Guillaume Champeau

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Le site spécialisé Torrentfreak rapporte que la très active alliance d'ayants droit danois RettighedsAlliancen, anciennement connue sous le nom de Antipiratgruppen, s'est faite détourner 100 millions de couronnes (environ 13,4 millions d'euros) qui étaient destinés à ses membres, sur une période allant de 2011 à 2015. L'argent était collecté par le cabinet d'avocats Johan Schlüter avec lequel elle collaborait depuis plus d'une dizaine d'années pour mettre les pirates à l'amende ou vendre des licences de droits, mais un audit commandé au cabinet Deloitte en début d'année a montré qu'une partie des sommes collectées était détournée.

En 2004, le cabinet Johan Schlüter avait créé la société DtecNet qui traque les liens piratés sur internet pour demander leur suppression, mais permet aussi de réaliser une forme de riposte graduée privée à l'encontre des utilisateurs de réseaux P2P. La société a depuis revendue à MarkMonitor.

Le cabinet Johan Schlüter compte trois associés, dont l'une, Susanne Fryland, serait la responsable désignée du détournement. En charge des clients de l'audiovisuel (cinéma et télévision), elle a été licenciée mardi, et sera poursuivie au pénal. Une action au civil pour obtenir un dédommagement et la restitution des sommes est par ailleurs annoncée.


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(photo : Moto-Journal)

L'automatisation des mesures pénales de sécurité routière est déjà très avancée, et elle devrait continuer. Ce samedi 4 juillet, le ministre de l'intérieur Bernard Caneneuve inaugurera le premier "radar autonome", installé sur une zone de chantier de l'autoroute A6, dans la Seine-et-Marne. Alors que les radars fixes demandent des travaux d'installation précis et coûteux, "ce nouveau dispositif de contrôle est destiné à être placé et déplacé rapidement sur des zones de danger temporaire afin de protéger le personnel qui travaille au bord des routes et les usagers qui les croisent", explique le ministère.

Ces radars autonomes seront déployés dans le cadre de la mesure 16 du plan national de sécurité routière, qui prévoit la modernisation d'un parc de 4 200 radars "afin de mieux lutter contre la vitesse excessive ou inadaptée". Ils devraient être signalés par ce panneau :



Comme tous les radars routiers, le système sera lié au Centre national de traitement (CNT) de Rennes, qui a pour charge de convertir automatiquement les clichés en PV adressés aux titulaires des cartes grises. Dans une excellente enquête, L'Express dénonçait récemment la main-mise douteuse de la société Atos sur les marchés attribués par l'agence publique chargée de gérer cette mécanique pénale robotisée, l'Agence nationale de traitement automatisée des infractions (ANTAI).

"Selon un rapport confidentiel de l'Inspection générale de l'administration (IGA) de mars 2014, que L'Express s'est procuré, Atos "profite d'une rente de situation pour pratiquer des prix élevés". De 2003 à 2013, l'entreprise a facturé à l'administration plus d'un demi-milliard d'euros", rapportait-il. "Plus grave, selon l'IGA, l'Antai se trouve "plus qu'en situation de dépendance à l'égard de son fournisseur", elle en est "captive". Et de se demander si cette situation ne résulte pas "d'une entente entre des entreprises qui se répartiraient des marchés publics", voire "d'un favoritisme qui laisserait craindre corruption, concussion, prévarication". Les mots sont lourds, les coïncidences troublantes".

Sur le fond, les radars autonomes viennent compléter un tableau déjà chargé de mesures d'automatisation des contraventions, qui n'est pas sans poser de difficultés en terme de respect des droits. Le fait d'automatiser les PV rend en effet impossible toute contestation sur l'instant, et oblige à faire confiance aux relevés effectués par les dispositifs techniques mis en place, ou à réparer l'erreur après coup si elle est admise. Il y a donc beaucoup de contestations, que le gouvernement essaye de réduire au maximum en dissuadant de contester, par des procédures excessivement lourdes ou coûteuses.

Y aura-t-il moins de contestations avec des radars installés temporairement, peut-être rapidement ? Rien n'est moins sûr. Mais au moins le gouvernement s'évite d'alimenter une polémique sur le choix des lieux d'installation des radars, en prévoyant que ceux-ci soient installés uniquement dans les "zones de danger temporaire", qui ne devraient pas être de grandes lignes droites bien dégagées.


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Là on touche au sujet fondamental. Je me demande s'il y a pas un changement philosophique inconscient qui s'est opéré ces dix dernières années, même si c'est une réflexion absolument pas mûre et qu'il faudrait creuser pour la valider ou l'invalider.

J'ai l'impression qu'on avait sur internet un idéal de société en gestation dans les années 1990 et au début des années 2000, qui était un mélange étrange mais prometteur entre communisme et libéralisme, par la mise en commun des ressources dans un monde largement dérégulé (ou auto régulé). Mais que depuis une dizaine d'années, la part "communiste" s'efface de l'équation, et la partie "libérale", et même maintenant "capitaliste", prend une ampleur jamais vue jusque là.

Est-ce qu'aujourd'hui les geeks barbus qui rêvaient de changer le monde dans les années 1990 rêvent toujours de changer le monde, ou rêvent d'être parmi les 1 % plutôt que les 99 % ? Ou est-ce qu'au fond il n'y a jamais eu de rêve communiste-libéral mais juste un rêve libéral ?

Je laisse le sujet ouvert à débat, j'ai besoin de nourrir ma réflexion
Uber n'est qu'un exemple topique. Le problème c'est la vision de la société qu'il y a derrière Uber. Et le manque d'anticipation sur ce que préparent Uber et d'autres. On va se réveiller dans 15 ans en se disant "tain, on est toujours en crise, les inégalités augmentent toujours... où est-ce qu'on a merdé ?". On merde en ce moment, en refusant de voir qu'il faut accompagner socialement la révolution technologique en cours, qui est utile et nécessaire, mais qui doit être mise au profit de tous et non pas des seuls qui possèdent les moyens de production. 
Absolument en rien. Tu fais ce que tu veux et si tu y arrives c'est parfait. Par contre si pour y arriver tu es obligé de passer par une plateforme dominante de fait, parce que sinon t'as pas de clients ou très peu pour vivre, ben là, tu deviens en situation de dépendance, et non plus d'indépendance. Et la situation de dépendance, ça vient avec des droits.
Tout à fait. Loin d'être impossible. Est-ce que qqun sait si UberPOP limitait le nombre de courses par jour/semaine ?
Voilà. Donc Uber exploite le malheur des gens pour avoir des travailleurs sans en faire des salariés, parce que la crise le leur permet. C'est juste dégueulasse.

Mais sur le fond tu as raison de dire que le vrai problème c'est l'absence de plein emploi. A un moment faudra une VRAIE réflexion de la société dans son ensemble sur les raisons pour lesquelles il n'y a plus de travail pour tout le monde. Hint : le progrès technologique n'y est pas étranger (et c'est très bien comme ça, à condition que ça soit intégré dans les variables sociales).
La question c'est plutôt, est-ce normal qu'ils puissent fonctionner sans salarier les gens. 
Après, on fait faire un retour en arrière de quelques siècles et considérer que les boîtes n'ont plus à salarier et que chacun doit proposer son travail aux entreprises en toute indépendance, sans protection sociale. C'est le libéralisme que proposent Uber et un nombre croissant de boîtes, qui a ses vertus, mais qu'il faut pas non plus regarder avec les yeux de l'angélisme. Je ne suis pas naïf au point de croire que les travailleurs sont en situation d'équilibre dans leurs rapports de force avec les entreprises, lorsqu'ils n'ont pas de contrat de travail qui les sécurise.
Ca va très bien, mais je serai ravi qu'on en discute si tu apportes des arguments que ce sont les gentils de l'histoire.



Est-ce la réponse la plus rapide de l'histoire de la demande d'asile ? Vendredi, quelques heures à peine après la publication d'une lettre ouverte dans laquelle Julian Assange révèle qu'il a femme et enfant français, et demande à la France de l'accueillir, l'Elysée a fait connaître sa fin de non-recevoir.

"La France a bien reçu la lettre de M. Assange. Un examen approfondi fait apparaître que compte tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande. La situation de M. Assange ne présente pas de danger immédiat. Il fait en outre l'objet d'un mandat d'arrêt européen", tranche sèchement le cabinet de François Hollande.

Juridiquement, ne peuvent bénéficier du statut de réfugié demandé par Assange que ceux qui justifient de persécutions dans leur pays d'origine, ou qui peuvent démontrer un risque grave d'atteinte leur intégrité morale ou physique. Pour accorder son asile, l'Equateur avait estimé que le fondateur de Julian Assange encourait de tels risques étant donné la demande d'extradition vers les Etats-Unis, où il risquerait la prison à vie, voire (beaucoup plus improbable) la condamnation à mort. L'argumentaire avait été repris dans sa lettre par Julian Assange, sans succès.

Le mandat d'arrêt européen, quant à lui, fait toujours l'objet d'un recours.


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François Hollande pourra avoir une petite satisfaction, lui qui avait demandé la dissolution d'UberPOP. Après la très forte pression judiciaire mise sur les dirigeants français, qui ont été placés en garde à vue et seront jugés en septembre pour exercice illégal de la profession de taxi et travail dissimulé, la maison-mère a annoncé vendredi qu'elle suspendait le service qui permettait à des particuliers de se faire chauffeurs privés à la place des VTC ou des taxis, moyennant quelques deniers.

Le service sera suspendu à partir de 20 heures ce vendredi soir. "En premier lieu pour préserver la sécurité des chauffeurs Uber, ce qui a toujours été notre priorité", assure le directeur général d'Uber France, Thibaud Simphal, dans une interview au Monde. "La seconde raison est que nous souhaitons nous situer dans un esprit d'apaisement, de dialogue avec les pouvoirs publics et montrer que l'on prend nos responsabilités".

La société espère que d'ici là, le conseil constitutionnel aura rendu un avis favorable à ses demandes de QPC, qui visent à invalider en partie la loi Thévenoud de 2014, laquelle fait interdiction de créer un service de mise en relation de clients avec des chauffeurs qui ne sont ni taxis ni VTC.

1300 PERSONNES SANS AUTRE ACTIVITÉ

Comme nous l'avions expliqué en critiquant le modèle de société Uber, le préjudice est surtout pour les chauffeurs particuliers, qui sont ceux qui endossaient l'essentiel du risque juridique de l'arrêt de l'activité d'UberPOP. Uber indique que 10 000 conducteurs occasionnels étaient inscrits sur la plateforme, dont 13 % n'ont pas d'autre activité professionnelle à côté. Mais faute d'être couvert par un statut de salarié, et à moins qu'ils entament une procédure judiciaire visant à la reconnaissance de ce statut, ils ne toucheront aucune indemnité, ni de licenciements, ni de couverture Assedic.

"87 % des chauffeurs UberPop ont une autre activité à côté. Leur recette moyenne annuelle est de 8 200 euros, ce qui correspond environ aux coûts annuels de leur véhicule. Je tiens à les remercier ici pour leur calme et leur attitude exemplaire malgré les difficultés et la violence", déclare Thibaud Simphal. Mais la violence n'est pas que physique. Elle est aussi sociale, lorsqu'une entreprise monte un modèle tel que le risque de l'échec est pris quasi exclusivement par ceux qui la font vivre.

"On va les aider", promet Uber France. Mais uniquement pour "trouver un moyen de remettre ces milliers de conducteurs sur la route". "On va les aider dans la course d'obstacles pour devenir VTC". Des VTC pour Uber, bien sûr.


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"Mon plus jeune enfant et sa mère sont français. Je n'ai pas pu les voir depuis maintenant cinq ans (...). J'ai dû garder leur existence secrète jusqu'à aujourd'hui dans le but de les protéger. (...) Je ne souhaite plus subir cette situation. Je souhaite les retrouver. (...) Seule la France se trouve aujourd'hui en mesure de m'offrir la protection nécessaire".

Dans une longue tribune publiée dans Le Monde, le fondateur de Wikileaks Julian Assange a révélé vendredi la nature de ses liens familiaux avec la France qu'il n'avait évoqué jusque là que dans des termes flous, et demandé au président de la République François Hollande de bien vouloir lui accorder l'asile politique en France. Sa tribune qui ne pourra rester sans réaction officielle fait suite à un premier appel implicite lancé sur TF1 le mois dernier, lors d'une interview accordée suite aux révélations de Wikileaks sur l'étendue de l'espionnage de l'Elysée et du gouvernement français par la NSA.

"Ma vie est aujourd'hui en danger, Monsieur le président, et mon intégrité, physique comme psychologique, est, chaque jour qui passe, un peu plus menacée", prévient Julian Assange qui a déjà passé plus de trois ans enfermé dans l'ambassade de l'Equateur à Londres, où il a trouvé refuge pour éviter l'extradition vers la Suède et/ou vers les Etats-Unis. Alors qu'il avait annoncé sa sortie rapide de l'ambassade l'an dernier, Julian Assange semble avoir perdu espoir d'une résolution juridique de sa situation, après le refus de la Cour Suprême suédoise d'annuler le mandat d'arrêt dont il est sujet, pour une sombre histoire de "viol par surprise" à la crédibilité douteuse.

"LA FRANCE ACCOMPLIRAIT UN GESTE HUMANITAIRE ET SYMBOLIQUE"

"Pour le simple fait d'avoir publié des informations d'intérêt public que des sources anonymes avaient transmises à WikiLeaks, je suis personnellement poursuivi pour espionnage, conspiration visant à espionner, vol ou compromission de propriété du gouvernement états-unien, violation de la loi sur la fraude informatique, et conspiration générale, risquant pour cela l'emprisonnement à vie ou pire", rappelle Julian Assange. "Ces poursuites ont été et continuent d'être menées contre moi parce que j'ai, un jour, décidé de ne pas garder le silence, et de révéler les preuves de commissions de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité".

Le fondateur de Wikileaks, qui s'estime éligible au statut de réfugié au sens de la Convention de Genève de 1951, s'estime persécuté. Mais même si le statut interdit à la France de refouler un réfugié, il ne prendra pas le risque de venir sans l'assurance que ce statut lui sera effectivement accordé (ce qui ne dépend pas du président de la République mais de l'OFPRA). "En m'accueillant, la France accomplirait un geste humanitaire mais aussi probablement symbolique", écrit-il. "La France a longtemps été porteuse d'espérance et de singularité pour de nombreux peuples et individus de par le monde".

Julian Assange essaye de pousser son avantage, rappelant que la ministre de la Justice Christiane Taubira avait déclaré qu'elle ne serait pas choquée que la France accueille Assange et Snowden. Avant elle, un proche de François Hollande, l'avocat Jean-Pierre Mignard, avait estimé que "l'on pourrait effectivement les accueillir".

Mais hélas, il est très vraisemblable que l'appel à l'humanisme reste lettre morte, la France n'ayant certainement aucune envie de donner le moindre signe favorable aux lanceurs d'alertes, alors qu'elle cherche elle-même à les éviter au maximum.


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Il faut reconnaître au député socialiste Malek Boutih d'avoir de la constance dans les idées. Il y a deux ans, à l'occasion d'une audition de Pierre Lescure sur l'après-Hadopi, l'élu s'était déclaré favorable à une régulation du web par le CSA, et avait demandé à "reprendre le contrôle sur Internet". "C'est une question plus large de souveraineté", avait-il expliqué, en vain.

Dès lors, si la culture ne fut pas un motif suffisant à partir en croisade pour mieux réguler internet en France, peut-être que la lutte contre le terrorisme le sera ?

Bingo. A travers un rapport sur le djihadisme remis à Manuel Valls, publié par Le Figaro, Malek Boutih a consacré deux pages à un chapitre subtilement intitulé "Internet, la loi du Far West". Mais alors que l'expression est d'ordinaire utilisée pour critiquer une pseudo absence de régulation sur internet, qui n'existe que dans les fantasmes de ceux qui n'ont jamais ouvert un livre de droit depuis 1995, Malek Boutih l'utilise pour critiquer la main-mise des Américains sur la régulation du Web. A nouveau, c'est la question de la perte de souveraineté française, ou à tout le moins européenne, qu'il met en avant. Et en cela, il n'a pas tout à fait tort.

Vu que les services les plus populaires sur Internet sont tous Américains, et qu'ils importent la vision américaine de la liberté d'expression, beaucoup moins favorable au cul qu'aux têtes tranchées (ce qui n'est plus vraiment vrai), le député constate que "les américains, tout en étant dans le combat contre le radicalisme, sont aussi dans une stratégie impérialiste dans le domaine de la nouvelle économie et des nouveaux outils de surveillance", et que "si internet n'est pas régulable par les démocraties européennes, le réseau n'échappe pas à l'autorité américaine".

UN COMMISSARIAT A LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE

Malek Boutih demande donc au premier ministre de faire en sorte d' "assurer une souverainté démocratique sur internet" et de "défendre nos intérêts vitaux", ce qui "ne passe pas par une action juridique ou réglementaire, mais par le contrôle du cœur de la toile qu'est le système d'exploitation". Nous revoilà deux ans en arrière.

Mais cette fois-ci, le député a des propositions concrètes. Il suggère "la création d'un Commissariat à la souveraineté numérique", qui "s'impose comme l'outil indispensable permettant l'alliance des pouvoirs publics et du privé pour doter la France et l'Europe de leur propre infrastructure numérique, sans reproduire la logique autarcique du modèle chinois".

"Il ne faut pas oublier que sur internet les affaires continuent même pendant les guerres, et que les intérêts de nos alliés ne sont pas nécessairement les nôtres", prévient-il. Mais quel rapport avec le djihadisme et l'auto-radicalisation, qui est l'objet du rapport ?

POUR LES JEUNES, "LE RÉEL EST UN ARTIFICE"

"Invoquer la souveraineté à propos d'internet, c'est avant tout comprendre ce que représente le réseau pour la nouvelle génération. Pour cette net-génération, le réseau est une chambre, un salon, une rue, une place, une école, une entreprise, etc. Ils ne sont pas dans l'utilisation d'un média, mais se déplacent dans une nouvelle dimension, un nouvel espace dématérialisé", explique Malek Boutih, que l'on a parfois du mal à suivre.

"Au-delà de leur vie privée, la construction du lien social, de la conscience politique est désormais générée par l'interaction de réel et du virtuel. De fait cette segmentation n'a plus de sens pour eux, le réseau est souvent leur réalité et parfois le réel leur apparaît comme un artifice. Imaginer internet comme un tuyau à image et à texte que l'on pourrait filtrer est une illusion. Pourrait-on empêcher les individus de se parler ?"

"Et si internet est un territoire il faut y établir des règles de droit, mais surtout il faut que l'esprit républicain y soit présent en permanence. A cet égard, internet n'est pas un espace neutre, aujourd'hui c'est le droit américain qui le régente, demain c'est le modèle français qui doit s'y imposer comme garant de réelles libertés et de progrès. Tel est l'enjeu de la souveraineté numérique."


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Le gouvernement français a notifié jeudi à la Commission européenne un projet d'arrêté dont l'objet est de modifier les normes de diffusion de la TNT imposées par un précédent arrêté du 24 décembre 2001. Il obligera les foyers qui souhaitent continuer à regarder la télévision à s'équiper d'un décodeur TV compatible avec les nouvelles normes, s'ils utilisent un ancien boîtier vendu au moment du passage de la télévision hertzienne à la télévision numérique terrestre.

Devant entrer en vigueur le 5 avril 2016, l'arrêté impose aux chaînes de télévision d'abandonner le format MPEG-2 au profit du seul format MPEG-4. "Il généralise l'utilisation du codage vidéo MPEG-4 et permet l'utilisation des normes de diffusion et de codage DVB-T2 et HEVC pour les services qui seront diffusés sur de nouveaux multiplex et pour les services en ultra haute définition", explique le gouvernement français.

Toutes les chaînes actuellement diffusées en définition standard (SD) seront alors diffusées en TNT HD. Le projet d'arrêté impose par ailleurs d'utiliser des "standards et non propriétaires" pour les services interactifs proposés en sus des flux vidéo, la norme HbbTV devant rester la priorité. En outre, le texte met fin à des dispositions devenues obsolètes, comme la spécification du ratio d'image (imposé à l'époque où les foyers avaient encore beaucoup de téléviseurs au format 4:3), ou la norme de codage télétexte.

2 MILLIONS DE FOYERS RISQUENT L'ÉCRAN NOIR

En adoptant une norme de compression plus performante, l'objectif de l'Etat est de libérer des "fréquences en or" de la bande des 700 Mhz actuellement utilisées par la télévision, pour pouvoir les revendre aux opérateurs de téléphonie mobile. La décision politique de privilégier les opérateurs télécoms dans l'exploitation des fréquences avait été prise en 2013, et le processus de mise aux enchères des fréquences vient d'être officiellement enclenché. Les fréquences 700 Mhz seront réattribuées aux candidats retenus en 2017.

Mais jusqu'en décembre 2012, rien n'imposait aux industriels de supporter le MPEG-4, sauf sur les téléviseurs de plus de 66cm de diagonale. Or, selon une étude du CSA (.pdf), en 2014 environ 8 % des foyers français utilisaient exclusivement la TNT pour recevoir la télévision mais ne disposaient pas encore de décodeur TNT HD, que ce soit intégré à leur téléviseur ou sous forme de boîtier externe. Ils devront donc s'équiper, soit en achetant un décodeur TNT HD qui coûte plusieurs dizaines d'euros, soit en changeant de mode de diffusion, vers l'ADSL ou la fibre. Environ 2 millions de foyers sont concernés.




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Hier, Les Echos médiatisaient la lettre de mise en demeure envoyée à Numericable par la mairie de Paris, qui menaçait d'expulser Numericable des installations publiques exploitées sans droit depuis le début de l'année, faisait ainsi courir le risque improbable de couper des millions de foyers français de l'accès à internet. Comme chacun s'en doutait, la situation s'est toutefois résolue à l'amiable.

A l'issue d'une réunion d'urgence organisée dès ce jeudi, alors que l'ultimatum avait été fixé au 10 août, la mairie de Paris a annoncé que Numericable l'avait "assuré qu'elle solderait ses 8,37 millions d'euros de redevances impayées et signerait avec la ville une nouvelle convention d'occupation du domaine public, conforme à la réglementation". La hache de guerre et le ciseau qui menaçaient de s'abattre sur les fibres optiques sont enterrés, le câblo-opérateur ayant même accepté de retirer les recours qu'il avait inventé pour contester le mode de calcul des redevances d'occupation du domaine public de Paris.

Equité oblige, la convention signée devrait être la même que celle proposée en 2009 à une quinzaine d'autres opérateurs télécoms qui utilisent des espaces municipaux, y compris les catacombes, pour y glisser leurs fibres optiques ou installer leurs routeurs.


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Dans le cadre de la nouvelle plateforme Emploi Store dévoilée jeudi, Pôle Emploi a mis en ligne un simulateur d'entretiens d'embauche réalisée en partenariat avec le cabinet Groupe Bizness et la société suisse LikeLike Interaction, spécialisée dans les simulateurs pour entraînements comportementaux, basés sur l'intelligence artificielle.

Après s'être identifié, l'utilisateur doit d'abord se mettre en situation, en se glissant dans la peau d'un candidat qui présente un CV de commercial relativement expérimenté, qui souhaite obtenir un travail de technico-commercial pour une entreprise de 50 salariés. Celle-ci fabrique des maisons à ossature bois, ce qui n'est pas du tout le secteur de spécialité du candidat.

Dans un premier temps, le simulateur permet de prendre connaissance du CV du candidat, de l'annonce d'emploi, du site internet de l'entreprise, et du profil "à la LinkedIn" du chargé de recrutement. Vient ensuite la phase d'entretien à proprement parler, qui se déroule sous la forme de vidéo interactive. A chaque question, le candidat a le choix entre trois réponses. La "bonne réponse" saute parfois aux yeux, parfois beaucoup moins. Ainsi par exemple ces deux questions, la première sur les raisons pour lesquelles le candidat répond à l'offre alors qu'il n'a pas le diplôme demandé, et la seconde sur ce qu'il peut apporter à l'entreprise :





Après l'entretien lui-même, le candidat est invité par le simulateur à s'auto-évaluer sur la qualité des réponses à l'entretien (explication des capacités professionnelles, expérience, précision des réponses, motivation affichée...). Hélas, après environ 20 minutes d'entretien, notre essai s'est arrêté là, l'application ayant fini par ne plus répondre.

Théoriquement, le simulateur affiche un score et une grille de progression du candidat (pour qui a le courage de repasser sans cesse le même entretien), avant de montrer la réaction du recruteur lorsque vous êtes parti de son bureau et qu'il livre le compte-rendu au directeur. Puis enfin, l'application affiche le bilan de la simulation, avec un détail des performances pour chaque phase de l'entretien, et des conseils sur les réponses qui ne sont pas adaptées :




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Ce n'était pas prévu comme ça, mais ça tombe à pic. Alors que la cour des comptes a épinglé les performances de Pôle Emploi cette semaine, le service public a mis en ligne ce jeudi soir le site Emploi Store, qui se veut résolument moderne et orienté vers la performance. Le site dont le projet a été lancé l'an dernier "met à disposition de tous des services web et mobiles autour de l'emploi et la formation", indique Pôle Emploi.

Abolissant la frontière entre services publics et services privés, Emploi Store met en avant y compris des services proposés par des entreprises privées, comme DoYouBuzz ou CVTube, qui permettent de mettre son CV en ligne dans un format attractif, ou encore Jobs Around Me, qui affiche des offres d'emploi à proximité géographique, et permet d'y répondre.

Le portail offre par ailleurs accès à des services numériques offerts par Pôle Emploi comme un simulateur d'entretiens de recrutement, un serious game sur la reconversion professionnelle, ou encore une plateforme sur Les MOOC pour l'emploi. Le site devrait accueillir à terme bien d'autres services privés ou publics, en fonction des partenariats établis. Il permettra aussi de voter sur des idées d'applications utiles à ceux qui cherchent un emploi, ou un employé.

DYNAMISER LE MARCHÉ PRIVÉ DE LA RECHERCHE D'EMPLOI

Un espace dédié aux développeurs est par ailleurs ouvert, qui permet d'avoir accès à des jeux de données et à des documentations techniques (notamment la liste des offres d'emploi actives, mais anonymisées, ce qui oblige à envoyer le candidat vers Pôle Emploi pour connaître le nom de l'entreprise).

Une section "Emploi Store Idées" sera ouverte en septembre 2015, où "pour participer à la démarche collaborative, chacun peut proposer une idée succincte et l'envoyer à la rencontre de la communauté pour qu'une application finisse peut-être par éclore". Des défis seront proposés aux développeurs, avec des lots à gagner, et un accompagnement des projets les plus prometteurs au sein du LAB Pôle Emploi, un incubateur de start-ups et un espace qui a "pour vocation de faciliter la mise en œuvre des projets avec des séquences de travail agiles et créatives afin d'obtenir des résultats rapides et concrets notamment sous forme de prototypes".

"L'open innovation bouscule les organisations et suppose de nouvelles manières de travailler, beaucoup plus agiles, sur les différentes dimensions de la production d'un service. Nous travaillons de plus en plus nos projets d'innovations sur des modèles coopératifs gagnant-gagnant", explique Carole Leclerc, directrice adjointe de l'Innovation et de la RSE à Pôle Emploi. "En favorisant les synergies et en renforçant notre coopération avec l'ensemble des acteurs, nous démultiplions nos capacités créatives et proposons des innovations plus simples, intuitives et centrées sur les usages. Quoi de plus logique pour un acteur publique que d'innover publiquement !"


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Si les nouvelles intrusions dans la vie privée prévues dans Windows 10 ne vous font pas peur et si vous avez l'intention de faire partie des premiers à adopter la version finale du nouveau système d'exploitation de Microsoft, il faudra peut-être s'armer de patience. En effet, même pour les utilisateurs qui ont réservé leur mise à jour gratuite vers Windows 10, l'installation pourrait ne pas avoir lieu dès le 29 juillet, date de sortie officielle du système qui remplacera le très critiqué Windows 8.x.

Sur son blog officiel, Microsoft explique avoir reçu plusieurs millions de réservations, mais qu'il veut "s'assurer que vous avez tous une formidable expérience de mise à jour", et donc que celle-ci se fera "par phases pour aider à gérer la demande".

Tout d'abord, à partir du 29 juillet, les participants au programme Windows Insider qui permet de tester les builds en développement de Windows 10 seront les premiers servis. Puis seulement après, "nous commencerons à notifier les systèmes réservés en vague, en montant lentement le rythme après le 29 juillet".

Microsoft veut d'abord commencer à petite échelle, voire si tout se passe bien avec les mises à jour et les systèmes mis à jour, puis augmenter progressivement le nombre d'ordinateurs éligibles. Il n'y aura donc pas de grande campagne de mise à jour massive le 29 juillet, mais un déploiement progressif qui s'étalera sur une période indéterminée, a priori de plusieurs semaines.

Même si le système de réservation permet déjà de tester sa configuration pour s'assurer de sa compatibilité avec Windows 10, Microsoft utilisera les informations glanées avec les premiers cobayes pour confirmer en situation réelle que tout fonctionne bien, et exécutera un nouveau test global de la configuration avant de proposer la mise à jour.

Enfin, le téléchargement des fichiers nécessaires à la mise à jour se fera en silence sur l'ordinateur, et la notification de la disponibilité s'affichera lorsque les fichiers nécessaires seront présents sur le disque dur, évitant un temps de frustration dû à un éventuel égorgement des serveurs, ou à une connexion particulièrement lente. Lorsque la pop-up s'affichera, c'est que l'installation pourra démarrer immédiatement.


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Suite à l'annonce par Facebook de l'installation d'une petite équipe dédiée à l'intelligence artificielle en France, le Journal du Net a publié jeudi une interview de Yann LeCun, le directeur de la recherche en IA de Facebook. A cette occasion, le Diplômé de l'Ecole supérieure d'ingénieurs en électrotechnique de Paris et docteur de l'Université Pierre et Marie Curie explique que Paris fut en réalité un choix par défaut, car Londres "est déjà occupé par Microsoft, Deepmind et quelques autres acteurs, qui ont déjà des relations privilégiées avec l'écosystème et les universités locales". Mais surtout, après quelques explications sur l'apprentissage machine par des techniques de deep learning, Yann LeCun explique ce qu'est la vision à long terme de Facebook.

Le premier objectif de la firme de Mark Zuckerberg est de réaliser un assistant virtuel le plus humain possible, capable de comprendre l'individu et de l'aider sans avoir à être programmé spécifiquement pour chaque tâche. Il devra être doué de la capacité d'apprendre, comme l'est un être humain. "Le problème de Siri, Cortana ou Google Now dans l'état actuel des choses, c'est que tous les dialogues que l'on a avec ces systèmes sont complètement scriptés. On ne peut pas du tout passer à l'échelle supérieure et les faire répondre à n'importe quelle question", explique-t-il.

"Si on veut par exemple leur permettre de faire une réservation dans un restaurant, c'est compliqué. Il faut mettre en place un script différent pour chaque établissement, que des gens travaillent là-dessus... ça coûte cher, ça ne marche pas bien, ce n'est pas fiable. Nous, ce qu'on voudrait, c'est un agent vraiment intelligent qui comprend ce qu'on raconte, qui peut poser des questions s'il y a besoin de clarifications, qui comprend la personne avec qui il dialogue".

SCIENCE-FICTION ?

S'il reconnaît que pour le moment la technologie n'est pas là, et même que "peut-être ça n'aboutira jamais", il explique néanmoins que Facebook a à la fois le temps, l'argent et l'ambition nécessaire pour faire aboutir un tel projet, qui permettrait de reproduire ce que font HAL, KITT, ou SARAH.

L'autre grande ambition de Facebook est la réalité virtuelle, avec l'acquisition d'Oculus. "Avec son masque de réalité virtuelle, Oculus permet la téléprésence : son peut se mettre en communication avec quelqu'un à l'autre bout de la planète et avoir l'impression d'être dans la même pièce. Cela pose des problèmes de reconstruction du monde 3D, de reconstruction du visage puisqu'on a un Oculus sur le visage : il faudra réussir à le resynthétiser pour la personne en face".

Et puisque Facebook a une connaissance profonde de chacun de ses utilisateurs, de plus en plus précise et intime, il lui sera même peut-être possible un jour de faire survivre les morts dans un univers virtuel, comme dans la série Caprica.


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