Disney n'est pas le seul géant du divertissement à vouloir quitter Netflix. 20th Century Fox prévoit aussi de retirer ses oeuvres du catalogue du service de SVOD. Il envisage même de lancer sa propre plateforme.

Et si 20th Century Fox lançait à son tour un service de streaming sur abonnement ? Alors que Disney a annoncé mardi 8 août, à lors de la présentation de ses bénéfices, son désir de lancer sa propre plateforme SVOD et de sortir ses œuvres du catalogue de Netflix, la maison-mère de la société de production cinématographique, 21st Century Fox, paraît vouloir aller dans la même direction.

« Nous restons très ouverts pour ce qui est de proposer une offre indépendante payante et directe aux consommateurs », a expliqué James Murdoch, le directeur général adjoint, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes. Il a ajouté que la Fox allait faire retirer ses longs-métrages et ses autres contenus audiovisuels de Netflix, sans préciser le calendrier de cette décision.

Nous restons très ouverts pour ce qui est de proposer une offre indépendante payante et directe aux consommateurs

Le retrait de la Fox sera un coup dur pour Netflix. Le studio de cinéma contrôle une vaste filmographie (Alien, Avatar, Die Hard, L’âge de glace, La Nuit au musée, La Planète des singes, Les Simpson, Maman j’ai raté l’avion, Predator, X-Files, X-Men…), parfois récompensée de l’oscar du meilleur film : Braveheart, Birdman, Slumdog ou encore Titanic.

Mais si 21st Century Fox se dit très ouvert à l’idée de se lancer dans la SVOD de son côté, le géant des médias aura fort à faire pour se faire une place : l’offre en matière de streaming est déjà luxuriante, en particulier aux États-Unis, avec de nombreuses chaînes de TV (à commencer par HBO et CBS) qui ont développé leur propre offre, sans parler des manœuvres des géants du net, comme Amazon.

Y a-t-il encore de la place ?

Même pour un groupe comme Disney, qui possède les licences films de Disney, Marvel, Pixar et Lucasfilm, ainsi qu’une énorme puissance de feu marketing, la partie est loin d’être gagnée : son projet de plateforme de SVOD ne devrait pas voir le jour avant 2019. Cela laisse jusqu’à deux ans aux acteurs actuels du marché pour se consolider et travailler sur un plan pour retenir leurs abonnés.

Le public peut-il suivre la multiplication des plateformes  ? Cela reste à voir : il n’est pas sûr que l’internaute ait envie de multiplier les forfaits à 5 ou 10 euros par mois pour accéder à des catalogues éparpillés. Surtout s’il doit en parallèle gérer d’autres abonnements en ligne, que ce soit pour la musique, les jeux vidéo ou la presse. Les plus gros déjà en place comme Netflix devraient survivre ; mais les autres ?

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Des internautes pourraient de nouveau hisser le pavillon du piratage.
CC Kevin Boyd

Le risque pour ces ayants droit est de finir par inciter une partie des internautes à refaire un tour dans le « maquis numérique » : en clair, pirater les œuvres qui ne se trouvent pas sur les plateformes auxquelles ils sont abonnés, parce qu’ils n’ont pas prévu d’avoir un budget mensuel de 100 euros pour la SVOD (il suffit de voir, aux USA, le phénomène de désabonnement au câble car il coûte trop cher) .

Et si des sites comme Zone Téléchargement ou T411 ont disparu, une offre illicite existe toujours, que ce soit en téléchargement direct, en streaming ou via un protocole P2P.

Il reste désormais à voir si la Fox lancera effectivement sa propre plateforme de SVOD et quelle sera sa stratégie dans le streaming. Pour l’instant, la maison-mère du studio n’a pas dit un mot sur ce qu’il compte faire, hormis la décision d’évacuer prochainement son catalogue de Netflix.

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