Ubisoft vendra moins de jeux que prévu en 2016/2017. Ce qui n'empêche pas l'entreprise française d'augmenter sa rentabilité grâce à l'essor des achats dématérialisés.

Ubisoft revoit ses objectifs de chiffre d’affaires à la baisse… mais sa rentabilité n’a jamais été aussi bonne et ses perspectives d’avenir sont plutôt positives. Comment expliquer l’augmentation de la marge alors que les jeux ne coûtent pas moins cher à produire qu’avant et que les prix en magasin n’ont pas augmenté ? Il faut aller chercher du côté des plateformes de téléchargements.

Sur les neuf premiers mois de l’année fiscale 2016/2017, la firme française a réalisé 47 % de ses recettes grâce aux contenus dématérialisés. La part n’était que de 27 % sur la même période lors de l’exercice précédent et elle devrait être finalement de 45 % au global. Petit à petit, la bascule est en train de se faire et les joueurs passent d’un canal de distribution à l’autre, pour le plus grand bonheur des éditeurs.

Hausse des téléchargements

«  Les jeux téléchargés génèrent environ 15 % de marge brute en plus pour Ubisoft, et il faut encore ajouter les Season Pass et les articles achetés à l’intérieur des jeux  », explique Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft, dans Les Échos. Il faut dire que les titres très axés sur les micro-transactions se portent bien : 15 millions de joueurs enregistrés sur Rainbow Six Siege et une belle affluence pour The Division (+ 150 % depuis la dernière grosse mise à jour).

Grâce à cette hausse des achats dématérialisés, Ubisoft revendique une marge opérationnelle supérieure à l’année précédente : de 12 %, elle devrait passer à entre 15,8 et 16,7 %. L’objectif ultime ? Les 20 % en 2018/2019, ce qui est faisable puisque le département financier ne s’attendait pas à une telle croissance.

L’eSport s’impose comme l’autre domaine en plein essor de la firme française

Ubisoft se félicite par ailleurs de son essor dans l’eSport : la finale de Rainbow Six Siege a engrangé 4 millions de spectateurs. « Ce n’est pas encore les 30 millions de League of Legends, mais c’est déjà deux fois plus que la finale précédente » indique le PDG, enthousiaste. Autre motif de satisfaction : les jeux plus anciens qui continuent de se vendre, notamment les Assassin’s Creed ayant profité de la sortie du film, décevant au box-office français mais qui a bien marché dans d’autres pays.

Hormis la déception commerciale Watch_Dogs 2, qui devrait profiter d’un bouche-à-oreille positif, Ubisoft a de quoi avoir le sourire. Qu’importe les prévisions de chiffre d’affaires plus décevantes qu’attendues. « Nous sommes en train de gagner la bataille du temps » clame, fièrement, Yves Guillemot. Mais cette hausse de la rentabilité pourrait bel et bien aiguiser un peu plus l’appétit de Vivendi

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