Uber a tout intérêt à ne pas voir Waymo (Google) remporter son procès pour vol de technologie : il pourrait y perdre 2,6 millards de dollars, selon le dédommagement réclamé par le plaignant. Le service de VTC dénonce des « sommes astronomiques » calculées grâce à des méthodes non pertinentes.

On savait le conflit juridique entre Waymo, la filiale de Google dédiée à la voiture autonome, et Uber, le service de VTC, déterminant pour l’avenir de cette technologie de transport sur laquelle misent de nombreuses entreprises.

Mais on ignorait encore les enjeux financiers en cours : Waymo réclame 2,6 milliards de dollars (près de 2,2 milliards d’euros) à Uber en compensation du vol de technologie dont elle l’accuse. La somme, colossale, a été révélée par Bill Carmody, l’avocat d’Uber, lors d’une audience devant un tribunal de San Francisco mercredi 20 septembre.

Une demande évidemment contestée par Uber, qui dénonce des dommages « exagérés », « reposant intégralement sur de futurs revenus spéculatifs et des économies de budget dans un marché naissant  » tout en fustigeant les techniques comptables de Waymo : « Ces sommes astronomiques sont calculées à l’aide d’une méthode non fiable, qui introduit des variables ni dérivées ni testées, en formulant des suppositions qu’aucun expert digne de ce nom ne proposerait. »

Waymo, 2016

Le début du procès attendu en octobre

Waymo accuse Uber, dans une procédure entamée en février, de vol de technologie sur son Lidar — qui se base sur la lumière pour repérer les obstacles. Le service de VTC aurait mis la main sur ce précieux savoir-faire grâce aux 14 000 fichiers dérobés sur les serveurs de Waymo par Anthony Levandowski, un ex-ingénieur de Google et « père » de la voiture autonome.

Après sa démission de Waymo, début 2016, Levandowski a fondé sa startup dédiée aux camions autonomes, Otto, rachetée quelques mois plus tard par Uber, dans le seul but de récupérer ces données, à en croire les accusations de Waymo — contestées par son rival.

Anthony Levandowski a depuis été remercié par Uber pour son manque de collaboration avec la justice. Le procès entre les deux entreprises devrait commencer le 10 octobre, maintenant que la justice a refusé l’arbitrage privé réclamé par Uber.

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