Free Mobile lance ce mardi 4 juillet un forfait à 9,99 euros par mois pour La Réunion. Le forfait est deux fois moins cher qu'en métropole.

Free Mobile frappe fort, encore une fois. Plus de cinq ans après avoir bouleversé le marché de la téléphonie mobile dans l’Hexagone en lançant un forfait téléphonique à 19,99 euros par mois sans engagement, le « trublion » des télécoms a décidé cette fois de s’attaquer à la situation dans l’outre-mer. Et c’est à travers La Réunion que le groupe lance la charge, en annonçant un forfait à 9,99 euros par mois.

Que trouve-t-on dans ce forfait ? D’abord, il est proposé sans engagement : la clientèle réunionnaise peut partir quand elle le souhaite si l’offre ne lui convient pas.

Ensuite, elle a droit aux appels, aux SMS et aux MMS illimités, ainsi qu’à 25 Go par mois de données mobiles en 4G+. Ces conditions s’appliquent aussi aux communications depuis l’Europe, la France métropolitaine et les départements d’outre-mer (pour la 4G+, tout dépend de la couverture). Le forfait est disponible dès ce mardi 4 juillet.

Le détail du forfait à 9,99 euros.

L’annonce faite ce mardi 4 juillet par Xavier Niel en personne, qui s’est déplacé à La Réunion pour l’occasion, n’est en réalité pas vraiment une surprise. Cela fait un petit moment que l’on sait que l’opérateur téléphonique avait l’intention de s’attaquer aux discriminations tarifaires en vigueur sur l’île, qui contribuent à la fracture numérique entre les métropolitains et les réunionnais.

« Le groupe Iliad va assurer la continuité territoriale en proposant sur [les territoires d’outre-mer] des offres simples, généreuses, innovantes et à des prix attractifs, au bénéfice des consommateurs, comme le fait Free Mobile en métropole. Le groupe mettra ainsi un terme aux discriminations tarifaires qui existent aujourd’hui entre les Outre-Mer et la métropole et que rien ne justifie », écrivait la société en octobre.

Préparer l’arrivée de la 4G

Mais pourquoi avoir tardé autant entre le communiqué d’octobre et l’annonce de juillet ?

La réponse est notamment à chercher dans des considérations réglementaires et l’envie de frapper les esprits. Et en la matière, impossible désormais de marquer le coup sans la 4G. Or, ce n’est qu’à la fin novembre que l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a publié les autorisations pour le lancement de la 4G dans la France d’outre-mer.

Depuis, l’opérateur s’est attaché à développer son réseau sur l’île dans le cadre de sa participation dans Telco OI (qui appartient en partie à Free). Selon les dernières statistiques fournies par les opérateurs à l’agence nationale des fréquences, qui date du 1er juin, le groupe a aujourd’hui plusieurs dizaines d’antennes-relais autorisées dans les bandes 800 et 1800 MHz. Il ne restait plus qu’à les activer.

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« Vous allez voir, tout le marché va suivre, ça va être un bonheur, tout le monde ici en profitera », s’est félicité Xavier Niel. Selon l’INSEE, l’accès à la téléphonie mobile coûte cher en outre-mer. « Les ménages d’outre-mer n’ont pas bénéficié, contrairement aux ménages métropolitains, du développement des offres de forfaits low cost et de la baisse des prix qui a suivi », écrivait l’institut en avril 2016.

Les écarts de prix sont parfois importants. En 2015, les services de téléphonie étaient 20 % plus chers à La Réunion que sur le continent. Idem pour les Antilles et la Guyane, avec un écart de 60 %. L’INSEE notait d’ailleurs à l’époque que « les écarts de prix concernant les services de téléphonie mobile ont augmenté entre 2010 et 2015 ». Mais avec l’intervention de Free, cela va changer : les rentes de situation vont imploser.

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