La bolloré-isation de Dailymotion n'offre pas de résultats probants : la plateforme française a vu son chiffre d'affaires baisser de 41 % au premier trimestre de 2017.

Racheté il y a deux ans par Vivendi grâce au coup de menton de l’État français contre les acheteurs étrangers, Dailymotion n’est toutefois pas tiré d’affaire. Après avoir connu une croissance ininterrompue depuis 2015, la plateforme concurrente de YouTube ne cesse de décevoir. Au premier trimestre de l’année 2017, les Français ont vu leur chiffre d’affaires baisser de 41 % pour atteindre un faible 22 millions d’euros.

Baisse de l’audience, les pertes s’envolent

Un affaiblissement qui se répercute violemment sur les pertes enregistrées par le site qui devraient atteindre un niveau inédit, passant la barre des 60 millions d’euros. Une mauvaise surprise pour Vivendi qui avait pourtant largement dégraissé la boîte française, sans résultat.

Le problème de Dailymotion vient notamment de ses contenus, également en chute libre par faute de créateurs et de partenariats commerciaux, là où YouTube ne cesse d’accélérer, en France et en Europe. Résultat : selon le compteur de Comscore, en juillet, la plateforme n’accueillait que 80 millions de visiteurs uniques — en 2015, Dailymotion en enregistrait plus de 148 millions.

Vivendi assure que cette baisse viendrait de sa politique de nettoyage des contenus illégaux et du rejet du trafic des bots. Cette explication ne fait pas l’unanimité : en juillet, lorsque le site faisait peau neuve, Le Monde notait que malgré les propos de Maxime Saada (PDG), le nettoyage du site avait été fait avant les mauvais résultats.

La réalité derrière Dailymotion semble finalement assez proche de la politique imposée à Canal Plus : une baisse brutale de l’investissement dans les contenus dans un environnement ultra-concurrentiel. Là où Canal est frappé par la SVoD des géants de la tech aux investissements faramineux, Dailymotion est également mis sur la touche face à des Google, Facebook et Snap., signant des contrats à tour de bras avec les médias, les networks, les labels et les vidéastes. En outre, BFM Business note que les synergies avec les autres acteurs de Vivendi sont faibles : Universal Music ne favoriserait pas encore, notamment aux Etats-Unis, Dailymotion face à YouTube.

départ de 70 % des effectifs

Pour fin décembre de cette année, Vivendi promettait une équipe renforcée de 400 personnes. Ils ne seraient aujourd’hui que 280 après le départ de 70 % des effectifs, toujours selon le Monde. Racheté à Orange 256 millions d’euros, Dailymotion en vaut naturellement beaucoup moins aujourd’hui. Ironie : Orange a forcé Vivendi à lui racheter, en juillet dernier, les 10 % de parts de marché que le telco français détenait encore, au prix de la valorisation au rachat.

Les méthodes Bolloré ne fonctionnent décidément pas à l’heure des géants du web et d’une explosion de l’offre médiatique.

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