Accusé de manigancer en coulisses pour revenir à la tête d'Uber, Travis Kalanick a fini par susciter l'ire d'un fonds de capital-risque détenant 13 % de la société de VTC. Une procédure judiciaire à l'encontre de l'ex-PDG a été lancée.

La crise s’aggrave chez Uber. Accusé de manigancer son retour à la tête de société de VTC, Travis Kalanick, qui a été poussé à la démission de son poste de PDG en juin par les actionnaires pour son incapacité à sortir l’entreprise de l’interminable polémique qu’elle traverse, vient de provoquer la colère du fonds de capital-risque Benchmark Capital : celui-ci a en effet lancé une procédure judiciaire contre lui.

Benchmark Capital accuse l’ex-patron d’agir activement en coulisses pour essayer de revenir aux affaires « au détriment des actionnaires, des employés, des chauffeurs et des clients », lit-on dans la plainte. Travis Kalanick est suspecté de vouloir imiter Steve Jobs, c’est-à-dire reprendre le pouvoir dans le groupe qu’il a cofondé après en avoir été évincé.

L’enjeu des sièges au conseil

Avec son action, Benchmark cherche à obtenir l’annulation d’une décision datant de juin 2016 qui permet à l’ex-PDG de désigner trois des onze personnes siégeant au conseil d’administration (l’un de ces sièges est occupé par Travis Kalanick). Le fonds de capital-risque cherche ainsi à écarter une bonne fois pour toute l’ex-PDG et éviter que lui et des « proches » ne noyautent le conseil.

Outre la suppression de ces trois sièges, Benchmark Capital, qui détient près de 13 % d’Uber, contre 10 % pour l’ancien patron, veut aussi obtenir du tribunal une injonction préliminaire contre l’implication actuelle de Travis Kalanick dans les affaires du conseil d’administration d’Uber qui, si elle était accordée, l’éliminerait du processus de recherche du prochain PDG.

Uber

Le fonds explique qu’il n’aurait jamais accepté de confier à Travis Kalanick le soin de nommer trois membres du conseil d’administration s’il avait eu vent à l’époque « de sa mauvaise gestion et des autres manquements à Uber », incluant la discrimination et le  harcèlement sexuel et le fait que plusieurs informations sensibles n’ont pas été portées à l’attention du conseil, comme Otto/Waymo et Hell.

Pour Uber, l’action entreprise par Benchmark Capital, si elle a de solides arguments à faire valoir, n’est pas de nature à apaiser les esprits et à faciliter la sortie de crise que connaît l’entreprise depuis plusieurs mois. Parmi les dossiers figurent notamment le choix d’un nouveau PDG afin qu’il puisse donner une nouvelle impulsion à la compagnie et faire un certain nombre d’arbitrages.

En attendant, depuis le départ de Travis Kalanick, Uber a mis en place un comité de quatorze personnes pour expédier les affaires courantes et prendre collégialement les décisions les plus importantes pour l’entreprise.

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