En difficulté depuis un an et demi à cause des incertitudes qui pèsent sur l'efficacité de sa méthode de test sanguin, Theranos a trouvé un accord avec les autorités fédérales américaines qui pourraient lui permettre de rouvrir ses laboratoires médicaux dans deux ans.

Au centre d’une violente tempête médiatique depuis bientôt un an et demi, la société américaine Theranos vient de bénéficier d’une petite accalmie. En effet, la compagnie en 2003 par Elizabeth Holmes est parvenue à trouver un accord avec une agence du département de la santé et des services sociaux des États-Unis, de façon à pouvoir conserver des certificats indispensables à son activité.

Ainsi, en échange de l’abandon de la procédure judiciaire en appel lancée en 2015 par Theranos pour essayer d’invalider les sanctions visant l’un de ses laboratoires, dont l’interdiction d’exercer pendant deux ans, l’agence CMS (centers for Medicare and Medicaid services) a décidé de ne pas révoquer les certificats et de réduire la pénalité financière civile à 30 000 dollars.

Pour Theranos, cet accord crucial avec les autorités fédérales américaines lève pas mal d’incertitudes sur son avenir, même si tout est loin d’être réglé. En effet, il pave la voie à une possible relance de ses laboratoires dans deux ans. En effet, l’entreprise déclare que « dans le cadre de l’accord », elle « ne possédera ni n’exploitera de laboratoire clinique lors des deux prochaines années ».

Cette perspective avait déjà été anticipée l’automne dernier lors de la présentation de ses projets à venir. Depuis, Theranos s’est réorientée provisoirement. L’an dernier, la firme a montré un équipement miniaturisé et automatisé de tests sanguins, baptisé MiniLab, en affirmant qu’il pourrait jouer un rôle dans la lutte contre la propagation du virus Zika, qui a été au centre de l’actualité lors des Jeux olympiques de Rio.

La remise en route des laboratoires dans deux ans ?

Si Theranos est certainement ravi d’avoir pu trouver un terrain d’entente avec les services fédéraux, tout n’est pas réglé pour la controversée compagnie spécialisée dans la santé.  En effet, les lourdes incertitudes qui pèsent sur l’efficacité réelle de son service d’analyse sanguine, prétendument peu coûteux et peu invasif, continuent de faire l’objet d’enquêtes outre-Atlantique.

En outre, la polémique a aussi eu un effet catastrophique sur son image de marque. Même à supposer que tous les voyants redeviennent verts, Theranos aura toutes les peines du monde à redorer son blason auprès des investisseurs et des clients potentiels. Or il ne sert à rien de régler les soucis réglementaires et les procédures en cours s’il n’y a aucune perspective commerciale pour Theranos.

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