Le vice-premier ministre de la Turquie invite Apple à faire ses valises pour s'installer au pays, après la décision de la Commission de réclamer 13 milliards d'euros qu'auraient dû payer Apple en Irlande.

C’est bien connu, le malheur des uns profite aux bonheurs des autres. Mardi, la Turquie qui a abandonné toute idée d’entrer un jour dans l’Union européenne s’est amusée de la décision prise par la Commission, qui a exigé que l’Irlande récupère les 13 milliards d’euros d’aide indue qu’elle a versé à Apple sous forme d’avantages fiscaux illégaux.

Mehmet Şimşek, le vice-premier ministre de la Turquie, a invité Apple à déménager ses bureaux européens pour rejoindre le territoire turc, confirmant la concurrence fiscale que doivent se faire les États pour espérer créer de l’emploi avec les multinationales.

« Apple devrait déménager vers la Turquie. Nous serions heureux de fournir davantage d’incitations fiscales. Ils n’auraient pas à gérer la bureaucratique de l’Union européenne », s’est ainsi amusé l’économiste, qui fut ministre des finances de 2009 à 2015, avant de prendre la vice-présidence du gouvernement.

Son invitation est une illustration de ce que la mondialisation peut entraîner comme dérives pour les finances publiques des États qui se font concurrence pour être les moins chers, et finissent toujours pas trouver moins chers qu’eux — raison pour laquelle l’Irlande fait appel de la décision qui le condamne à prélever l’impôt. Mais la proposition n’étant ni très sérieuse ni réaliste, il faut surtout la comprendre comme un troll lancé à l’encontre de l’Union européenne, dix ans après le début des négociations d’adhésion à l’UE, aujourd’hui avortées.

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