Guillaume Champeau

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En début d'année, Numerama avait révélé que l'Hadopi est virtuellement morte depuis le 24 décembre 2014, date à laquelle l'organe principal de la Haute Autorité n'est plus composé de neuf membres comme l'impose la loi, mais uniquement de six membres. Alors que les mandats de Jacques Toubon, Martine Jodeau et Chantal Jannet arrivaient à échéance, le Gouvernement n'a pas pensé à leur nommer des successeurs. Or faute d'être constituée dans les formes voulues par le législateur, l'Hadopi n'a plus d'existence juridique imposable aux tiers.

Dans un premier temps, dans l'attente du décret de nomination des nouveaux membres du collège de l'Hadopi, la Haute Autorité avait agi sagement, en s'abstenant de prendre des décisions officielles. Aucune réunion du collège, qui se tient en principe toutes les trois semaines, n'avait eu lieu en 2014 jusqu'à ce que la situation s'enlise. Début mars, las d'attendre un décret qui ne venait jamais, le collège s'est réuni pour la première fois officiellement pour valider des décisions administratives sans grandes conséquences, de labellisation d'offres légales.

Mais une date limite s'imposait : fin avril. Comme toutes les autorités administratives, l'Hadopi doit arrêter ce mois-ci ses comptes pour l'année 2013 et les transmettre pour contrôle à la Cour des comptes. Or pour être transmis ces comptes doivent être validés par une délibération du collège de l'Hadopi, lequel n'est plus légalement constitué depuis fin décembre. Tous les actes qu'il prend sont susceptibles d'être attaqués en nullité par un moyen d'illégalité externe.

Conscient de cette "deadline", le Gouvernement avait préparé un décret de nomination. Mais il n'a jamais été publié et le collège de l'Hadopi, qui se réunissait ce mercredi 23 avril, a donc dû valider et transmettre les comptes sans en avoir les pouvoirs.

Selon nos informations, c'est au niveau du ministère de la culture que le blocage aurait lieu, sous la pression d'ayants droits, relayée par l'Elysée (pour l'anecdote, qui n'en est peut-être pas une, le conseiller politique démissionnaire de François Hollande, Aquilino Morelle, est marié à la directrice de cabinet dAurélie Filippetti). Faute de réussir depuis quatre mois à trouver un nom qui fasse consensus, le ministère de la Culture préfère laisser l'Hadopi prendre des actes officiels en toute illégalité.

Ce doit être ça aussi, l'exemplarité.


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C'est la différence entre relayer la comm' gouvernementale et faire un travail d'analyse critique.



Le député socialiste Thomas Thévenoux remet ce jeudi au premier ministre Manuel Valls un rapport intitulé "Un taxi pour l'avenir, des emplois pour la France", qui propose de conforter les taxis du passé et de détruire des emplois de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), qui leur font concurrence. Alors que le Conseil d'Etat a annulé l'interdiction qui avait été faite aux VTC de prendre des clients moins de 15 minutes après la commande, (ce qui cherchait à garantir la possibilité de ne haler que les taxis pour les courses urgentes), le rapport Thévenoux a trouvé une autre méthode.

Selon Le Parisien, qui a pu consulter le rapport, le député propose au Gouvernement une série de mesures en tous genres, dont certaines seront réellement perçues comme un progrès, telles que l'obligation faite aux taxis d'accepter les paiements par cartes bancaires, ou la création de tarifs forfaitaires fixes pour des trajets déterminés, qui éviteraient les mauvaises surprises.

Mais surtout, Thomas Thévenoux carresse les taxis dans le sens du poil et creuse la tombe des VTC en proposant de réserver aux seuls compagnies de taxis la possibilité de proposer aux clients la géolocalisation en temps réel des voitures disponibles. Or c'est là un axe fondamental des applications des services de véhicules de tourisme avec chauffeur comme SnapCar, ClubChauffeur ou LeCab, qui permettent aux clients et aux chauffeurs de se mettre en relation très simplement, par proximité géographique.

Les applications permettent aussi aux clients qui ont besoin d'un chauffeur de signaler leur position par géolocalisation, ce qui permet aux entreprises de VTC d'envoyer la demande de course au chauffeur le plus proche. Une technologie que les compagnies de taxis utilisent depuis très longtemps, et dont elles réclament l'exclusivité.

Mais en proposant de retirer aux VTC la possibilité de géolocaliser les chauffeurs disponibles, le rapport Thévenoux supprime un atout technologique indispensable à la profession. Sans la géolocalisation, les services de VTC devraient revoir entièrement leur modèle économique et technologique, et beaucoup seraient condamnés à mort à très court terme.


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Le premier ministre Manuel Valls présentera lui-même mercredi matin en conseil des ministres le "plan anti-Djihad" qu'il avait préparé lorsqu'il était place Beauvau, et qui sera porté par le nouveau ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve. A l'occasion d'un déplacement à l'Institut du Monde Arabe, le président François Hollande a déjà dévoilé l'ambition du plan, qui portera notamment sur la lutte contre l'embrigadement de jeunes combattants sur Internet.

"La France déploiera tout un arsenal, en utilisant toutes les techniques, y compris la cybersécurité", a ainsi expliqué François Hollande.

"Insistant en outre sur la "vigilance" dont les services doivent faire preuve face au "terrorisme via Internet" qui sert de "vecteur pour de nombreux recruteurs", Bernard Cazeneuve entend muscler davantage encore la surveillance du "cyberdjihadisme" et des sites extrémistes où s'entremêlent fantasmes, recettes explosives de petits chimistes ainsi que toute une logorrhée sur la mort en martyr", confirme Le Figaro.

Ce pourrait signer le retour du délit de visite régulière de sites internet terroristes, qui avait été proposé par des députés UMP dans le cadre de la loi relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme du 21 décembre 2012. Le texte punissait de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende "le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne mettant à disposition des messages provoquant directement à des actes de terrorisme ou faisant l'apologie de ces actes au moyen notamment d'images montrant la commission d'infractions d'atteinte volontaire".

Finalement, l'amendement avait été rejeté par la majorité socialiste, qui avait entendu les critiques et notamment les grandes réserves émises par le Conseil National du Numérique (CNNum). Mais le débat n'a pas été clos pour autant.

Internet au coeur du terrorisme...

Dès mai 2013, l'ancien ministre de l'intérieur Manuel Valls avait dit son souhait d'intensifier la traque des terroristes potentiels sur Internet, en utilisant toutes les "traces exploitables" possibles. "Internet est un moyen discret de communication qui laisse toutefois des traces exploitables par les services spécialisés. Donc, cela doit être une priorité pour nous", avait-il expliqué à Libération.

Dans un rapport publié dans les jours suivants, la commission d'enquête parlementaire sur le fonctionnement des services de renseignement français avait mis en exergue le rôle prépondérant joué par Internet dans le recrutement des extrémistes prêts à passer à l'acte. "Face à la diversité des profils terroristes auxquels les services sont confrontés, internet demeure un facteur déterminant : c'est probablement, avec le passage au sein d'un établissement pénitentiaire, le seul dénominateur commun aux terroristes agissant sur le sol français", soulignait la commission. Témoignant de son activité, le juge anti-terroriste Jean-Marc Trévidic avait également affirmé que désormais "tous nos jeunes [mis en cause] sont embrigadés par le biais de l'internet".

... Mais c'est quoi le terrorisme ?

Un mois après la publication du rapport, Manuel Valls et l'ancienne ministre de la justice avaient signé un arrêté autorisant les policiers à s'infiltrer sur les sites internet de propagande terroriste. Mais jusqu'à présent, aucun texte n'est venu confirmer la volonté de cibler les internautes qui visitent des sites sur lesquels les discours des djihadistes peuvent avoir de l'écho.

Car même si l'objectif est louable, c'est bien la liberté de communication qui est en jeu, et la liberté d'information. C'est une chose de condamner des actions terroristes ou des actes préparatoires concrets (achats de matériels de conception d'une bombe, réservation de billets d'avion dans des destinations de djihad,...), ça en est une autre d'interdire à des citoyens libres de se renseigner à la source sur les activités ou l'opinion politique de ces groupes terroristes, sans y participer eux-mêmes.

D'autant que le terrorisme est une notion à géométrie variable qu'il n'est pas toujours simple d'appréhender. Par exemple, il a fallu attendre juillet 2013 pour que la branche armée du Hezbollah au Liban soit inscrite sur la liste des Organisations considérées comme terroristes par le Conseil de l'Union européenne. Dans la France occupée, les Résistants étaient considérés comme des terroristes par l'occupant. En Palestine, Israël considère comme "terroristes" les actions que le Hamas considère comme de la résistance (c'est d'ailleurs la signification de l'acronyme Hamas : "Mouvement de résistance islamique").

Or où s'arrêtent les actes de terrorisme, et où commencent les actions de guerre (qu'elle soit dirigée contre une puissance étrangère ou qu'il s'agisse d'une guerre civile) ?

Juridiquement, l'article 412-1 du code pénal détermine une série de crimes et délits considérés comme des actes de terrorisme (meurtres, enlèvements, détournements d'avions, dégradations, vente d'armes, blanchiment d'argent), en précisant qu'ils atteignent cette qualification lorsqu'ils sont commis "intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur". Autant dire que la qualification est sujette à interprétation et qu'elle dépend beaucoup du contexte, notamment historique.


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La révélation de la faille Heartbleed dans la bibliothèque OpenSSL n'a pas seulement mis à jour le fait que des communications sécurisées ne l'étaient pas tout à fait, puisqu'il était possible d'obtenir discrètement des extraits de la mémoire des serveurs. Elle a aussi montré l'imprudence folle de géants de l'informatique et des développeurs de logiciels libres, qui ont collectivement négligé de réaliser un audit sérieux du code source d'un élément fondamental de la sécurisation des données.

Il a ainsi fallu attendre deux ans avant qu'enfin une entreprise (en l'espèce Google) découvre le bug au hasard d'une contribution. Deux années pendant lesquelles la communauté open-source tout entière a fait confiance, pour engager la confidentialité de millions de personnes, à deux individus seulement sur Terre : l'auteur du bug et l'examinateur qui a accepté de valider la modification dans la version officielle d'OpenSSL.

Et pourtant, l'open-source a aussi été une chance pour Heartbleed. Dès sa découverte, permise par la publicité du code source, le bug a pu être corrigé, et les mises à jour déployées. Le fait que le code source soit librement accessible et modifiable permet aussi des alternatives de voir le jour beaucoup plus facilement.

Incompatible avec Windows

Ainsi, la Fondation OpenBSD qui finance le système d'exploitation OpenBSD a décidé de créer un "fork" à OpenSSL, c'est-à-dire une version dérivée de la bibliothèque d'origine. La découverte du bug Heartbleed a été la goutte d'eau dans un vase déjà rempli par la qualité très critiquée d'OpenSSL.

Ils ont ainsi annoncé la création de LibreSSL, une version épurée d'OpenSSL. "Ils ont commité comme des petits fous (on parle de 250 commits à 8), et sont arrivés à un résultat assez intéressant: en virant tout les machins spécifiques à VMS et Windows, ils ont viré la moitié du bloat qu'il y avait, et toutes les applis dans l'arbre OpenBSD continuent de compiler. Pas mal", s'enthousiasme LinuxFR.

Cependant en supprimant la compatibilité avec Windows, OpenBSD fait de sa librairie un outil à la portée limitée. OpenSSL n'est pas seulement utilisé sur des serveurs, mais aussi dans des logiciels susceptibles de tourner sous Windows, qui veulent sécuriser des données avec les protocoles SSL/TLS.

Tous les progrès dans la conception de LibreSSL sont documentés sur un Tumblr dédié.

(illustration : Aurore D)


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Le mois dernier, les Éditions des Équateurs avaient dénoncé la censure dont était victime un livre électronique vendu sur l'App Store, uniquement à cause de sa couverture qui représentait un poignard dont le manche était une femme aux seins nus. Une symbolique artistique qu'a finalement accepté Apple après que l'affaire a fait le tour du web, et après le soutien apporté par Antoine Gallimard lors de l'ouverture du salon du livre à Paris.

"C'est très choquant, et j'espère qu'ils reviendront sur cette décision", avait demandé celui qui fut également président du Syndicat National de l'Edition (SNE), le principal lobby du livre en France, et qui reste très influent auprès des pouvoirs publics.

Inexistants dans l'univers du livre physique, où les couvertures les plus provocantes sont simplement rangées à l'abri des regards dans les rayons des libraires (ce qui n'empêche pas de demander et commander l'ouvrage), les cas de censure de livres par Apple sont monnaie courante. La firme de Cupertino, qui se veut gardien de la morale et artisan d'une américanisation de la pudeur en Europe, avait par exemple censuré le livre du caricaturiste Pierre Kroll, parce qu'une paire de seins était dessinée en couverture.

Un autre cas a été signalé à notre rédaction. Spécialisé dans les livres destinés à la communauté LGBT, l'éditeur Textes Lesbiens s'est vu refuser par Apple le référencement du livre Entre Tes Jambes, écrit par Laura Syrenka.

Pour distribuer ses livres, l'éditeur passe par l'agrégateur Immatériel.net, qui se charge de faire le lien entre les éditeurs et les plateformes de vente de livres électroniques. Tous les revendeurs ont accepté de référencer l'ouvrage, sauf Apple qui rappelle qu'il ne faut "pas de scènes à caractère pornographique sur la couverture", et qui estime qu'en l'espèce, "cette couverture de livre contient du Contenu Interdit Explicite et/ou Grossier qui n'est pas autorisé". Il ne s'agissait pourtant que d'une peinture artistique, certes explicite mais à mille lieux de la pornographie :





Ce n'est pas la première fois qu'un livre de l'éditeur de textes gays et lesbiens est ainsi censuré en raison de sa couverture par Apple, qui préfère ne pas référencer un ouvrage plutôt que de proposer à ses clients, au pire, de masquer les livres qu'il juge choquants.

L'éditeur avait ainsi créé une couverture montrant le fessier musclé d'un homme pour illustrer un livre intitulé En Mâle d'Amours, écrit par Benjamin Schneid. Là encore, Apple avait refusé de proposer le livre sur l'iBooks Store, uniquement parce qu'il jugeait la couverture pornographique.

"J'ai fait pendant un an de la résistance en acceptant de ne pas être publié sur l'iBookstore", nous raconte Pédro Torres, patron des éditions Textes Gais et Textes Lesbiens. "Mais le faible développement de la vente de livres numériques et le fort impact des ventes sur l'iBookstore d'Apple m'ont fait reconsidérer mon choix et publier une couverture plus sage".

En clair, Apple a une telle position dominante sur le secteur des livres électroniques qu'il est quasiment impossible pour un éditeur de ne pas plier aux demandes de censure. D'où les questions cruciales qui se posent sur la responsabilité des acteurs privés dominants en terme de respect de la liberté d'expression et de la liberté artistique.

Cette fois-ci, pour Entre Tes Jambes, l'éditeur a décidé de ne pas créer une version totalement différente de la couverture, mais d'exprimer son mécontentement de façon symbolique, par l'ajout de pommes qui viennent censurer la couverture d'origine :




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Connu comme réalisateur de séries de science-fiction et de blockbusters hollywoodiens (The Avengers, Thor, Buffy, Firefly...), Joss Whedon est aussi un producteur et auteur de scénarios prolifique. Et pour sa dernière production, Whedon crée la surprise en confirmant sa vision moderne du cinéma et de la production. Au risque de ne pas trouver de salles pour être distribué.

Après la présentation du film au Tribeca Film Festival, qui précède généralement de plusieurs mois la sortie en salles, Joss Whedon a en effet annoncé sans que personne ne l'attende que son dernier film In Your Eyes, réalisé par Brin Hill, était d'ores-et-déjà disponible en VOD dans le monde entier, sur la plateforme de vidéo à la demande de Vimeo.

Pour moins de 5 euros, les internautes en France peuvent louer le film pendant 72 heures et le regarder en streaming, comme tous les fans du monde entier. Des sous-titres français sont disponibles pour ceux qui souhaitent le regarder en VOSTFR.

"Joss s'est construit la possibilité de faire ce qu'il veut, comme il veut", s'est réjoui Brin Hill. "C'est cultivé par des années de travail, et il est très malin à cet égard. C'est quelqu'un qui sait comment parler à son public de façon très directe, avec du sens".

Fidèle au style fantastique développé par Whedon, In Your Eyes raconte "une romance surnaturelle entre deux personnes qu'apparemment tout oppose, mais qui sont reliées par quelque chose qu'ils n'auraient jamais pu imaginer". Bande-annonce :




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C'est une décision qui soulèvera sans doute plus d'intérêt médiatique que pour Veronica Mars, qui fut également distribué exclusivement en VOD en France, faute pour les salles de cinéma d'accepter qu'un film puisse être vu à la fois chez elles et sur Internet. Le producteur Vincent Maraval a choisi de ne diffuser le film "Welcome to New York" d'Abel Ferrara que sous forme de vidéo à la demande (VOD), abandonnant l'exploitation en salles. Pour voir Gérard Depardieu interpréter Dominique Strauss-Khan, les internautes devront débourser 7 euros la séance, lors de sa mise en ligne pendant le Festival de Cannes. Tout un symbole.

"Cela fait longtemps qu'on voulait tenter une expérience de distribution en ligne. On n'aime pas le terme VoD. Pour nous, c'est du cinéma à la maison, comme cela se fait aux Etats-Unis et dans de nombreux pays, où les films sortent en même temps en salles et sur Internet", explique Vincent Maraval dans une interview au Monde.

Le fondateur de Wild Bunch Distribution, qui s'était fait un nom dans le grand public en s'attaquant avec fracas aux salaires délirants des acteurs français, a cette fois-ci décidé de dénoncer les aberrations de la chronologie des médias qui sclérose la distribution des films, quitte à attaquer de front la sacro-sainte exception culturelle. "En France, comme la loi interdit la simultanéité de la salle et de la VoD, on a fait le choix d'Internet. Dans d'autres pays, aux Etats-Unis notamment, le film sortira en même temps en salles et sur le web", explique-t-il. "C'est possible (parce que) le film a été totalement financé aux Etats-Unis. Si Canal + ou France 2 avaient investi dans le film, il aurait fallu le sortir en salles pour qu'il soit qualifié d'oeuvre de cinéma".

Pour Vincent Maraval, le choix de préférer Internet aux salles de cinéma (puisqu'il faut choisir) est aussi une question stratégique, pragmatique. S'il suivait la chronologie des médias, qui se base sur la sortie en salles pour déterminer les autres fenêtres d'exploitation, le distributeur devrait attendre 4 mois après la date de sortie pour avoir le droit de vendre le film en DVD ou sur les sites de VOD. Or, prédit-il, "tout le monde va vouloir le voir tout de suite, c'est de la très bonne chair à piratage".

Ainsi plutôt que de sanctionner la demande qui n'a pas d'autre offre qu'illégale, Maraval préfère apporter une offre légale disponible immédiatement. Du bon sens.


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La Turquie de Recep Tayyip Erdogan assouplit la méthode, mais pas la censure. Alors que le gouvernement turc a été contraint au début du mois par la justice de lever le blocage total de Twitter, les autorités ont mis en oeuvre leur projet de bloquer certains comptes en particulier, avec la collaboration active du réseau social.

Ainsi selon l'agence Reuters, depuis samedi "deux comptes Twitter anonymes utilisés pour publier des conversations enregistrées secrètement, impliquant la famille et des associés du premier ministre de Turquie et des haut fonctionnaires du gouvernement dans un scandale de corruption", sont bloqués en Turquie. Ensemble, ils réunissaient près d'un million de followers.

Il s'agit des comptes @HARAMZADELER333 et @BASCALAN, qui sont toujours accessibles en France et dans le reste du monde, mais qui ne peuvent plus être lus dans leur pays principal de destination. Le premier avait réuni plus de 536 000 abonnés, contre 431 000 pour le second. Les deux comptes Twitter qui ont fait trembler le régime turc n'ont plus rien publier depuis le 29 mars pour @BASCALAN, et depuis le 6 avril pour @HARAMZADELER333.

Ce n'est pas la première fois que Twitter bloque des contenus ou des comptes dans un pays en particulier. La "géocensure" a été introduite dans le réseau social au tout début de l'année 2012, dans le souci affiché de respecter les lois nationales dans le cadre de son développement commercial. A l'époque, Twitter avait notamment pris l'exemple de la France et de ses lois interdisant la promotion de contenus nazis. Depuis, le service a été amené à plusieurs reprises à censurer des contenus en France, pour rendre moins visible l'antisémitisme ou l'homophobie, ce qui a été salué comme un exemple à suivre par Manuel Valls.

Un blocage sur décision judiciaire

Souhaitant anticiper les critiques sur sa politique turque, Twitter a publié samedi un message dans lequel il rappelle que "notre politique de Retenu de Contenus par Pays implique que nous agissons après une procédure régulière, par exemple après une ordonnance judiciaire" :


Reminder: Our Country Withheld Content policy means we act after due process, e.g., a court order. Our policy is here http://t.co/9GiL75YfhY
— Policy (@policy) 19 Avril 2014


"Nous ne retenons pas de contenus à la simple demande d'un fonctionnaire d'un gouvernement, et nous pouvons faire appel d'une ordonnance judiciaire si elle menace la liberté d'expression" :


We don't withhold content at the mere request of a gov't official and we may appeal a court order when it threatens freedom of expression.
— Policy (@policy) 19 Avril 2014


"Twitter n'a pas fourni et ne fournira pas d'informations sur les utilisateurs aux autorités turques sans processus juridique valide" :


Twitter has not provided and will not provide user information to Turkish authorities without valid legal process.
— Policy (@policy) 19 Avril 2014


En l'espèce, la décision de bloquer les comptes Twitter a été prise après que la Cour constitutionnelle turque a donné raison à Erdogan, en estimant qu'ils étaient coupables de violation de sa vie privée, par la diffusion des enregistrements. Le droit à la vie privée a primé sur le droit à l'information des citoyens turcs, qui ont découvert des actes présumés de corruption grâce à la communication des enregistrements.


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A l'heure où ils doivent choisir entre une PS4 ou une Xbox One, les joueurs savent qu'une partie de leur décision se base sur les licences de jeux vidéo disponibles en exclusivité sur l'une ou l'autre des consoles. La machine de jeu de Microsoft n'aura jamais de Uncharted ou de Little Big Planet, alors que les amateurs des consoles Sony n'auront pas Forza ou Halo. A chaque console ses exclusivités.

Les titres ainsi disponibles sur une seule console sont devenus une part importante du modèle marketing des constructeurs, au point qu'ils investissent des millions de dollars pour s'assurer qu'un jeu très recherché ne sera pas porté sur la machine concurrente. Or le Wall Street Journal raconte qu'Apple et Google, qui sont eux-mêmes devenus des acteurs majeurs du jeu vidéo mobile avec iOS et Android, se livrent à la même stratégie pour tenter d'apporter une valeur ajoutée unique à leur plateforme.

Selon le quotidien américain, Apple aurait ainsi réussi à convaincre Electronic Arts (EA) de ne sortir Plants vs Zombies 2 que sur iPhone et iPad pendant une période d'exclusivité de deux mois. De même pour Cut the Rope, avec un accord de trois mois négocié avec Zepto Lab.

Pour y parvenir, Apple ne signerait pas de chèque en argent sonnant et trébuchant, mais accorde une visibilité garantie sur l'App Store pour permettre aux éditeurs partenaires de bénéficier d'une promotion gratuite et efficace de leur jeu vidéo, qui serait sinon noyé au milieu de milliers d'autres titres. Google aurait également une stratégie similaire avec Google Play, qui met en avant des jeux disponibles uniquement sur Android.

Sachant qu'iOS devient aussi une plateforme de jeu de salon avec l'Apple TV (voire l'iPad relié à la TV), tout comme Android avec Google TV, la guerre des exclusivités ne fait sans doute que commencer.


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Vous cherchez une arme à feu sans numéro de licence ou de la cocaïne à consommer au petit déjeuner ? Google ne vous sera d'aucune aide. Cherchez "cocaïne", et ce sont des sites de prévention ou d'encyclopédies qui s'affichent dans les premières pages. Cherchez "Colt 1911", et vous trouverez au mieux quelques armureries qui se conforment aux réglementations nationales. Rien de très utile pour le délinquant en herbe, qui préfère aussi probablement éviter d'être repéré par son adresse IP.

Heureusement (ou pas), Grams est là ! Comme le révèle Wired, un internaute a mis au point ce moteur de recherche disponible exclusivement à partir d'un navigateur Tor, spécialisé dans la recherche de tout ce qui peut être illégal sur le Darknet, vendu sur des plateformes que la loi et la morale réprouvent.

Très ostensiblement inspiré de Google, jusqu'au bouton "J'ai de la chance", Grams indexe avec leur autorisation les catalogues de plusieurs plateformes marchandes qui ne sont elles-mêmes disponibles qu'à travers le réseau d'anonymisation, où les transactions se font en Bitcoins ou autres monnaies électroniques.

Il y a bien sûr la célèbre place de marché SilkRoad2, créée très rapidement après le démantèlement du premier site de vente de drogues, mais aussi Agora, BlackBank, Cloud-Nine, Evolution, NiceGuy, Pandora, et The Pirate Market. Pour chacune d'entre elles, Grams récupère les produits référencés et présente les résultats sous forme de listings avec le nom des vendeurs, la localisation géographique des produits, et le prix.

L'auteur de Grams, qui assure avoir créé le service en seulement deux semaines, prévoit déjà de nombreuses améliorations, mais aussi un modèle économique basé sur des mots clés vendus aux enchères, façon AdWords. Sans doute payés en Bitcoins, eux aussi.


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En 2011, le Parlement avait adopté en France un texte de loi sur les obtentions végétales, qui instaurait une forme de droit à la copie privée payante pour certaines semences de ferme protégées par un certificat d'obtention végétale (COV). La loi était symbolique d'un mouvement global de privatisation de matières naturelles qui sont essentielles à l'agriculture, par l'exploitation des droits de propriété intellectuelle.

Pour pouvoir vendre des semences sur le marché ou s'en échanger entre agriculteurs, les producteurs ont l'obligation que celles-ci soient inscrites au préalable dans un "catalogue commun des espèces et variétés", tenu à jour par l'Union Européenne. Il rassemble les catalogues nationaux des différents états membres, qui font payer plusieurs centaines voire milliers d'euros le processus exigeant de validation et d'inscription.

Le risque de passer outre n'est pas négligeable. En 2008, le président de l'association Kokopelli qui commercialise des semences anciennes non cataloguées a été condamné à plus de 17 000 euros d'amende. En 2012 la Cour de Justice de l'Union Européenne a été contre l'avis de son avocat général (ce qui est exceptionnel), en jugeant que les restrictions à la commercialisation de semences non cataloguées étaient légales et justifiées.

Comme l'expliquait Lionel Maurel en 2013, l'accumulation des atteintes à la liberté de semer a conduit à la création d'un mouvement de création de semences sous licences libres. Il avait même été créé une licence dédiée, l'Open Source Seeds (dont le site internet ne semble plus disponible), qui s'inspirait des licences Creative Commons pour encadrer juridiquement le droit de semer et reproduire des plants.

"Un pool de ressources génétiques libres"

Un an plus tard, l'Open Source Seed Initiaitve (OSSI) vient d'être lancée par des professeurs de l'Université du Wisconsin. L'organisation a annoncé qu'elle allait distribuer les graines de 22 variétés végétales "open-source" : de la laitue, du chou frisé, des courgettes, du céléri, du cresson, de l'orge, de la moutarde, des poivrons, du quinoa,... Pour respecter une forme de droit moral, les créateurs des plants (les "obtenteurs") sont crédités en tant que tels.

Tous les paquets de graines sont accompagnés d'un message en forme d'engagement et de licence libre :


Cet engagement Open Source Seed vise à garantir votre liberté à utiliser les graines contenues à l'intérieur de quelque manière que vous choisissez, et de s'assurer que ces libertés profitent à tous les utilisateurs ultérieurs.

En ouvrant ce paquet, vous vous engagez à ne pas restreindre l'utilisation par des tiers de ces graines et de leurs dérivés par des brevets, licences ou tout autre moyen. Vous vous engagez à ce que vous si vous transférez ces graines ou leurs dérivés, ils seront également accompagnés de cet engagement.


"Pour répondre efficacement aux défis de l'amélioration de nos cultures qui sont nécessaires pour nourrir notre population en croissance rapide, les agriculteurs et les sélectionneurs de plantes doivent avoir accès aux ressources génétiques", explique Irwin Goldman, professeur d'horticulture à l'Université du Wisconsin, et co-fondateur d'OSSI. "Cet accès devient de plus en plus limité par les contrôles associés à l'octroi de licences sur les semences. Nous voudrions créer un nouveau conduit pour les graines qui permettrait de réaliser un pool de ressources génétiques que chacun pourrait utiliser, partager, conserver, replanter et reproduire librement".


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Ou comment prendre l'innovation numérique à rebrousse poils. Il y a sept ans, les rappeurs américains du Wu-Tang Clan avaient offert plus de 200 titres en téléchargement gratuit sur leur site internet, pour accompagner leur retour sur scène. Cette année, le collectif (dont un des membres vient de se couper le pénis) revient avec une proposition diamétralement opposée.

Le Wu-Tang Clan a annoncé la préparation d'un nouvel album, "Once Upon A Time In Shaolin", mais avec un modèle économique bien particulier. Le groupe prévoit de ne sortir le disque que sous la forme d'un exemplaire unique, enfermé dans une boîte métallique gravée par un artiste, le tout vendu aux enchères. Pour écouter l'album avant qu'il soit transmis au riche propriétaire, les fans devront se rendre dans des auditions publiques payantes, lors d'une tournée internationale où l'objet serait présenté tel une véritable relique. Une manière de remettre en valeur la rareté dans un monde où la musique est reproduite à l'infini.

Selon Billboard, le groupe aurait déjà reçu une offre de 5 millions de dollars. Mais un groupe de fans s'est monté sur Kickstarter avec l'ambition de réunir la plus forte enchère possible, afin d'offrir ensuite à tout le monde la possibilité d'écouter le disque gratuitement. Le groupe gagnerait ainsi le montant de l'enchère pour l'album, mais celui-ci entrerait dans une forme de "domaine public" de fait, grâce aux mécènes coalisés.

L'initiative est cependant loin de rencontrer un franc succès. A l'heure où nous écrivons ces lignes, le groupe de fans n'a réuni que 1 726 dollars. Il reste 52 jours pour atteindre l'objectif des 5 millions de dollars.


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Les drones civils pour lesquelles la régulation sera renforcée ont de nombreuses applications, des plus sympathiques aux plus inattendues. En Grande-Bretagne, The Independant raconte qu'un gang de Shropshire, dans l'ouest de l'Angleterre, utilise des drones pour repérer les cultivateurs de cannabis dans les environs, et pour les extorquer.

Pour cultiver le cannabis en intérieur, les amateurs doivent utiliser des lampes hydroponiques qui consomment beaucoup d'énergie et dégagent beaucoup de chaleur. Les appareils téléguidés de la mafia locale sont donc équipés de caméras à infra-rouge qui survolent les propriétés du comté, pour repérer les sources anormalement élevées de chaleur et identifier les cultivateurs qui ne payent pas leur "dîme" au cartel.

Les cultivateurs ainsi repérés se font alors voler leur production par une opération musclée, ou se voient exiger le paiement d'une taxe. Les victimes n'osent évidemment pas porter plainte, puisqu'elles sont elles-mêmes dans l'illégalité.

"C'est de bonne guerre", explique au quotidien britannique l'un des membres du cartel, âgé de 33 ans, qui estime que son utilisation des drones répond à une certaine éthique. "Ce n'est pas comme si j'utilisais mon drone pour voir si les gens ont un beau téléviseur. Je cherche juste de la drogue à voler et à vendre. Si vous enfreignez la loi, vous entrez dans mon monde et celui de mon drone".

Nul doute que les délinquants trouveront d'autres utilités aux drones. Ils pourraient notamment s'en servir pour vérifier la sécurité d'une propriété avant de franchir un portail, ou pour livrer la drogue à un client sans même avoir à effectuer physiquement une transaction, pour éviter le flagrant délit. Même si l'appareil est saisi par la police, il est très difficile de savoir qui le pilotait.


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Facebook a annoncé jeudi l'arrivée d'une nouvelle fonctionnalité de partage de localisation géographique, baptisée Nearby Friends ("amis à proximité"), qui ne sera pas activée par défaut. Lorsque l'utilisateur décidera d'activer la fonctionnalité sur l'application mobile de Facebook, il pourra savoir quand ses amis qui ont eux-même activé Nearby Friends sont à proximité, pour faciliter les rencontres "dans la vie réelle".

La fonctionnalité sera présente uniquement sur les application Android et iPhone de Facebook, et sera déployée dans les prochaines semaines.

Alors que Facebook est régulièrement attaqué pour son irrespect de la vie privée ou pour ses réglages trop complexes, l'outil est cette fois-ci conçu de façon intelligente, et fait disparaître les barrières psychologiques qui peuvent exister avec des outils de partage de localisation un peu trop indiscrets comme Foursquare, où l'on signale à tout le monde sa position géographique. Avec Nearby Friends, Facebook permet de choisir les groupes d'individus qui peuvent vérifier si l'on est à proximité (tous ses amis, les amis proches seulement, ou une liste spécifique d'amis), et la fonctionnalité ne fonctionne qu'entre utilisateurs qui ont choisi réciproquement de se donner cette possibilité.

"Si vous activez Nearby Friends, vous pouvez aussi choisir de partager une localisation précise avec des amis en particulier que vous choisissez, pour une période de temps déterminée, telle que la prochaine heure", précise Facebook. "Quand vous partagez une localisation précise, l'ami que vous choisissez verra exactement où vous êtes sur une carte, ce qui aidera se trouver. Vous pouvez alors vous rencontrer et passer du temps ensemble".

Enfin, l'application permet aussi de voir quand ses amis ne sont pas à proximité, mais en séjour à l'étranger ou dans une autre ville.

Evidemment, si le partage de la localisation reste visible uniquement par les amis qui ont eux-mêmes activé la fonction, les données restent collectées par Facebook qui pourra aussi les exploiter pour affiner le profil de l'internaute et lui proposer des publicités ciblées, en fonction des endroits qu'il croise.


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C'était le principal actif au bilan de Fleur Pellerin au ministère de l'économie numérique, et l'on savait qu'elle y tenait particulièrement. En tant que nouvelle secrétaire d'Etat au commerce extérieur, Fleur Pellerin continuera d'assurer la promotion des entreprises technologiques françaises ayant reçu le label French Tech, probablement (c'est souhaitable) en lien avec la secrétaire d'Etat au numérique, Axelle Lemaire.

Les 26 et 27 juin prochain, Fleur Pellerin participera ainsi à New York à la French Touch Conference, un événement qui ambitionne de réunir plus de 300 entrepreneurs, investisseurs et journalistes américains, autour d'une vingtaine d'entreprises françaises ou de cadres dirigeants basés en France.

La conférence sera également l'occasion de décerner deux prix, le "Prix Danton de l'Audace" qui récompensera deux entrepreneurs, l'un basé en France et l'autre à l'étranger, et le "Start-Up Contest", qui permettra à une jeune entreprise de se faire accompagner pour son développement aux Etats-Unis.

Enfin, "un jury sélectionnera une demi-douzaine de strart-ups américaines pour participer à un French Tech Tour en décembre 2014", précise le site internet de la French Touch Conference. "Ces start-ups en cours de développement à l'international suivront une learning expedition spécialement conçue pour elles, pour visiter les hubs d'innovation et de compétitivité en France et découvrir les opportunités de l'écosystème entrepreneurial sur place".


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Au lendemain d'un rapport du Sénat qui pointait du doigt les très nombreux problèmes posés pas le vote électronique, mais qui se refusait pourtant à demander un moratoire sur l'utilisation des machines à voter ou du vote par internet, la sénatrice UMP Joëlle Garriaud-Maylam a dénoncé dans une question au gouvernement un nouveau problème démocratique posé par un décret publié le mois dernier :


L'article 17 du décret n° 2014-290 du 4 mars 2014 portant dispositions électorales relatives à la représentation des Français établis hors de France dispose que " les partis ou groupements politiques et les associations représentatives au niveau national des Français établis hors de France, lorsqu'ils présentent des candidats ou des listes dans au moins trois circonscriptions électorales, peuvent désigner un délégué habilité à contrôler les opérations de vote par voie électronique ".

Cela exclut de fait les listes indépendantes ou locales de la possibilité de participer au contrôle citoyen des opérations de vote électronique.

Alors que les inquiétudes quant à la sécurité et à la transparence du vote par Internet demeurent vives en France comme dans de nombreux autres pays, cette décision de limiter l'accès au bureau de vote électronique n'est pas de nature à rassurer les citoyens. Elle demande les raisons ayant conduit à une telle limitation et appelle le Gouvernement à modifier au plus vite le décret afin d'améliorer la transparence des opérations de vote électronique.


Le constat est partagé par le Parti Pirate. "N'ayant que deux candidats (aux élections consulaires), le Parti Pirate ne pourra pas envoyer de délégués. C'est pourtant le seul parti qui a pris ce rôle de délégué au sérieux depuis le début du vote électronique en 2012. C'est le seul parti qui contrôle le vote d'un bureau avec plus de 100.000 votants !", s'indigne auprès de Numerama Alix Guillard, qui avait déjà demandé l'annulation partielle de l'élection législative de 2012, pour les candidats élus avec le vote par Internet. Le Conseil constitutionnel avait reconnu le risque de fraudes, mais estimé qu'il fallait prouver une fraude effective pour annuler l'élection, ce qui est quasiment impossible en pratique.

En 2012, le Parti Pirate s'était déjà vu refuser l'accès au code source du logiciel de vote. Mais il avait tout de même pu participer au contrôle de l'élection, très imparfait, organisé par le ministère des affaires étrangères.

"Aujourd'hui, le gouvernement va plus loin en limitant l'accès des citoyens au contrôle des opérations".


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La commission des lois du Sénat a adopté mercredi une proposition de loi socialiste "visant à limiter l'usage des techniques biométriques". Selon les explications du sénateur Gaëtan Gorce, à l'origine du texte, il s'agit de répondre "au développement exponentiel de l'usage des données biométriques, en particulier pour contrôler l'accès à des services ou à des locaux professionnels, commerciaux, scolaires ou de loisirs".

Les sénateurs s'inquiètent en effet de la montée en puissance des technologies qui permettent d'identifier un individu à partir de ses attributs physiques et comportementaux. Il s'agit aussi bien des lecteurs d'empreintes que l'on retrouve désormais sur les téléphones mobiles, qui permettent à Apple et Samsung de constituer des bases de données privées d'empreintes digitales (sans que ça n'émeuve la CNIL...), que des systèmes de reconnaissance du visage, de reconnaissance vocale, de reconnaissance du rythme de saisie au clavier ("keystroke"), de lecture de l'iris, du contour de la main, etc., etc.

"À cette mutation technique, qui n'en est qu'à son commencement, s'ajoute une volonté de diversification des usages pour répondre à des enjeux soit de contrôle social (comme le contrôle des horaires de travail via un mécanisme de recueil d'empreinte à l'entrée ou à la sortie du bureau ou de l'atelier) soit de simple confort commercial (accès à un restaurant scolaire, une piscine après vérification du contour de la main, etc)", constate Gaëtan Gorce.

"La question qui nous est posée est en effet de savoir si nous sommes prêts à consentir à une banalisation de l'usage de données tirées du corps humain ou si nous voulons que cet usage soit limité à des situations exceptionnelles".

Un texte insuffisant en l'état

C'est donc pour limiter la biométrie à des "cas exceptionnels" que les sénateurs ont adopté en commission le texte socialiste. Mais celui-ci n'aura que peu d'effet tant sa rédaction est suffisamment large pour permettre à peu près tous les scénarios de contrôle de l'accès par biométrie :


Ne peuvent être autorisés que les traitements ayant pour finalité le contrôle de l'accès physique ou logique à des locaux, équipements, applications ou services représentant ou contenant un enjeu majeur dépassant l'intérêt strict de l'organisme et ayant trait à la protection de l'intégrité physique des personnes, à celle des biens ou à celle d'informations dont la divulgation, le détournement ou la destruction porterait un préjudice grave et irréversible.


Lu rapidement, le texte peut sembler très limitatif et protecteur. Mais en réalité, à titre d'exemple, Apple pourra parfaitement justifier que son lecteur d'empreintes sur l'iPhone 5s est un "contrôle de l'accès logique à des applications", qui dépasse son seul intérêt puisqu'il vise à protéger les intérêts majeurs des clients (leur vie privée, la confidentialité de leur carnet d'adresses, de leurs applications bancaires, etc.). Il ajoutera qu'il s'agit bien de protéger l'intégrité "d'informations dont la divulgation, le détournement ou la destruction porterait un préjudice grave et irréversible" au possesseur d'un iPhone volé.

Pour être réellement efficace, il faudrait selon nous ajouter au texte une disposition qui précise que ne peuvent être autorisés que les traitements biométriques à la fois "indispensables" et "proportionnés" à l'objectif de sécurisation recherché. Or dans ce cas, pour poursuivre notre exemple, Apple aurait beaucoup plus de difficultés à démontrer que le lecteur d'empreintes est "indispensable" à la sécurisation des données du téléphone, ou que la constitution d'un fichier privé d'empreintes biométriques est une méthode "proportionnée" au besoin de contrôler l'identité d'un client.

Le texte sera examiné en séance plénière du Sénat le 29 avril prochain.


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Est-il possible pour un grand réseau social russe de s'opposer au président Vladimir Poutine et aux demandes de son administration ? Oui, si l'on en croit le message publié sur son compte par Pavel Durov, le Mark Zuckerberg russe, créateur du réseau social VKontakte (VK) très populaire en Europe de l'Est, et très fortement inspiré par son modèle américain.

Dans son message publié mercredi, Pavel Durov raconte que le 13 décembre 2013, les services secrets russes du FSB ont demandé à VK de fournir à la Russie des données personnes concernant les membres du groupe d'activistes ukrainien Evromaydana, favorables au rapprochement de l'Ukraine avec l'Union Européenne. Le jeune homme, qui a dû revendre ses parts de VKontakte, publie la lettre adressée par le FSB, dans laquelle 39 comptes étaient visés.

Deux jours plus tard, le 15 décembre 2013, près de 200 000 personnes descendaient dans les rues de Kiev pour réclamer la démission du président Viktor Ianoukovytch.

Un "refus catégorique"

"Notre demande a été et demeure un refus catégorique", assure Durov, qui estime que les utilisateurs ukrainiens ne doivent pas être soumis à la loi russe. "Donner des détails personnels sur des Ukrainiens aux autorités russes ne serait pas seulement contraire à la loi, ce serait aussi une trahison pour ces millions de personnes en Ukraine qui nous ont fait confiance".

Pavel Durov assure que c'est ce refus de se soumettre au FSB qu'il l'a contraint à devoir se séparer de ses parts dans VK, mais "je ne regrette rien", ajoute-t-il. "La protection des données personnelles des gens, ça vaut plus bien plus encore".

"J'ai toujours quelque chose à moi de bien plus important. Une conscience propre et des idéaux que je suis prêt à défendre".

Le fondateur de VK avait démissionné de son poste de directeur, critiquant une prise de contrôle illégale du réseau social par les partisans de Vladimir Poutine. Il est finalement revenu sur sa décision le 3 avril dernier.

Dans un nouveau message publié mercredi, Pavel Durov ajoute qu'un procureur lui avait demandé en 2011 de fermer la page du groupe Alexeï Navalny, dédié à la lutte contre la corruption. Une demande qu'il avait également refusée. "La liberté de diffusion de l'information est un droit inaliénable de la société post-industrielle. Sans elle, l'existence de VKontakte n'a pas de sens".


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