La destruction d'une fusée Falcon 9 avec à bord un satellite de Spacecom affecte les relations entre l'opérateur israélien et l'entreprise américaine. Pour le premier, il faudra que le second démontre sa fiabilité avec plusieurs tirs.

Cela fait maintenant une semaine qu’a eu lieu l’explosion spectaculaire de la fusée Falcon 9 sur son pas de tir de Cap Canaveral, en Floride. Le mystère reste entier sur les raisons qui ont provoqué la destruction du lanceur, SpaceX n’ayant toujours pas communiqué sur la catastrophe malgré l’engagement de son fondateur et PDG, Elon Musk, de très vite donner des nouvelles de l’incident.

Alors que l’enquête suit très vraisemblablement son cours afin de déterminer les causes précises de la détonation, Spacecom réfléchit aujourd’hui aux suites à donner à son partenariat commercial avec SpaceX. L’opérateur israélien doit-il continuer à faire appel à la société américaine pour mettre des satellites sur orbite ou est-il désormais temps de se tourner vers la concurrence.

SpaceX
Des millions de dollars partent en fumée.

La réflexion de Spacecom n’est pas une surprise quand on sait les effets qu’a eu l’explosion de la fusée Falcon 9. En effet, celle-ci embarquait un satellite ayant coûté des dizaines de millions d’euros à construire. En outre, la réussite de la mise en orbite était une condition préalable posée par une société chinoise, Xinwei, pour acquérir Spacecom. On le devine, Spacecom est aujourd’hui quelque peu en difficulté.

C’est pour cette raison que le directeur de Spacecom, David Pollack, ne se précipitera pas dans les bras de SpaceX tout de suite. Interrogé par la presse, il a fait part de son désir de voir l’entreprise d’Elon Musk réussir plusieurs décollages avant de refaire appel à ses services. Bref, il faut que SpaceX donne des gages de qualité et de fiabilité dans un avenir très proche pour rassurer Spacecom.

Spacecom prêt à retravailler avec SpaceX si la société prouve sa fiabilité avec plusieurs vols réussis

De toute façon, Spacecom n’a aucun satellite en stock à mettre en orbite pour l’instant. Cela laisse de fait un créneau à SpaceX pour effectuer plusieurs missions avant qu’une décision ne soit prise. « Nous n’avons pas de satellite, donc je pense que jusqu’à ce que nous soyons prêts à voler, [SpaceX] aura engrangé quelques missions réussies », a-t-il dit, avant d’admettre que le Falcon 9 reste un « beau lanceur ».

De quoi rassurer Elon Musk, qui a à la fois perdu une fusée, vu son argent fondre comme neige au Soleil, révélé involontairement les limites du low cost dans le domaine spatial et assisté à un coup dur pour l’image de marque de son entreprise ?

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