Le géant du net chinois Baidu a conclu un partenariat avec un constructeur automobile local pour préparer la production de masse de ses voitures autonomes.

Les prochaines années seront décisives pour Baidu. D’ici quatre ans, le géant du web chinois entend lancer la production de masse des premières voitures suffisamment bardées de technologies pour être qualifiées de presque autonomes. Et dans cette aventure, le « Google chinois » ne sera pas seul : Baic (Beijing Automotive Group) sera à ses côtés, les deux sociétés ayant noué un partenariat.

C’est une chance pour Baidu, car l’entreprise n’a aucune expérience industrielle dans ce domaine, contrairement à Baic. C’est ce dernier qui va se charger de fabriquer la plateforme — la voiture — dans laquelle seront insérées les technologies mises au point par Baidu (conduite autonome, reconnaissance d’image, sécurité informatique, système d’exploitation avec assistant virtuel…).

Dans le cadre du partenariat entre Baidu et Baic, qui s’inscrit dans le projet plus large « Apollo » visant à contribuer à l’essor de la voiture autonome à travers une logique open source, un calendrier prévisionnel a été communiqué par les deux groupes, afin de fixer les grandes dates à venir. Il est ainsi question de lancer des automobiles autonomes de niveau 3 en 2019 puis de niveau 4 en 2021.

Un test conduit par Baidu.

Niveaux d’autonomie

Pour comprendre cette histoire de niveau, il faut se tourner vers SAE International, un organisme qui réunit des scientifiques, des ingénieurs et des professionnels de la motorisation. Celui-ci propose une grille pour comprendre l’autonomie d’un véhicule, qui fait aujourd’hui référence. Elle commence au niveau zéro (aucune autonomie) et s’achève au niveau cinq (autonomie totale).

Au niveau trois, on parle d’autonomie conditionnelle, avec des véhicules qui sont capables de voir leur environnement de conduite et d’agir en conséquence mais dans lesquels les le conducteurs doivent être capables de reprendre le contrôle du véhicule à tout moment. Au niveau quatre, on est sur de l’autonomie élevée. Le conducteur est mis à l’écart dans un certain nombre de situations, sauf en cas de pépin.

La « Baidu car ».

Mais contrairement à ce que laissent entendre Baidu et Baic, la voiture que les deux groupes proposeront en 2021 ne sera pas totalement autonome mais si elle sera déjà en mesure de se débrouiller assez largement toute seule. En effet, il leur manquera un échelon pour pouvoir dire que leur véhicule n’a plus du tout besoin d’un conducteur. Il faudra sans doute encore attendre quelques années pour le niveau cinq.

L’intérêt de Baidu pour les voitures autonomes remonte à 2015, quand le groupe s’est mis à en parler publiquement. Rapidement, des tests ont été organisés en Chine, notamment en équipant des modèles vendus par BMW. La société est ensuite passée sur un modèle de véhicule construit en Chine, la CherryQ, qui a le look d’une petite citadine, et imaginée des débouchés touristiques pour son projet.

À lire sur Numerama : Voiture autonome  : Où en sont les constructeurs  ? (Google, Tesla, Volvo, Renault…)

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