Avec son « 1-click », Amazon a rendu l'expérience d'achat sur Internet diaboliquement facile. Brevetée aux États-Unis par le géant depuis 1997, cette méthode de paiement direct est aujourd'hui publique. Le consommateur doit se préparer à devenir vigilant face aux techniques parfois peu loyale des vendeurs qui l'utiliseront.

La bataille juridique pour le brevet 1-click menée par Jeff Bezos en 1997 restera probablement comme un élément déterminant du succès de ce qui n’était alors qu’un libraire.

De nombreux observateurs continuent de croire, aujourd’hui, que ce litige, finalement gagné par Amazon, marquait le début du monopole du géant. Le brevet, devenu depuis un des plus attaqué et polémique dans le monde du e-commerce, est sur le point d’expirer : l’achat en un clic va se généraliser.

Pour quelques cliques de plus

En 1997, lorsque Bezos gagne son brevet, il obtient le pouvoir d’imposer au web sa loi : à plusieurs reprises, le dirigeant attaque des concurrents s’essayant à un bouton acheter automatisé.

Dès 1999, son principal concurrent de l’époque, le libraire Barnes & Noble est attaqué par la firme de Seattle qui fait retirer la possibilité d’un achat rapide au site de la chaîne de magasins. Ce n’est alors que le premier procès concernant ce brevet : Amazon répliquera dès qu’un vendeur s’y essaiera.

Jeff Bezos
CC Steve Jurvetson

Ce brevet tient au patent troll et selon Ken Willbur, économiste, il n’aurait jamais dû être accepté considérant sa pauvreté technique et son évidence. Mais en 1997, le e-commerce semblait encore abstrait et l’idée d’un achat sans passage par un panier semblait une idée singulière. Bien vite, le brevet va dessiner les perdants et les gagnants de la révolution des années 2000.

Apple ira jusqu’à payer Amazon pour utiliser le brevet sur l’iTunes Store, avec le succès que l’on connaît. Steve Jobs et Bezos corédigent alors un communiqué pour annoncer cet accord qui reste dans les annales de l’informatique moderne : « Le brevet 1-click d’Amazon nous permettra d’offrir à nos clients une expérience d’achat plus rapide et plus simple  », écrivait laconiquement Jobs, quand Bezos se fendait d’un : « Apple a une longue relation avec l’innovation, nous sommes heureux de travailler ensemble.  »

L’influence du brevet sur le succès d’Amazon doit néanmoins être nuancée : les détracteurs de Bezos ont longtemps entretenu la légende d’un marché verrouillé par un brevet sur un bouton, alors que l’entreprise de Seattle allait changer le e-commerce grâce à une automatisation massive, des prix agressifs et une logistique sans commune mesure avec la concurrence.

Mais désormais, soyez prudent avec vos clics : vous forcer à acheter des articles non souhaités à cause d’un clic trop rapide ne sera plus le seul fait du géant américain.

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