Dans un rapport, Tencent considère que l'intelligence artificielle nécessite l'expertise de millions d'ingénieurs. Soit un nombre bien plus important que les 300 000 spécialistes comptabilisés à l'heure actuelle par l'entreprise chinoise.

Les ingénieurs sont-ils suffisamment nombreux pour soutenir les ambitions des sociétés dans le domaine de l’intelligence artificielle ? Non, si l’on en croit Tencent. L’entreprise chinoise basée à Shenzhen s’est penchée sur la question et estime que le marché de l’emploi a besoin de davantage de spécialistes de l’IA que les effectifs recensés actuellement.

La compagnie asiatique estime que les «  chercheurs et praticiens » spécialisés dans ce champ de recherche sont à peu près 300 000 dans le monde. Or, le géant chinois — dont les revenus continuent de croître, dopés par les jeux mobiles — considère que les besoins ne sont pas du tout couverts : nous aurions besoin que des « millions » d’individus fassent de l’intelligence artificielle leur thème de prédilection.

Les salaires s’envolent

Bien que cette évaluation puisse sembler exagérée, elle s’inscrit malgré tout dans une tendance générale : les entreprises technologiques évoquent régulièrement la difficulté qu’ils ont à embaucher des spécialistes de ce secteur. La conséquence de cette pénurie de main d’œuvre est évidente : les salaires s’envolent, jusqu’à atteindre parfois des millions de dollars en incluant les bonus de toutes sortes.

D’ailleurs, sur les 300 000 ingénieurs recensés dans son rapport, l’entreprise estime que seuls 200 000 sont effectivement employés ; les autres en sont encore à l’étape des études et ne sont pas pleinement disponibles pour le marché professionnel — il arrive aussi que certains aient la double casquette, à l’instar de ces chercheuses qui veulent éradiquer les biais dans les traitements effectués par les IA.

Un arbre de recherche.

Plusieurs observateurs de l’industrie estiment que l’IA ne peut pas s’imposer si elle n’est pas adoptée par suffisamment d’entreprises. Pour Tencent, la démocratisation de cette technologie doit passer par une étape incontournable, celle de l’éducation.

Par ailleurs, le rapport de Tencent spécule également sur la concurrence qui devrait être exacerbée au niveau international à mesure que l’intelligence artificielle va prendre de plus en plus d’ampleur.

L’entreprise considère que les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et la Chine seront des acteurs-clés de cette compétition. L’oncle Sam est déjà loin devant ses concurrents, note Tencent, car le pays bénéficie d’une certaine avance et a la chance d’abriter davantage d’universités et de startups spécialisées que ses homologues.

Les observations de Tencent sur la situation du marché de l’emploi concernant l’IA mais aussi le fait que l’entreprise chinoise ne liste pas la France comme l’un des pays pouvant prétendre à une place de leader dans ce marché inspireront peut-être les travaux de Cédric Villani ; en effet, le député est en train de conduire une mission sur l’intelligence artificielle pour le compte du gouvernement.

« L’IA, c’est l’une des transformations les plus majeures, les plus radicales de ces dix prochaines années », observait Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au Numérique. « Les États qui arriveront à maîtriser ces technologies auront un avantage pour le siècle à venir », ajoutait-il. Il faut donc que la France soit au rendez-vous, surtout que « la recherche française est très active sur ce sujet », selon Cédric Villani.

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