Guillaume Champeau

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9 "dont 5 en intégralité", ça veut dire que 4, soit 45 % des 10 séries les plus populaires, ne le sont pas. C'est bien ça ?



Haro sur le chiffrement généralisé. Depuis plusieurs mois, et de façon plus prononcée encore depuis les attentats parisiens de janvier 2015 qui n'ont pourtant a priori aucun rapport avec le sujet, les services secrets des pays occidentaux se pressent pour demander aux acteurs du net de renoncer au chiffrement généralisé des communications, devenu très tendance depuis les révélations d'Edward Snowden. Plus exactement, ils demandent que les autorités aient l'accès aux clés de déchiffrement.

Certains, à l'instar du premier ministre britannique David Cameron ou du coordinateur de la lutte antiterroriste en Europe, Gilles de Kerchove, proposent de rendre illicite l'utilisation de moyens de communication qui ne peuvent pas être écoutés par l'Etat.

Mais que se passerait-il en cas de refus ?

Si le risque mis en avant est d'habitude celui de nouveaux attentats que les services de renseignement n'auraient pas réussi à déjouer faute de surveillance efficace, les espions britanniques ont un autre argument à faire valoir.

Sir David Oman, ancien directeur du GCHQ jusqu'en 1997, a affirmé lors d'une conférence à la London School of Economics que le chiffrement généralisé conduirait les agents à employer des méthodes "immorales" ou "contraires à l'éthique", pour accéder aux communications de leurs cibles. "Les agences de renseignement ne vont pas abandonner d'essayer d'attraper les méchants. Il faudra qu'ils se rapprochent", a-t-il prédit. Il pressent que les espions auront davantage recours à des méthodes manuelles à l'ancienne, comme la surveillance physique ou l'installation de micros dans les habitations, mais aussi au piratage de téléphones mobiles ou d'ordinateurs.

EXPLOITER DES FAILLES POUR ESPIONNER

A priori, ce n'est pas une mauvaise nouvelle, puisque cela revient aux fondamentaux du renseignement et évite de placer toute la population sous surveillance pour trouver les être déviants qui s'y cachent. Mais David Oman ne voit pas les choses sous cet oeil.

Certes "vous pouvez dire que c'est mieux ciblé", reconnaît-il. Mais "en termes d'intrusion dans la vie privée — d'intrusion collatérale dans la vie privée —, vous finirez probablement par être dans une situation pire qu'avant en terme d'éthique".

Le problème est qu'en Grande-Bretagne, comme en France (avec l'ANSSI) ou aux Etats-Unis (avec la NSA), les pouvoirs de protection de la sécurité des systèmes informatiques et les pouvoirs de découverte et d'exploitation des failles de sécurité à des fins de renseignement sont confiés dans les mêmes mains. Or plus le déchiffrement est difficile à obtenir, plus la tentation sera grande pour ces agences de chercher des failles et de les exploiter sans les dévoiler, exposant le public et les entreprises à davantage de risques de divulgation de leurs données personnelles.


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Est-il trop tôt pour parler d'échec ? Lors de l'annonce officielle de l'arrivée de Netflix en France, son patron Reed Hastings n'avait pas hésité à dévoiler de grandes ambitions, en dévoilant au Figaro qu'il voulait "séduire globalement un tiers des foyers d'ici cinq à dix ans", ce qui est l'objectif dans tous les pays où le service de SVOD s'implante. Quatre mois après son lancement le 15 septembre dernier, selon des données de Digital TV Research rapportés par Les Echos, Netflix "n'aurait recruté que 200.000 à 250.000 abonnés en France, dont la plupart passent par Internet (PC, tablettes...)" plutôt que par les box des opérateurs.

Il reste donc beaucoup, beaucoup de chemin à parcourir avant que Netflix ne réussisse à atteindre ses objectifs en France. Selon les projections de l'INSEE (.pdf), la France comptera 29,5 millions de foyers en 2020. S'il veut être raccord avec ses ambitions, le service en ligne américain a donc cinq ans pour convaincre 9,8 millions d'abonnés. Or si les estimations de Digital TV Research sont exactes, Netflix est au mieux à 2,5 % de cet objectif final.

Si Netflix n'arrive pas à décoller rapidement, la question de la continuité du service en France pourrait même se poser. Netflix estime que son seuil de rentabilité, au dessus duquel il arrête de perdre de l'argent, se situe à 10 % des foyers d'un pays où il s'implante. Or pour le moment Netflix n'a convaincu que 0,9 % des foyers français. Il faut donc qu'il décuple sa base d'abonnés pour commencer à rembourser ses investissements.

Pour ce faire, le service de SVOD mise sur de prochaines productions, en particulier des séries TV françaises de qualité disponibles exclusivement sur Netflix, pour convaincre les foules. Mais il devra aussi réussir à faire sauter le verrou de la chronologie des médias pour pouvoir proposer des films plus récents, et surtout étendre son catalogue de séries TV américaines, étonnamment pauvre en France.


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Pour échanger des e-mails persos avec ses amis ou sa famille, je pense pas non.



Vous vous souvenez probablement de la technologie IllumiRoom de Microsoft, qui permet de transformer une pièce en aire de jeu interactive grâce à un vidéoprojecteur et un Kinect. Ce dernier scanne la pièce pour en modéliser les volumes et les couleurs de chaque objet, et le système projette ensuite une image adaptée qui transforme l'apparence de la pièce de façon bluffante. La technologie est encore en développement avec des déclinaisons comme le projet RoomAlive, mais elle a visiblement inspiré d'autres applications.

Ainsi une équipe de créatifs japonais dirigée par le producteur Nobumichi Asai a présenté "Face Hacking", une oeuvre technologique très impressionnante qui consiste à projeter sur des visages des images adaptées en temps réel, qui transforment totalement l'apparence du visage. Le studio utilise des dispositifs de tracking des mouvements de la tête et de projection 3D pour obtenir ce rendu spectaculaire (voir la seconde vidéo pour un aspect plus technique) :






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C'est un cadeau très particulier. Le 23 décembre 2014, Google a écrit à trois journalistes de Wikileaks, Sarah Harrison, Kristinn Hrafnsson et Joseph Farrell, pour les informer que la firme de Mountain View avait fourni au FBI l'ensemble des e-mails et d'autres informations qu'elle détenait sur eux, en vertu d'un mandat de perquisition daté de mars 2012, resté secret jusque là.

"Nous sommes stupéfaits et troublés par le fait que Google ait attendu plus de deux ans et demi pour informer ses abonnés qu'un mandat de perquisition avait été délivré pour leurs enregistrements", s'élève leur avocat Michael Ratner, dans un courrier adressé ce lundi au président de Google, Eric Schdmit.

Selon les infomations du Guardian, l'ordre signé par le FBI et placé jusqu'à une date inconnue sous le sceau du secret imposait à Google de livrer l'ensemble des contenus des e-mails des trois personnes concernées, envoyés et reçus, l'ensemble des brouillons, et des e-mails effacés sur Gmail. L'ordonnance exigeait aussi la fourniture des adresses source et de destination de tous les courriels, leur horodatage, et les métadonnées sur leur volume et longueur. Le FBI a également demandé tous les renseignements détenus par Google sur les moyens utilisés par les suspects pour accéder à ses services, y compris les données bancaires. En clair, Google devait livrer tout ce qu'il avait en possession sur les trois individus.

Google a indiqué avoir fourni des informations au FBI suite à cette demande, mais sans préciser s'il y avait donné totalement satisfaction, ou s'il a refusé de tout livrer. "Nous suivons la loi comme toute autre entreprise", s'est contenté d'expliquer Google au journal britannique.

"GOOGLE AIDE LE GOUVERNEMENT À VIOLER LA CONSTITUTION"

Dans sa missive, l'avocat demande au président de Google s'il a tout fait pour s'opposer à la requête du FBI, ou pour la rendre publique au plus tôt. Il rappelle que confronté à une situation similaire, Twitter s'était battu pour protéger les intérêts de l'eurodéputée Birgitta Jonsdottir, qui fut activiste et porte-parole pour Wikileaks.

Dans un livre publié à la rentrée dernière, Julian Assange avait dénoncé avec force les liens incestueux entre Google et le gouvernement américain, en particulier en matière d'affaires diplomatiques. "Les aspirations géopolitiques de Google sont fermement mêlées dans celles de l'agenda des affaires étrangères de la plus grande superpuissance mondiale. A mesure que le monopole de Google sur la recherche et les services Internet s'accroît (...), son influence sur les choix et les comportements sur la totalité des être humains se traduit en un véritable pouvoir d'influer sur le cours de l'histoire", avait-il écrit.

Interrogé par le Guardian, Julian Assage estime que cette nouvelle affaire montre que Google "se presse encore pour aider le gouvernement à violer la constitution, en délivrant les e-mails privés de journalistes en réponse à des réquisitions de type "donnez-nous tout ce que vous avez"".

La lettre de son avocat rappelle que lors d'un entretien avec Eric Schmidt le 19 avril 2011, un an avant l'ordre du FBI, Julian Assange avait demandé à Google qu'il adopte le même comportement de résistance que Twitter. Mais le patron du moteur de recherche s'était alors contenté de dire qu'il "ferait suivre" la demande au département juridique de Google, sans s'engager.

L'ordonnance du FBI s'était appuyée sur de prétendues violations des lois anti-espionnage des Etats-Unis, le vol de données appartenant à l'Etat, et la violation des lois contre les intrusions informatiques. Selon toutes vraisemblances, elle a été délivrée dans le cadre de l'enquête sur Bradley/Chelsea Manning, qui avait fourni à Wikileaks des centaines de milliers de documents confidentiels de la diplomatie américaine.

En août 2013, Manning avait été condamné à 35 ans de prison.


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Lizard Squad n'en finit plus de faire parler de lui. Le groupe de hackers, qui s'est rendu célèbre à Noël dernier avec les opérations de DDOS massives opérées contre les services Xbox Live et PSN, n'est visiblement pas démantelé malgré l'arrestation de l'un des ses membres en début d'année. Lundi matin, le site de la compagnie aérienne Malaysia Airlines a été piraté pour afficher un message signé par la Lizard Squad.

Le message, au goût douteux mais fidèle à l'esprit du "lulz" qui accompagne les opérations du groupe, disait "404 - avion non trouvé", en référence à la disparition mystérieuse en pleine mer du vol MH370, dont les débris n'ont jamais été retrouvés.

Plus provocateur encore, le groupe invitait les internautes à suivre le "Cyber Caliphat" sur Twitter, c'est-à-dire un groupe de hackers proche de l'Etat Islamique. "Cybercaliphat" est le nom qui avait été utilisé à la mi-janvier par des hackers pour revendiquer au nom de l'EI le piratage d'un compte Twitter de l'armée américaine et la publication de documents qui semblaient être confidentiels, mais qui en réalité avaient tous été déjà rendus publics. Dans son message, Lizard Squad s'associe au Cyber Caliphat, en semblant dire qu'il s'agit d'un seul et même groupe, alors que le premier est notoirement connu pour être essentiellement composé d'adolescents sans idéologie particulière.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, la compagnie aérienne malaisienne a confirmé le piratage en l'attribuant à un détournement de ses enregistrements DNS, qui permettent de lier un nom de domaine à une adresse IP de serveur. "A ce stade, les serveurs de Malaysia Airlines sont intacts", veut rassurer l'entreprise qui a déjà subi deux coups très durs l'an dernier avec la disparition du vol MH370, et la destruction à la frontière russe de l'avion du vol MH17.

"Malaysia Airlines assure à ses clients que son site web n'a pas été hacké et que ce problème temporaire n'affecte pas leurs réservations, et que les données des utilisateurs restent en sécurité", assure-t-elle. Les autorités malaisiennes ont été saisies en vue de diligente une enquête.

Il y a une dizaine de jours, Lizard Squad s'est lui-même fait pirater un service payant de DDOS à la demande qu'il proposait, et a réagi en exploitant ses droits d'auteur sur la base de données pour tenter (en vain) de freiner la divulgation des fichiers.


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La députée Isabelle Attard (Nouvelle Donne) prend très mal l'annonce faite par la France à l'ONU, de la volonté du gouvernement français de mettre en place très rapidement une censure administrative des sites internet dont le contenu serait qualifié de "raciste" ou "antisémite", non pas par un juge, mais par l'Etat lui-même. "Le blocage d'un site internet est une mesure extrêmement forte contre la liberté d'expression. Cette liberté fondamentale est garantie par la constitution de la République française. Elle a des limites, qui sont parfois compliquées à établir. C'est pourquoi elles doivent être appréciées par un juge", a-t-elle prévenu dans une question écrite déposée ce vendredi à l'Assemblée Nationale, dont Numerama a pu prendre connaissance.

"Le blocage administratif des sites internet est en contradiction totale avec les principes démocratiques de séparation des pouvoirs et de procédure judiciaire contradictoire", prévient-elle.

"Alors que des français viennent d'être lâchement assassinés parce qu'ils faisaient usage de leur liberté d'expression, il paraît inconcevable de limiter cette liberté par une procédure sans intervention du pouvoir judiciaire."

Réservé au départ aux seuls sites contenant des images pédopornographiques, en raison de son caractère exceptionnel dérogatoire aux droits et libertés, le blocage de sites sur simple ordre administratif a été étendu en novembre 2015 aux sites faisant l'apologie du terrorisme, dont la liste est établie par le ministère de l'intérieur. Le décret d'application est actuellement à l'examen à Bruxelles, et devrait être publié au Journal Officiel dans les prochains jours.

QUELLE CONSTITUTIONNALITÉ ?

Si l'annonce faite par Harlem Désir se confirme, en dépit du silence du Premier ministre lors de sa conférence de presse de mercredi matin, les sites réputés racistes et antisémites deviendraient la troisième catégorie de sites pouvant faire l'objet de blocages sans que leur illégalité soit vérifiée par un magistrat indépendant.

En 2011, le Conseil constitutionnel avait validé le blocage extra-judiciaire introduit par la loi LOPPSI contre les sites pédopornographiques, au motif que "ces dispositions assurent une conciliation qui n'est pas disproportionnée entre l'objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l'ordre public et la liberté de communication garantie par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789". Il n'avait pas été amené à se prononcer sur le blocage des sites faisant l'apologie du terrorisme, mais pourrait reprendre la même logique pour valider de nouvelles extensions de la censure. Cependant, cette extension ne peut être illimitée. Dans le commentaire de sa décision, le Conseil avait prévenu que le blocage administratif était acceptable pour la pédopornographique car "il s'agit de lutter contre l'exploitation sexuelle des mineurs, ce qui peut justifier des mesures que la préservation de la propriété intellectuelle ne peut fonder".

Toute la question est donc de savoir où et comment tracer la ligne rouge entre ce qui peut faire l'objet de censures sans vérification judiciaire préalable, et ce qui doit nécessairement passer devant un juge.


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L'appel de David Cameron n'était pas un acte isolé. Dès le lendemain du défilé à Paris suite aux attentats de Charlie Hebdo et de l'épicerie de Vincennes, le premier ministre britannique avait déclaré à Londres qu'il voulait rendre illégal tout moyen de communication chiffré qui ne puisse pas être écouté par l'Etat. "Voulons-nous autoriser un moyen de communication entre les gens, que même dans les cas extrêmes (...), nous ne puissions pas lire ?", avait-il demandé.

Or c'est également l'avis de Gilles de Kerchove, le coordinateur de la lutte anti-terrorisme de l'Union Européenne. Dans un document confidentiel (.pdf) daté du 17 janvier 2015 révélé par StateWatch, ce haut fonctionnaire belge a émis toute une série de propositions pour préparer la rencontre informelle entre les ministres de la justice et de l'intérieur des pays membres de l'Union européenne du 29 janvier prochain, dont la proposition de David Cameron. Elles devraient être reprises lors de la réunion des chefs d'état les 12 et 13 février 2015.

"Depuis les révélations d'Edward Snowden, les entreprises d'Internet et de télécommunications ont commencé à utiliser souvent du chiffrement dé-centralisé qui rend de plus en plus difficile techniquement l'interception légale par les autorités nationales compétentes, ou même impossible", regrette-t-il.

"La Commission (européenne) devrait être invitée à étudier de nouvelles règles obligeant les entreprises d'Internet et de télécommunications opérant dans l'Union Européenne à fournir sous certaines conditions telles que décrites dans les lois nationales et dans le plein respect des droits fondamentaux l'accès aux communications par les autorités nationales compétentes (par ex. partager les clés de chiffrement)".

SUIVI PAR WASHINGTON ET PARIS

L'Europe n'est pas isolée sur ce sujet, loin s'en faut. A l'occasion de la visite du premier ministre britannique à la Maison Blanche, Barack Obama a appuyé sa préoccupation. "Les réseaux sociaux et internet sont le principal moyen par lequel ces organisations terroristes communiquent", avait-il constaté. "Si nous découvrons des preuves d'un complot terroriste... et que malgré un numéro de téléphone, malgré le fait que nous ayons une adresse de réseau social ou une adresse e-mail, nous ne puissions pas les pénétrer, c'est un problème".

En France, Manuel Valls a également annoncé mercredi qu'une loi devrait bientôt étendre les possibilités de surveillance sur Internet, ce qui pourrait être l'occasion de renforcer les obligations pour les prestataires de fournir des moyens d'écoute, comme c'est déjà le cas pour les services de télécommunication. "La loi de 1991 sur interceptions de sécurité a été conçue avant Internet", a-t-il rappelé, en jugeant le cadre "satisfaisant ni sur le plan des opérations, ni sur le plan de la protection des libertés".


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C'est pas le sujet. A l'époque ça faisait fortement polémique, et pour que ça passe il avait été dit que ça ne concernerait que les délinquants sexuels. On voit le résultat moins de 20 ans plus tard. C'est le même procédé pour le blocage sans juge. On part d'un truc que personne peut contester, et on étend progressivement.



Jeudi matin, l'Assemblée générale de l'ONU tenait à New York une réunion plénière informelle exceptionnelle, à l'initiative de Bernard-Henri Lévy, sur la question de la montée des violences antisémites dans le monde. La réunion avait été programmée avant les attentats commis en France, mais a nécessairement gagné en importance par l'assassinat de quatre otages juifs détenus dans l'épicerie de Vincennes par Amedy Coulibaly.

A cette occasion, le secrétaire d'état aux affaires européennes, Harlem Désir, a prononcé un discours dans lequel il a confirmé les pistes avancées la semaine dernière par la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui n'ont pourtant pas été évoquées mercredi lors de la conférence de presse de Manuel Valls. En particulier, Harlem Désir a confirmé qu'à "brève échéance", la France mettrait en oeuvre "la possibilité d'un blocage administratif des sites internet et des messages à caractère raciste et antisémite".

Ce blocage administratif, qui se matérialise par un ordre du ministère de l'intérieur non soumis au contrôle d'un juge, fut d'abord prévu pour les seuls contenus pédopornographiques. Dès 2008, il y a sept ans, Numerama avait mis en garde contre l'ouverture de la boîte de Pandore, en prévenant que la lutte nécessaire contre la pédophilie, que le blocage n'aide en rien, ne serait qu'un moyen de légitimer un processus qui serait ensuite étendu à d'autres types de contenus. L'histoire du fichier des empreintes génétiques (FNAEG) qui compte aujourd'hui plus de 2,5 millions d'enregistrements l'avait déjà démontré.

METTRE DES BARRIÈRES SUR INTERNET

Nos craintes se sont vérifiées l'an dernier avec l'adoption d'une loi contre le terrorisme qui adopte le mécanisme du blocage extrajudiciaire à l'encontre des sites de propagande terroriste, dont la liste à bloquer sera établie par le gouvernement, sans contrôle d'un juge. Et donc, selon Harlem Désir et Christiane Taubira, il sera très bientôt étendu à des sites racistes et antisémites, avec la forte tentation de bloquer également des sites très critiques contre le sionisme et Israël, sans qu'un juge ne puisse s'y opposer (sauf recours ultérieur une fois la mesure déjà appliquée).

A l'ONU, Harlem Désir a déclaré que l'antisémitisme "est toujours là, présent, avec son cortège de préjugés, de haine et de violence, parfois comme la résurgence d'un vieil antisémitisme qui remonte du fond des siècles, mais aussi, désormais, sous des formes nouvelles, se répandant sans barrière sur internet et les réseaux sociaux, à l'abri de l'anonymat ou non, prenant parfois prétexte du conflit israélo-palestinien ou s'appuyant sur le dévoiement fanatique de l'islam ancien ou nouveau".

RENDRE RESPONSABLES LES INTERMÉDIAIRES

Selon Les Echos, le secrétaire d'état a expliqué en marge de son discours qu'il fallait étendre la responsabilité pénale des intermédiaires tels que les réseaux sociaux. "Nous devons limiter la dissémination de ces messages. Nous devons établir un cadre légal afin que ces plate-formes sur internet, les grandes compagnies qui gèrent les réseaux sociaux, soient appelées à agir de manière responsable", a-t-il demandé. Il sollicite la convocation d'une conférence internationale dédiée à ce sujet.

Déjà en novembre dernier, le Conseil de Sécurité de l'ONU avait demandé un renforcement de la lutte contre la propagande terroriste sur Internet, en laissant entendre que les plateformes qui seraient trop ouvertes à la liberté d'expression pourraient être accusées de terrorisme par complicité. Le Conseil avait par ailleurs demandé à l'ensemble des 192 membres de l'ONU "d'agir de façon coopérative pour empêcher les terroristes de recruter, pour contrer leur propagande et leur incitation extrémistes violentes sur Internet et les médias sociaux, y compris en développant des contre-récits efficaces".


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Depuis que les imprimantes 3D ont vu leur prix chuter et leurs ventes exploser, certains industriels (et même l'OMPI) s'inquiètent des conséquences possibles sur la protection des droits de propriété intellectuelle des objets qu'ils fabriquent et vendent à des milliers d'exemplaires. Comment continuer à les vendre si les progrès technologiques continuent et permettent dans quelques années de fabriquer chez soi ou dans un atelier de proximité les mêmes objets, à la demande, personnalisables et à moindre coût ?

Jusqu'à présent, les chercheurs ont surtout réfléchi à des solutions de DRM voire à une régulation juridique des drivers d'imprimantes, sous prétexte d'interdire et de rendre impossible l'impression de pièces d'armes à feu. Mais des chercheurs allemands de l'institut Hasso Plattner ont réfléchi à une solution bien plus originale, qui ressemble davantage à une régression qu'un progrès pour la société.

Alors que beaucoup s'intéressent aux moyens de simplifier le clonage des objets, Stefanie Mueller, Martin Fritzsche, Jan Kossmann, Maximilian Schneider, Jonathan Striebel, et Patrick Baudisch ont réfléchi à une solution qui permettrait de les téléporter. Ils ont modifié des imprimantes 3D avec scanner, pour ajouter une fonctionnalité qui permet de déclencher une copie à distance d'un objet (une imprimante chargée de scanner l'objet, l'autre chargée de l'imprimer), mais en supprimant physiquement la première copie pendant que la reproduction est réalisée.

Le procédé détaillé dans cette étude consiste à scanner l'objet couche par couche, et à utiliser une fraiseuse pour supprimer chaque couche ainsi scannée. Lorsque la numérisation est terminée, l'objet a disparu et peut être reproduit sur l'autre imprimante, qui a reçu les informations sous forme chiffrée.

L'idée peut paraître idiote (et elle l'est), mais les chercheurs semblent croire réellement qu'un marché existerait pour de telles technologies, appuyées par les industriels, qui permettent de vendre un objet à distance en le "téléportant" pour s'assurer qu'il reste en exemplaire unique.




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La juste américaine a condamné jeudi l'activiste Barrett Brown, mi-journaliste et mi-hacker très proche du mouvement Anonymous, à 63 mois de prison. Il a déjà effectué sa peine pour moitié depuis sa mise en détention provisoire. Il devra également payer 890 000 dollars de dommages et intérêt.

Publié dans des journaux prestigieux comme le Guardian ou Vanity Fair, Brown avait d'abord participé activement en 2011 à la publication et à l'analyse de documents piratés sur les serveurs de HBGary, une firme privée de sécurité qui devait aider le FBI à identifier des Anonymous. Sans être lui-même à l'origine du piratage, il avait mis en place un système de crowdsourcing pour que les internautes puissent aider à analyser la grande quantité d'informations obtenues chez HBGary.

Il avait ensuite réalisé le même système sur une cible beaucoup plus sensible, Startfor, un cabinet privé de renseignement et de stratégie de défense, . Des millions d'e-mails confidentiels avaient été publiés avec son aide, qui contenaient des informations très embarrassantes pour Stratfor et ses clients (dont Lockheed Martin, Dow Chemical, Coca Cola, Goldman Sachs...), mais aussi des dizaines de milliers de numéros de carte bancaire avec leur code de sécurité.

SURTOUT CONDAMNÉ POUR SA RÉACTION VIOLENTE

Mais c'est en septembre 2012 qu'il fut arrêté en pleine visioconférence, après la publication d'une vidéo sur YouTube dans laquelle il menaçait très explicitement de s'en prendre à un agent du FBI. La vidéo s'appelait "pourquoi je vais détruire l'agent spécial Robert Smith", et expliquait qu'il faisait l'objet d'un harcèlement de la part de cet agent, et que sa propre mère avait été mise sous surveillance. Lors de son procès, il a dit regretter cette vidéo.

Au final, plusieurs charges ont été abandonnées, en particulier celles qui lui reprochaient de simples liens hypertextes. Barrett Brown a négocié un accord avec le bureau du procureur et plaidé coupable sur trois chefs d'accusation : complicité dans l'accès non autorisé aux serveurs de Stratfor, entrave à la justice avec la dissimulation d'un ordinateur portable au moment d'une perquisition, et menace contre un agent du FBI.

Le piratage de Startfor, qu'il n'a pas réalisé lui-même mais qui a déclenché toute l'affaire, ne pèse que 15 mois dans la peine totale de 63 mois de prison. Le plus gros de la peine est due aux menaces contre l'agent fédéral. Comme le résume l'EFF, "les accusations pénales substantielles qui ont apporté la force du système judiciaire fédéral sur Brown se sont révélées moins sérieuses que les charges basées sur la réaction de Brown à l'enquête".

L'association fait le parallèle avec Aaron Swartz, cet activiste qui s'est donné la mort après les poursuites dont il a fait l'objet, et qui est désormais devenu un véritable martyr de la liberté d'informer.

En 2013, le hacker Jeremy Hammond qui avait participé activement au piratage des serveurs de Starfor avait été condamné à 10 ans de prison.


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C'est un arrêt très attendu qui, bien que portant sur une oeuvre matérielle, pourrait avoir des conséquences importantes pour les droits des internautes qui achètent des oeuvres dématérialisées. La Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) a rendu ce jeudi 22 janvier 2015 son arrêt Art & Allposters, qui concernait l'épuisement des droits de distribution d'une oeuvre fixée sur un support matériel, transférée vers un autre support.

En l'espèce, le litige né aux Pays-Bas opposait une société de gestion collective de droits d'auteurs d'images, Pictoright, au vendeur d'affiches Allposters. Ce dernier vend des posters pour lesquelles les droits de reproduction et de distribution des images ont déjà été négociés par l'éditeur, mais propose également de recevoir ces affiches sur des supports plus haut-de-gamme, par exemple en les montant sur des plaques de bois, en les encadrant ou en les plastifiant. Or parmi ces services, Allposters propose aussi de recevoir l'affiche sous forme de tableau de peintre, grâce à un procédé chimique qui permet de transférer l'encre du poster vers la toile. C'est ce procédé que Pictoright conteste, au motif qu'il violerait le droit exclusif de distribution de l'auteur, qui comprend le fait d'autoriser ou non la distribution de copies de l'original.

Allposters estimait qu'il n'y avait pas copie de l'oeuvre puisque l'encre disparaissait du poster, et que Pictoright ne pouvait pas s'opposer à la vente de cette encre ainsi transférée, en vertu du principe de l'épuisement des droits prévu par les textes internationaux. Le principe veut qu'une fois qu'une oeuvre fixée sur un support est vendue en Europe avec l'autorisation de l'auteur, celui-ci n'a plus de contrôle sur les reventes successives. C'est ce qui permet le marché de l'occasion.

De son côté, Pictoright estimait cependant que la licence de distribution de l'oeuvre avait été accordée pour un poster, pas pour une reproduction sur une toile, dont la qualité et le prix de vente auraient justifié à ses yeux de vendre la licence plus chère.

LA FRANCE A PESÉ DANS LA DÉCISION

C'est cet avis qu'a suivi la CJUE, avec l'appui de la France qui est intervenue à l'affaire pour donner son point de vue. La Cour note que le transfert sur toile permet "d'augmenter la durabilité de la reproduction, d'améliorer la qualité de l'image par rapport à l'affiche et de rendre le résultat plus proche de l'original de l'œuvre", et que "force est de constater, ainsi que le fait valoir à juste titre le gouvernement français, qu'un remplacement du support, tel qu'effectué dans l'affaire au principal, a pour conséquence la création d'un nouvel objet incorporant l'image de l'œuvre protégée".

Elle estime que malgré la disparition de l'oeuvre sur le support original, le transfert sur toile est "de nature à pouvoir constituer en réalité une nouvelle reproduction de cette œuvre", et que pour examiner l'épuisement des droits de distribution, "ce qui importe est de savoir si l'objet modifié, apprécié dans son ensemble, est, en soi, matériellement l'objet qui a été mis sur le marché".

Selon l'analyse qu'en fait la juriste Eleonora Rosati, la décision pourrait avoir une influence importante le jour où la CJUE examinera la même question de l'épuisement des droits pour la revente de livres ou de MP3 d'occasion sur Internet. En effet, la CJUE avait autorisé la revente de logiciels, mais en appliquant alors le droit spécial sur la protection des logiciels. La question se pose de savoir si une oeuvre artistique immatérielle peut faire l'objet d'une revente d'occasion. Or dans l'arrêt de ce jour, la Cour explique que l'épuisement des droits concerne exclusivement le support tangible sur lequel est fixé l'oeuvre, et non l'oeuvre elle-même. Ce qui laisse penser que la réalisation d'une copie nécessaire à une revente n'est pas couverte par l'épuisement.


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Selon des informations du site The Information relayées par Les Echos, Google s'apprêterait à se lancer dans la fourniture de forfaits mobiles aux Etats-Unis, en tant qu'opérateur virtuel (MVNO). La firme de Mountain View aurait en effet conclu des accords avec deux grands opérateurs américains, T-Mobile et Sprint, pour louer leurs réseaux et proposer ses propres forfaits mobiles, qui devraient dans un premier temps être réservés à quelques grandes villes américaines.

Google étendrait ainsi son contrôle sur l'internaute et l'écosystème, en étant potentiellement à la fois le fournisseur de l'accès, le fournisseur du terminal utilisé (Google Nexus), du système d'exploitation utilisé (Android), du navigateur utilisé (Chrome), et de beaucoup des services en ligne les plus populaires (Google Search, Google Maps, Gmail, YouTube, Drive, ...). Ainsi que le fournisseur de beaucoup des publicités vues par ces utilisateurs.

DÉJA PRÉSENT SUR LA FIBRE OPTIQUE

Le fait que Google se lance en tant que MVNO soumis aux tarifs de gros d'opérateurs déjà installés montre toutefois que ses ambitions restent sans doute limitées. S'il avait la volonté de casser les prix du marché pour installer une offre très concurrentielle, Google aurait certainement les moyens de s'offrir T-Mobile, que Free a renoncé à racheter en fin d'année dernière. L'entreprise française était prête à investir environ 15 milliards de dollars pour prendre le contrôle de l'opérateur américain.

Ce ne serait en tout cas pas la première percée de Google dans le domaine de la fourniture d'accès à internet, puisque Google est déjà présent dans le fixe avec son offre Google Fiber, également réservée pour le moment à quelques villes aux Etats-Unis. La principale caractéristique de l'offre est de fournir un accès à très haut débit, jusqu'à 1000 Mbps. C'est peut-être également sur ce terrain que l'offre mobile cherchera à se distinguer, avec une offre 4G très performante et généreuse en volume de données consommées.

Par ailleurs, à une échelle mondiale, Google souhaite se lancer dans la fourniture d'accès à internet pour les zones actuellement déconnectées, notamment grâce aux satellites. Cette semaine, Google a annoncé avoir investi 1 milliard de dollars dans SpaceX, qui travaille sur une constellation de satellites pour fournir l'accès à internet mobile sur toute la planète.


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L'ouverture s'est faite très discrètement au 1er janvier dernier. Le ministère de l'intérieur a ouvert sa plateforme referendum.interieur.gouv.fr, sur laquelle est censée être mise en oeuvre la très lourde et très décourageante procédure permettant le référendum d'initiative partagée (RIP), dont nous avions dit tout le mal que l'on pouvait en penser.

Très loin de l'idée initiale d'un référendum d'initiative populaire, le mécanisme "partagé" ne peut être amorcé qu'en cas de dépôt d'une proposition spécifique déposée par au moins un cinquième des membres du Parlement, soit 185 députés et sénateurs. C'est alors qu'elle apparaîtra sur le site internet ouvert en ce début d'année, pour être ouverte aux collectes de soutiens.

Le texte proposé par les parlementaires devra alors réunir en neuf mois la signature de 10 % des électeurs inscrits sur les sites électorales, dont les noms et communes de résidence seront rendus publics, malgré les risques induits pour la liberté d'opinion (qu'il s'agisse de ne pas soutenir une proposition par crainte que des tiers le découvrent, ou d'en soutenir une sous la pression). Puis c'est seulement si le Parlement n'a pas examiné (et donc éventuellement rejeté) la proposition de loi dans les six mois suivant la décision du Conseil constitutionnel constatant le recueil régulier d'environ 4,5 millions de signatures que le texte devra enfin être soumis à l'avis du peuple, en principe souverain.

TROIS REFÉRENDUMS PAR AN PRÉVUS AU BUDGET

En clair, tout est fait pour décourager l'organisation démocratique d'un référendum qui ne serait pas décidé par le président de la République. "La description des différentes étapes de la procédure d'initiative partagée suffit à démontrer toute la difficulté de parvenir, un jour, à la tenue effective d'un référendum de ce type", regrettait ainsi le député écologiste Paul Molac dans un rapport remis au Parlement en octobre dernier, qui appelait déjà à revoir le dispositif.

Selon les informations publiées dans son rapport, le site internet de recueil des soutiens a coûté au minimum 333 718 euros dépensés "au titre des développements informatiques", auxquels il faut ajouter au moins 31 109 euros engagés à la mi-2014 au titre de l'assistance à la maîtrise d'ouvrage. Soit près de 365 000 euros, pour un site qui pourrait ne jamais déboucher sur le moindre référendum.

En tout, l'Etat a prévu l'an dernier près de 3 millions d'euros de dépenses diverses et variées pour se préparer à la mise en oeuvre du RIP, et à compter de cette année, "un budget de 1,8 million d'euros devrait être prévu chaque année (...), fondé sur une hypothèse de trois initiatives partagées recueillant les soutiens d'un dixième des électeurs". Mais comme l'écrivait Paul Molac, c'est une hypothèse "bien optimiste, compte tenu des différents obstacles dressés tout au long de la procédure".

Pour le moment, trois semaines après l'entrée en vigueur du dispositif, toujours aucune proposition de loi référendaire n'a été soumise.


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A quelques milliers de kilomètres de distance mais gouvernés par le même droit européen, la justice française et la justice grecque s'opposent sur leur vision du blocage des sites de liens BitTorrent. Alors qu'en France le tribunal de grande instance de Paris a ordonné le blocage de The Pirate Bay le mois dernier, le tribunal d'Athènes a tranché dans un sens totalement opposé.

Comme le rapporte Torrentfreak, le tribunal de première instance grec a estimé au même moment (le jugement date du 22 décembre 2014) qu'il n'était pas possible d'ordonner le blocage de sites de liens BitTorrent, que demandait depuis deux ans la Société grecque pour la protection de la propriété intellectuelle (AEPI). L'organisation avait sollicité une ordonnance de blocage à l'encontre de The Pirate Bay, KickAssTorrents, isoHunt, 1337x, H33T et plusieurs sites grecs.

CONTRAIRE A LA NEUTRALITÉ DU NET

Le tribunal d'Athènes a jugé qu'un blocage des sites serait incompatible avec le principe de proportionnalité imposé par le droit européen, en raison des violations de la liberté d'information, du droit de participer à la société de l'information, ou encore de la liberté de communication. Il retient que les sites en question servent non seulement à échanger des contenus illégaux, ce qui doit être combattu, mais aussi à communiquer des informations ou des oeuvres en toute légalité, ce qui doit être protégé.

Le tribunal grec s'est par ailleurs fondé sur l'article 16 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, qui garantit "la liberté d'entreprise" en Europe, pour estimer qu'une mesure de blocage imposée aux FAI serait contraire à ce droit (un argument qui avait été rejeté en France par le TGI de Paris). Mieux, il estime qu'un blocage serait contraire au "principe fondamental de la neutralité d'Iinternet, qui prévoit que toutes les informations doivent être manipulées sans discrimination, indépendamment de leur nature".

C'est déjà en raison de la disproportion que la justice des Pays-Bas avait, l'an dernier, ordonné de débloquer l'accès à The Pirate Bay.

Deux mois plus tard, en mars 2014, la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) avait jugé que les FAI pouvaient se voir ordonner des mesures de blocage, mais à condition que l'ordonnance respecte bien la recherche d'un équilibre entre la protection des droits d'auteur d'une part, et les libertés d'entreprise et d'information de l'autre. Il s'agissait notamment de s'assurer de la possibilité pour les internautes de s'opposer aux mesures de blocage ordonnées et mises en oeuvre par leurs FAI.


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Jusqu'où peuvent aller les écoles pour lutter contre le cyber-harcèlement ? Aux Etats-Unis, une administration en charge d'écoles primaires et secondaires de l'Illinois a envoyé un courrier aux parents, pour les prévenir qu'une nouvelle loi entrée en vigueur dans l'état le 1er janvier dernier pourrait la conduire à demander les identifiants permettant de fouiller le contenu privé du compte Facebook d'un(e) élève, en cas de soupçons d'infractions.

"Si votre enfant a un compte sur un site de réseau social, par ex. Facebook, Instagram, Twitter, ask.fm, etc., veuillez s'il vous plait noter que la loi de l'Etat demande que les autorités scolaires vous notifient du fait que votre enfant peut se voir demander de fournir son mot de passe pour ces comptes à des agents de l'école dans certaines circonstances", dit la missive.

Elle précise que "les autorités scolaires peuvent demander qu'un élève ou son parent/tuteur fournisseur un mot de passe ou d'autres informations liées au compte, pour gagner l'accès à son compte ou profil sur un site de réseau social, si les autorités scolaires ont un motif raisonnable de croire qu'un compte d'élève sur un site de réseau social contient des preuves qu'un élève a violé les règles disciplinaires scolaires".

FACEBOOK INTERDIT D'ACCEPTER

En soit, rien dans la loi entrée en vigueur cette année n'oblige ni l'élève ni le parent (qui d'ailleurs ne connaît pas nécessairement le mot de passe de son enfant) à fournir les identifiants. Il s'agit cependant d'inciter l'élève à coopérer en montrant patte blanche, comme il le ferait en se laissant fouiller son sac à l'entrée de l'établissement scolaire. C'est évidemment la menace de poursuites judiciaires contre qui est soupçonné de cyber-harcèlement et refuserait de donner l'accès à son compte qui permet d'obtenir le consentement.

Cependant selon les conditions d'utilisation de Facebook, "vous ne communiquerez pas votre mot de passe (ou, dans le cas des développeurs, votre clé secrète), ne laisserez personne accéder à votre compte ni ne ferez quoi que ce soit qui puisse compromettre la sécurité de votre compte". L'interdiction de principe vise aussi bien à protéger l'intégrité du compte qu'à éviter que la fouille pour harcèlement ne permette d'obtenir volontairement ou non d'autres informations liées à la vie strictement privée de l'utilisateur.

La fouille des comptes Facebook ou d'autres réseaux sociaux est apparemment une pratique courante aux Etats-Unis, y compris de la part d'employeurs qui se méfient de dénigrements, au point que plusieurs états ont décidé de l'interdire explicitement, ou de déposer des propositions de loi dans ce sens, dont la plupart sont encore en suspens. L'Illinois elle-même dispose d'une telle législation, mais pas au bénéfice des collégiens ou lycéens.

En France, le cyber-harcèlement existe également et concernerait même un collégien sur cinq. Le phénomène inquiète les autorités qui ont toutefois préféré répondre par l'éducation, notamment en intégrant la question du harcèlement dans le permis Internet des élèves de CM2.


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Outre des moyens considérablement renforcés pour la surveillances des communications dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le Premier ministre Manuel Valls a évoqué mercredi matin la nécessité d'une "action de grande ampleur" pour "lutter contre la radicalisation", notamment sur Internet.

"Les terroristes utilisent fréquemment les mêmes réseaux sociaux que le grand public", a-t-il prévenu en visant implicitement Facebook et Twitter. Mais le chef du gouvernement s'est gardé d'annoncer toute mesure législative nouvelle, alors que même la ministre de la justice Christiane Taubira s'était hasardée à proposer d'étendre les mesures de censure extra-judiciaires aux contenus racistes et antisémites, ce qui posait d'énormes risques de dérives interprétatives.

Reprenant à son compte la position qui était celle du ministère de la Justice l'été dernier, le Premier ministre semble reconnaître que l'arsenal juridique actuel est en principe suffisant pour agir. "Les grands fournisseurs de services Internet et de réseaux sociaux ont désormais une responsabilité juridique, et le Gouvernement sera extrêmement vigilant à ce qu'ils le respectent", a-t-il prévenu. Mais surtout, Manuel Valls en appelle à l'esprit de civisme des prestataires, qui doivent eux aussi contribuer à la "mobilisation générale" demandée par l'Etat.

RÉPONDRE AUX SIGNALEMENTS DU PUBLIC

"Je les appelle de manière solennelle à répondre aux signalements du public", a tonné le Premier ministre, qui précise que 30 000 signalements ont aussi été enregistrés sur la plateforme Pharos du ministère de l'intérieur depuis les attentats de janvier 2015, ce qui est six fois plus que l'an dernier sur la même période. Il ne s'agit que d'une fraction des signalements reçus par les réseaux sociaux eux-mêmes, qu'ils traitent selon leurs propres critères d'appréciation.

Aussi, Manuel Valls assure qu'au delà de la responsabilité juridique des plateformes, celles-ci ont "une responsabilité morale plus grande encore". Il appelle non seulement Twitter, Facebook et les autres à répondre positivement aux signalements qui leur sont adressés par les internautes, mais aussi à collaborer étroitement avec les pouvoirs publics.

Il semble donc que l'hypothèse d'une nouvelle loi sur des mesures de censure supplémentaires soit pour le moment écartée, au profit d'une demande de collaboration accrue avec les acteurs privés, qui peut faire l'objet de négociations. C'est seulement si cette collaboration ne satisfait pas les attentes du Gouvernement qu'un texte plus contraignant pourrait alors être mis en oeuvre. Ce pourrait néanmoins être le cas dès l'examen de la future loi numérique, dont tout un volet portera sur "la loyauté" des plateformes.


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Le Premier ministre Manuel Valls a présenté lui-même, lors d'une grande conférence de presse intitulée, les mesures retenues mercredi matin par le Gouvernement pour un plan de 425 millions d'euros sur trois ans, de "mobilisation générale contre le terrorisme". "Le changement d'échelle impose de prendre des mesures exceptionnelles, et non pas d'exception, pour renforcer les moyens de l'Etat", a-t-il réitéré pour annoncer, en particulier, un renforcement des moyens de surveillance des communications et des individus suspectés.

Le chef du gouvernement estime que 3 000 personnes, "en incluant les cyberdjihadistes", doivent être surveillés en France actuellement, et assure que cette surveillance est rendue plus complexe notamment par les techniques de dissimulation des communications utilisées par les terroristes. Selon des éléments publiés dans la presse, aucune activité suspecte n'aurait été découverte dans l'utilisation de leurs accès à internet par les frères Kouachi ou Amedy Coulibaly, lorsqu'ils avaient fait l'objet de mesures de surveillance. Mais la question des moyens utilisés pour élaborer leur plan et communiquer avec leurs complices reste présente.

"La première urgence, la première exigence, c'est de renforcer encore les moyens humains et techniques des services de renseignement", a expliqué Manuel Valls. "Nous devons aller plus loin". Ainsi, 1 400 postes de spécialistes du renseignement seront créés en 3 ans au sein du ministère de l'intérieur, répartis dans les différents services nationaux ou régionaux, dont 500 à la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI). 530 seront recrutés dès cette année.

Manuel Valls n'est toutefois pas rentré dans les détails sur les méthodes nouvelles qui pourraient être mises en oeuvre. "Les unités en charge de la lutte contre le cyberdjihadisme bénéficieront d'équipements plus performants", a-t-il simplement promis. Interrogé sur les interceptions de sécurité, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve est lui aussi resté flou en évoquant la "capacité de mobiliser des moyens technologiques qui pour l'instant n'ont pas pu l'être", pour des motifs qui seraient essentiellement juridiques. Peut-être vise-t-il l'impossibilité légale de procéder à des collectes massives de données en France ou concernant des citoyens français.

UN TEXTE "PROTECTEUR" SUR LE RENSEIGNEMENT

Aucune mesure précise ne sera annoncée avant la présentation d'un projet de loi spécialement dédié aux services de renseignement, qui était déjà en préparation depuis de nombreux mois mais dont la présentation sera accélérée à la demande du Gouvernement. Il devrait être présenté "le plus vite possible" en conseil des ministres, pour être déposé dès le mois de mars au Parlement. Il devra permettre de "conforter les capacités juridiques d'agir des services de renseignement".

"La loi de 1991 sur interceptions de sécurité a été conçue avant Internet", a rappelé le Premier ministre. Le dispositif qu'elle prévoit, pourtant plusieurs fois amendé, n'est "satisfaisant ni sur le plan des opérations, ni sur le plan de la protection des libertés".

Alors que l'annonce d'une surveillance renforcée fait craindre de nouvelles atteintes à la vie privée avec des méthodes toujours plus proches de celles de la NSA américaine, Manuel Valls promet que le projet de loi "sera un texte protecteur des libertés". "Chaque opération sera soumise à autorisation sous contrôle d'une juridiction spécialisée", a-t-il assuré.

Il faut "plus d'efficacité dans les interceptions et plus de contrôle sur ces interceptions", a convenu Bernard Cazeneuve.


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