Uber vient d'essuyer un camouflet : le juge en charge du litige qui l'oppose à Google (par le biais de sa filiale Waymo) a refusé sa demande d'arbitrage. Mountain View pourra donc poursuivre l'entreprise de Travis Kalanick en justice pour vol de technologie concernant la voiture autonome.

Dans le conflit qui oppose Google, par l’intermédiaire de sa filiale de voitures autonomes Waymo, et Uber, le premier vient de remporter une première victoire : le juge William Alsup, en charge du litige devant le tribunal de San Francisco, vient de refuser la demande d’arbitrage d’Uber.

À la place, il autorise donc Google à poursuivre l’entreprise en justice et demande au passage au procureur d’ouvrir une enquête pour faire la lumière sur cette affaire.

Waymo reproche à Uber un vol de technologie concernant ses travaux sur les voitures autonomes. Au cœur de l’affaire, on trouve Anthony Levandowski, un ancien salarié de chez Waymo qui y aurait dérobé 14 000 fichiers confidentiels avant de démissionner.

Waymo, 2016

Otto, la startup rachetée par Uber, visée par Waymo

Google entend prouver que Levandowski a sciemment mis la main sur tous ces éléments pour en tirer profit avec Uber, en permettant notamment à l’entreprise de développer son système de Lidar, un capteur essentiel à la voiture autonome. Selon Google, cette avancée aurait permis à Uber de s’économiser des années de recherche coûteuse.

Waymo veut donc démontrer qu’Otto, la startup dédiée aux camions autonomes fondée par Levandowski juste après son départ de Waymo et depuis rachetée par Uber, n’aurait été qu’une coquille vide contenant les fameux travaux technologiques. En rachetant Otto, Travis Kalanick, patron d’Uber, s’offrait ainsi les données amassées par Anthony Levandowski en même temps que ses services.

La décision du juge est un coup dur pour Uber, qui espérait régler l’affaire par arbitrage, une procédure qui se déroule en privé et lui aurait permis d’éviter de rendre toutes les étapes du litige publiques. L’entreprise de Travis Kalanick a tenté de montrer patte blanche récemment en annonçant qu’Anthony Levandowski ne travaillerait plus sur la technologie Lidar pendant la durée de l’affaire.

Le litige entre Waymo et Uber est suivi de près puisqu’il pourrait potentiellement déterminer, selon le verdict, qui, des deux entreprises, s’offrira une avance importante dans la course aux voitures autonomes. Waymo approche du palier symbolique des 5 millions de kilomètres parcourus par ses véhicules, alors que les futurs essais publics de la technologie, jusqu’ici concentrés sur la côte Ouest des États-Unis, pourraient bien se faire dans l’État de New York, qui vient d’ouvrir ses routes aux voitures autonomes.

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