Snap. Inc, la société mère de Snapchat, a officialisé ce jeudi son intention de rejoindre la bourse de New-York. En déposant auprès du régulateur ses premiers documents financiers, l'entreprise dévoile un bilan qui contraste les ambitions d'Evan Spiegel.

Après les rumeurs et les ambitions, Snap. Inc se prépare à se confronter à Wall Street. Ce jeudi, l’entreprise éditrice de Snapchat a déposé son dossier auprès du régulateur du marché new yorkais, démarrant ainsi un véritable marathon financier qui se conclura en mars avec l’introduction du titre (SNAP) sur le marché.

Une bulle ou un titre prometteur ?

En révélant ses bilans financiers auprès du régulateur, Snap donne les premiers éléments qui serviront à l’évaluation de son titre. Aujourd’hui, l’application espère lever jusqu’à 3 milliards de dollars, ce qui pourrait valoriser l’entreprise autour de 20 milliards de dollars — le souhait d’Evan Spiegel, son CEO. Mais ce montant initial est déjà un gage de l’importance de cette introduction boursière, qui devrait rester dans les annales comme une des plus importantes de ces dernières années.

Pourtant, même dans un contexte favorable du côté de la bourse américaine, l’appétit de Snapchat laisse dubitatifs de nombreux observateurs. Ces derniers lisent par ailleurs dans les résultats financiers de l’entreprise de nombreux signaux qui devraient selon eux inquiéter de futurs investisseurs. Certains parlent même d’un phénomène Zynga (éditeur de jeux mobiles) et considèrent le réseau social surestimé.

Mais malgré le scepticisme de certains analystes, Evan Spiegel de son côté continue d’évoquer la croissance explosive de son business mais également les qualités de ses solutions publicitaires. La croissance de Snap. est effectivement impressionnante et son chiffre d’affaires a été multiplié par sept en un an : en 2016, la société terminait son année en beauté avec plus de 404 millions de dollars de recettes, soit plus que ce que Snapchat espérait. Pour 2017, l’entreprise continue donc de promettre de passer la barre du milliard de dollars de chiffre d’affaires.

Toutefois, ce que l’on découvre également dans ces nouveaux documents financiers, c’est la fragilité actuelle du modèle du réseau social. Avec plus de 515 millions de dollars de perte nette en 2016, malgré ses bons résultats Snap ne sera donc pas une entreprise rentable à son introduction en bourse, à l’image de Twitter lors de son introduction. Seulement, à la différence d’un grand nombre de ses concurrents en bourse, Snap a encore le bénéfice de la jeunesse et de l’attractivité.

Un très bon élève de la publicité

Son activité principale, la publicité, ne cesse d’être en croissance et le réseau donne de sérieux gages pour les investisseurs de côté-là. Face à un Facebook qui ne laisse filtrer que très peu d’informations sur ses performances publicitaires, Snapchat a décidé de jouer la carte de la transparence totale sur ses propres performances. La plateforme a ainsi ouvert son API à des analystes tiers qui peuvent dévoiler l’impact d’une publicité sur le réseau social.

Evan Spiegel, CEO Snapchat

Or jusque-là, les annonceurs se montrent très satisfaits du travail fourni par Snapchat et de ses solutions singulières, comme l’utilisation de la réalité augmentée à des fins commerciales. Le mesureur Moat cite par exemple une plateforme de streaming dont la campagne sur Snapchat s’est conclue par une augmentation de ses ventes de plus de 30 %.

Ce sera donc ce bilan encourageant qu’Evan Spiegel devra défendre dans son roadshow, une période d’un mois durant laquelle le CEO devra convaincre les investisseurs de la valeur et de l’intérêt de son titre. Néanmoins, le CEO devra également aborder une question sensible pour les investisseurs : Snap. Inc ne proposera aucune action donnant accès à un droit de vote. Il sera donc essentiel pour Spiegel et son associé Bobby Murphy de convaincre de l’avenir de leur entreprise mais également de leur propre qualité en tant que capitaines solitaires du navire Snap.

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