatorze autres pour renvoyer son produit. C'est amplement suffisant pour photocopier, numériser, diffuser, et le tout en étant assuré d'un remboursement", se fâche ainsi le patron des éditions Dhalmann, interrogé le mois dernier par Actualitté. "Pour une partition vendue, nous avons vingt photocopies", assure de son côté le président de la Chambre syndicale des éditeurs de musique de France (CEMF).

(illustration : CC Rachmaninoff)


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Le député socialiste Jacques Cresta a interpellé cette semaine le ministère de l'éducation nationale pour déplorer dans une question écrite "l'absence de régulation dont souffre internet concernant les enfants". L'élu des Pyrénées-Orientales s'appuie sur une initiative de la CNIL, qui s'était alliée en début d'année à l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) pour promouvoir un "usage responsable d'Internet" dans le cadre du Safer Internet Day 2013.

"Même si la découverte de cet univers se fait souvent à l'extérieur du cadre familial, les parents ont un rôle important à jouer en la matière, et doivent accompagner leurs enfants dans une pratique responsable des outils numériques. Or, si les parents sont eux-mêmes de plus en plus souvent connectés, ils n'ont pas tous connaissance des droits et devoirs qui s'appliquent dans cet espace", expliquait à l'époque la Commission nationale informatique et libertés.

Selon Jacques Cresta, les parents "ne sont pas toujours à même, du fait de leur propre méconnaissance de cet univers, d'exercer le contrôle nécessaire dans cet espace totalement libéralisé". Le député demande donc au ministre de l'éducation Vincent Peillon "quelles mesures il envisage de prendre pour mieux assurer leur protection, notamment quelles dispositions il compte mettre en ?uvre pour sensibiliser les parents d'élèves aux dangers d'internet". Une expression qui n'est pas sans rappeler celle du CSA, qui avait alerté sur "les nombreux problèmes que pose internet", afin de plaider en faveur d'une extension de ses pouvoirs de régulation.

Faisons toutefois remarquer que l'initiative de la CNIL et de l'UNAF date du mois de février 2013. Or en mars 2013 avait eu lieu à l'Assemblée Nationale le débat sur la loi de refondation de l'école de la République, qui instituait notamment l'école publique numérique. C'était une occasion en or pour Jacques Cresta de proposer par amendements des réformes de sensibilisation aux "dangers d'Internet" à l'école. Mais dans sa seule intervention liée au numérique, le député n'avait rien dit sur le sujet, regrettant simplement que "de très nombreux jeunes (qui) sont parfaitement familiers avec ces nouveaux outils ou moyens de communication (...) se sont souvent formés seuls".


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Vendredi dernier, nous révélions que l'ancien ministre de l'économie Hervé Gaymard avait interpellé le ministère de la Culture pour l'inciter à instaurer une redevance sur les ventes de livres d'occasion sur Internet, afin que les auteurs et surtout les éditeurs puissent toucher des droits chaque fois qu'un livre est revendu sur une plateforme comme eBay, Amazon, PriceMinister ou la FNAC. "Ceux qui ont créé et édité les livres vendus ne perçoivent aucun bénéfice de cette exploitation et voient même leur chiffre d'affaires amputé de recettes non négligeables", regrettait le député UMP.

Mais Hervé Gaymard a visiblement des raisons bien personnelles de proposer une telle réforme. En effet, Rue89 dévoile que l'élu de Savoie, qui était aussi le promoteur de l'indigne loi sur les livres indisponibles (laquelle a pour effet de redonner à des éditeurs des droits exclusifs qu'ils avaient perdu, au détriment de l'auteur), entretient des liens très étroits avec le milieu de l'édition littéraire. Sans jamais l'avoir fait savoir publiquement, et bien sûr sans s'être abstenu d'intervenir sur des dossiers où le conflit d'intérêt paraît manifeste, bien au contraire.

"Le député a rejoint le conseil d'administration de Dargaud en mai 2008", révèle ainsi Rue89. Il côtoie chez ce grand éditeur de bandes dessinées un autre éditeur, Vincent Montagne, qui n'est autre que le président du Syndicat National de l'Edition (SNE), le très influent lobby des éditeurs en France.

"Lorsqu'il a rejoint le conseil d'administration de Dargaud, il était membre de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale", rappellent aussi nos confrères, qui ont compté pas moins de quatre textes de lois déposés par Hervé Gaymard entre 2008 et 2011, favorables aux éditeurs et autres professionnels du livre : un texte pour exempter les librairies de l'obligation de payer leurs fournisseurs sous 45 jours maximum, un autre sur le prix unique des livres électroniques, une demande d'alignement de la TVA du livré numérique sur le livre papier, et le texte sur les livres indisponibles.

Or malgré le conflit d'intérêts évident, Hervé Gaymard ne voit rien à se reprocher et se dit "très fier" de son action parlementaire au service de l'édition littéraire. "Très franchement, je n'ai aucun intérêt financier ou monétaire" assure-t-il, ne percevant pas de rémunération de son poste d'administrateur chez Dargaud. "Il n'y a aucun état d'âme et aucune difficulté de mon côté".

En 2005, Hervé Gaymard avait dû démissionner de son poste de ministre de l'économie et des finances, après la fameuse affaire Gaymard. Le Canard Enchaîné avait révélé que le patron de Bercy habitait, lui, sa femme et ses 8 enfants, dans un appartement de 600m² loué aux frais de l'Etat pour 14 000 euros par mois. "Je suis propre comme un sou neuf", avait-il à l'époque affirmé, en s'engageant tout de même à rembourser l'Etat. "Nous travaillons comme des fous pour la République", avait-il ajouté.


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C'est entendu depuis longtemps, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) va disparaître sous l'effet des propositions du rapport Lescure, que l'ancien président de Canal+ doit remettre lundi prochain. La seule inconnue est le calendrier. Mais si la Hadopi disparaît en tant qu'institution légalement constituée, ses missions ne devraient pas disparaître pour autant.

Pas même la riposte graduée, si l'on en croit les informations du site Electron Libre (sur abonnement). En effet, la mission Lescure - qui doit formuler 75 propositions - pourrait proposer lundi de démanteler l'Hadopi, mais de conserver chacune de ses missions en les réaffectant à des autorités existantes, y compris l'envoi d'avertissements aux abonnés à internet dont l'accès est utilisé pour pirater.

Le CSA pourrait ainsi hériter des fonctions de régulation de l'offre légale, probablement assorties de pouvoirs nouveaux de régulation du téléchargement direct et du streaming (ce qui serait selon nous une erreur de plus dans la lutte contre le piratage), tandis que l'envoi des avertissements pourrait être assuré par les douanes, qui disposent déjà de prérogatives anti-contrefaçon sur Internet avec la cyberdouane (.pdf).

La CNIL est également évoquée pour le volet riposte graduée, mais "personne n'est chaud là bas pour reprendre la patate chaude", indique Electron Libre. Il faut dire qu'il serait difficile de demander à une institution créée pour protéger les citoyens, d'agir soudainement contre eux. Ce même si le rôle de la CNIL a été très trouble dans le dossier Hadopi.

Ces orientations, si elles se confirment, ne seraient en tout cas qu'une évolution des pistes envisagées dès 2011, lorsque le directeur de la campagne web de François Hollande avait fait savoir que la Haute Autorité disparaîtrait, mais que la riposte graduée serait maintenue sous une forme revue et corrigée, sans la menace de la suspension de l'accès à internet. A l'époque, il était question de créer une sorte d'autorité Hadopi bis, avec un nom différent. D'ailleurs, François Hollande ne s'était pas engagé à supprimer la loi Hadopi, mais à la remplacer. Finalement, les choses pourraient se faire plus discrètement qu'avec la création d'une nouvelle autorité administrative, en se basant sur les organisations existantes.

Mais à part le symbole, rien n'aura véritablement disparu de l'Hadopi.


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Le mois dernier, deux journalistes de l'ancien site d'information Owni étaient convoqués à la Direction Centrale des Renseignements Intérieurs (DCRI), pour avoir publié un document "confidentiel défense" révélant les objectifs de la PNIJ, la Plateforme nationale d'interception judiciaire. Il s'agit de rassembler en un lieu unique l'ensemble des écoutes des conversations téléphoniques, SMS et autres utilisations d'Internet demandées par la police judiciaire, dans un souci d'économie et d'efficacité.

Or le projet est entaché de nombreuses zones d'ombre, voire d'irrégularités. L'Express publie ainsi un reportage très critique dans lequel l'hebdomadaire révèle que le projet a été octroyé à Thales sans même faire l'objet d'un véritable appel d'offres en bonne et due forme. Cinq entreprises qui travaillent déjà avec l'Etat sur les interceptions de sécurité ont ainsi obtenu du tribunal administratif de Paris l'annulation de l'appel d'offres qui ne leur avait pas été notifié, alors qu'elles ne pouvaient en prendre connaissance par elles-mêmes du fait du classement "confidentiel défense", décidé pour écarter les prestataires étrangers. Mais l'Etat refuse de faire marche arrière, vue les 15 millions d'euros déjà engagés dans le projet, et devra probablement indemniser les prestataires. Pour le plus grand bénéfice de Thales, qui conservera le marché.

Mais il y a plus inquiétant. L'Express révèle en effet que la PNIJ doit être mise en service dès le mois de septembre prochain, alors-même qu'il existe des doutes sérieux sur sa sécurisation. Frédéric Péchenard, le patron de la police nationale, aurait ainsi prévenu - en vain - dès 2011 qu'il était trop dangereux de rassembler toutes les écoutes de France et de Navarre en un seul lieu, faisant de la PNIJ une cible privilégiée des groupes criminels et autres hackers. Par ailleurs, le projet prévoirait que la redondance de sécurité de la plateforme soit opérée vers un site situé à seulement... 300 mètres de la plateforme principale. Ce qui veut dire qu'en cas d'incident majeur, les deux sites pourraient devoir fermer.

Pire encore. "Les gouvernants pourraient-ils avoir accès à des enquêtes en cours les concernant, eux ou leurs proches, en se connectant directement à cette plate-forme ? Nul ne le sait", assure l'hebdomadaire.

Enfin, comme c'est l'habitude sur ce type de projets privatisés, la question financière laisse perplexe. La facture aurait déjà presque triplé, passant de 17 millions d'euros prévus initialement à 43 millions d'euros. Sans compter l'indemnisation des FAI qui ont dû déployer leur fibre optique jusqu'à la PNIJ, ni la mise à niveau des réseaux des centres de la police judiciaire, ni d'autres frais induits par la plateforme. Au total, la PNIJ pourrait coûter plus de 100 millions d'euros.


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Le 20ème siècle a vu l'avènement des couches jetables. Le 21ème siècle verra l'éclosion des couches (et toilettes) communicantes ! La filiale brésilienne de Huggies a mis au point Tweet Pee, un capteur à installer par dessus la couche du bébé, qui envoie des informations sur l'humidité de la couche, vers le smartphone du parent, en Bluetooth.

Lorsque l'enfant fait pipi, un message est envoyé au parent pour le prévenir qu'il faut changer bébé. Il ne s'agit pas d'un "tweet" sur Twitter, mais simplement d'un message adressé au seul utilisateur du smartphone. L'application installée permet ainsi de revoir l'historique des changements de couche, et permet surtout à Huggies de proposer de livrer des couches lorsque le stock arrive à son terme. Le fabricant, qui sait combien de couches ont été livrées la dernière fois, peut en effet savoir grâce à Tweet Pee combien de couches ont été utilisées.

Aussi originale qu'elle paraisse, l'idée n'est toutefois pas nouvelle. Hipoglós, qui est la marque brésilienne de Pampers (par la maison mère Procter & Gamble), avait déjà présenté un concept similaire d'alertes Bluetooth en cas de détection urinaire, mais sans aller jusqu'à l'associer à un service de commande de couches.

Mais quel père osera mettre un capteur qui émet des ondes au dessus des coucougnettes de son fils ?


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Alors que le sondages de popularité vont de mal en pis pour le chef de l'Etat et le premier ministre Jean-Marc Ayrault, faute de résultats visibles sur les fronts économiques et sociaux, Matignon soigne sa communication en ligne pour tenter de démontrer que le Gouvernement n'est pas resté aussi passif qu'il n'y paraît face à la crise.

Ainsi, les services du premier ministre ont publié ce mardi un livre électronique en Flash qui retrace "un an d'actions en France" du Gouvernement. Une manière pour l'Etat de prendre en main sa propre communication anniversaire, alors que les médias ont multiplié les éditions spéciales ces derniers jours, de façon souvent peu flatteuse.

Riche (sans doute trop pour rester digeste) de 40 pages, l'e-book de Matignon commence par rappeler l'objectif prioritaire du Gouvernement de réduction des déficit, avant de présenter dans le détail les chantiers mis en oeuvre pour "redevenir un pays compétitif et créateur d'emplois", et pour "retrouver l'égalité". Outre les textes, photos et graphiques, le livre électronique propose aussi des liens vers des sites du Gouvernement, des extraits sonores, ou des vidéos.

Pas sûr néanmoins que l'exercice ait le moindre impact positif pour la popularité du Gouvernement.


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C'est la méthode ultime pour lutter contre le piratage et la revente d'occasion, mais c'est surtout un excellent moyen pour faire payer les utilisateurs qui usent depuis des années des mêmes versions de Photoshop ou Illustrator sans renouveler leur licence. Adobe a annoncé qu'à l'avenir, ses clients devront obligatoirement souscrire un abonnement Creative Cloud (Adobe CC) pour accéder aux logiciels de la suite Creative Suite, qui va disparaître des étalages.

Présenté l'an dernier, Creative Cloud permet de télécharger et d'utiliser les logiciels de création d'Adobe (Photoshop, Illustrator, InDesign, Dreamweaver, After Effects, Adobe Premiere,...) en payant un abonnement à une offre comprenant un service de stockage en ligne et de synchronisation des fichiers, plutôt que de payer l'achat du logiciel. Les offres proposées vont ainsi de 25 euros par mois à 62 euros par mois environ, selon que l'on souhaite utiliser un des logiciels ou l'ensemble des outils de la suite Creative Suite (l'équivalent de la CS6 Master Collection).

Ce sera désormais la règle. Dans un premier temps, il sera toujours possible d'acheter les versions actuelles des logiciels Adobe CS6. Mais à l'avenir, pour bénéficier des améliorations apportées aux outils, il faudra obligatoirement s'abonner à Adobe CC. Les logiciels devront toujours être téléchargés et installés en local, mais ils ne s'exécuteront que si l'abonnement est souscrit (Adobe promet néanmoins qu'il sera possible de les utiliser sans accès à internet).

Outre le changement radical de modèle économique qui fait évoluer Adobe vers un modèle SaaS (Software As A Service), ce changement permettra à Adobe d'offrir plus de fluidité dans la mise à jour des logiciels. L'idée-même de mettre à jour simultanément tous les outils de l'ancienne Creative Suite devrait disparaître, au profit de mises à jour progressives de chacun des outils, individuellement, dans le cadre de l'abonnement.

Du côté des utilisateurs, l'offre reste attractive, et même peut-être plus encore. En effet, alors que la Creative Suite 6 Master Collection est vendue près de 3 600 euros, il faut presque cinq années d'abonnement à 62 euros par mois pour dépenser la même somme. Pour ceux qui n'utilisent que Photoshop, la version boîte à 955 euros ne reste intéressante qu'après 3 ans d'abonnement à 25 euros par mois.

A noter que les possesseurs de logiciels Adobe CS3 ou supérieur bénéficieront de remises pour utiliser Adobe CC.


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La sécurisation parfaite des échanges de données peut-elle exister ? Oui, si l'on en croit les promesses de la cryptographie quantique, basée sur des propriétés physiques qui font qu'à la lecture du message transmis par photons, ce message est immédiatement modifié. Il est ainsi possible de transmettre une clé de chiffrement secrète, aléatoire, entre deux systèmes distants, en assurant sa sécurisation. Ou en tout cas, en s'assurant d'avoir une preuve de la compromission, si elle est réalisée.

La technologie intéresse beaucoup les banques, l'armée et d'autres organisations qui sont en recherche perpétuelle de sécurité parfaite dans la transmission de leurs communications.

Mais appliquée à Internet, la cryptographie quantique a une limite de taille. Il n'est en effet possible d'assurer l'intégrité de la clé transmise que d'un point A à un point B, puisque le fait de relayer un message vers un point C obligerait à lire ce message pour le copier, et donc à le modifier. Physiquement, la contrainte oblige aussi à limiter les transmissions à quelques dizaines de kilomètres au mieux.

Mais Technology Review rapporte que des chercheurs du Los Alamos National Labs, dans le Nouveau Mexique, ont mis au point une solution de routage quantique peu coûteuse, qui assure la sécurisation d'une information de n'importe quel point d'un réseau vers un autre. Elle fonctionnerait dans leur laboratoire depuis deux ans et demi.

Le système est néanmoins très loin d'un Internet rigide tel que l'ont imaginé les créateurs d'Arpanet. En effet, le système repose sur un hub centralisé, qui est le seul capable de lire les photons des messages quantiques. Par souci d'économie, chaque noeud du réseau peut envoyer une clé sécurisée (un "masque jetable", qui ne sera utilisé qu'une fois) grâce à des transmetteurs quantiques, mais seul le hub est équipé d'un détecteur de photons. Ainsi, même si chaque noeud peut communiquer avec un autre, il faut toujours passer par un point centralisé. Il doit être néanmoins possible de multiplier ces noeuds, plus coûteux, pour assurer un minimum de résilience au réseau.

Selon Technology Review, les chercheurs ont déjà mis au point un module d'émission des photons de la taille d'une boîte d'allumettes, et prévoient de le réduire encore. Il pourra alors être installé dans tous les équipements reliés à des fibres optiques, comme les routeurs des FAI, ou même les TV connectées.




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L'avenir de l'intégration des décodeurs de vidéos (codecs) dans les navigateurs est-il de ne plus en intégrer du tout ? Alors que la bataille sur les formats vidéo standards pour le HTML5 fait toujours rage, Mozilla a présenté une technologie entièrement basée sur Javascript, en partenariat avec OTOY. Brendan Eich, le créateur de Javascript et actuel directeur technique de Mozilla, affirme sur son blog que la bibliothèque ORBX.js, écrite en javascript et WebGL, est capable de décoder une vidéo 1080p à 60 images par seconde, directement depuis le navigateur, sans utiliser les formats VP8 ou H.264, ni Flash.

Il n'y a plus besoin pour le webmaster de s'inquiéter de savoir si le navigateur du client sera capable de décoder la vidéo proposée, puisqu'il suffit de lui fournir le javascript de décodage, et la vidéo à décoder. Tant que le navigateur gère le javascript et WebGL, la vidéo pourra être décodée.

Pour Otoy, la technologie vise à soutenir ses services d'utilisation à distance de logiciels et de jeux vidéo. La société est en effet spécialisée dans l'hébergement d'applications à distance et le cloud gaming. Plutôt que d'exécuter les logiciels et jeux vidéo les plus gourmands en capacités de calcul sur des machines locales, qui coûtent très cher, l'idée est de faire réaliser tous les calculs par des batteries de serveurs, et de ne renvoyer à l'utilisateur que la sortie vidéo. Un watermark peut être ajouté en filigrane dans l'image, pour identifier l'utilisateur au cas où la vidéo est copiée illégalement.

Des démonstrations ont ainsi faites sur 3DS Max 2014 (dont l'éditeur Autodesk est actionnaire d'Otoy), Photoshop CS6 et des jeux vidéo Steam, qui étaient exécutés "dans le cloud" mais affichés dans le navigateur à l'aide de la bibliothèque ORBX.js, sans aucun plugin à installer. Otoy espère ainsi louer l'accès à son cloud, à

Reste que si technologiquement la solution est séduisante du côté du décodeur, on ne sait rien de ce qui concerne l'encodage lui-même. Il serait étonnant que Mozilla se soit associé à une forme de codec qui n'est qu'à demi ouvert, mais le silence sur ce point reste troublant. Or sur son blog, Brendan Eich indique que la licence n'a pas encore été décidée. Ni pour l'encodeur... ni même pour le décodeur.






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