Waymo, la filiale de Google dédiée aux voitures autonomes, et Lyft, l'entreprise de VTC concurrente d'Uber aux États-Unis, ont conclu une alliance. Leur objectif est clair : faciliter l'essor de la voiture autonome tout en devançant leur adversaire commun sur ce créneau crucial pour l'avenir du transport.

Dans la course aux voitures autonomes, Waymo, la filiale de Google/Alphabet, dernière arrivée sur la ligne de départ, entend bien rattraper au plus vite son retard sur Uber. L’entreprise née en décembre 2016 — qui a hérité des 8 années de recherche sur la conduite autonome du laboratoire Google X — a en effet conclu un partenariat avec Lyft, le principal concurrent de Uber aux États-Unis sur le créneau des VTC, comme le rapporte le New York Times.

Le quotidien américain, qui s’appuie sur deux sources anonymes, a pu obtenir une confirmation de Waymo et de Lyft, sous la forme d’une déclaration élogieuse au sujet de leur nouveau partenaire. Cet accord vise à faciliter l’essor de la conduite autonome à travers une série de projets pilotes et de développement de technologie, même si les implications concrètes de l’alliance restent encore floues à ce stade.

Elle doit en tout cas permettre à Lyft et à Waymo de devancer leur adversaire commun, Uber, en proie à de multiples difficultés depuis plusieurs mois. L’entreprise de Travis Kalanick, poursuivie en justice par Waymo pour vol de technologie, vient d’essuyer un revers judiciaire, le tribunal de San Francisco ayant refusé sa demande d’arbitrage, qui visait à éviter des poursuites publiques.

Une difficulté supplémentaire pour Uber

Cette alliance confirme en tout cas ce que l’on supposait au lancement de Waymo : l’entreprise n’entend pas développer ses propres véhicules mais préfère développer sa technologie en la mettant au service de ses partenaires. Elle s’est déjà engagée dans cette voie grâce à son service de transports gratuits à Phoenix, dans l’Arizona, réalisé par des camionnettes Chrysler et des Lexus, tandis qu’Honda a récemment fait part de son intérêt pour les services de Waymo.

De son côté, Lyft, qui a levé 600 millions de dollars en avril 2017 pour atteindre une valeur totale de 6,9 milliards de dollars. n’a jamais caché son intention de forger des partenariats dans le monde des transports pour épauler son réseau croissant de passagers. L’an dernier, l’entreprise a ainsi conclu un accord avec General Motors pour tester des Chevrolet Bolt autonomes. D’après le New York Times, l’idée d’un partenariat entre Lyft et Waymo a germé pendant l’été 2016 avant de prendre forme au cours des multiples visites des dirigeants des deux sociétés sur leur campus respectif au fil des mois.

Ce partenariat indique surtout la volonté d’accélération de Waymo, alors que les véhicules utilisés par l’entreprise pour tester sa technologie s’approchent du palier des 5 millions de kilomètres parcourus. Waymo pourrait prendre une longueur d’avance sur Uber selon la décision de la justice américaine dans leur litige en cours, en obtenant potentiellement une interdiction d’utilisation de cette technologie prononcée contre son rival, qui serait valable jusqu’à la fin du procès.

Travis Kalanick se serait en tout cas bien passé de cette alliance Waymo-Lyft qui vise clairement à détrôner son entreprise, déjà mise à mal par des accusations de sexisme et par un potentiel changement de législation en Europe.

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