Mauvais timing : Reed Hastings n'a pas pu se targuer d'avoir atteint les 100 millions d'abonnés lors de ses premiers résultats de 2017. En léger recul par rapport aux ambitions affichées, la croissance de la base d'utilisateurs de Netflix se stabilise. Toutefois, l'action reste dynamique et le géant du streaming vidéo a déjà rassuré les marchés.

L’horizon se dégage désormais pour Netflix : son modèle est installé, ses marchés ciblés et sa méthode saluée. Après une bonne année 2016, la société de Reed Hastings espérait parvenir au très significatif chiffre de 100 millions d’abonnés dès le premier trimestre de 2017. Toutefois, ce record ne sera pas atteint avant quelques jours.

En effet, les ambitions de la société étaient légèrement trop optimistes concernant sa croissance en nombre d’abonnés, Netflix prévoyait un gain de 5,20 millions d’abonnés (États-Unis et monde inclus) alors que les résultats présentés enregistrent finalement une croissance de 4,95 millions d’abonnés. Un très léger différentiel qui explique que le géant du streaming ne soit parvenu qu’à un compte final de 98,75 millions d’abonnés et non de 100 millions.

100 millions d’abonnés, et ensuite ?

Wall Street, qui a pénalisé le groupe pour ses résultats, s’est rapidement rassuré grâce à l’intervention de Reed Hastings, qui a expliqué le nouveau contexte dans lequel Netflix évolue. Il constate par exemple qu’aujourd’hui sa croissance en nombre d’abonnés n’est plus la seule variable qu’il faut suivre pour comprendre le bilan financier de sa société.

Le CEO ajoute que les 10 prochains millions d’utilisateurs seront plus difficiles à convaincre que ne l’ont été les 100 millions précédents, car sa firme fait désormais face à l’adoption, progressive, de la télévision par Internet.

Reed Hastings, CEO de Netflix

Hastings a donc souligné les progrès financiers de Netflix du côté des revenus et profits. Les premiers ont progressé de 35 % (pour atteindre 2,64 milliard en un trimestre), tandis que les seconds ont été multipliés par 6 (pour atteindre 178 millions de dollars). Néanmoins, la société a rappelé par la voix de son patron qu’elle ne comptait pas être rentable avant de longues années, un détail qui ne dérange pas spécialement la bourse.

En effet, Netflix va poursuivre ses importants investissements dans le contenu (6 milliards de dollars par an), mais également y ajouter un nouveau milliard qui sera réservé au marketing afin d’aborder sereinement l’avenir. Celui-ci est jugé sans perturbations par Hastings, qui affirme notamment que la concurrence d’Amazon ou Hulu n’aura pas d’impact majeur sur Netflix grâce à la multiplication des contenus inédits et à la complémentarité des offres. 

Adam Sandler, l’arme secrète de Netflix ?

Enfin, le dernier détail insolite de ces résultats reste curieusement Adam Sandler. L’acteur américain fait désormais partie du modèle économique de Netflix à part entière et a signé pour une série de 4 films originaux. Une exclusivité dont la société s’est vantée durant la présentation de ses résultats, en soulignant que la filmographie de Sandler a été vue pendant plus de 500 millions d’heures par les abonnés Netflix lors des trois derniers mois.

Il faut dire que l’acteur est désormais casté sur de (trop) nombreux films Netflix, de The Do Over, à The Ridiculous 6 en passant par Sandy Wexler — mais nous n’en conseillons aucun.

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