En mars 2017, en plein scandale autour de son comportement agressif avec un chauffeur Uber, Travis Kalanick, patron de l'entreprise, annonçait avoir besoin d'un numéro deux pour l'épauler. Uber tient aujourd'hui parole en recrutant Frances Frei, une professeure d'Harvard réputée pour son expérience en management.

Il l’avait promis en mars 2017, il y a trois mois, en pleine crise de confiance avec les clients et les chauffeurs d’Uber : Travis Kalanick, le décrié patron du leader de VTC, vient de recruter une spécialiste pour l’épauler. Et pour redorer le blason d’Uber, entaché par des accusations de sexisme, il a choisi de faire appel à une professeure renommée de l’Harvard Business School, l’une des écoles de management les plus prestigieuses des États-Unis.

Frances Frei

Sur son blog, ce lundi 5 juin, l’entreprise a en effet annoncé l’arrivée de Frances Frei au poste de vice-présidente de la direction et de la stratégie. Un intitulé qui diffère de celui, attendu, de directrice de l’exploitation, mais qui en reprend tous les éléments principaux, notamment en matière de gestion de ressources humaines.

Uber précise ainsi les fonctions  de sa nouvelle recrue : « [Elle] rendra compte auprès de notre [patron], Travis Kalanick. Frances travaillera en tant que partenaire auprès de Liane Hornsey, notre directrice des ressources humaines, et plus largement avec l’équipe de direction, dans différents domaines cruciaux, dont la stratégie de l’entreprise et la planification, la transformation de la structure […], le management et la direction, l’encadrement, l’accompagnement. [Mais aussi] le soutien et le développement d’une équipe de direction d’envergure internationale ».

En charge du changement de « culture philosophique »

L’annonce parle aussi des contributions attendues de Frances Frei en matière de transformation « de la culture philosophique » de l’entreprise, particulièrement écornée après la scène de colère de Travis Kalanick face à un chauffeur ou encore avec le départ d’un cadre à cause d’accusations de sexisme.

Si Frances Frei sera jugée sur ses résultats concrets, sur le papier, son profil ne pouvait pas mieux correspondre au besoins d’Uber, comme le résume Harvard : « Son travail s’intéresse à la façon dont les leaders créent un environnement qui permet aux entreprises et aux personnes de prospérer. Elle officie en tant que conseillère personnelle auprès de dirigeants expérimentés qui souhaitent porter un changement culturel ou des transformations structurelles » Frances Frei s’est déjà familiarisée avec Uber dans cette fonction au fil des « derniers mois » en prenant contact avec les différents membres de son équipe.

Outre son expertise en la matière, elle a notamment signé le best-seller Comment gagner en mettant les clients au cœur de votre entreprise, dans lequel elle affirme que le service du client doit désormais devenir un outil de compétitivité prioritaire et pas une simple arrière-pensée.

Travis Kalanick — CC Flickr Official Lewes Photos

« Uber me semble enlisé »

Frances Frei, également réputée pour son travail en faveur d’une meilleure reconnaissance des femmes dans le monde du travail, a évoqué son recrutement auprès de Recode : « Au vu de toutes ces mauvaises circonstances, Uber me semble enlisé et donc prêt à recevoir la [formation nécessaire]. Mon objectif est de le transformer en entreprise d’envergure mondiale qui pourra, au bout du compte, être fière d’elle-même au lieu d’être honteuse. »

À ses yeux, les principales lacunes de l’entreprise tiennent à une raison simple : « Ce qui a manqué à [Travis Kalanick] c’est une équipe sur laquelle compter. Je pense que ça n’a jamais été au sommet de ses priorités. […] J’ai passé beaucoup de temps avec [Travis Kalanick] et il m’a confié vouloir de l’aide comme apprendre d’une équipe de direction. […] Il m’a dit de lui-même : « Je suis loin d’avoir toutes les réponses, j’ai besoin d’aide ». »

La nouvelle recrue aura fort à faire dès son arrivée, alors que les conclusions de l’enquête menée sur les accusations de harcèlement sexuel doivent être dévoilées aux salariées d’ici peu et que l’entreprise pourrait être soumise, en Europe, au même régime que les taxis. Actuellement, Uber fait surtout face à Waymo (Alphabet/Google) en justice, qui l’accuse de vol de technologie sur la voiture autonome.

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