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Les Pays-Bas pourraient assouplir leur droit d'auteur par un fair use
Sujet ouvert par
Mindo
- Dernière réponse le 18 février 2012 à 23h01
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![]() Franchement... C'est lamentable,j'utilise le Fair use et en étant en France en plus...
Pitoyable vision primaire de l'évolution du droit d'auteur. En espérant que les institutions Européenne force la marche à la France vers ce principe. Belle démonstration de confusionisme de la part de Numerama. C'est à se demander si le rédacteur sait de quoi il parle ou s'il a un tant soit peu travaillé son sujet. En effet, le Fair Use est une exception au copyright et n'a pas grand chose à voir avec l'auteur puisque le copyright est le plus souvent la propriété de l'éditeur ou du producteur, l'auteur n'ayant quasiment plus son mot à dire puisqu'il leur a cédé ses droits.
Je ne connais pas la loi néerlandaise mais en France le Code de la Propriété Intellectuelle autorise expressément les reproductions, des modifications ou des détournements dans un cadre éducatif, scientifique, parodique ou encore journalistique au point qu'il est illégal de s'y opposer. Écrire que la France est contre c'est faire preuve d'ignorance, pourtant il suffit d'aller lire la loi : article L122-5 . L'Irlande et le Royaume uni, sont deux pays qui sont sous régime de Copyright et non de Droit d'Auteur comme le reste de l'Europe et la majorité des pays du monde. Pour être honnête il faudrait aussi signaler que le Fair Use est fort profitable à l'industrie qui jusqu'à un certain point peut engendrer des profits avec les oeuvres d'autrui sans autorisation préalable tandis qu'il peut être fatal au citoyen qui s'il n'a pas de bon avocat, c'est à dire beaucoup d'argent, pour le défendre en cas de problème et de poursuites, se voit automatiquement poursuivi en dommages et intérêts à la hauteur du préjudice causé aux titulaires du copyright, article 4 du Faire Use : 'Not a particular use is fair: The effect of the use upon the potential market for, or value of, the copyrighted work'. Vous partagez un titre et vous causez des millions de dollars de manque à gagner pour les majors. C'est faux ? C'est abusif ? Et bien prouvez-le, défendez-vous. N'oublions pas que des internautes US se sont vu infliger plusieurs millions de dollars de dommages et intérêts de pénalité. Ce qui n'est jamais le cas en droit d'auteur car on atteint jamais de telles sommes et avant d'en arriver aux civil et au préjudice il faut prouver qu'il y a eu violation de la loi. Mais on comprend bien que cela plaise beaucoup à Google et que le Fair Use contribue à la prospérité de ceux qui ont déjà beaucoup d'argent en caisse. Donc difficile de parler de Fair Use pour l'initiative néerlandaise pour des dispositions qui font déjà partie de notre code de la propriété intellectuelle. [message édité par M4khno le 17/02/2012 à 17:18
]
IMPORTANT DERNIERE MINUTE: LA POLOGNE NE VEUT PLUS D'ACTA
La lettre de Donald Tusk aux deputés européennes avec une propostion de rejet d'ACTA!: La Pologne ne veut plus d'ACTA - Le Premier Ministre polonais : Notre position était mal réfléchie - concernant ACTA. J'ai envoyé aujourd'hui une lettre à tous les chefs de partis qui coopèrent avec la plate-forme avec une proposition de rejet d'ACTA en forme, qui a été négocié par la Commission européenne - a déclaré M. Tusk. et ENFIN les medias en France commencent timidement en parler - "incroyable" http://www.france24....des_internautes [message édité par adamsilentwolf le 17/02/2012 à 17:02
]
![]() M4khno, le 17/02/2012 - 16:58 Nulle ignorance, l'article 122-5 du Code de la Propriété Intellectuelle a été cité dans un précédent sujet relativement similaire : http://www.numerama....es-auteurs.html . Il n'a pas été évoqué spécifiquement dans ce sujet, car il est essentiellement question des Pays-Bas, et non de la France, qui est cité en contrepoint. L'emploi du terme "contre" dans l'intertitre vise surtout à mettre en exergue le décalage qui existe entre certains pays européens et d'autres sur un sujet où les clivages ne cessent de s'élargir. À l'heure où il est question d'unifier toujours plus le continent sur moult aspects, ces différences et ces chemins différents méritent d'être soulignés. [message édité par Mindo le 17/02/2012 à 17:49
]
![]() N'oubliez jamais que le Français pense être le nombril du monde.
Sa langue est la plus belle au monde ! Ses poètes sont les plus grands au monde ! Ses écrivains n'ont aucun concurrent au monde ! Ses cinéastes sont les meilleurs au monde ! Ses sculpteurs sont les plus géniaux au monde ! Ses peintres sont inégalés au monde ! Je continue ? Dans cette optique (et avec sa Seigneurie Sarko 1er au pouvoir) comment imaginer qu'il puisse penser que les droits de ses auteurs ne soient pas ce qui se fait de mieux ? ![]() @M4khno : Autant je suis d'accord sur le fait que Numérama ait manifestement confondu diverses choses (la France serait "contre" un "fair use" qui permettrait "par exemple de procéder à des reproductions, des modifications ou des détournements dans un cadre éducatif, scientifique, parodique ou encore journalistique" (heu wtf? C'est exactement tout ce que permet déjà la loi française, la France va pas être contre ses propres règles).
Autant je trouve que toi aussi tu finis par t'embrouiller : les sommes de dommages & intérêts n'ont pas grand chose à voir avec la question du Droit d'auteur vs. Copyright. C'est une question plus globale d'approche de la question des "dommages et intérêts" : le monde anglo-saxon a toujours indemnisé BEAUCOUP plus fortement le "pretium doloris" et cela se constate dans toutes les affaires: regarde les dommages et intérêts octroyés couramment en France pour des affaires d'agression physique, de viol ou de meurtre, par rapport aux d&i octroyés aux US pour les mêmes affaires, tu vas voir que la différence est de plusieurs ordres de grandeur. Idem sur la contrefaçon : Dans l'ensemble, si tu partages un titre au delà d'un cercle très restreint, dans les deux régimes, tu commet une contrefaçon qui est un délit pénal et aussi un acte susceptible d'octroyer des dommages et intérêts au civil aux ayant-droits (sachant que même si on dit "droit d'auteur", en pratique les droits patrimoniaux sont cédés aux éditeurs/producteurs et c'est eux les ayant-droits, comme en régime copyright). Les différences que l'on constatera sur le plan judiciaire entre l'Europe et les US sont bien plus liés aux différences de culture pénale qu'aux différences entre le régime de propriété intellectuelle. en tout cas, si ils fondent un nouveau droit, il feraient bien de faire attention à ce qui se passe en pratique : le fair use aux US est quasiment inutilisé dans la création, si ce n'est en dernière limite, car le défendre est en fait hors de prix.
En effet, les sociétés possédant les droits attaquent d'abords (ou menacent d'attaquer) et exercent donc une pression economique impossible pour tout créateur "normal" qui fait que quasiment aucune création ne peut se faire en étant produite sur la base d'un "fair use" même partiel (les producteurs refusent le projet par peur du procès) Laurence Lessig en parle bien dans ses différents ouvrages. De ce fait, en FRance (et autres pays de droits d'auteurs) le "fair use" est mieux respecté, protégé par les articles cités par Makhno ... ![]() C'est marrant, mais "fair use" à l'américaine, je ne vois pas d'exemple.
Si ils voulait réfléchir, ils passeraient les droits d'auteur à 20 ans comme les brevets, et les droits voisins à 10 ans et je crois que tout le monde seraient satisfait (à part les majors, mais on s'en fout, il n'y en a qu'une dizaine dans le monde). ![]()
Oui, c'est çàààààà le problème ! Le droit d'auteur a été créé pour protéger l'auteur contre l'éditeur et/ou le producteur, mais en forçant l'auteur à céder ses droits ils ont détourné et perverti le système. Dans les faits le droit d'auteur sert en quelque sorte à "protéger" les multinationales contre leurs clients (sic!). C'est comme utiliser un bazooka pour tuer une mouche, seulement des mouches il y en a beaucoup. C'est sûr que quand on en touche une elle est pas belle à voir, mais bon ;-) D'un coté il y a des auteurs qui se font vampiriser par des grosses boites (car adossé à des moyens financiers conséquents, le copyright est une arme redoutable), et de l'autre c'est une arme peu maniable contre des millions de contrevenants. Cas simple (et vécu): Je fais une jolie photo, je met mon copyright dessus. Une grosse PME me la pirate. Je les emmène au tribunal. Je perd en première instance, la partie adverse me colle 5000 Euros de dommages et intérêts (!) et il faut sortir 6000 Euros pour aller en appel ? Je fais quoi ? Bah je laisse tomber. Donc apparemment droit d'auteur sous sa forme actuelle ne remplit aucune de ses fonctions. [message édité par anomail2 le 18/02/2012 à 23:09
]
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Depuis le Statute of Anne de 1709, la durée du monopole accordée par la loi à l'artiste a été continuellement rallongée, passant de 14 ans après la création de l'œuvre à 70 après la mort de l'auteur. Ce droit d'auteur exclusif, qui devait être à l'origine un monopole temporaire, s'est ainsi considérablement renforcé au fil du temps, devant la norme au détriment du domaine public, vu comme une anormalité.
Face à ce verrouillage, quelques gouvernements se disent prêts à assouplir les règles du jeu. S'il n'est pas évidemment pas question de tout remettre en cause, quelques États souhaitent se rapprocher de la position anglo-saxonne sur le droit d'auteur, en intégrant une dose de fair use (usage équitable). Celui-ci offrirait un contrepoids au droit d'auteur, en autorisant l'exploitation d'une œuvre selon certaines circonstances.
Le fair use pour avoir le droit au remix
C'est le cas des Pays-Bas. Le secrétaire d'Etat Fred Teeven, en charge notamment des droits d'auteur, a ainsi expliqué être en train d'explorer "un système d'exceptions au droit d'auteur plus souple qui pourrait fonctionner dans un contexte européen". L'idée étant d'ouvrir le système actuel pour permettre l'usage d'œuvres actuellement protégées dès lors que celui-ci est raisonnable, proportionné et dans l'intérêt du public.
En l'espèce, il serait surtout question ici du droit au remix, d'après Bernt Hugenholtz professeur de droit à l'université d'Amsterdam. "Nous aimons tous YouTube. De nombreuses vidéos que nous dénichons sont des remixes créatifs de contenus protégés en vertu du droit d'auteur. [...] Si vous appliquions aujourd'hui strictement la loi, nous ne serions pas autorisés à faire ces remixes".
"La liberté est une bonne chose. Nous sommes tous d'accord pour dire que c'est bon pour la créativité, personne n'est affecté [...]. Les ayants droit ne sont pas affectés, donc cela a beaucoup de sens de l'autoriser. Mais en Europe, là où nous n'avons pas de normes ouvertes comme la doctrine du fair use aux USA, nous ne pouvons pas faire ces choses sans enfreindre la loi".
Le fair use ne vise pas à abattre les acquis du droit d'auteur, mais à les modérer. Cette approche permettrait par exemple de procéder à des reproductions, des modifications ou des détournements dans un cadre éducatif, scientifique, parodique ou encore journalistique. Les possibilités sont nombreuses. Un tel assouplissement serait bénéfique pour l'innovation et, par conséquent, pour l'économie même d'une nation.
L'Irlande et le Royaume-Uni pour, la France contre
Dans cette affaire, les Pays-Bas ne sont pas seuls. Deux autres pays au moins au sein de l'espace européen partagent cette opinion ou, en tout cas, sont prêts à en discuter. Il s'agit du Royaume-Uni et de l'Irlande. Dans le premier cas, c'est le premier ministre lui-même qui a évoqué une telle idée dans un discours pour une adaptation du droit d'auteur. Dans le second, un ministre a lancé un groupe de travail sur ce sujet.
En ce qui concerne la France, un tel sujet ne sera certainement pas abordé sous la présidence actuelle. En effet, le ministre de la culture et de la communication, Frédéric Mitterrand, a rejeté l'été dernier tout débat de fond sur le droit d'auteur, estimant que sa version actuelle est tout à fait adaptée à la sphère numérique. "Sa pertinence demeure intacte".
Or, il faut se souvenir que Google lui-même avait plaidé pour un fair use à l'américaine en France, dans l'intérêt du pays, estimant que l'innovation était cadenassée par un droit d'auteur trop restrictif. Lors de sa venue à Paris, le cofondateur du groupe, Larry Page, avait voulu faire passer un message au gouvernement sur le droit d'auteur. "Si nous devions réécrire la loi, nous le ferions autrement" avait-il précisé.
Soulignons à ce sujet qu'un rapport publié par la CCIA, qui défend certes les intérêts de Google et Microsoft, avait estimé que le régime du fair use avait contribué à hauteur de 23 %, directement et indirectement, à la croissance des Etats-Unis entre 2002 et 2007. Ce qui est proprement considérable. À l'heure où les nations européennes cherchent à dégager des leviers de croissance, cette piste devrait être explorée.
À l'échelle du continent, il faut également souligner le discours remarqué de Neelie Kroes, commissaire en charge de la politique numérique de l'Union européenne. Elle a en effet invité, fin 2010, à revoir le système actuel du droit d'auteur qu'elle a décrit comme étant "inadapté". Reste à savoir si en cas de révision du dispositif, le fair use ne sera pas oublié.
( photo : Fair Use Logo - Óà°inn )
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