Candidate à la direction du Parti Québecois et de la province canadienne, la députée Martine Ouellet a prévenu qu'elle n'hésiterait pas à nationaliser l'accès à internet s'il restait aussi cher et peu performant.

C’est le type de proposition qui ferait passer en France pour le dernier des réactionnaires, douze ans après la privatisation de l’opérateur historique. Mais au Québec, où la mise en concurrence d’opérateurs privés n’a pas les effets escomptés, la re-nationalisation du secteur des télécoms n’est visiblement plus un gros mot.

La députée Martine Ouellet, qui est une candidate sérieuse pour prendre prochainement la tête du Parti québecois et devenir la prochaine première ministre de la province canadienne, a ainsi menacé de nationaliser l’accès à internet si la situation ne s’améliorait pas. «  Le Québec ne peut pas continuer à traîner de la patte ainsi et réussir économiquement. Il faut absolument que tout le monde au Québec puisse avoir la chance d’entrer de plein pied dans le 21e siècle », explique la candidate.

« Il s’agit là d’un pacte social aussi important et nécessaire que celui qui a été réalisé par René Lévesque au moment de la nationalisation de l’électricité »,

Chez Telus, par exemple, le forfait proposé par défaut est une fibre optique à 50 Mbps… limitée à 200 Go de consommation par mois, pour 58,95 $CAD par mois, soit environ 40 euros par mois, hors TVA. Pour passer en illimité, il faut ajouter 13 $CAD supplémentaires. Chez Videotron, le forfait moyen est à 59,95 $CAD par mois, pour 30 Mbps et 400 Go à télécharger.

telus

1 Gps partout et illimité dans les deux ans

La candidate « n’exclut pas, si les groupes de télécommunications ne collaborent pas à la hauteur des besoins de la société québécoise, d’entreprendre de nationaliser ce service pour le développer et le rendre accessible à tous ». Concrète, Mme Ouellet veut donner deux ans aux opérateurs privés pour fournir « une bande passante illimitée, une vitesse de 1 gigabit par seconde symétriquement et ce, sur tout le territoire québécois ».

En France, le plan France Très Haut Débit (France THD) vise à couvrir l’intégralité d’ici 2022, mais le THD est défini comme du 100 Mbps. La députée québécoise souhaite dix fois plus rapide, dans un délai plus court. Mais elle souhaite aussi, ce qui n’existe pas dans les provinces du Canada, que les tarifs soient les mêmes pour tous, quel que soit leur lieu de résidence.

« Les tarifs devront être uniformisés partout au Québec, comme ceux de l’électricité, ainsi que revus à la baisse de manière à rejoindre les moyennes des pays de l’OCDE. (…)  », prévient-elle. « Il n’y a aucune raison valable qui justifie que ce service soit offert à des prix pouvant aller jusqu’à cinq fois ce qui est offert dans d’autres régions du monde. C’est inacceptable ».

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