Guillaume Champeau

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Comme nous l'indiquions en début de semaine, la présidence italienne du Conseil de l'Union Européenne réunissait ce jeudi les ministres en charge des télécommunications, pour discuter notamment de la régulation de la neutralité du net. Il s'agit pour les états membres de décider du sort à donner au rapport (qui a valeur législative) de Pilar Del Castillo, que les eurodéputés ont amendé en avril 2014 pour imposer un respect absolu de la neutralité du net en Europe.

Cédant aux pressions des lobbys des opérateurs télécoms et à celle de certains états membres, dont la France, qui veulent favoriser la croissance des FAI pour encourager l'investissement dans le très haut débit, l'Italie avait préparé une proposition qui renonçait à une régulation ferme de la neutralité du net. La proposition italienne ne faisait plus de la neutralité du net qu'un simple objectif à atteindre, autorisait une "nécessaire flexibilité concernant les mesures de gestion de trafic", et s'interdisait d'interdire les services spécialisés (ou gérés) dont la qualité de servie est garantie, même lorsqu'ils font concurrence à des services qui existent ou peuvent exister sur l'internet "best effort" traditionnel.

Cependant, alors que la présidence italienne avait indiqué dans un point d'étape que les avis des états membres "semblent converger" autour de ces propositions, les discussions ont échoué jeudi.

"La plupart des états membres ont considéré que le texte de la présidence était une bonne base pour approfondir le travail mais qu'il y a besoin de plus de discussions", rapporte le communiqué (.pdf) publié par le Conseil. "Un grand nombre de délégations ont dit qu'il était important d'avoir un accès à internet ouvert et non-discriminatoire, mais qu'il était également important d'éviter de réduire l'innovation et l'investissement".

En clair, rien n'a bougé, et le débat est toujours aussi difficile à trancher. L'Italie a fait savoir qu'elle continuerait à travailler sur le dossier jusqu'à la fin de son mandat, qui s'achève à la fin de l'année. Elle passera ensuite la main à la Lettonie, un pays exemplaire sur le développement du très haut débit, qui n'a pas pour autant renoncé à la neutralité du net.

En attendant, le rapport Del Del Castillo est bloqué. Les discussions ne pourront reprendre au Parlement européen qu'après que le Conseil de l'Union Européenne aura adopté sa propre position sur le texte, qu'il peut amender.


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On attend toujours les résultats de l'enquête sur "l'intrusion inacceptable" qu'aurait subie Aurélie Filippetti au mois de mai dernier sur son compte Twitter, ou ceux concernant le piratage dont aurait été victime Valérie Trierweiler, ou encore sur le hacker qui aurait publié un message de bonne année mal orthographié sur le compte de Frédéric Lefebvre.

En attendant, c'est en Grande-Bretagne que l'excuse du compte Twitter piraté a été sortie par un élu. Le député conservateur Karl McCartney avait mis en favori une photographie pornographique publiée par un internaute, qui montrait une femme allongée et attachée dans un lit, dans une position des plus accueillantes. Sans doute faisait-il partie de ces nombreux internautes qui ne savaient que les favoris sont publics sur Twitter. Or c'est une adversaire politique du parti travailliste, Lucy Rigby, qui a découvert la chose l'a publiée au grand jour, pour mettre le député dans l'embarras.

Celui-ci aurait pu se contenter de s'excuser ou même de prétendre à une erreur de manipulation de sa part, mais il a adopté le réflexe quasi universel des responsables politiques : nier en bloc et reporter la faute sur un prétendu piratage. Quitte à s'enfoncer encore plus dans le péché, en ajoutant le mensonge à la luxure visuelle.

"Ca m'a pris du temps de ré-accéder à Twitter suite à des modifications de sécurité", a-t-il d'abord tweeté ce jeudi, après avoir effacé tous favoris. "Mes followers savent que je tweete ou retweete et que je n'utilise pas le bouton favori. Merci à tous ceux qui me l'ont notifié". Mais les internautes ne sont pas naïfs à ce point et ont répondu sèchement au député :


@karlmccartney @twitter you had 50 odd favorites including lots of political ones (now all gone)
— Robert Oxley (@roxley) 27 Novembre 2014



You know, people might respect politicians like @karlmccartney more if they just admitted to stuff like that. All this 'I was hacked'? BS
— juux (@juux) 27 Novembre 2014



.@karlmccartney Dude, we can see the screenshots with genuine favs. Stand up and take it like a man, for goodness sake.
— juux (@juux) 27 Novembre 2014



@karlmccartney absolute nonsense. You dirty bugger.
— David Gurney (@gurnish) 27 Novembre 2014


Cependant Karl McCartney insiste dans son mode de défense. Pire, dans un communiqué adressé au journal The Independant, le député a décidé de charger Tweeter, pour défausser la responsabilité sur le service en ligne. Il prétend que la cinquantaine de tweets (quasiment tous de contenus politiques) qu'il avait en favoris y avait été ajoutée "au hasard" et pas par lui au fil des dernières années, et annonce qu'il écrit dès aujourd'hui à Twitter pour exprimer son "souci qu'à six mois d'une élection générale, la sécurité des comptes Twiter soit capable de résister à toute tentative malveillante et salace d'embarrasser le titulaire du compte.

"J'attendrai leur réponse avec intérêt", ajoute-t-il. Nous aussi. Peut-être viendra-t-elle en même temps que celle pour Aurélie Filippetti ou Frédéric Lefebvre.


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Aux Etats-Unis, la plupart des grandes entreprises publient désormais à fréquence régulière un "rapport de diversité" qui permet d'en savoir plus sur la représentation des minorités dans les effectifs (avec des regroupements qui choquent vu de France), et sur la représentation des femmes et des hommes dans les effectifs.

Lorsque l'on regarde les effectifs globaux des géants du web (Amazon, Apple, Facebook, Google, Microsoft, Twitter et Yahoo), une constante quasi parfaite se dégage. A l'exception à peine notable du géant du commerce électronique et de Yahoo, qui emploient tous les deux 37 % de femmes, c'est une règle stricte des 70/30 qui s'applique, comme s'il s'agissait d'une norme officieuse que les services de ressources humaines s'efforçaient de respecter. Toutes ces entreprises emploient trois femmes seulement pour sept hommes :



(Le pourcentage manquant pour Yahoo est dû à une proportion de personnels dont le genre serait "autre" ou "non divulgué")

Le constat s'aggrave encore lorsque l'on observe les postes à responsabilité occupés par les femmes, qui sont désormais incitées à congeler leurs ovocytes pour ne pas entraver leur carrière. Seul Apple promeut légèrement plus de femmes que d'hommes par rapport à la proportion des 70/30 vérifiée dans l'ensemble des effectifs de la société. La firme de Cupertino connaît 28 % de femmes cadres, ce qui fait d'elle l'entreprise la plus féminisée dans les fonctions managériales. Toutes les autres promeuvent, proportionnellement, davantage d'hommes que de femmes.

L'entreprise la plus masculine de toutes est aussi la plus ancienne, Microsoft, qui n'emploie que 17 % de femmes dans les fonctions encadrantes — il faudra voir si la répartition évolue vers plus d'égalité avec la restructuration entamée ces derniers mois par Satya Nadella. Mais l'âge de l'entreprise et son éventuelle culture héritée d'années plus "machistes" n'est sans doute pas la meilleure explication, si l'on en juge par Google, créée à la fin des années 1990. La pieuvre aux multiples services en ligne fait à peine mieux avec 21 % de femmes encadrantes.

Enfin, il faut noter que Yahoo est le seul de ces sept géants du web à être dirigé par une femme, Marissa Mayer.



Les rapports de diversité permettent également de connaître la répartition femmes / hommes selon le type de poste occupé. Or c'est bien sur les postes techniques (développeurs, administrateurs réseaux, ingénieurs,...) que la proportion de femmes est extrêmement basse, ce qui relèverait moins d'un choix dans les critères de recrutement que d'une réelle rareté des femmes sur le marché du travail.

Là aussi c'est Apple qui recrute le plus de femmes dans les postes techniques, avec une femme pour cinq hommes, alors que Twitter ferme la marche avec seulement une femme pour neuf hommes. A noter que Amazon ne communique pas cette donnée.




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Il y a un an, le mois d'octobre 2013 avait marqué le début d'une explosion du nombre d'avertissements adressés par l'Hadopi aux internautes accusés de ne pas avoir sécurisé leur accès à internet pour empêcher le partage d'oeuvres protégées par le droit d'auteur sur les réseaux P2P (BitTorrent, eMule...). Profitant d'une mise à jour de ses systèmes automatisés, la Haute Autorité avait alors envoyé 138 000 mails pendant le mois, alors qu'elle dépassait rarement jusque là les 80 000 envois. Depuis, à l'exception d'un mois de mai faussé par un nombre exceptionnel de jours fériés, l'Hadopi n'est jamais repassée sous la barre des 110 000 envois.

Selon les derniers chiffres à jour (.pdf), l'Hadopi a envoyé en octobre de cette année 116 000 avertissements par e-mail, ce qui porte le total à près de 3,75 millions d'envois depuis ses débuts en 2010.

L'autorité administrative a également adressé 11 672 avertissements par lettre recommandée (385 000 au total). Enfin, les dossiers de 95 internautes ont été examinés par les membres de la Commission de protection des droits (CPD) de l'Hadopi, en vue de leur éventuelle transmission au tribunal, ce qui porte le total à 1 548 dossiers examinés. Fidèle à ses habitudes, l'Hadopi ne communique pas mensuellement sur le nombre de dossiers transmis aux tribunaux après cet examen.

Dans son dernier rapport annuel, la Haute Autorité annonçait 116 transmissions aux procureurs sur un ensemble de 1289 cas étudiés, ce qui fait moins d'un dossier sur dix communiqué au parquet.


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Le cabinet IDC a publié une étude sur le marché des réseaux locaux sans fil (WLAN), qui marquent une progression de 7,4 % sur un an. Ce sont les réseaux WiFi à la norme 802.11ac qui poussent la demande, puisque les points d'accès compatibles avec ce standard officiellement approuvé par l'IEEE en janvier 2014 représenterait déjà 26,5 % des ventes, et 39 % du chiffre d'affaires. Le marché total du WiFi dépasse désormais les 1,2 milliards de dollars par trimestre, dont près de la moitié réalisés par le seul Cisco.

Utilisant une bande de fréquences de 5170 MHz à 5835 MHz ("bande des 5 Ghz"), le 802.11ac offre des débits théoriques jusqu'à 1,3 Gbps par canaux, avec la possibilité de combiner les canaux pour atteindre au total 7 Gbps. C'est un gain très important par rapport au 802.11n normalisé en 2009, qui permettait d'atteindre un débit théorique de 300 Mbits.

Selon IDC, le 802.11ac est adopté à un rythme plus élevé que ne l'avait été en son temps le 802.11n, qui était la première norme à utiliser en partie la bande des 5 Ghz. "Les principales raisons derrière cette tendance sont notamment un processus de ratification plus rapide, un prix agressif pour les points d'accès en 802.11ac avec peu ou pas de supplément de prix par rapport au 802.11n, et les bénéfices inhérents au 802.11ac", analyse le cabinet.

Et le progrès en matière de WLAN ne sont pas prêts de s'arrêter, puisque la roadmap du groupe de travail 802.11 de l'IEEE est déjà pleine jusqu'en 2019.


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La Grande-Bretagne a notifié mercredi à la Commission Européenne son projet de loi Counter Terrorism and Security Bill 2014, qui ne devra pas être adopté avant le 27 février 2015 en raison de la période de statu quo imposée par la procédure de notification. Le texte prévoit différentes mesures pour lutter contre le terrorisme, dont certaines sont communes à la loi anti-terrorisme qui vient d'être adoptée en France (en particulier la confiscation des passeports d'individus uniquement suspectés de projets terroristes).

C'est la partie 3 relative à la conservation des données sur Internet qui a obligé le gouvernement britannique à soumettre le texte à la Commission européenne, comme tout projet de réglementation dans le domaine des technologies de l'information.

Tout en respectant le cadre général relatif à la conservation des données fixé par un arrêt de la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) du 8 avril 2014, qui a imposé de respecter un principe de proportionnalité en la matière, le projet de loi britannique souhaite étendre l'accès aux données par les autorités. Il demande non seulement que les FAI conservent pendant un an le journal qui permet de croiser une adresse IP avec l'identité de l'abonné à qui elle était affectée, mais aussi que les "services de communication internet" conservent eu aussi toutes "données de communications pertinentes" permettant de lier une "communication" à un individu.

Conserver les données des hébergeurs

Il s'agit concrètement de conserver les noms d'utilisateur, adresses e-mail, adresses IP, mots de passe, identifiant de l'appareil utilisé, etc., de tous les utilisateurs, dès qu'ils utilisent un service en ligne. La mesure est nouvelle en Grande-Bretagne, mais elle existe déjà depuis 2011 en France, et elle avait été amplifiée par la loi de programmation militaire de 2013.

"Les données de communication ont joué un rôle significatif dans toutes les opérations majeures de contre-terrorisme sur cette dernière décennie. Elles peuvent être utilisées comme preuves devant un tribunal et sont essentielles pour amener les criminels devant la justice", explique la Grande-Bretagne dans l'étude d'impact jointe à sa notification. Mais "notre capacité à accéder à des données de communication s'érode puisque la façon dont les gens communiquent sur Internet change". Il s'agit notamment d'obtenir des informations sur des utilisateurs qui communiquent à partir de l'étranger, et qui échappent donc aux données détenues par les opérateurs télécoms internes.

"L'effet visé est que les agences de police et de renseignement aient les pouvoirs dont ils ont besoin pour protéger le public et assurer la sécurité nationale en étant capables de continuer à identifier un utiliser ou un appareil à partir du service qu'ils ont utilisé, lorsque c'est nécessaire et proportionné", promet la Grande-Bretagne.


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La série de fermetures de sites français de piratage se poursuit. Quelques jours après la fermeture de Unlimited-Tracker, et quelques mois après celles de Pirate Island et de GKS, c'est un nouveau gros site de la scène warez française qui vient de tomber.

Selon nos informations, la Gendarmerie de Grenoble a convoqué cette semaine l'un des hommes clés du site Downparadise (DP), qui était un forum très fréquenté pour le partage de liens de téléchargement de toutes catégories : films, musiques, jeux vidéo, livres, séries TV... Sans attendre une éventuelle mise en examen, l'homme (qui se faisait appeler "Stan") aurait décidé de fermer l'accès au site. Même le compte Twitter du site a été désactivé.

Une fois encore, c'est la Sacem qui serait à l'initiative de la plainte déposée contre le site. Il semble que la société de gestion collective de droits d'auteur, qui participe par ailleurs au dispositif de riposte graduée proposé par l'Hadopi, intensifie sa lutte judiciaire contre les sites utilisés pour pirater.

De son côté, NextWarez publie ce qu'il dit être des informations communiquées en privé par un membre de Downparadise. Elles montrent que Downparadise faisait partie non seulement d'une galaxie de sites pirates parmi lesquels figurent DPStream ou Purevid, mais qu'il appartiendrait in fine à une même société écran, Baruti Ltd, qui posséderait en outre une régie publicitaire très utilisée par les sites de liens, Affiliation-France. Sur son site, cette dernière affiche une domiciliation aux îles vierges britanniques.

Voici ce que dit le message, que nous reproduisons tel quel :


Le jour du down, goz et l'équipe ont supprimés leur compte sur le forum, ainsi qu'une bonne partie des plus gros uploaders de la board.



Il s'avère en fait qu'un ancien dev (Stan) a été arrêté récemment pour des affaires liées à du piratage informatique. Il a semblé préférable à Goz de complètement disparaître de DP, en raison d'une crainte que les autorités lient Stan à DP, pouvant entraîner l'ouverture d'un dossier.

Ensuite, Baruti Ltd (la société a qui appartient DP, DPstream, Purevid ainsi que affiliation-France) a entendu parler de cette affaire et a décidé de dérouter les DNS ainsi que geler les machines qui hébergent DP et la base de données. Malheureusement, les mecs de chez Baruti mettent beaucoup de temps à répondre, et Goz reste injoignable, je ne peux pas vous en dire plus quant à une probable fermeture définitive de DownParadise.WS


C'est donc sans doute aussi dans l'espoir de remonter toute cette filière que les Gendarmes ont agi. Mais le fait que les autorités n'aient pas pu saisir directement les serveurs et que les comptes aient été supprimés pourrait désormais fragiliser la poursuite de l'enquête. Les complices sont certainement, à l'heure actuelle, en train de faire tous leurs efforts possibles pour supprimer le maximum de preuves qui pourraient être retenues contre eux.


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La Commission parlementaire britannique pour le renseignement et la sécurité (ISC) a rendu public ce mardi un rapport (.pdf) très attendu sur la mort en mai 2013 du jeune soldat anglais Lee Rigby, assassiné en plein jour à coups de machette au sud-est de Londres par Michael Adebolajo et Michael Adebowale, deux jeunes britanniques d'origine nigériane. Les images montrant ce dernier adresser un message de revendication en pleine rue bondée, les mains pleines de sang, avaient fait le tour du monde.

Dans son rapport, la Commission note que plusieurs semaines après l'attaque mortelle, les services de renseignement britanniques (le GCHQ) ont découvert qu'Adebowale avait eu en décembre 2012, un "échange substantiel en ligne" avec un surnommé Foxtrot, connu pour ses liens présumés avec une organisation terroriste. Il aurait "exprimé son désir d'assassiner un soldat de la façon la plus explicite et émotionnelle possible".

Plus précisément, il aurait écrit "Let's kill a soldier" ("allons tuer un soldat"), sur une plateforme dont le nom n'est pas publié explicitement par le rapport.

Cependant selon la BBC, un rapport non censuré communiqué au premier ministre David Cameron confirme qu'il s'agit de Facebook, ce qui était de toute façon suggéré. Tout porte à croire que la discussion en question était tenue en privée, à travers le service de tchat de Facebook ou par les messages privés que peuvent s'envoyer les membres entre eux, hors de leur mur.

Les services de renseignement britanniques s'interrogent sur le fait que Facebook n'ait pas détecté de tels propos et réagi en conséquences. D'autant que le même homme s'était vu fermer plusieurs comptes auparavant, justement pour des motifs liés au terrorisme. Or là aussi, ils reprochent à Facebook de s'être contenté de fermer automatiquement les conséquences suite aux alertes reçues de la part des internautes, sans avoir alerté les autorités, et sans avoir procédé à un examen manuel des autres comptes liés au même individu.

"Sur la base des preuves que nous avons reçues, la société n'a pas de procédures pour empêcher les terroristes de planifier des attaques en utilisant leur réseau", note le rapport. De plus, les services de renseignement britanniques ne surveillaient pas encore Foxtrot au moment de l'échange avec Adebowale, ce qui n'a pas permis d'intercepter ses communications. Il aurait fallu qu'ils puissent les obtenir en justice, mais ça demandait alors le relais d'un tribunal américain, difficile à obtenir.

La Commission profite donc du drame pour réclamer une bien meilleure collaboration entre les plateformes et les autorités nationales britanniques, et pour leur demander d'accentuer leur surveillance pro-active. Y compris, semble-t-il, à l'encontre des messages échangés en privé.

Accessoirement, les services en profitent pour s'agacer à nouveau du chiffrement généralisé de toutes les communications entre les internautes et les géants du web comme Facebook, Google, Twitter ou Microsoft, car elle rend l'interception des communications beaucoup plus difficile, voire impossible.

Faut-il pour autant que tous les internautes renoncent à leur vie privée, pour assurer la sécurité ? Le débat est éternel, et ce rapport ne fait que le raviver.




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En 2012, l'Autorité de la concurrence saisie par l'opérateur Cogent avait blanchi Orange des accusations d'abus de position dominante dont il faisait l'objet concernant sa politique d'interconnexion (peering) avec les autres opérateurs. Le régulateur français avait estimé qu'Orange pouvait légitimement demander à Cogent de payer des frais de peering, en raison de la forte asymétrie entre le volume envoyé par Cogent, et le volume reçu. A l'époque, le transitaire était l'un des principaux fournisseurs de connectivité réseau pour la plateforme d'hébergement de fichiers MegaUpload, qui avait dénoncé un bridage de ses services par Orange.

Mais la Commission européenne ne s'est pas laissée impressionner par l'avis permissif de l'autorité nationale, et a décidé de lancer sa propre procédure, avec tous les moyens mis à sa disposition par les traités. En particulier des moyens d'enquête sur place et sur pièces. C'est ainsi qu'elle a diligenté en 2013 une forme de perquisition dans les locaux d'Orange, appelée "inspection", pour obtenir des éléments précis lui permettant de juger. Une action que le président d'Orange Stéphane Richard avait très mal pris, parlant d'un "acharnement" contre l'opérateur.

L'Autorité de la concurrence a fait confiance à Orange

Orange avait tenté de faire invalider la procédure, en dénonçant le caractère "disproportionné" de l'inspection, alors que l'Autorité de la concurrence avait elle-même conclu après enquête qu'il n'y avait pas d'abus de position dominante. Mais le Tribunal de l'Union Européenne (TUE) a rendu mardi un arrêt sans concession, qui se lit aussi comme une attaque oblique contre l'Autorité de la concurrence elle-même.

Les juges européens notent en effet que "l'examen du dossier en possession de l'Autorité ne constituait pas une alternative au recours à une mesure d'inspection, dès lors que l'Autorité n'avait conduit aucune inspection dans les locaux (d'Orange) et que sa décision n'avait donc été prise que sur la seule base d'informations volontairement soumises par celle-ci".

Or, ajoute-il plus loin, "les éléments retraçant de tels mobiles (de pratiques anticoncurrentielles) revêtant par nature un caractère secret, il est peu probable qu'ils puissent transparaître de l'énoncé public de la politique (d'Orange) et il est loin d'être acquis qu'ils figuraient dans ses réponses aux demandes de renseignements que lui avait adressées la Commission".

Le TUE a rejeté l'ensemble des griefs d'Orange, et autorisé la poursuite de la procédure.


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Ce matin, Numerama rapportait en longueurs l'étude réalisée dans 24 pays par IPSOS pour le CIGI (Centre pour l'Innovation dans la Gouvernance Internationale), qui témoigne d'une étonnante naïveté des internautes français quant à la protection des droits et liberté sur Internet. Le CIGI en a profité pour questionner les internautes sur les internautes sur l'intérêt qu'ils portent à un "cloud souverain", et la France ressort légèrement au dessus de la moyenne.

Ainsi, lorsqu'on leur demande s'ils souhaitent que leurs données et informations personnelles soient hébergées sur un serveur situé physiquement dans leur propre pays, les internautes français sont 75 % à déclarer le vouloir, dont 35 % à être "totalement d'accord" avec cette proposition. La moyenne des 24 pays étudiés se situe à 72 %. Il faut cependant préciser que la question était formulée sous forme d'accord avec une proposition émise, et qu'il ne s'agit pas d'étudier la force d'un critère de sélection au moment où l'internaute choisit d'héberger ses données plutôt chez Facebook, plutôt chez Google ou plutôt chez Microsoft (ou plus souvent, chez les trois à la fois).

C'est en Indonésie où les internautes font le plus confiance à leur gouvernement pour censurer ce qui doit l'être (à leurs yeux) ou pour administrer Internet que l'intérêt pour un cloud souverain est le plus fort, immédiatement suivie par la Chine et l'Inde. A eux seuls, ces deux derniers pays représentent environ 2,7 milliards d'êtres humains, soit plus d'un tiers de la population mondiale. On comprend facilement pourquoi les géants américains font pression pour faire interdire toute obligation de recours à des clouds souverains.

Reste à chercher une cohérence avec les résultats d'un autre sondage de la même étude, qui montrait que 46 % des Français se disaient "préoccupés" par la surveillance sur Internet dont ils pouvaient faire l'objet de la part de leur propre pays. Il n'est pas certain qu'héberger ses données personnelles sur des serveurs en France soit le meilleur remède contre une surveillance par la France, si c'est bien là un motif d'inquiétude.




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Ce jeudi 27 novembre 2014, le Conseil de l'Union Européenne se réunit à Bruxelles pour une session dédiée aux télécommunications, sous la présidence de l'Italie. Les ministres compétents des états membres de l'UE doivent y discuter de l'avenir du rapport de Pilar Del Castillo sur le marché unique des télécommunications, après l'adoption aussi spectaculaire que provisoire en avril dernier d'une version amendée par le Parlement Européen, qui sacralisait la neutralité du net en Europe.

Entre autres victoires, le texte apportait une définition claire de la neutralité du réseau ("le principe selon lequel l'ensemble du trafic internet est traité de façon égale, sans discrimination, limitation ni interférence, indépendamment de l'expéditeur, du destinataire, du type, du contenu, de l'appareil, du service ou de l'application"), et faisait obligation aux FAI de fournir l'accès à Internet conformément au principe défini.

De plus, le rapport amendé par les parlementaires limitait drastiquement la possibilité pour les FAI de mettre en avant leurs propres "services spécialisés" dans leurs box, en concurrence de ceux déjà proposés sur Internet. Le texte imposait en effet que ces services apportent un plus par rapport à ce qui peut être proposé sur l'internet universel, et précisait que "ces services ne sont proposés que si la capacité du réseau est suffisante pour les fournir en plus des services d'accès à l'internet et s'ils ne portent pas atteinte à la disponibilité ou à la qualité des services d'accès à l'internet".

Mais comme nous l'avions expliqué au lendemain de l'excellente nouvelle, le chemin politique est très long jusqu'à la victoire définitive, qui est déjà fortement compromise. Contrairement à ce que laissaient croire des rumeurs de mai dernier, l'Italie n'a pas résisté à la pression des lobbys des télécoms, et s'est engagé dans la voie d'un compromis largement favorable aux opérateurs qui ne veulent surtout pas entendre parler de neutralité du net imposée.

L'EDRi a en effet publié un point d'étape (.pdf) préparé par la présidence italienne du Conseil de l'Europe, qui annihile tous les espoirs de la société civile. L'Italie, qui est chargée de préparer la réunion du Conseil en réunissant les points de vue de chaque gouvernement en vue d'une conciliation, indique que les avis "semblent converger" autour de quatre modifications substantielles apportées au texte d'avril 2014 :


Avoir une "approche simplifiée basée sur des principes" pour "ne pas entraver l'innovation et éviter que des développements technologiques ne rendent la régulation obsolète". Il s'agit donc là de réguler par objectifs plutôt que par réglementations, et d'abandonner les mesures précises contraignantes qui obligeraient les FAI à respecter une neutralité du net. Selon le Wall Street Journal, c'est même la définition de la neutralité du net qui saute ;



Ne pas réguler les "services spécialisés" et "ne pas les interdire". C'est donc la porte ouverte à un accès à l'intranet du FAI qui serait libre de choisir les services proposés, et d'y donner une priorité dans ses tuyaux par rapport à l'accès à l'Internet universel partagé par tous les FAI ;



Autoriser une "nécessaire flexibilité concernant les mesures de gestion de trafic", ce qui veut tout et rien dire. Il devrait s'agir surtout de ne pas imposer aux FAI que les éventuelles mesures de gestion de trafic privilégiant un protocole ou une source plutôt qu'un(e) autre soient purement temporaires et répondent à une situation d'urgence, à laquelle il aurait l'obligation de remédier par une mise à niveau de ses infrastructures. Permettre aux FAI de gérer le trafic, c'est leur permettre de ne plus investir dans l'augmentation de la taille globale de leurs tuyaux, mais plutôt dans une multitude de robinets qui permettent de gérer (et éventuellement de monnayer) le débit de chaque ;



Permettre aux autorités de régulation nationales (comme l'Arcep en France), sous coordination européenne par le BEREC, de fournir leurs propres orientations, ce qui trahit une faiblesse de la régulation européenne qui ne serait pas assez ferme et précise.


"Les questions liées liées à l'internet ouvert / la neutralité du net sont hautement complexes, impliquant des droits fondamentaux, des aspects économiques et techniques, le contenu des communications, et aussi des questions liées à la portée appropriée (fournisseurs de services de communication électroniques / réseaux / d'autres types de fournisseurs, etc.) et à l'efficacité", écrit l'Italie dans son document de synthèse.

La procédure législative européenne veut qu'une fois que le Conseil aura adopté un texte amendé, le Parlement européen sera de nouveau appelé à se prononcer sur la base de ce texte modifié. S'il revient sur sa version précédente ou adopte une nouvelle version modifiée, le texte sera de nouveau renvoyé au Conseil, qui peut provoquer la réunion d'un "comité de conciliation" avec des parlementaires.

En bout de course, si un désaccord persiste, c'est l'ensemble du texte qui sera abandonné. Toutefois le président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker a fait du marché unique numérique une de ses grandes priorités, et a donné six mois à ses commissaires Andrus Ansip et Günther Oettinger pour aboutir à des propositions.

Le premier s'est engagé le mois dernier, en affirmant que la neutralité du net devrait être un droit, et qu'il fallait interdire toute gestion discriminatoire du trafic.


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Il ne s'agit que de chiffres tirés du marché américain, mais ils peuvent tout de même peuvent éclairer les choix des étudiants ou les options de formation continue. Le magazine Quartz a publié des données compilées par Burning Glass et par l'économiste Jonathan Rothwell de l'Institution Brookings, à partir de milliers d'offres d'emplois dans le secteur de l'informatique.

Il en ressort un classement des "langages de programmation" et frameworks qui rémunèrent le mieux aux Etats-Unis. C'est Ruby On Rail (RoR), un framework libre en Ruby, qui sort premier du classement avec une rémunération brute moyenne de près de 110 000 dollars par an.

(notez que l'export Datawrapper a un bug qui fait disparaître le C++, dont le salaire moyen est de 93 502 dollars)




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C'est exactement le même sujet 10 millions de dollars c'est beaucoup, dans l'absolu. En relatif, c'est 0,005 % du chiffre d'affaires d'Apple en 2013. Si l'on regarde le bénéfice, c'est 0,02 % de son bénéfice.

Alors non, "ce n'est pas rien". Mais c'est vraiment pas grand chose.

A côté de ça, Apple ne paie presque aucun impôt sur ses bénéfices, dont le taux d'imposition en France est autour de 30 %. Or les impôts ça sert notamment à financer des actions contre le SIDA, sans avoir besoin de recourir à du marketing (RED) et à des décisions prises entre personnes privées sur qui doit toucher quoi, sans appels d'offres, sans publicité des fonds engagés, sans publicité des résultats, etc., etc. 

Alors oui, c'est exactement le même sujet. Et non, je ne crois pas que ça soit de la mauvaise foi. Je crois que c'est ouvrir les yeux.
Numerama paye ses impôts, et nous espérons qu'ils servent à financer la recherche contre le SIDA, entre autres causes. Si toi tu te satisfais de ce que quelques dizaines de millions d'euros reversés à quelques causes triées sur le volet suffise à blanchir le fait qu'ils ne versent pas les quelques milliards d'euros qu'ils auraient dû reverser à la collectivité, grand bien t'en fasse.



Le CIGI (Centre pour l'Innovation dans la Gouvernance Internationale) vient de publier une étude très riche aux résultats passionnants, réalisée par l'institut de sondage IPSOS. Les enquêteurs ont questionné 23 376 internautes de 24 pays entre le 7 octobre 2014 et le 12 novembre 2014, sur toute une série de sujets liés à la protection des droits et libertés sur Internet.

Les pays dont les internautes ont été interrogés sont la France, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, l'Egypte, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, Honk Kong, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Kenya, le Mexique, le Nigéria, le Pakistan, la Pologne, l'Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Suède, la Tunisie, la Turquie et les Etats-Unis.

L'échantillon est ainsi très intéressant puisqu'il permet de saisir des différences d'approches aux problématiques selon les régions et les cultures, et de voir des résultats qui sont parfois radicalement opposés.

Ce qui peut ainsi surprendre vu de l'Occident est le résultat d'un premier sondage, qui demandait aux internautes si leur propre gouvernement faisait à leurs yeux "un bon travail" pour sécuriser Internet, aussi bien du point de vue des menaces pour la sécurité des données qu'au niveau des contenus éventuellement censurés. C'est en Tunisie, où la censure reste présente malgré la révolution, que les internautes applaudissent le plus l'action de leur gouvernement, suivi par l'Indonésie, où la censure est vive.



Mais le sondage, riche de beaucoup d'autres questions, permet aussi de constante une étonnante naïveté des internautes français sur les questions liées à la protection de leur vie privée ou de leur liberté d'expression.

La France est ainsi le pays où les internautes croient le moins qu'Internet sera censuré par leur propre pays par une restriction totale ou partielle de l'accès à Internet, qui comprend le blocage de l'accès à certains contenus. Seuls 15 % des internautes pensent que cela risque d'arriver, alors que c'est déjà le cas avec notamment les lois anti-terrorismes qui permettent à la police d'ordonner le blocage de sites sans aucun contrôle judiciaire, ou les accords négociés directement entre l'Etat et des plateformes. C'est également très récent (juillet 2013) que la loi ne permette plus de suspendre l'accès à internet d'un abonné qui aurait simplement failli à son devoir de "sécuriser" l'accès pour empêcher son utilisation contraire à la loi nationale.

A cet égard les Turcs qui plébiscitent la censure sont aussi les plus lucides.



La naïveté française est confirmée par cet autre sondage, qui demande aux internautes s'ils pensent que d'autres pays que le leur pourraient décider de restreindre l'accès à internet chez eux. Comme les Français, les Suédois étaient très optimistes pour leur propre pays, mais ils se montrent les plus pessimistes (ou réalistes) concernant les états étrangers. En revanche, les Français restent quasiment les plus naïfs du monde, avec seulement un tiers des sondés qui pensent que des puissances étrangères pourraient décider chez elles de censurer Internet :



Hélas, sans doute parce qu'ils ne subissent pas ou très peu de censure, les Français sont aussi parmi les pays qui sont le moins inquiets de la censure gouvernementale sur Internet (51 % tout de même), contrairement aux Mexicains qui redoutent le plus l'action de l'Etat.



Plusieurs autres questions confirment que les Français ont assez largement plus confiance que les autres dans la protection de leur vie privée sur Internet, malgré les révélations d'Edward Snowden et les critiques de plus en plus audibles sur l'utilisation des données personnelles par les Google, Facebook, Amazon et autres Microsoft.

Là encore, ils se trouvent curieusement en compagnie des Suédois, qui partagent les mêmes sensibilités :







Il existe toutefois un sursaut de résistance lorsque l'on demande aux Français s'ils feraient confiance à leur propre gouvernement pour "jouer un rôle important pour administrer Internet". Là encore on retrouve une opposition inattendue entre des pays où la censure à des fins religieuses et politiques est fréquente (Inde, Tunisie, Indonésie, Chine...), mais où le Gouvernement a la confiance des internautes, et des pays occidentaux où l'on fait beaucoup moins confiance au pouvoir central (Etats-Unis, France, Italie, Corée du Sud, Afrique du Sud...).




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Comme il le fait régulièrement depuis de nombreuses années, Apple a décidé cette année encore de s'associer au mouvement (RED) fondé en 2006 par Bono et Bobby Shriver, et de promouvoir une gamme de produits de couleur rouge en faveur du Fonds mondial de lutte contre le sida. Ainsi à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA le lundi 1er décembre prochain, la firme de Cupertino a annoncé ou confirmé trois séries d'opérations :


Le 1er décembre, "une partie des bénéfices" de chaque vente réalisée dans les Apple Store ou sur l'App Store sera reversée au Fonds mondial, sans que le détail de cette "partie du bénéfice" ou du calcul de la base bénéficiaire ne soit explicitée. Apple ne pourrait pas être plus imprécis sur ce qu'il compte exactement reverser ;



Toute l'année, "une partie du prix d'achat" des produits de la gamme de produits Apple (RED) est reversée au Fonds par l'intermédiaire de (RED), mais là encore sans aucune information sur la part effectivement reversée. S'agit-il de 0,001 % ou de 10 % ?



Du 24 novembre au 7 décembre, "100 % des bénéfices de la vente" de certaines applications estampillées RED seront reversés au Fonds. Sur l'App Store lui-même, il est écrit que "100 % des revenus perçus" sont reversés. Il ne s'agit toutefois que d'une très petite sélection d'applications partenaires (nous en comptons 25 sur plus de 1,2 millions d'applications référencées au total sur l'App Store).


Certes, tout effort en faveur de la lutte contre le SIDA est louable, et doit être salué comme il se doit. A condition qu'il ne soit pas pure hypocrisie. Il ne faudrait pas que de telles opérations permettent à Apple de se dédouaner de sa responsabilité sociale et sociétale.

Or la firme sait parfaitement mettre en avant de telles opérations caritatives pour tenter de faire oublier sa responsabilité plus large de contribuable, qu'il n'est pas ou très (beaucoup trop) peu. Grâce à des montages fiscaux dont il est passé maître, Apple parvient à faire échapper à l'impôt des sommes astronomiques, qui pourraient et devraient être utilisées par les peuples du monde entier, à travers leurs instances démocratiques, pour décider de financer tels programmes de soutien à la recherche contre le sida, ou telles autres d'autres causes jugées importants.

Est-ce vraiment aux consommateurs d'aider Apple à donner à (RED) lorsque la firme de Cupertino compte une trésorerie de plus de 150 milliards de dollars, amassée pour partie grâce à ces montages fiscaux auxquels les contribuables normaux appelés à la rescousse n'ont pas accès ?

Apple n'est bien sûr pas seul. La Tribune rapportait en début d'année que les grands groupes mondiaux avaient 2 800 milliards de dollars dans leurs caisses. Sur son site, (RED) annonce que depuis 2006, donc depuis près de dix ans, il a réuni au total 275 millions de dollars.


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Comment mêler l'utile à l'agréable. L'association Wikimédia France a lancé lundi une campagne de financement collaboratif pour récolter de quoi acheter 200 variétés de fromage, qui seront goûtés par dizaines chaque mois dans les locaux parisiens de l'association, avec ceux qui auront bien voulu aider à leur acquisition. Voilà pour le côté agréable. Côté utile, encyclopédie oblige, le but est aussi et surtout de réaliser un travail documentaire fouillé sur chaque fromage ainsi goûté, avec en particulier la réalisation de photographies haute-définition sous licences libres, qui manquent actuellement à Wikipédia.

"Les donateurs seront conviés aux séances de photographie et de contribution où ils verront les bénévoles à l'œuvre et participeront à l'enrichissement des articles de Wikipédia. L'occasion pour eux de voir l'envers du décor et d'être formé à la photo de studio et à Wikipédia (et aussi de déguster du fromage !)", vante la page de l'opération WikiCheese.

L'association espère ainsi lever au moins 5 000 euros, qui ne serviront pas uniquement à l'achat de fromages qui feront saliver les lecteurs de Wikipédia, mais aussi à financer le studio photo et des frais divers. Le matériel photo ainsi acquis sera ensuite mis à disposition des bénévoles pour illustrer d'autres thématiques.

Pour avoir le droit de venir aux dégustations, les internautes devront donner au moins 60 euros, dont 65 % sont déductibles des impôts.


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Rien ne va plus entre la France et l'ICANN, dont la gestion du système des noms de domaine est de plus en plus vivement contestée, en particulier face à l'ouverture accélérée de nouveaux noms de domaine de premier niveau (TLDs) qui soulèvent tous des problèmes particuliers. Si les discussions brûlantes sur le .Wine ou .Vin ont pour le moment échoué sous la pression européenne, la guerre est belle et bien ouverte entre la France et l'ICANN, à un moment crucial où l'indépendance toute relative de l'institution est sur le point d'être renégociée en remplaçant le poids du gouvernement américain par le poids des entreprises américaines.

La situation est telle que la députée Laure de la Raudière (UMP), qui n'est pas connue pour son extrémisme ni son idéalisme aveugle dans les questions de régulation sur Internet, propose une solution coup de poing.

Dans une question au Gouvernement envoyée le 18 novembre dernier, l'élue de l'Eure-et-Loir propose ni plus ni moins que de favoriser l'émergence d'un système DNS alternatif, qui mettrait fin à la main-mise de l'ICANN sur le DNS root sur lequel s'appuient aujourd'hui les serveurs DNS des FAI et donc, par conséquence, les navigateurs web.

Techniquement, rien n'empêche l'utilisation de systèmes DNS alternatifs pour accéder à des noms de domaine qui n'existent pas dans le système de l'ICANN. Des solutions très intéressantes ont même parfois été proposées, à l'instar d'un .P2P resté sans lendemain. Mais il est très difficile de les faire adopter ces systèmes. Laure de la Raudière suggère donc au Gouvernement d'y aider en conditionnant l'octroi de licences aux opérateurs télécoms à la prise en charge de tels DNS alternatifs (attention toutefois, il ne faut pas confondre les serveurs DNS ouverts comme peuvent le proposer Google et d'autres, et les racines DNS alternatives, beaucoup plus radicales dans leur approche) :


Mme Laure de La Raudière interroge M. le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique sur les modalités d'accès à Internet à partir de noms de domaine. En effet, l'Internet est devenu le centre des échanges au niveau planétaire et son accès représente un enjeu stratégique. Cet accès est aujourd'hui contrôlé par l'ICANN, organisme américain qui gère les noms de domaine. Cette gestion a pris une ampleur nouvelle avec l'ouverture de nouveaux domaines et les décisions de l'ICANN font l'objet de vives critiques ; les sous-entendus mercantiles y sont partout présents. L'attribution du " .vin " a récemment défrayé la chronique. Il existe des alternatives au contrôle monopolistique de l'ICANN. La concurrence libre et non faussée doit désormais s'exercer dans ce secteur stratégique de l'économie numérique. Des alternatives existent déjà et se fondent principalement sur les racines ouvertes. Des pays comme la Chine ou des acteurs majeurs comme Google semblent déjà utiliser ces systèmes. Aussi, elle souhaiterait connaître la position du Gouvernement sur ce sujet. En particulier le Gouvernement a-t-il étudié la solution de prévoir dans les droits à licence des FAI qu'ils explorent les racines ouvertes validées par l'ARCEP afin de permettre aux services Internet de s'affranchir de l'ICANN sans s'isoler de l'Internet dominant et être facilement trouvables par les internautes naviguant à partir du territoire français ? Quelles en seraient les conséquences pour le secteur de l'économie numérique française ?


Même si le désir d'indépendance à l'égard de l'ICANN peut se comprendre et se défendre, le risque est toutefois grand de parvenir à une forme de balkanisation du web, qui ne serait plus tout à fait le même selon les pays, selon les serveurs DNS racines imposés ou non aux opérateurs nationaux. Il s'agirait sans aucun doute d'un recul qui ramènerait dans une certaine mesure à l'âge du minitel, où le réseau était uniquement national.

Est-ce la bonne approche à avoir ? Dites-nous votre avis.


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Les manifestations en hommage à Rémi Fraisse et contre les violences policières qui se sont déroulées samedi dernier dans une vingtaine de villes françaises ont également connu un relais immatériel. Dans le cadre d'une action mondiale "contre les répressions policières" baptisée #OpAntiRep, un collectif de hackers anonymes utilisant la bannière Anonymous a réalisé samedi une série d'actions, en particulier contre les policiers et gendarmes italiens, mais également en France.


#OpAntiRep #ACAB Today we release several datadumps and we block these bastards from the net! JOIN US #Anonymous #AnonBloc #AnonOps
— #OpAntiRep (@OpAntiRep) 22 Novembre 2014


Outre d'habituelles attaques DDOS qui ont provoqué l'indisponibilité d'une vingtaine de sites internet, dont celui du syndicat de policiers Alliance, le collectif a surtout piraté le forum d'un site internet dédié aux réservistes de la Gendarmerie, destiné à "faire connaître la réserve et à mettre en relation les réservistes et candidats". Ils affirment avoir réussi à pirater les noms, adresse e-mail, adresse IP et mot de passe (pour certains déchiffrés) de quelques 2 000 membres inscrits sur ce forum, et fournissent une capture d'écran de la base de données en guise de preuve :



Ce lundi, le site non officiel de la réserve de la Gendarmerie française était toujours fermé, un message expliquant aux visiteurs qu'il était "en maintenance". Le forum est toutefois accessible, et affiche 1544 membres inscrits à l'heure où nous publions ces lignes.

D'autres actions ont été menées, notamment contre le site de l'Association nationale des officiers de réserve de la Gendarmerie nationale (Anorgend), qui a été piraté pour en modifier la page d'accueil, désormais toute à la gloire d'Anonymous. Là aussi, une base de données de membres avec des mots de passe chiffrés a été diffusée :



Dans un communiqué diffusé dans trois langues, le collectif #OpAntiRep explique que la journée du 22 novembre avait "pour origine des collectifs — occupants de différentes ZAD (Zones à défendre) — suite au décès par grenade offensive d'un étudiant en écologie lors d'un rassemblement", et affirme que "partout dans le monde, de nombreux camarades ont été tués ou blessés par leurs armes dans des manifestations contre l'oppression de ces gouvernements,sous la pression du monde capitaliste qui veut imposer ses projets de société". L'appel à manifester partout dans le monde avait été relayé sur un site anarchiste.

"Nous devons informer le peuple par toutes les tactiques possibles", ajoutait le collectif Anonymous pour expliquer le sens de sa mobilisation en ligne. "Nous ne pouvons pas tolérer plus longtemps que le peuple soit mis à genoux par des robots sans âmes. Qui "servent et protègent" des machines, des institutions capitalistes et l'injustice. Nous protégeons le peuple. Nous ripostons !".

L'appel d'Anonymous France à agir en ligne le 22 novembre avait été lancé le 11 novembre dernier par une vidéo sur YouTube, vue près de 7000 fois :



D'autres documents ont été obtenus par les pirates, dont le plus sensible est le calendrier prévisionnel de positionnement et de relève des unités de CRS en France, dans le cadre des missions permanentes, jusqu'à la fin de l'année 2014. Le reste est plus anecdotique, avec la grille de rémunérations des CRS en fonction des grades, le règlement intérieur des compagnies, ou encore un manuel détaillé des véhicules de reconnaissance utilisés par les CRS.

Dès la fin octobre, Anonymous avait réagi à la mort de Rémi Fraisse en affirmant qu'il "ne restera pas les bras croisés", et en annonçant une "Opération Testet" (#OpTestet) pour s'opposer au barrage de Sivens sur la zone humide du Testet. S'en était suivie une série d'actions menées notamment contre le site officiel de la Région du Tarn ou celui de la FNSEA locale :






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Etait-ce une vraie maladresse ou s'agit-il d'une nouvelle itération du "marketing de l'indignation" qui inspire beaucoup les publicitaires ces derniers mois ? Soucieux de rappeler au monde que la PS Vita existe à la veille des fêtes de Noël, Sony a mis en ligne sur YouTube une publicité très suggestive qui se veut provocante et sexiste, faisant le parallèle entre la masturbation des hommes et le fait de jouer seul ou à plusieurs avec une console de jeux vidéo portable.

La publicité intitulée "The Playstation Doctor" met en scène une doctoresse à la posture lascive, qui veut déculpabiliser le spectateur de ses jouissances solitaires avant de lui proposer de jouer ensemble. Repérée avant le week-end, la publicité a finalement été supprimée par Sony, qui a décidé de rendre la vidéo "privée" sur sa chaîne YouTube, comme si l'éditeur japonais ne l'assumait plus.

Elle est toutefois restée suffisamment longtemps en ligne pour être reproduite, sans que ces reproductions fassent a priori l'objet de demandes de retrait. Opération marketing, disions-nous ?




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